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  • MESSAGE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ A L’OCCASION DE LA RENTREE PASTORALE 2019-2020 THEME DE L’ANNEE : ‘‘POUR VIVRE EN COMMUNION, FAITES AUX AUTRES, CE QUE VOUS VOULEZ QU’ILS FASSENT POUR VOUS’’ Cf. Mt.7, 12

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  • HOMELIE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE LA MESSE DE CLOTURE DE L’ANNEE PASTORALE 2018-2019 Jeudi 27juin 2019

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  • HOMELIE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE L’ORDINATION SACERDOTALE  Abidjan le 13 Juillet 2019

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  • AFFECTATIONS DES PRETRES ANNEE PASTORALE 2019 – 2020

HOMELIE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE LA MESSE DE CLOTURE DE L’ANNEE PASTORALE 2018-2019 Jeudi 27juin 2019

Gn.16, 1-12.15-16 / Mt.7, 21-29
Cathédrale Saint Paul du Plateau
Jeudi 27juin 2019
 ‘‘ En ces années mêmes, où les douleurs et les angoisses de guerres tantôt dévastatrices et tantôt menaçantes pèsent encore si lourdement sur nous, la famille humaine tout entière … doit entreprendre une œuvre qui ne peut être menée à bien que par la conversion renouvelée de tous à une paix véritable : édifier un monde qui soit vraiment plus humain pour tous et en tout lieu...’’
Révérends Pères,
Révérendes sœurs,
Chers frères et sœurs,
Vous avez certainement reconnu là, un extrait de mon adresse à l’occasion de la rentrée pastorale dont nous célébrons la clôture aujourd’hui. Il m’a paru important et opportun, de revenir sur ces propos  qui traduisent bien à mon sens, la signification profonde de l’engagement que nous avons contracté avec le Christ, notre Maître et Seigneur, dans notre marche à sa suite. Cette marche, nous l’avons souhaitée ponctuée de partage et de solidarité, durant deux années, en essayant d’aller plus en profondeur de nos capacités pour offrir à notre pays la paix qui vient de Dieu.


