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TRICENTENAIRE DE LA NAISSANCE AU CIEL DE SAINT JEAN BAPTTE DE LA SALLE CELAF-INSTITUT Abidjan, vendredi 10 mai 2019

HOMELIE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ
ARCHEVEQUE D’ABIDJAN
A L’OCCASION DE LA CELEBRATION DU TRICENTENAIRE
DE LA NAISSANCE AU CIEL
 DE SAINT JEAN BAPTTE DE LA SALLE
CELAF-INSTITUT
Abidjan, vendredi 10 mai 2019

 

        “Le but que poursuit la véritable éducation est de former la personne humaine dans la perspective de sa fin suprême, en même temps que du bien des sociétés dont l’homme est membre... Il faut donc aider les enfants et les jeunes gens... à développer harmonieusement leurs aptitudes physiques, morales, intellectuelles, à acquérir graduellement un sens plus aigu de leur responsabilité, tant dans l’effort soutenu pour mener droit leur vie personnelle que dans la poursuite de la vraie liberté... Qu’ils reçoivent une éducation sexuelle positive, prudente, qui progressera au fur et à mesure qu’ils grandiront. Qu’ils reçoivent en outre, une formation à la vie en société... qui les rende capables de s’insérer de façon active dans les différents groupes de la communauté humaine...”

 

 

Révérends Pères,
Honorables invités,
Révérendes sœurs,
Chers frères et sœurs en Christ.

 

Former la personne humaine dans la perspective de sa fin suprême, aider les enfants et les jeunes gens à développer harmonieusement leurs aptitudes physiques, morales et intellectuelles, acquérir graduellement un sens plus aigu de leur responsabilité, et enfin, recevoir une formation à la vie en société qui les rende capables de s’insérer de façon active dans les différents groupes de la communauté humaine, voici en quelques mots, résumés, l’extrait de la Déclaration sur l’éducation chrétienne, Gravissimum EducationisMomentum, que je viens de vous partager à l’instant.

 

Ces quelques mots, sont ceux qui me sont venus à l’esprit pour tenir compte du cadre qui nous accueille, le CELAF-INSTITUT, mais aussi de l’occasion qui nous rassemble, la célébration du tricentenaire de la naissance au ciel de Saint Jean Baptiste de la Salle, cet innovateur dans le domaine de la pédagogie et qui a consacrer sa vie à éduquer les enfants pauvres, saint patron des enseignants et des éducateurs !

 

Propos d’hier ? Pas si sûr ! Et c’est ici qu’il nous faut reconnaître et saluer la clairvoyance des Pères du Concile, aidés de la force du Saint Esprit, dont les propos que certains peuvent qualifier d’une autre époque sont, à bien regarder de près, d’une extrême actualité, eu égard aux nombreux défis dont l’éducation en général et l’école en particulier sont confrontés, 54 années après la promulgation de ladite Déclaration !

 

S’il est heureux aujourd’hui pour nous de nous retrouver autour de la mémoire de Saint Jean Baptiste de la Salle, je voudrais que nous puissions saisir l’occasion de cette heureuse célébration, pour nous projeter en avant afin de tracer pour les générations futures, les sillons qui garantiront un avenir meilleur à nos enfants et disons-le, à nos états africains, dont les systèmes éducatifs semblent perdre de leur charme et de leur valeur. Cette projection en avant, ces sillons qu’il nous faut tracer, ce sont ceux que j’ai bien voulu volontiers adosser aux lectures de ce jour et qui sont d’une très grande richesse. Ces sillons ont pour noms, humilité et sagesse !

 

Honorables invités,
Frères et sœurs,

 

L’évangile de ce jour nous révèle la grandeur de l’humilité. En effet, dans la même tonalité que le sermon sur la montagne, Jésus montre que les prétentions à l’importance, à la grandeur, à la préséance ne sont pas compatibles avec le Royaume des Cieux, raison pour laquelle, il prend ici délibérément le parti des plus petits : ‘‘je vous le dis, en vérité, si vous ne changez pas et ne devenez pas comme les enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des Cieux. Celui donc qui se fera humble comme ce petit enfant est le plus grand dans le royaume des Cieux’’.

 

Vous le savez certainement, dans notre monde d’aujourd’hui, le problème du rapport à l’autre est de plus en plus crucial et de plus en plus complexe parce que l’altérité ne cesse de croître en quantité, en variété et en intensité. Dans le quotidien de nos vies, à l’école comme en politique, au travail et même à la maison, combien de fois n’avons-nous pas entendu des propos vexatoires réduisant nos amis, nos frères, les autres en ‘‘infra-humains’’ à cause de leur nationalité, de leur ethnie, ou tout simplement parce que nous n’avons pas le même niveau intellectuel que nous ?

