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Célébrée à la Paroisse Saint Jean-Paul II Cocody Angré 8ème Tranche

Ce mardi 15 novembre était un jour férié dans toute la Côte d’Ivoire en raison de la Journée Nationale de la Paix.

L’Eglise Catholique de Côte d’Ivoire à travers la Commission Justice, Paix et Environnement a célébré la Journée Nationale Justice et Paix à la paroisse Saint Jean-Paul II de Cocody 8ème tranche.

Monseigneur Bruno YEDOH, évêque du diocèse de Bondoukou et Président de la Commission épiscopale de LA PASTORALE SOCIALE ET LE SERVICE DU DEVELOPPEMENT INTEGRAL  présidait la cérémonie. Outre le Curé de la paroisse, le Père Mathias AGNERO et des Vicaires, l’on notait à l’autel la présence des pères :

 

-         Père Arthur KOLA, chargé d’Affaires à la Nonciature Apostolique de Côte d’Ivoire

-         Père Norbert ABEKAN, Secrétaire exécutif de la Commission Justice, Paix et Environnement

-         Père Emmanuel ZABSONRE, Secrétaire exécutif Justice, Paix et Environnement du diocèse d’Abidjan

-         Père Emmanuel WOHININ, Secrétaire exécutif général de la Conférence Episcopale de Côte d’Ivoire

-         Père Jean-Pierre TIEMELE TANOH, Secrétaire exécutif diocésain de la Caritas

-         Père Hervé Ange Brou, Secrétaire exécutif « Justice et Paix » du diocèse d’Agboville

-         Père Arnaud AMELEDJI, médecin

-         Père Richard KISSI, Secrétaire exécutif diocèse d’Abidjan de la pastorale sociale

-         Père Emmanuel AKA de la Pastorale de la Mer et des Migrants

-         Père Gustave BANGANAN

-         Père Ulysse Jean Apôtre de la paroisse Saint Antoine de Padoue du Port d’Abidjan

Bien que ce jour soit férié, les fidèles ont répondu à l’appel de leur curé.

A la fin de la messe le Célébrant principal et le Curé ont chacun dit merci à l’assemblé

                                  

                            Père Jean-Baptiste DIAHOU


 

 

« Que le Seigneur de la Paix vous donne lui-même la paix, en tout temps et de toute manière. Que le Seigneur soit avec vous tous ». (2 Thes. 3, 16)

Chers Frères et Sœurs en Christ,
Chers concitoyens,
Chers habitants de notre beau pays la Côte d’Ivoire,

Aujourd’hui, nous célébrons la 26ème journée Nationale de la Paix. Nous venons au nom de nos Frères dans l’Episcopat, vos Frères les Evêques catholiques de Côte d’Ivoire, implorer le Seigneur de la Paix, pour que Lui-même déverse abondamment cette Paix sur notre beau pays la Côte d’Ivoire, ses enfants, ses habitants, les gouvernants et les familles. 

La paix, comme nous le dit l’Apôtre Paul, a son origine en Dieu. C’est un don de Dieu à accueillir et à promouvoir. Le Seigneur Jésus nous enseigne que tous ceux qui participent à sa construction doivent déjà s’estimer dans le bonheur, parce qu’ils bénéficieront de la filiation divine : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9).

Chers Frères et Sœurs en Christ,
Chers concitoyens,

Dieu nous invite tous à accueillir et à participer à la construction de la paix qu’il nous offre. Pour notre pays, que personne ne décline cette offre. Que personne ne refuse ce don précieux, ce don indispensable à sa construction et son développement, en vue de l’épanouissement et du bonheur de tous et de chacun. En effet, comme vous le savez, sans la paix, rien n’est possible. Voilà pourquoi nous associons notre voix à celles des personnes éprises de paix pour exhorter la communauté nationale et interpeler la conscience de chacun sur la valeur de la paix, et la nécessité de faire sa promotion en ce jour qui lui est dédié.

Notre pays, il est vrai, a subi de nombreuses tribulations lors des crises et conflits qui l’ont affecté. Mais, tous, nous voulons au fond de nous-même, la paix, une paix durable. Cette espérance nous engage à convertir notre regard et notre cœur.

Au nom de notre foi qui fait de nous des enfants de Dieu dans l’Eglise et des citoyens de notre Nation, chacun a le devoir sacré de relever le défi de construire dans la paix une Nation plus unie, plus solidaire, plus prospère, pour les générations présentes et à venir. Ce noble défi ne sera atteint que dans un environnement politique apaisé et par une pratique inventive du jeu politique débarrassé de toutes formes d’arrogance et de condescendance. Pour relever ce défi, il faut un engagement total et entier de la classe politique qui doit comprendre que l’adversaire politique n’est pas un ennemi, mais un citoyen, un frère qui pense autrement que nous. Tous, nous devons faire en sorte que le respect, la politesse et l’humour fraternel préside aux rapports entre partis politiques. On doit éviter d’alourdir l’atmosphère des élections par des provocations verbales et des actes de violence. Les élections peuvent et doivent se dérouler dans la paix. Cela permettra de mettre le pays à l’abri des évènements douloureux que nous avons connus dans le passé.