Cette paix, faut-il le rappeler, c’est celle qui ne peut s’obtenir sur terre sans la sauvegarde du bien des personnes, ni sans la libre et confiante communication entre les hommes, des richesses de leur esprit et de leurs facultés créatrices. La ferme volonté de respecter les autres hommes et les autres peuples ainsi que leur dignité, la pratique assidue de la fraternité sont absolument indispensables à la construction de la paix, comme je l’annonçais à l’occasion de la rentrée pastorale.
En effet, en tant que pasteurs, nous devons nous laisser convaincre que notre agir profond doit rendre compte de notre désir d’aider nos concitoyens à l’édification d’un monde qui soit vraiment plus humain pour tous et en tout lieu. Ce monde à bâtir, cette Côte d’Ivoire nouvelle que nous appelons de toutes nos forces, c’est celui qui emporte ma conviction qu’il ne peut se construire sans un certain nombre de valeurs et par les temps dans lesquels nous sommes, par les valeurs de partage et de solidarité.
Au terme donc de ces deux années pastorales, je ne voudrais pas oser de bilan mais bien plus nous inviter tous à faire en sorte que ce que nous avons vécu se poursuive dans le temps et laisse des traces aussi bien dans notre histoire personnelle que dans celle de tous les habitants de notre pays, la Côte d’Ivoire! En fait, au moment de clore cette année, je voudrais que tous nous prenions ensemble l’engagement de traduire en actes concrets et durables, les idées fortes de l’invitation qui nous était faite à vivre de partage et de solidarité, avec la force que donne le Saint Esprit !
Pour arriver à cette stabilité qui rend visible notre foi de chrétien, je voudrais solliciter encore une fois l’engagement de tous, un engagement qui est pour nous, comme je le disais à la rentrée pastorale,  un impérieux devoir de nous faire proche de n’importe quel homme, un devoir qui s’inscrit dans l’intuition fondamentale selon laquelle il existe une profonde solidarité de l’Eglise avec l’humanité, puisque l’Église, partie prenante de cette humanité, est dans le monde pour y être le sacrement du salut, pour porter le salut de Dieu pour le monde et pour en vivre. Cela suppose d’une part, que nous refusions désormais les solutions qui font problème comme nous le révèle la première lecture de ce jour, et de l’autre, que nous acceptions de vivre en fils de Dieu, comme nous l’enseigne l’évangile.
1-    Refuser les solutions qui font problème.
Révérends Pères,
Révérendes sœurs,
Chers frères et sœurs,
Dans la première lecture de ce jour, s’il est vrai que le moyen par lequel Saraï donne un fils à son mari Abram était couramment utilisé à cette époque, il n’en demeure pas moins à l’analyse que ce qui semblait être la solution, en elle-même, faisait problème. En effet, l’histoire nous enseigne qu’arrivés déjà depuis dix ans en Canaan, Abram et sa femme ne peuvent plus attendre davantage la descendance que Dieu leur avait promise. Cette impatience va finir par créer une situation de rivalité entre Saraï et sa servante Agar, situation qui donne d’observer que  l’une et l’autre en font alternativement les frais : mépris pour l’une, maltraitance pour l’autre ! C’est alors que Dieu intervient envers Agar pour que l’initiative de Saraï ne crée pas une souffrance injuste.
Comme vous l’aurez constaté, la solution qu’avait préconisée Saraï s’est avérée finalement porteuse de problème ! Après deux années de marche à la suite du Seigneur et éclairés par notre ambition de vivre de partage et de solidarité, il ne convient pas que dorénavant, cette solution porte problème. En effet et pour reprendre les mots de Saint Paul, les chrétiens que nous sommes serons les plus à plaindre si les efforts fournis pour vivre pleinement durant ces années notre foi, devraient s’arrêter avec la proposition d’un nouveau thème devant nous conduire, pour l’année pastorale à venir !
A l’occasion de la rentrée pastorale, j’avais insisté sur la nécessité pour nous de fuir le culte de l’inaction pour une vie de service effectif, avec une attention efficace pour les plus pauvres et pour bâtir des ponts entre nous !  L’exemple de la relation entre Saraï et sa servante Agar est l’occasion que je saisie pour nous rappeler que l’un de nos objectifs consistait à démontrer à nos concitoyens que notre Eglise n’a pas seulement pour vocation de vivre et de partager le pain eucharistique mais bien plus, d’être aussi, par le truchement de ses fidèles et le concours de tous, artisan du soulagement des différentes faims et soifs de notre monde, par une charité plus audacieuse et plus inventive en s’engageant résolument pour la promotion du développement intégral de l’homme.  
Cet objectif, c’est celui qui doit nous incliner à édifier un monde qui soit vraiment plus humain pour tous, en tout lieu et particulièrement ici en Côte d’Ivoire. Cela est possible si les chrétiens que nous sommes, acceptons de prendre toute la place qui est la nôtre là où se joue l’avenir de notre nation. Lentement mais sûrement, progressivement mais avec abnégation et foi, nous devons pouvoir annoncer que tous, nous devons vivre en fils de Dieu, et cela n’est plus négociable pour les chrétiens que nous sommes, au risque de nous entendre dire que nous sommes disqualifiés ! C’est donc un impératif pour nous de vivre vraiment en fils de Dieu !
2-    Vivre vraiment en fils de Dieu !
Révérends Pères,
Révérendes sœurs,
Chers frères et sœurs,
De nos jours, combien de groupes se réclament de Jésus et le brandissent hardiment sans aller trop souvent plus loin que l’admiration suscitée par cet homme extraordinaire ? Mais ces groupes ont-ils conscience des exigences liés à leur appartenance au Christ ? Il nous faut prendre conscience qu’il ne suffit pas de crier cette appartenance ou même de pratiquer les exorcismes avec succès ou encore de réaliser des miracles au vu et au su de tous !