 

L’humilité, c’est cette vertu qui consiste à se voir de façon réaliste. Elle s’oppose à toutes les visions déformées qui peuvent être perçues de soi-même (orgueil, égocentrisme, narcissisme). De nos jours la grandeur est regardée comme l’apanage des rois, des chefs, des stars, des magnats de l’industrie, de ceux qui pèsent en milliards de dollars ! Emprisonnés par cette image, nous ne pensons qu’à nous mettre en valeur à notre tour, à briller, à nous faire remarquer, et c’est la course au paraître, un sport pratiqué dans tous les milieux : épater la galerie avec sa nouvelle voiture, jouer des coudes et de ses influences pour gagner les meilleures places, soigner son look, se comparer…

 

Chers amis étudiants,

 

S’il est vrai que l’on ne peut vous défendre d’aspirer à ceux qui est grand et noble, cette aspiration doit trouver son origine dans l’humilité et le sérieux avec lequel vous acceptez d’être formés ! Comme le dit le Concile, ‘‘entre tous les moyens d’éducation, l’école revêt une importance particulière; elle est spécialement, en vertu de sa mission, le lieu de développement assidu des facultés intellectuelles ; en même temps elle exerce le jugement, elle introduit au patrimoine culturel hérité des générations passées, elle promeut le sens des valeurs, elle prépare à la vie professionnelle, elle fait naître entre les élèves de caractère et d’origine sociale différents un esprit de camaraderie qui forme à la compréhension mutuelle. De plus, elle constitue comme un centre où se rencontrent pour partager les responsabilités de son fonctionnement et de son progrès, familles, maîtres, groupements de tous genres créés pour le développement de la vie culturelle, civique et religieuse, la société civile et enfin, toute la communauté humaine.’’

 

L’invitation à l’humilité que je vous adresse, si elle est prise au sérieux, ouvrira à n’en point douter, beaucoup de portes pour chacun de vous. J’insiste pour dire à la suite du Concile que l’esprit de camaraderie forme à la compréhension mutuelle et évite biens de désagréments. Le temps de votre formation n’est pas seulement académique, intellectuel : il est aussi humain, c’est-à-dire, qu’il concerne tout votre être. Je vous en conjure, n’allez pas affronter le monde de l’emploi handicapés par votre manque d’humilité ! D’ailleurs, ne dit-on pas que l’humilité précède la gloire ? Ayez donc assez de sagesse pour discerner ce qui vous est utile et profitable.

 

A propos de sagesse, la  première lecture de ce jour qui est un extrait du livre du Siracide nous relate les devoirs du maître de la sagesse : étudier les Ecritures, méditer les mystères divins, rendre des services auprès des gens haut placés dans son pays comme à l’étranger, répandre le message de la sagesse et, par la prière, remercier le Seigneur. Toutefois, l’étude ne suffit pas pour acquérir la sagesse : il faut aussi prier pour confesser ses fautes, car elles sont un obstacle à l’acquisition de la sagesse puis demander aussi l’intelligence, car toute sagesse vient du Seigneur !

 

Chers formateurs,

 

Le rôle qui est le vôtre est à bien des égards, ingrat, tant les efforts que vous fournissez pour aider vos jeunes frères ne sont pas toujours considérés à leur juste valeur ! Comme vous le savez certainement, ‘‘la présence de l’Église dans le domaine scolaire se manifeste à un titre particulier par l’école catholique. Tout autant que les autres écoles, celle-ci poursuit des fins culturelles et la formation humaine des jeunes. Ce qui lui appartient en propre, c’est de créer pour la communauté scolaire une atmosphère animée d’un esprit évangélique de liberté et de charité, d’aider les adolescents à développer leur personnalité…’’

 

La spécificité qu’offre un cadre comme celui du CELAF-INSTITUT nous permet de comprendre que ‘‘ l’école catholique, en s’ouvrant comme il convient au progrès du monde moderne, forme les élèves à travailler efficacement au bien de la cité terrestre. En même temps, elle les prépare à travailler à l’extension du Royaume de Dieu de sorte qu’en s’exerçant à une vie exemplaire et apostolique, ils deviennent comme un ferment de salut pour l’humanité.’’

 

On ne le dira jamais assez, ‘‘l’école catholique revêt une importance considérable dans les circonstances où nous sommes, puisqu’elle peut être tellement utile à l’accomplissement de la mission du Peuple de Dieu et servir au dialogue entre l’Église et la communauté des hommes, à l’avantage de l’une et de l’autre. Et c’est à vous, chers formateurs, qu’il appartient, avec la sagesse que j’implore pour vous, de nous offrir ce merveilleux cadeau, comme l’a fait hier, Saint Jean Baptiste de la Salle.

 

Je vous encourage à sa suite à persévérer généreusement dans la tâche entreprise et à vous efforcer d’exceller par votre souci d’inspirer à vos auditeurs l’esprit du Christ, par vos valeurs pédagogiques et par l’étude des sciences, de sorte à aider non seulement l’Église à se renouveler de l’intérieur mais que vous-mêmes puissiez servir comme Saint Jean Baptiste de la Salle, la présence bienfaisante du Christ au monde d’aujourd’hui, plus spécialement dans le domaine de l’éducation.

 

Puisse Dieu bénir et féconder les efforts de tous et de chacun par l’intercession de Saint Jean Baptiste de la Salle et de la Vierge Marie.

 

Bonne fête à tous

 

+ Jean Pierre Cardinal KUTWÃ
Archevêque d’Abidjan