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HOMELIE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE L’ENVOI EN MISSION DES CADRES CATHOLIQUES AINSI QUE DE LA CLOTUREDE LA SEMAINE NATIONALE DU LAICAT

2 Sam 7, 1-16/ Rm 16, 25-27/ Lc 1, 26-38

Paroisse Saint Jacques des II Plateaux
Dimanche 20 décembre 2020

 

Révérends Pères,

Révérendes sœurs,

Chers amis membres de l’ACCCI,

Chers frères du laïcat,

 

Nous sommes aujourd’hui au 4e dimanche de l’Avent. Voilà trois semaines déjà, que nous nous préparons spirituellement à accueillir l’Enfant-Dieu. A présent, tout semble  fin prêt. La venue du Fils de Dieu est donc imminente. Dans de nombreuses maisons, les sapins de Noël ont déjà trouvé leur place. Les crèches sont déjà installées et, comme par un effet d’anticipation ou de naïveté qui traduirait à souhait l’attente joyeuse de ce temps de l’Avent, l’Enfant-Dieu est déjà couché, veillé par des mages, arrivés eux aussi en avance sur leur temps!

 

Quant aux cadeaux, ils sont déjà achetés et parfois même, remis aux enfants avant l’heure, à la faveur des arbres de Noël organisés quelques jours avant la fête elle-même : c’est qu’il ne faut pas trop les faire patienter, les pauvres enfants, qui risquent d’être frustrés par une attente qui devient trop longue à leurs yeux. Et pourtant, nous devrons patienter encore quelques jours pour voir naître Celui que nous attendons et dont nous sommes supposés avoir préparé la venue, tout l’Avent durant.

Encore quelques jours, et ce sera Noël, une ère nouvelle faite de promesses portées par les frêles épaules de l’Enfant-Jésus ! Je prie Dieu, que ce jour vous trouve tous sains et saufs. Je prie que ce jour vous apporte force dans votre marche à la suite du Seigneur. Je prie enfin que ce jour soit le signe d’un renouveau pour notre pays, un jour de paix retrouvée, de joie partagée, mais surtout, un jour qui augure pour nous tous, une année de bienfaits accordée par le Seigneur!

En attendant ces jours, le double événement que nous célébrons aujourd’hui est tout aussi important : l’envoi en mission des membres de l’Association des Cadres Catholiques de Côte d’Ivoire, suite au renouvellement des instances dirigeantes, après le congrès des 15 et 16 février dernier et la messe de clôture de la semaine du Laïcat diocésain. Et qui ,mieux que la figure de Marie ,peut vous inspirer dans l’élan que vous prenez ainsi ?

Frères et sœurs,

Alors que nous attendons avec ferveur des jours meilleurs avec la venue du Seigneur Jésus en notre monde, l’Eglise notre mère, en guide et conseillère sage, nous invite à vivre cette dernière semaine avant Noël, en retrouvant les sentiments éprouvés par la Vierge. C’est qu’il y a un peu plus de deux mille ans, à cette même période de l’année, Marie traversait la Palestine, en route vers Bethléem. Elle était contrainte, par les événements, à partir à l’aventure du recensement alors même qu’elle devait accoucher.

Chemin faisant, tandis que Joseph, son tendre époux, ne ménage pas sa douceur et son attention pour lui éviter une fatigue trop lourde, elle, Marie, médite en son cœur. Elle ne peut oublier ce jour extraordinaire qui a bouleversé sa vie, ce jour où elle a appris de la bouche de l’Ange qu’elle serait la mère du Sauveur du monde. C’est justement cette rencontre, ce choix de Dieu aussi inattendu que déconcertant, que l’Evangile de ce jour nous donne de méditer. Quelles leçons pouvons-nous en tirer pour nous aujourd’hui ?

Frères et sœurs,

Remarquez que dans l’Evangile, c’est Dieu Lui-même qui prend l’initiative et de la rencontre, et du projet dont il est promoteur pour le genre humain : ‘‘Dieu envoya l’ange Gabriel…’’ (v.26). C’est Lui qui fait l’action ; Il a déjà parcouru l’univers ; Il a choisi une ville et un pays à son fils : ‘‘Nazareth en Galilée’’. Il  ne Lui restait qu’une mère à se choisir. Mais cette initiative de Dieu appelle une réponse confiante, pour voir se réaliser ses promesses dans nos vies et dans notre monde ! Il est important pour vous de comprendre encore aujourd’hui le sens profond des initiatives de Dieu dans vos histoires, en tant que cadres catholiques mais aussi en tant que fidèles laïcs ! Il vous faut donc bien discerner les initiatives de Dieu et les apprécier sereinement alors même que nous sommes si souvent perturbés et en proie à toutes sortes de sollicitations.

