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MOT D’OUVERTURE DE LA 113ème ASSEMBLEE PLENIERE DE LA CONFERENCE DES EVEQUES CATHOLIQUES DE COTE D’IVOIRE

TENUE A ADZOPE DANS LE DIOCESE D’AGBOVILLE DU 17 AU 23 JUIN 2019

 

 

THEME : « AGIR ENSEMBLE POUR BATIR L’EGLISE »

Il y a une diversité de ministères, mais c’est le même Esprit

(cf.  1Cor.12, 5-6)

 

 

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Révérend Père Luca MARABESE, Chargé d’Affaires à la Nonciature Apostolique en Côte d’Ivoire, représentant le Saint Père, le pape François,

Excellences, messieurs et mesdames les ministres,

Monsieur le préfet de la région Agnébi-Tiassa,

Mesdames et Messieurs les préfets et sous-préfets de la région d’Agnébi-Tiassa,

Honorables députés,

Monsieur le président du Conseil Régional,

Mesdames et messieurs les maires de la région d’Agnébi-Tiassa,

Distinguées autorités administratives, militaires et coutumières,

Vénérés chefs religieux,

 Révérends Pères, Révérendes Sœurs, Révérends frères,

 Honorables invités,

Chers frères et sœurs,

 

         En union avec mes frères dans l’épiscopat, je vous souhaite la bienvenue à la cérémonie d’ouverture de la 113ème Assemblée Plénière de la Conférence des Evêques Catholiques de Côte d’Ivoire qui se tient à Agboville. C’est la quatrième fois que la générosité de ce jeune diocèse nous ouvre ses portes, montrant ainsi son adhésion sans faille à la construction dans l’unité, d’une Eglise-communion. Le dynamisme de cette Eglise n’est plus à démontrer. une Eglise en mouvement, dirigée par un pasteur docile à l’Esprit, l’Esprit qui souffle où il veut, comme l’indique son moto : « Afflante Spiritus », une Eglise qui « munusse » (vit et agit) au rythme d’Africae Munus, l’Exhortation Apostolique Post-synodale, donnée par le pape Benoît XVI.

          

1-LE THEME DE LA 113ème ASSEMBLEE PLENIERE : AGIR ENSEMBLE POUR BATIR L’EGLISE

         Le thème retenu pour cette Assemblée, la 113ème, est : « Agir ensemble pour bâtir l’Eglise » (cf. 1Co12, 5-6). Il s’inscrit, comme cela se constate aisément, dans la vision de la Conférence des Evêques Catholiques de Côte d’Ivoire.Cette vision se traduit ainsi : Une Eglise-Communion autonome, au Service de tous. C’est une telle Eglise que le présent thème voudrait inviter à bâtir. Il fait ressortir l’importance de l’action, en définit la modalité et la finalité.

         ACTION

         L’action suggérée par le thème se définit par le verbe « agir ». Agir suppose une position dynamique, un engagement, un mouvement-la vie étant dans le mouvement- pour parler comme « l’episcopus agbovillensis » (l’évêque d’Agboville). Agir réalise plusieurs opérations comme le dit le texte de base ; il touche plusieurs domaines de la vie du monde et de l’Eglise. Agir appelle un acteur. Dans le contexte de 1Co 12, 4-11, l’acteur principal est l’Esprit-Saint. C’est l’Esprit-Saint qui a l’initiative de l’agir. Cependant l’Esprit associe à son agir des hommes mus par son action. Il y a donc plusieurs ministères mais c’est toujours le même Esprit, le même Seigneur, le même Dieu, l’unique qui agit en tous. Dès lors que c’est le même Esprit qui agit en tous, les acteurs associés ne peuvent agir de manière individualiste.

         MODALITE

         L’action dont il est question, selon le thème, est menée, non individuellement, mais ensemble. Cette modalité invite à la concertation avant, pendant et après l’action. Si « ensemble » fait appel à la communion, il suppose la reconnaissance de la diversité des acteurs et de leurs charismes. Agir ensemble, c’est emprunter un chemin qui garantit le succès, étant entendu que « l’union fait la force ». L’action solitaire produit des fruits d’individualisme qui enferme les cœurs dans un bonheur non partagé et, de ce fait, imparfait, je dirai même plus    illusoire. A l’opposé, agir ensemble permet d’obtenir, ensemble, des résultats qui profitent à tous, et introduit donc dans un bonheur parfait, conforme à la volonté de Dieu, surtout quand la finalité de cet agir ensemble est d’ordre spirituel et relative à la construction de l’Eglise.