Peuple de Dieu, hommes et femmes de bonne volonté !

Qu’il nous soit permis de relever des avancées politiques notables enregistrées récemment dans notre pays.

Nous voudrions saluer en premier la tenue de la cinquième phase du dialogue politique voulue par le Président de la République M. Alassane Ouattara. Ouverte le 16 décembre 2021 cette phase s’est achevée le 4 février 2022 réunissant autour de la table les représentants du gouvernement, les partis et groupements politiques et les Organisations de la société civile. Nous formons ici, avec nos Frères dans l’Episcopat, le souhait que ce dialogue se poursuive dans le temps, même au-delà des périodes électorales. En effet, le dialogue, l’amitié et la solidarité entre les citoyens et les peuples sont les meilleures réponses à la violence, la haine, le mépris et à l’intolérance.

Aux hommes et femmes politiques, à la société civile, aux associations et à toutes les forces vives de la nation, nous vous rappelons que c’est ensemble que vous serez artisans de la construction et de la consolidation de la paix dans notre cher pays.

Souvenons-nous ! Le 14 juillet dernier, le Président de la République recevait, au palais Présidentiel, ses prédécesseurs les Présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo. Ces retrouvailles, les premières depuis la crise politique meurtrière qui a suivi l’élection présidentielle de 2020, valent leur pesant d’or en raison du poids de ces personnalités politiques qui occupent le devant de la scène depuis des décennies. La photo, ce jour-là, de ces trois poids lourds de la faune politique, même si elle n’est pas inédite, est la preuve de la consolidation de la paix. Elle est audacieuse. Elle fait se rencontrer les personnes qui, pendant longtemps, se sont tournées le dos.

Souvenons-nous encore : le 6 août dernier, veille de la célébration du 62ème anniversaire de l’indépendance de notre pays, le Chef de l’Etat, dans son traditionnel message, a accordé sa grâce à Monsieur Laurent Gbagbo ainsi que la liberté provisoire à certains détenus militaires.

Ce geste fort est trop important pour être occulté. A cela, il faut ajouter les conditions favorables au retour des exilés. Tout ceci est considéré, à juste titre, comme un gage de renforcement de la cohésion sociale et de l’unité de tous les enfants du même pays.

En observant le contexte politique actuel, nous ne pouvons que nous réjouir du vent de décrispation que ces actions apportent à la paix. Et saisissant ce contexte favorable, nous voulons reprendre à notre compte l’appel de saint Paul aux corinthiens : « Nous vous en supplions, au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20).

En parcourant le pays, nous observons et comprenons qu’il est en chantier et en train de disposer de nouvelles et nécessaires infrastructures qui font affirmer que sa reconstruction est en marche.

Si toutes ces performances économiques sont à saluer et à encourager, il faudra, toutefois, reconnaitre que beaucoup reste à faire. Des situations humaines préoccupantes se dressent à nos yeux nous rappelant ainsi l’impérieuse urgence de la redistribution des richesses nationales à travers des investissements sociaux accrus.

En ce moment de l’histoire politique et sociale de notre pays, nous voulons rappeler l’exhortation du Pape émérite Benoît XVI adressée aux dirigeants et responsables politiques et économiques africains et du reste du monde : « Ne privez pas vos peuples de l’espérance ! Ne les amputez pas de leur avenir en mutilant leur présent ! Ayez une approche éthique courageuse de vos responsabilités et, si vous êtes croyants, priez Dieu de vous accorder la sagesse ! Cette sagesse vous fera comprendre qu’étant les promoteurs de l’avenir de vos peuples, il faut devenir de vrais serviteurs de l’espérance. Il n’est pas facile de vivre la condition de serviteur, de rester intègre parmi les courants d’opinion et les intérêts puissants. Le pouvoir, quel qu’il soit, aveugle avec facilité, surtout lorsque sont en jeu des intérêts privés, familiaux, ethniques ou religieux. Dieu seul purifie les cœurs et les intentions » (Discours au Corps diplomatique, à Cotonou, le 19 novembre 2011).

A ce tournant important de la vie politique de la Nation, il est plus qu’urgent d’inviter les uns et les autres à se laisser guider par ce qu’il y a de meilleur en soi et de faire preuve de retenue, de sagesse, d’esprit de concertation et de vérité en vue du bien commun et de l’intérêt supérieur de la Nation.

Peuple de Dieu, hommes et femmes de bonne volonté !