Vous aussi et tout comme pour Marie hier, votre engagement comporte aussi de petites annonciations où Dieu vous demande de coopérer à votre manière et à votre humble place à sa grande œuvre de rédemption ! Sachez que votre oui au Seigneur devient aisé quand la grâce est acceptée et surtout accueillie. Désormais, que votre oui soit joyeux et confiant car vous êtes appelés à œuvrer au cœur des réalités du monde, de notre pays, là où l’appel de Dieu vous conduira. Cependant, sachez que le choix de Marie est un choix déconcertant et apprenez d’elle, comment vous comporter désormais quand les choix de Dieu, ses desseins, vous paraitront déconcertants.

1-  Le choix de Marie, un choix déconcertant.

L’histoire nous enseigne que quand Dieu jugea enfin arrivé le moment de déclencher l’entreprise la plus fabuleuse qu’il n’ait jamais imaginée, il envoya sur terre une sommité du monde angélique : l’ange Gabriel, dont le nom signifie ‘‘Héros de Dieu’’. L’ange ne prit pas la direction de Rome où siégeait pourtant l’empereur Tibère. Il se dirigea vers la Palestine. Ce choix est compréhensible : en effet, les Hébreux n’étaient-ils pas le peuple choisi par Dieu ?

En revanche, il est plus étonnant qu’il ne se rende pas à Jérusalem, la ville sainte, ou à Bethléem, la ville royale de David. Il va sans hésitation dans un village perdu, comprenant quelque  cent cinquante habitants : Nazareth, dont on se demandait ‘‘ce qu’il pouvait bien y sortir de bon’’ (Jn.1, 46). Dans ce village, l’envoyé de Dieu ne se rend pas chez le maire ou encore chez le chef de la synagogue. Non ! Il entre dans une humble demeure où se trouve une jeune fille, une vierge, dont les gens ne disaient pas de mal. ‘‘C’est la fille de Joachim. Oui ! On la connaît bien. C’est une gentille fille qui s’appelle Myriam, fiancée au charpentier Joseph’’.

Chers amis,

Je sais que vous aussi, dans la mission qui est désormais la vôtre, vous serez confrontés à des situations assez délicates, déconcertantes. Pensons aujourd’hui spécialement, en cette veille de Noël à tous les enfants du monde qui sans faute de leur part, ne connaîtront pas les joies de Noël ; pensons à toutes les mamans qui attendent un enfant et qui sont sans aucune ressource ; pensons à toutes les mamans célibataires qui ont le courage de garder leurs enfants malgré les difficultés et les pressions ; pensons à toutes les femmes qui souffrent de ne pas avoir  d’enfants et qui sont l’objet de toutes sortes de railleries : pensons enfin à tous ces enfants dont on supprime la vie dans l’indifférence la plus inacceptable. Voici le monde tel qu’il se présente à vous !

Mais que fait la Vierge dans ces circonstances ? Tout simplement, elle s’abandonne à la volonté divine : ‘‘je suis la servante du Seigneur. Que tout se passe pour moi comme tu l’as dit !’’ (v 38) Dans sa liberté absolue, Marie accepte et collabore à la mise en place du plan de Dieu, permettant ainsi la réalisation dudit projet. Vous aussi, c’est votre liberté que vous êtes appelés à engager en n’oubliant jamais que si Dieu nous déconcerte souvent, il n’y a pas lieu de nous alarmer. S’il nous arrive d’être surpris par les événements de la vie, nous aussi, rassurons-nous, car Dieu n’ira jamais contre notre liberté mais sera  toujours là pour nous rassurer.

A l’Annonciation, l’ange prépare la Vierge à une grande révélation : ‘‘Le Seigneur est avec toi, comme il le fut toujours avec son peuple dans les grandes occasions. Ne crains pas, Marie. Comme Moïse, tu as trouvé grâce auprès de Dieu !’’. Rassurée, elle peut alors entendre le message divin : ‘‘Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus’’, c’est-à-dire, Dieu sauve ! Aujourd’hui encore, nous aussi, si nous savons être attentifs aux appels du Seigneur, comme Marie, nous ne devons plus être épouvantés par les événements que nous vivons ou que nous rencontrerons.

Sachez que si Marie est bouleversée, c’est parce qu’elle est tiraillée entre la joie et la crainte, l’espérance et le sentiment d’indignité. Partageant les espérances de son peuple, elle ne peut que se réjouir à la pensée que le Messie tant attendu vient enfin. Dieu n’a donc pas déçu la prière de tout un peuple ; n’est-il pas le Dieu de l’impossible, Celui qui a rendu fécond le sein stérile de Sarah ou d’Elisabeth ? De là naît la réponse confiante de Marie. Oui Dieu est encore capable de faire quelque chose pour nous aujourd’hui.