         FINALITE

         La finalité de l’agir ensemble est plus que clairement énoncé : bâtir l’Eglise. C’est la noblesse de cette finalité qui donne à l’agir ensemble tout son sens et l’impose. L’Eglise est, étymologiquement, le rassemblement de ceux qui sont appelés, qui ont répondu à l’appel, et qui, de ce fait, forment une assemblée. On ne peut bâtir une assemblée sans être ensemble, mieux, sans agir ensemble. C’est, dans la mesure où nous sommes ensemble, vivons ensemble, agissons ensemble que nous pouvons bâtir ensemble l’Eglise. La construction de l’Eglise exige que chacun apporte sa pierre, que les pierres soient mises ensemble selon une conception organique (cf Eph 2, 20-22).

Bâtir l’Eglise est un objectif qui appelle la participation sans calcul de tous les catholiques sans exclure personne. Je me permets d’inviter tous les catholiques, quels que soient leurs niveaux d’insertion dans la société et dans l’Eglise, à bâtir l’Eglise pour que l’Eglise les bâtisse. J’insiste pour que chaque catholique participe à la construction de l’Eglise-Communion autonome pour que l’Eglise-Communion autonome le construise. Construisons l’Eglise et l’Eglise nous construira. C’est dire, en un mot comme en mille, qu’agir ensemble permet de construire une Eglise-Communion solide qui intègre la diversité et l’universalité des dons et des services.

2-DIVERSITE, UNIVERSALITE ET GRATUITE DES DONS ET DES SERVICES

         Agir ensemble pour bâtir l’Eglise ensemble, suppose la reconnaissance du fait que les membres de l’Eglise, tous les membres de l’Eglise sont pourvus de dons divers. Ce serait limiter la toute-puissance de l’Esprit Saint que de penser qu’il a comblé certaines personnes de dons abondants, et qu’il en a privé d’autres, même des plus petits. En réalité, l’Esprit de Dieu donne à chacun ses dons comme il veut (cf. 1Co 12, 7.11). C’est donc l’Esprit Saint qui a l’initiative des dons spirituels ou charismes.

Nous comprenons alors que les charismes ou dons ne peuvent faire l’objet de négoce : les dons, comme leur nom l’indique, s’accueillent ; ils sont donnés par quelqu’un qui est totalement libre et sont accueillis par quelqu’un qui, lui aussi, est libre ; ils ne se vendent ni ne s’achètent ; inutile d’aller les chercher chez les marchands ; ce serait courir après l’illusion et le vent.  On ne s’initie pas aux charismes comme on apprendrait à lire ; les charismes ou dons sont donnés et reçus. Courir après les dons par d’autres moyens que la foi obéissante et la prière, c’est remettre en cause l’initiative libre de Dieu et verser dans la simonie (cf Ac 8, 9-24), ce commerce des biens spirituels, ou dans du mimétisme aux conséquences dramatiques, comme cela advint dans les Actes des Apôtres avec les sept (7) fils de Sceva (cf. Ac 19, 11-17).

Il convient par ailleurs de relever que personne n’a tous les dons, que personne n’en est totalement privé. Chacun, dans l’Eglise, a un don à mettre au service de tous (cf. Rom12, 6-8). Qu’on l’appelle don, charisme ou talent, Dieu en a comblé les membres de son Eglise en vue du bien commun, du bien de tous, à travers des services multiples. Il va sans dire que les services ou ministères correspondent aux dons reçus par chacun et mis en valeur. Aucun charisme n’est donné pour la gloire de celui qui le reçoit (cf. 1Co 4, 7). Aucun don n’est fait pour être admiré de manière narcissique. Au contraire, il est donné pour le bien des autres, « en vue du bien commun » pour reprendre les termes de l’Apôtre Paul (cf.  1Co 12, 7). Nul doute que c’est ce qui explique la diversité des associations, mouvements, groupes et services dans l’Eglise.

3-DIVERSES ASSOCIATIONS POUR LE BIEN COMMUN INTEGRAL DANS LE RESPECT DES DIVERSITES

         L’Eglise, docile à l’Esprit Saint, est ouverte à l’accueil de toutes les associations de fidèles, pourvu qu’un discernement soit fait par ceux qui, dans l’Eglise, exercent le charisme de discernement (cf. 1Co 12, 10 ; 1Jn 4, 1), et que les signes du service du bien commun soient décelés. Rappelons que la manifestation de l’Esprit est donnée à chacun en vue du bien commun (cf 1Co 12, 7). La recherche du bien commun apparaît comme une volonté éternelle de Dieu et non une invention des hommes. Dans le contexte de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens, le bien commun désigne avant tout le bien spirituel des membres de la communauté au service de laquelle la manifestation de l’Esprit, par la distribution des charismes, est donnée.

