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HOMÉLIE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVÊQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE LA MESSE DE DEDICACE DE L’EGLISE SAINT LOUIS ROI D’EBIMPE

Dimanche 5 Septembre 2021

Chant : Comment ne pas te louer…

Monseigneur Jean Baptiste AKWADAN, Chapelain de Sa Sainteté,
Monseigneur Richard ANOU, Chapelain de Sa Sainteté,
Révérends Pères,
Révérendes sœurs,
Honorables invités,
Chers frères et sœurs en Christ,

Comment ne pas louer le Seigneur quand nous considérons les merveilles qu’il accomplit au quotidien dans l’histoire des hommes et des nations ? Comment ne pas Lui rendre grâce, quand on sait que l’attente a été longue pour parvenir à ce jour de la consécration de votre église paroissiale Saint Louis Roi d’Ebimpé ? Et justement parce que cette attente a été longue, tout comme pour une femme qui attend de mettre au monde le fils qu’elle attend, la fête ne sera que plus belle, parce que c’est Dieu qui écrit notre histoire et la mène à son achèvement, avec ses plans et ses schémas à Lui, Lui qui répond à l’impatience et aux découragements de ses créatures, par une pédagogie dont Lui seul a le secret !

 

Comment ne pas lui dire toute notre reconnaissance, quand on sait que le Saint Père, notre Pape François, a daigné choisir un de vos fils, le révérendissime père Richard ANOU, pour faire désormais partie de sa famille pontificale en le nommant chapelain ? Oui, vraiment, le Seigneur a satisfait le désir de vos cœurs, il n’a pas déçu la prière de vos lèvres même si l’attente a été longue ! C’est que Dieu écrit droit, même avec des lignes courbes, pour sa gloire et pour notre bonheur ! En définitive, c’est à nous, les contemporains de ces événements, de savoir lire les signes des temps, pour comprendre ce que Dieu veut pour nous !

Chant : ‘‘Seigneur, Tu as satisfait le désir de mon cœur. Tu n’as pas déçu la prière de mes lèvres.’’

Affirmer que Dieu a satisfait le désir de nos cœurs, qu’Il n’a pas déçu la prière de nos lèvres, c’est aussi croire que Dieu sait où Il va avec nous, nonobstant les difficultés que nous pouvons rencontrer dans notre marche à la suite de son Divin Fils ! Finalement, il s’agit pour nous de croire que Dieu jamais ne se dédit dans ses promesses à notre endroit et bien plus, qu’Il nous comble au-delà même de nos espérances.

Dans la première lecture de ce jour, alors que le Royaume d’Israël est tombé sous la domination des assyriens avec son lot de destruction et de déportation, le prophète annonce au peuple de Dieu, le grand retour. C’est donc un moment de grande espérance qui ne laisse plus de place au découragement : ‘‘dites aux gens qui s’affolent : soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu… Il vient Lui-même et va vous sauver. Alors s’ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf et la bouche du muet criera de joie. L’eau jaillira dans le désert, des torrents dans les terres arides. Le pays torride se changera en lac ; la terre de la soif, en eaux jaillissantes.’’

Cette espérance de Dieu qui redonne la vie et fait toute chose nouvelle, c’est celle qui devra désormais vous habiter, chrétiens de cette paroisse mais également vous tous habitants de ce village, à la faveur de la dédicace de votre église. En effet, à quoi auront servi les vingt-sept années de sacrifices consentis pour arriver à offrir à Dieu, cette maison dans laquelle nous sommes, si vous-mêmes n’êtes pas partie prenante de cette espérance ? Je sais, comme pour beaucoup de nos villages et villes, que des dissensions, il y en a eu et certainement, il y en aura ! Mais cela ne devrait pas occulter le formidable élan qui a été le vôtre pour organiser la fête de ce jour.

Désormais, fils et filles de ce village d’Ebimpé, chrétiens de cette paroisse Saint Louis Roi, vous voici investis porteurs d’une nouvelle mission : annoncez à tous l’espérance que Dieu veut pour ceux qui souffrent ! Ainsi, là où l’appel de Dieu vous a placés, vous aussi, à la suite du prophète Isaïe, ‘‘dites aux gens qui s’affolent : soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu… Il vient Lui-même et va vous sauver.’’ N’ayez de cesse d’annoncer que Dieu tient toujours, hier comme aujourd’hui encore, ses promesses de guérison, de rétablissement pour les aveugles, les sourds et les muets de tous genres et de toutes sortes ! Pour réussir cette mission, il vous faudra vous convertir, c’est-à-dire, avoir désormais le regard de Dieu sur toute chose et toute personne !

Révérends pères,
Frères et sœurs en Christ,

Dans la deuxième lecture de ce jour, la communauté à laquelle Saint Jacques s’adresse semble affectée par de graves inégalités sociales. Soucieux de ramener au réel les chrétiens qui se lancent dans de vaines spéculations et qui se croient au Ciel alors qu’ils vivent dans l’illusion, l’Apôtre leur propose un test simple : qu’ils réfléchissent à la façon dont ils accueillent ceux qui se présentent dans leur assemblée. La question qui se pose à eux tout comme à chacun de nous ici présents est celle-ci : quand donc, saurons-nous donner leur vraie place aux gens simples et pauvres ? Dans cette église tout comme dans ce village, dans nos familles tout comme dans nos communautés, saurons-nous donner à chacun la place que Dieu Lui donne ? Allons-nous continuer de nous bercer d’illusions, en nous trompant finalement nous-mêmes ?