2-  Une réponse confiante

 Frères et sœurs,

 A l’Annonciation, l’ange n’entame pas avec Marie une négociation sur cette future maternité, quitte ensuite à s’adresser à une autre plus consentante. Il annonce une disposition ferme de la volonté salvatrice de Dieu : ‘‘Tu vas concevoir !’’ L’emploi du futur ici manifeste clairement que Dieu lui confie une mission. Il n’empêche que le Père n’impose jamais sa volonté. Cependant, Il savait Lui Dieu à qui il s’adressait ! Il a fait les paris de l’humilité et de l’amour, tout en sachant que Marie relèverait le défi. Et vous, Dieu peut-il compter sur vous aujourd’hui ?

 

Marie, après avoir perçu nettement le plan de Dieu, y adhère aussitôt sans plus d’hésitation et sans réserve : ‘‘Fiat’’, dira-t-elle. Et ce faisant, elle révèle qui elle est : une jeune fille toute simple, spontanée, émerveillée par le message divin, ravie de voir se réaliser l’extraordinaire promesse. Ce oui de la douce soumission répond au refus d’obéissance de la première femme du monde ,et fait de Marie, la nouvelle Eve, Notre Dame du Oui !

 Dieu l’a choisie, car il l’a savait attentive à son appel. Elle était aux aguets, en état de disponibilité totale, en état de veille permanente. Elle avait le cœur vide d’elle-même, à la manière d’une flûte qui attend qu’on lui fasse donner une mélodie. Et c’est ainsi, dans ces dispositions de cœur et d’esprit, que se réalise pour elle la promesse de Dieu. Je vous exhorte à avoir les mêmes dispositions de cœur et d’esprit. C’est à ce prix que les promesses de Dieu se réaliseront !

 3-  La réalisation de la promesse de Dieu dépend de nous.

 Frères et sœurs,

 Cette fois, Marie attend la naissance de son Fils. Comme toutes les mères, elle connaît ces neuf mois de relations privilégiées avec son enfant tant attendu. Plus que l’homme, la femme connaît le mystère de l’attente. La première, elle médite sur la discrétion inouïe de l’Incarnation, de cet événement le plus fabuleux de l’histoire humaine. Elle devient l’Arche d’Alliance, car elle porte en son sein ce qu’il y a de plus précieux au monde.

 Face aux exigences de la mission qui sera la vôtre, il est impératif que vous soyez comme Marie, aux aguets, à l’affût de Dieu, prêts à entendre l’appel le plus dérangeant ! Apprenez à faire silence pour entendre les pas de l’être aimé qui approche ! Soyez tournés vers Celui qui vient chaque année à Noël ! On ne le dira jamais assez, Dieu a besoin d’hommes et de femmes pour étendre son règne d’amour, de paix et de justice à toutes les nations. Je compte sur vous. Notre Eglise en Côte d’Ivoire compte sur vous !

 Pour terminer, je voudrais reprendre pour vous, les mots contenus dans le  Préambule du Décret sur l’apostolat des laïcs : ‘‘Notre temps n’exige pas un moindre zèle de la part des laïcs ; les circonstances actuelles réclament d’eux au contraire un apostolat toujours plus intense et plus étendu… Le signe de cette urgente nécessité aux multiples aspects est l’action manifeste du Saint Esprit qui rend aujourd’hui les laïcs de plus en plus conscients de leur propre responsabilité et les incite partout à servir le Christ et l’Eglise.’’

Chers amis membres de l’ACCCI,                                                                        Chers frères du laïcat,

 A ce stade de mes propos, je vous invite à ne jamais oubliez que l’unité s’impose pour raffermir la crédibilité de l’annonce de l’Évangile et le témoignage chrétien dans un contexte politiquement contraignant et actuellement instable. Cette unité, c’est celle qui doit être comprise aujourd’hui en termes de coresponsabilité ! L’être de l’Eglise, de même que son agir dont nous sommes faits coresponsables, c’est l’être du Christ à présenter à notre monde !

 Par ailleurs, vous devez comprendre que l’Eglise dont nous parlons, c’est nous qui la constituons : notre agir devient alors son agir ; nos faiblesses, nos fautes et nos déviations la fragilisent en interne comme en externe mais également la discrédite dans l’annonce du règne du Christ. Aujourd’hui, nous sommes appelés à comprendre que l’agir du Christ et de son Eglise reposent sur les épaules des chrétiens que nous sommes ! Je ne doute pas un seul instant que nous puissions répondre à notre vocation dans le monde de ce temps. Dieu est fidèle, qu’Il vous affermisse et vous garde dans vos missions respectives ; que par sa miséricorde, notre bien-aimé frère, Jean SINSIN Bayo, d’affectueuse mémoire, qui a beaucoup œuvré dans la formation des cadres et laïcs repose en paix, par Jésus, à qui appartiennent l’honneur, la gloire et la puissance, pour les siècles des siècles ! AMEN

                                

+ Jean Pierre Cardinal KUTWÃ,
Archevêque d’Abidjan