Il n’en demeure pas moins que le bien spirituel, bien compris, dans le même contexte, fait appel au bien temporel (cf. 1Co 12, 9). N’oublions pas cet adage : « Mens sana in corpore sano » qui se traduit : « Un esprit sain dans un corps sain », ainsi que cette vérité philosophique qui énonce que l’homme est un être psychosomatique. Le lien entre le corps et l’esprit est tel que l’on ne peut rechercher le bien commun spirituel en ignorant totalement le bien commun matériel. Avec le pape François qui invite l’Eglise à travailler au développement humain intégral, nous pouvons parler du bien commun intégral, unissant le spirituel et le temporel. 

Beaucoup d’associations de fidèles existent dans notre Eglise.  Certaines remontent à des lustres, d’autres sont de la dernière lune. Certaines sont d’une vitalité visible et connaissent une effervescence sans précédent, dans un contexte où les croyants sont sensibles à la prière qui donne une relative assurance pour ne pas parler de tranquillité ; d’autres, après une période de dynamisme sans pareille, semblent plongés dans un coma profond. Les Mouvements d’Action Catholique, car c’est d’eux qu’il s’agit, connaissent une léthargie diversement appréciée. Tous les Mouvements d’Action Catholiques, qu’ils soient d’enfants, de jeunes ou d’adultes, qui ont montré un engagement au service de la société, alliant prière, formation et action transformatrice, se ramollissent s’ils ne se confondent purement et simplement avec les associations à vocation fondamentalement contemplative. Or une vraie contemplation débouche sur l’action. Ce n’est pas l’Apôtre Jacques qui dira le contraire (cf. Jc 2, 14-26).

Si le Mouvement des Cœurs Vaillants et Ames Vaillantes résiste encore à la bourrasque, si la Jeunesse estudiantine Catholique cherche encore ses repères, l’on peut se demander où se cache la Jeunesse Ouvrière Catholique. Le Mouvement des Travailleurs Chrétiens est-il repérable dans la sphère des Mouvements d’Action ? Je ne voudrais pas poursuivre mes jérémiades…Le constat est clair : le « voir, juger, agir » a perdu un élément important : l’agir qui semble englouti par la contemplation sans action.  

Il urge que tout soit mis en œuvre pour redonner aux Mouvements d’Action Catholique leur dynamisme de jadis ou, tout au moins, pour les sortir de leur profond sommeil. Les agents pastoraux, investis de divers charismes ou dons spirituels, sont interpellés ; ils veilleront à leur réorganisation sans retard pour que l’action d’ensemble de ces Mouvements d’Action continue à participer à la construction d’une Eglise visible, solide et engagée au service de la société, au service des plus vulnérables. 

         Dans l’optique du Plan Stratégique pour la Communion et l’Autonomie, dont s’est dotée notre Eglise, sensible à la communion et à la recherche de l’autonomie par une action d’ensemble, l’on ne peut ignorer la situation de la Jeunesse Agricole Catholique (JAC). En évoquant ce Mouvement d’Action Catholique, une question brûle nos lèvres : ce Mouvement d’Action existe-il encore ? Ce Mouvement qui, en son temps, a organisé nos jeunes qui, d’ailleurs, devenus vieux, en sont nostalgiques ; ce Mouvement qui a animé nos villages, même si parfois de manière folklorique, se contentant des danses « Sida » comme on les appelait dans certains villages, ce Mouvement, selon notre regard, n’existe plus que de nom aujourd’hui.

Sur la liste de nos secrétariats exécutifs, ce Mouvement figure avec des aumôniers. Continuera-t-il à n’être que figuratif ou devra-t-on l’inscrire sur la liste des actions diligentes à mener en vue de sa réanimation et redynamisation ? Les paysans, les jeunes ruraux surtout, ont-ils vraiment besoin de la JAC ? La lutte pour les justes prix des produits agricoles des paysans fait partie des missions qu’un tel mouvement peut se donner. Comment le raviver pour lui permettre de se mettre au service de la plus grande portion de notre population entre les mains de qui se trouve le succès tant chanté de notre pays ? La réponse à cette question comporte des exigences à plusieurs dimensions. Elle ne doit pas être donnée à la légère, mais en connaissance de cause. C’est le lieu de rappeler que l’engagement des fidèles laïcs est le chemin, pour eux, de vivre la sainteté, à travers un service qui intègre la communion. Il en est de même de ceux qui exercent le pouvoir et l’autorité dans l’Eglise et dans la société. Car agir ensemble pour bâtir l’Eglise ne peut pas ne pas impliquer l’action d’ensemble avec le monde civil, pour bâtir un monde plus juste, plus pacifique et plus fraternel dans la recherche effrénée du bien commun.