En admirant votre église, il me vient à l’esprit les mots mêmes de Jésus : ‘‘à vin nouveau, outres neuves !’’ (Lc.5, 33-39). Ce vin nouveau, c’est votre église ! Les outres neuves qui vont avec ce vin nouveau, ce sont chacune de vos personnes ! A ce titre, l’appel à la conversion dont je parlais plus haut est à comprendre comme une invitation à marcher dans la nouveauté que le Christ inaugure pour vous ! Comme Lui, vous devrez désormais être ceux qui rassemblent au lieu de disperser car c’est à ce titre que vous participerez au banquet du Royaume de Dieu qui est déjà là ! Ce vin nouveau, dans quelles outres voulez-vous le porter pour votre village ? Je me permets d’insister en reprenant à mon compte, l’avertissement du Seigneur Jésus : ‘‘tout royaume divisé contre lui-même, court à la ruine ; aucune ville, aucune famille, divisée contre elle-même, ne se maintiendra’’ (Mt.12, 25)

Révérends pères,
Frères et sœurs en Christ,

Finalement, un seul mot devra dorénavant être notre leitmotiv et c’est l’évangile de ce jour qui nous le livre : ‘‘Effata !’’ ‘‘Ouvre-toi !’’ Dans ce même texte de l’évangile, le sourd-muet est le symbole même de l’absence de communication : il ne peut recevoir ni émettre aucune parole. Mais lui qui est fermé et mort, rencontre Jésus qui est parole et vie ! Cette rencontre est pour le sourd-muet, une nouvelle naissance, une résurrection. Il s’ouvre à la vie et l’on peut faire la même remarque pour le lépreux !

‘‘Effata’’, ‘‘Ouvre-toi’’ fils de ce village d’Ebimpé ! Que désormais, ici chacun de vous se sente responsable de l’annonce de la Parole de Dieu, non pas seulement en paroles, mais par des actes concrets qui traduisent votre foi au Christ, cette foi qui nous vaut la dédicace de l’église de votre village, car je veux parier que c’est tous ensemble, avec vos amis, qui ne sont pas forcément de ce village et même de votre région, que vous avez réussi à collecter les moyens pour parvenir à l’achèvement de cet édifice dédié à la gloire de Dieu !

‘‘Effata’’, ‘‘Ouvre-toi’’ chrétien de la paroisse Saint Louis Roi d’Ebimpé ! Vous aussi, laissez-vous rejoindre par la Parole de Jésus ! Ouvrez larges les portes de vos cœurs pour laisser entrer le Christ en vous, il vous fera le plus grand bien ! Dans le texte de l’évangile, ceux qui ont amené le sourd-muet à Jésus ont vu finalement leur désir exaucé ! Vous aussi, de par votre votre manière d’être, de vivre et de parler, soyez des chrétiens qui portent leurs frères et sœurs à Jésus ! Vous aussi, laissez-vous rejoindre par la Parole de Jésus !

‘‘Effata’’, ‘‘Ouvre-toi !’’ Que ces mêmes paroles rejoignent vous tous qui êtes venus prier avec nous à l’occasion de la dédicace de cette église ! Désormais, faites mentir toux ceux qui affirment que dans notre monde aujourd’hui, les hommes ont des yeux et ne voient point… Ils ont des oreilles et n’entendent point… Ils ont une bouche qui ne parle pas ! Soyez un démenti pour ceux qui pensent que si tu veux bien vivre, ne voit rien, n’entend rien, ne dit rien ! Ramez à contre-courant de ceux pour qui, parler, c’est manifester son appartenance à tel ou tel parti politique ; parler, c’est risquer son poste de travail, c’est voir ses biens personnels confisqués ; parler, c’est courir des menaces, la torture, l’emprisonnement !

Comme vous le savez certainement, dans la vie de tous les hommes, il y a des choix fondamentaux et lorsque ces choix sont faits, nous devons les assumer. Et si d’aventure, nous nous nous rendons compte que nous nous sommes trompés, il nous faut alors avoir la sagesse de revenir en arrière, de nous excuser, de nous repentir pour enfin reprendre la marche dans le bon sens. Cette vérité est valable non seulement pour les hommes et les femmes d’aujourd’hui, mais elle l’est aussi pour ceux de demain, comme elle l’a été pour ceux d’hier. Je crois fortement que tous nous devons pouvoir nous inspirer des erreurs du passé pour envisager un avenir meilleur !

Pour terminer, je voudrais encore et encore, féliciter et encourager Monseigneur Richard ANOU pour sa nomination due, comme nous l’avons entendu, à l’œuvre cossale réalisée tant par les chants sacrés que dans la traduction de la Bible en langues vernaculaires. Révérend Monseigneur, tout en vous assurant de mes humbles prières, je voudrais continuer à compter sur votre grande sagesse. Paroisse Saint Louis d’Ebimpé, je dis merci à vos généreux bienfaiteurs ainsi qu’à votre curé et à tout son conseil! Je prie afin que Dieu vous fasse à tous la grâce d’un foi ferme, d’une charité toujours plus inventive pour sa gloire et pour votre bonheur, et que désormais, Jésus soit toujours premier aimé et servi en chacun de vos frères et sœurs.

‘‘Effata’’, ‘‘Ouvre-toi !’’ Une parole qui s’adresse bien à chacun de nous, car c’est à ce prix uniquement que nous naîtrons à la vie que Dieu nous donne en son Fils Jésus-Christ, Lui à qui appartiennent, l’honneur, la puissance et la gloire, pour les siècles sans fin ! Amen !

Bonne fête à tous !
Je vous bénis !  

 

+ Jean Pierre Cardinal KUTWà
 Archevêque d’Abidjan