A ce sujet, toujours et avec force, je m’insurgerai comme je le disais l’an dernier, contre ceux qui trafiquent l’évangile du Christ pour l’unique besoin de la cause qui est la leur. Je ne le dirai jamais assez : on ne ‘‘pioche’’ pas dans la Parole de Dieu uniquement ce qui nous arrange. Il nous faut accepter la radicalité de l’Evangile en nous efforçant d’être cohérents, unifiés et c’est à ce prix seulement que nous pourrons produire de bons fruits, des fruits qui nous poussent à la solidarité envers tous ! Vivre de partage et de solidarité, c’est refuser de se contenter de belles paroles uniquement tout en comprenant que c’est toute notre vie qui doit être predication pour les autres. Désormais, ce qui déborde de notre bouche et de notre cœur doit passer par des actes concrets. Fin de citation
Dans l’évangile, l’exigence de bâtir sa maison sur le roc plutôt que sur le sable ne saurait s’accommoder de paroles flatteuses et mielleuses qui consistent uniquement à raconter que nous appartenons au Christ ! Cela est un pas, mais pas le plus significatif ! Ce qu’il faut avant tout, c’est de rechercher la volonté de Dieu en toutes nos actions et les intempéries de la vie que représentent les épreuves sont un bon indicateur pour savoir de quel bois nous sommes faits !  
Nous devons comprendre que ce n’est pas la réussite extérieure qui compte avant tout, si pieuse qu’elle apparaisse ! En effet, ce que le Christ regarde, c’est bien le fond de nos cœurs, des cœurs tout tournés vers Dieu le Père pour faire sa volonté. Dès lors, la mission confiée aux disciples du Christ que nous sommes comporte des exigences et nous obligent à construire nos vies sur des bases solides.
Révérends Pères,
Chers frères et sœurs,
Dites-moi, à quoi cela aurait servi de dire au Seigneur que deux années durant, nous avons vécu de partage et de solidarité si cela n’a pas un véritable impact sur nos propres vies ainsi que sur celles des personnes que le Seigneur continue de mettre sur les chemins de nos vies ? Quel drame cela serait pour nous de nous entendre dire un jour, au soir de notre vie, lors de la rencontre ultime avec le maître de la vie : ‘‘ Je ne vous ai jamais connus. Ecartez-vous de moi, vous qui commettez le mal’’.
3-    Ecartez-vous de moi, vous qui commettez le mal.
Ainsi se décline notre horizon futur. L’invitation à construire sur des bases solides se fonde sur le fait que nul d’entre nous ne connaît à l’avance la violence des tempêtes que la vie peut un jour déchaîner contre lui. D’où l’invitation que Jésus adresse à celui qui veut bâtir une existence solide, à la fonder sur le rocher inébranlable, la Parole de Dieu écoutée, méditée et mise en actes.
Mettre la Parole de Dieu en actes, c’est choisir de s’écarter du mal, de tout mal! Il me plaît ici encore de rappeler à vos souvenirs mes interrogations de l’an dernier lors de notre messe de clôture : ‘‘personnellement, individuellement, quels gestes, quelles actions ai-je posé concrètement pour vivre de partage et de solidarité avec mon prochain, non pas uniquement les membres de ma communauté, de ma famille, mais avec ceux et celles que Dieu a mis sur mon chemin au cours de cette année et qui me sont proches soit par le sang, soit par le travail, soit par le lieu d’habitation ou tout autre endroit choisi par Dieu Lui-même ? Comment ai-je ouvert mes yeux sur la misère de l’autre sans tomber dans l’excès pharisien du souci de l’image, du paraître, du culte de l’apparence, comme dans une pièce de théâtre ?’’
Il s’agit pour nous de comprendre qu’avec Dieu, nous devons toujours accepter d’aller en eau profonde ! Aller en eau profonde, c’est l’exhortation que je vous adresse avec le thème de l’année pastorale prochaine. Il s’agira pour nous, de comprendre que pour vivre ensemble, il faut prendre la décision de ne faire à personne ce que nous ne voulons pas que l’on nous fasse à nous-mêmes ! Ainsi, ai-je décidé du thème suivant : ‘‘Pour vivre en communion, faites aux autres, ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous.’’
Révérends Pères,
Révérendes sœurs,
Chers frères et sœurs,
Au terme de ces deux années écoulées, je m’en voudrais de ne pas féliciter tous les agents pastoraux de notre Archidiocèse d’Abidjan pour le travail abattu avec abnégation et courage malgré les épreuves que nous avons endurées ! Les acquis sont nombreux et ce n’est qu’à ces acquis que je veux m’arrêter parce que je sais l’homme perfectible ! Si nous décidons de vivre en collaboration les uns avec les autres et tous ensembles pour Dieu, je reste convaincu que nous réussirons à impulser un nouvel élan à la marche de notre pays ! Encore une fois, je vous partage ma conviction que ‘‘unis dans l’amour, les hommes surmontent le péché, ils surmontent aussi la violence, jusqu’à l’accomplissement de cette parole : « De leurs épées ils forgeront des socs et de leurs lances des faucilles. Les nations ne tireront plus l’épée l’une contre l’autre et ne s’exerceront plus au combat » (Is 2, 4).
Qu’il plaise à Dieu qu’il en soit ainsi pour chacun des habitants de notre pays ! Je vous bénis et vous recommande tous à l’intercession du Sacré cœur de Jésus et de la Vierge Marie !
Bonnes vacances à tous et que la prochaine rentrée pastorale nous trouve tous en excellente santé physique et spirituelle pour annoncer le Christ à qui appartiennent, l’honneur, la gloire et la louange, dans les siècles sans fin, AMEN !

+ Jean Pierre Cardinal KUTWÃ,
Archevêque d’Abidjan