4-AUTORITE ET SAINTETE DANS LA RECHERCHE DU BIEN COMMUN

         Ceux qui ont le pouvoir et exercent l’autorité dans l’Eglise comme dans la société ne sont pas dispensés de l’agir ensemble en vue de la recherche du bien commun. Bien au contraire, ils y sont astreints, car c’est pour cela que le peuple leur donne son pouvoir et son autorité. Le peuple leur donne son pouvoir et son autorité pour qu’ils puissent organiser le bien commun qui lui appartient en propre. Tout faire pour préserver et renforcer le bien commun que le peuple leur confie est un devoir auquel les autorités ne peuvent se dérober ni se soustraire.

Le bien commun du peuple, comme nous l’avons mentionné plus haut, est aussi bien temporel que spirituel. Ce bien commun, c’est d’abord une vie, la vie des individus membres du peuple, la vie des peuples avec tout ce qu’elle comporte de physiologique, de psychologique, de liberté, d’aspiration au bonheur partagé ; c’est ensuite, bien évidemment, un environnement spatial, social, politique, économique et sécuritaire paisibles. Je ne crois pas faire une révélation que de dire que l’heure vient, et c’est maintenant, pour tous ceux qui détiennent une quelconque autorité, de travailler à préserver l’environnement sociopolitique, dans la sauvegarde de la paix qui passe par le respect des règles de la démocratie.

Je ne voudrais pas me faire le spécialiste en la matière, mais nous savons tous que la démocratie, pouvoir du peuple, est un bien commun qui exige la protection de la liberté des individus et des collectivités, la reconnaissance et la protection des opinions y compris celles des minorités, le respect des lois, la création d’un environnement paisible pour l’épanouissement intégral de tous sans discrimination. Est-il superflu d’exhorter tous ceux qui sont engagés dans la politique définie comme la forme la plus élevée de la charité, à tout mettre en œuvre pour pacifier l’environnement sociopolitique, écartant toute dérive verbale ? Je voudrais nous proposer la lumineuse pensée de Dieu transmise par la plume de cet homme de foi : « De votre bouche ne doit sortir aucun mauvais propos, mais plutôt toute bonne parole capable d’édifier, quand il le faut, et de faire du bien à ceux qui l’entendent » (cf. Eph 4, 29).

L’exhortation de Saint Paul est plus que d’actualité dans notre pays. A ce stade de mon propos, je voudrais en appeler à la responsabilité de tous les acteurs politiques ainsi que de celle de tous nos concitoyens : il faut désarmer les cœurs pour dépassionner tous les débats relatifs à la marche de notre pays. Il est impérieux qu’un débat serein se fasse, aux fins de vider tous les contentieux autour des élections, de l’immigration, de la nationalité et de la sécurité des populations vivant en terre ivoirienne.

La responsabilité de tous ceux qui ont l’autorité leur impose de travailler à protéger la paix dans notre pays en n’utilisant leur bouche que pour dire des paroles qui construisent la paix et la réconciliation sans préjudice à la défense de leurs opinions propres conformément au droit. Ils sauront cependant que celles-ci ne peuvent surpasser le bien commun au service duquel ils sont appelés à se sanctifier.

C’est en recherchant ce bien commun qu’ils travailleront à leur propre sanctification comme les y invite le Pape François dans sa lettre apostolique « Gaudete et exultate » sur la sainteté dans le monde actuel. Dans cette lettre, le pape va jusqu’à demander à ceux qui exercent l’autorité d’aller à la sainteté non seulement en recherchant le bien commun, mais encore et plus, en sacrifiant leurs intérêts particuliers : « As-tu de l’autorité ? Sois saint en luttant pour le bien commun et en renonçant à tes intérêts personnels » (G. E. N°14). Quelle gageure ! Déjà dans sa lettre encyclique Laudato Si, sur la Sauvegarde de notre Maison Commune, il aura déjà touché cette question fondamentale du bien commun dans sa diversité et dans sa relation avec la sainteté (cf. Laudato Si 156-158). Il y cite d’ailleurs Gaudium et Spes (GS 26) qui, plus de cinquante ans plus tôt, a abordé la question de la sainteté dans la recherche du bien commun, le définissant comme « L’ensemble des conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée » (GS 26).