Que dire de l’orpaillage clandestin, ce phénomène porté par la flambée du cours de l’or qui s’est rapidement propagé en Côte d’Ivoire ces dernières années impactant gravement plusieurs localités du pays.

La ruée anarchique des assoiffés du métal jaune n’est pas sans conséquences sur les localités dans lesquelles ils s’installent. La pratique de cette activité illégale provoque des modifications préjudiciables à l’environnement, à savoir l’excavation des terres agricoles, la pollution et la destruction du lit des cours d’eaux due à l’utilisation du mercure, la déforestation et la destruction du couvert végétal. Elle engendre la dégradation désastreuse du cadre général de vie, ce qui entraîne un vrai problème de santé publique puisque les effets de l’utilisation du mercure sont néfastes pour les populations qui y sont constamment exposées.

Ce triste constat nous pousse à nous tourner vers le gouvernement afin de l’inviter à intensifier la lutte contre cette activité.

Un phénomène succédant à un autre, évoquons maintenant le problème de l’accaparement des terres, cette autre menace pour le développement et la sécurité alimentaire pour notre pays. L’achat massif de terres agricoles chez nous par certaines puissances étrangères doit nous interpeller tous et au plus haut niveau, le gouvernement. Cette pratique qui privilégie les cultures de rente est dénoncée comme une forme nouvelle d’agro-colonialisme par les Organisations Non Gouvernementales (ONG) et nombre d’organisations paysannes. Comprise comme la prise de pouvoir grâce aux terres et aux ressources naturelles par des capitaux étrangers l’accaparement des terres prive de ce fait les paysans de leur moyen de production, c’est-à-dire de leur capital. Et c’est l’agriculture familiale qui s’en trouve asphyxiée.

Face à ce modèle d’Investissements étrangers, nous invitons nos gouvernants à prendre le parti des paysans en se disant qu’ils sont aussi des créateurs de richesses et, par conséquent, doivent bénéficier de la protection de la puissance publique.

Peuple de Dieu, hommes et femmes de bonne volonté !

Nous ne saurions terminer sans évoquer le problème des récurrents accidents meurtriers sur les routes ivoiriennes, qui troublent la quiétude et la paix des familles. Malgré les efforts du gouvernement en matière d’infrastructures routières, en dépit des campagnes de sensibilisation par le Ministère des Transports et des syndicats concernés, nos routes deviennent de plus en plus dangereuses, par la faute de certains conducteurs. Il ne se passe presque pas de jour où les routes n’enregistrent pas de victimes, arrachant ainsi des êtres chers à l’affections de leurs familles. Nous avons encore, douloureusement en mémoire, les accidents dramatiques sur les routes d’Alépé, Bingerville et d’autres de l’intérieur du pays. Nous invitons tous les usagers de la route à faire preuve de prudence, de civisme et de discipline. La « discipline », qui fait partie de notre devise nationale, est-elle tout simplement un slogan ou un comportement à avoir. Nous encourageons les forces de l’ordre et de sécurité à redoubler de vigilance pour que ceux qui prennent la route voyagent le cœur en paix.

Aux fils et filles de ce pays, nous vous réitérons l’appel des Archevêques et Evêques de Côte d’Ivoire à continuer à travailler au pardon mutuel pour le relèvement définitif du pays, et à la restauration d’un vrai climat de paix en Côte d’Ivoire pour sa reconstruction et son développement.

Aux responsables des médias et aux journalistes nous vous renvoyons à la noblesse de votre métier qui vous oblige à l’éthique de l’information juste et crédible.

Peuple de Dieu, hommes et femmes de bonne volonté !

Votre responsabilité qui est aussi la nôtre est certes grande, les défis énormes, les obstacles évidents, mais avec une bonne dose d’audace nous surmonterons les aspérités du chemin et nous bâtirons notre destinée dans la paix.

Pour ce faire, il convient que nous acceptions de laisser mourir ce qui est ancien pour que renaisse l’homme nouveau, porteur d’une nouvelle vision, celle de la justice, de la vérité et de la solidarité. Il s’agit donc d’une vison fondée sur l’espérance d’un changement qualitatif. Or l’espérance, écrit saint Paul, ne déçoit pas (cf. Rm 5, 5).

La paix est toujours à construire. Comme le dit le Pape François : « Remettons la paix au cœur de la vision de l’avenir, comme objectif central de notre action personnelle, sociale et politique, à tous les niveaux. Désamorçons les conflits avec l’arme du dialogue. »

Par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie Notre-Dame de la Paix, que le Seigneur nous aide à nous tourner vers l’avenir en marchant ensemble sur les chemins de la réconciliation et de l’espérance pour une Côte d’Ivoire pacifiée.

+ Mgr Bruno YEDOH,

Evêque du diocèse de Bondoukou,
Président de la Commission Episcopale de la Pastorale Sociale
et pour le Service du Développement Humain Intégral.