5-AUTORITE ET SERVICE DES POPULATIONS PAUVRES

         Par voie de conséquence, l’action des tenants du pouvoir et de l’autorité au service du bien commun s’orientera d’une manière spécifique vers le service des populations les plus vulnérables. Nul n’ignore que dans notre pays, plus de 70% de la population est active dans l’agriculture dont le pays tire ce qui est nécessaire pour la nourriture et pour les produits de rente qui l’enrichissent. Ils constituent pourtant l’une des franges de la population les plus vulnérables et les plus laissées-pour-compte. Le fruit de leur labeur profite plus à d’autres qu’à eux-mêmes en priorité, du fait que leurs produits sont bradés, cédés à des prix inacceptables, parce qu’ils sont inorganisés et livrés à eux-mêmes.

Ce serait une lapalissade que de dire que ceux-ci doivent faire l’objet d’une attention toute particulière de la part des autorités au service du bien commun. Ainsi, ensemble, pauvres et riches partageront le bonheur de vivre ensemble et d’être unis, selon le psalmiste, parce qu’ils auront agi ensemble en vue du bien commun :

« Voyez ! Qu’il est bon qu’il est doux d’habiter en frères tous ensemble ! C’est une huile excellente sur la tête, qui descend sur la barbe, qui descend sur la barbe d’Aaron, sur le col de ses tuniques.

C’est la rosée de l’Hermon, qui descend sur la hauteur de Sion ;

Là, le Seigneur a voulu la bénédiction, la vie à jamais. » (Ps 133/132).

 

6-DES DOSSIERS RELATIFS A L’ACTION D’ENSEMBLE POUR BATIR L’EGLISE

         L’agir ensemble des fidèles du Christ pour bâtir l’Eglise s’organise, nous le rappelons, autour d’un certain nombre d’associations, de groupes, de services et de   mouvements. Ceux-ci sont supervisés, pour certains, par le Secrétariat Exécutif des Œuvres Catholiques qui, lui-même, est sous la responsabilité de la Commission Episcopale pour l’Apostolat des Laïcs. D’autres sont sous la direction des Commissions Episcopales, ayant chacune un évêque président, des évêques membres et un secrétaire exécutif, un prêtre. Chaque année ces commissions font leurs rapports d’activités pour permettre aux évêques d’évaluer la marche de l’Eglise dans notre pays. Et c’est à la dernière session de l’année que ces rapports sont examinés.

Les évêques auront donc à éplucher ces rapports et à étudier d’autres dossiers notamment, ceux relatifs à la réforme de l’Education Catholique, au manuel de procédures du Conseil Pour les Affaires Economiques de la CECCI, à l’évaluation à mi-parcours du Plan Stratégique Pour La Communion et l’Autonomie, à la rédaction du Protocole sur la Protection des Mineurs dans l’Eglise en Côte d’Ivoire. Vivant au cœur d’un pays en recherche de repères, les évêques ne pourront être indifférents aux grandes questions des échéances électorales 2020, de la réconciliation, de la justice et de la paix.

Dans le souci d’un agir ensemble efficace parce que muri, les évêques étudieront la mise en place d’une Académie Catholique, l’organisation d’un Congrès National Extraordinaire du Clergé, la stratégie des Moyens de Communication Sociale au service d’une évangélisation toujours plus dynamique.

7-QUE L’ESPRIT DE COMMUNION PLANE SUR NOS TRAVAUX ET SUR L’EGLISE EN VUE D’UN AGIR ENSEMBLE EFFICACE POUR BATIR L’EGLISE

         C’est l’Esprit Saint qui est le maître d’ouvrage et en même temps le maître d’œuvre de l’Eglise ; sans son souffle, nous ne saurions agir ensemble pour bâtir l’Eglise, à plus forte raison l’Eglise-Communion. Je voudrais donc vous demander, chers frères et sœurs, d’être en état de veille pour prier pour vos évêques ; que par l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, la Mère de l’Eglise, Notre Dame des Apôtres, l’Esprit de communion plane sur leurs travaux et leur obtienne un agir-ensemble efficient, ayant pour finalité de bâtir l’Eglise selon leur vision commune, une Eglise-Communion Autonome, au Service de Tous.

         Je vous remercie.

Fait à Agboville, le 18 juin 2019

 

Monseigneur BESSI DOGBO Ignace

Evêque de Katiola

Administrateur Apostolique de Korhogo

Président de la Conférence des Evêques Catholiques de Côte d’Ivoire