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  • ARCHIDIOCESE D’ABIDJAN AFFECTATIONS DES PRETRES 2020-2021

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HOMELIE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE LA FETE DU CHRIST ROI DE L’UNIVERS ET ENVOI EN MISSION DES LAICS DE L’ARCHIDIOCESE Paroisse Saint Jean de Cocody Dimanche 24 novembre 2019

Révérend Père Hyppolite AGNIGORI, Curé de Saint Jean,
Révérend Père Joseph LOUGA, Secrétaire exécutif diocésain des Œuvres,
Révérends pères, Révérendes sœurs,
Monsieur AKA Marc, Responsable Diocésain du Laïcat,
Chers Premiers Vice-Président des Conseils Paroissiaux,
Frères et sœurs en Christ,

Il est heureux que la célébration de la solennité du Christ Roi de l’univers avec toutes les implications que cela comporte, coïncide dans notre Archidiocèse, avec l’envoi en mission des laïcs, ferments et force de l’action du Christ dans le monde où nous sommes, à travers l’apostolat qui est le leur, là où l’appel de Dieu les a placés  ! En effet, les textes que nous avons entendus, sont à mon avis, de bons indicateurs de l’action que l’Eglise peut attendre de ses fils, appelés non seulement à révéler chaque jour davantage le visage du Christ à leurs frères et sœurs, mais également, à infuser les valeurs de l’Evangile dans leurs différents milieux de vie.

 

1-  En contemplant le Christ, nous contemplons l’homme, tel que Dieu l’a voulu

Dans la première lecture que nous avons entendue, l’auteur nous révèle la réunification des douze tribus d’Israël sous la houlette d’un unique pasteur, à la fois choisi par Dieu et reconnu par ses frères comme un des leurs. Sa désignation par Dieu est manifestée par l’onction qui lui est faite avec l’huile sainte et désormais, il porte le titre de Messie. Cette onction d’huile est non seulement le signe que Dieu l’a choisi et que son Esprit est désormais avec lui, mais aussi, que c’est Dieu Lui-même qui lui a fixé sa tâche : être un pasteur, un berger pour son peuple.

Mais cet idéal d’un roi à la fois issu de son peuple et choisi par Dieu, qui soit un pasteur, c’est-à-dire uniquement préoccupé d’offrir à son peuple l’unité et la sécurité, restera malheureusement tout au long de l’histoire d’Israël, un beau rêve ! Cependant, il n’y a pas matière à désespérer puisque la foi dans les promesses de Dieu l’a toujours emporté sur les déceptions de l’histoire. En effet, le peuple continuera d’attendre celui qui finalement porterait dignement le nom de Messie, comme pour dire que tout choix, même ceux qui tirent leur origine de Dieu, peuvent s’avérer finalement improductifs, si l’on ne prend pas pour modèle, Celui qui nous appelle tous à son service.

A propos de modèle à imiter, la deuxième lecture de ce jour nous révèle quelle doit être la vocation profonde de l’homme, de tout homme : être image de Dieu ! Or, l’image parfaite de Dieu ne nous est révélée pleinement qu’en  Jésus-Christ : en le contemplant, nous contemplons l’homme, tel que Dieu l’a voulu, à son image et à sa ressemblance à Lui, Dieu.

Mais en Jésus, nous pouvons aussi et surtout contempler Dieu Lui-même, Lui dont notre monde veut de plus en plus s’affranchir ! En effet, il n’y a qu’en Jésus-Christ, que Dieu se donne à voir. Autrement dit, Jésus est pour notre monde, la visibilité même de Dieu. En le disant, nous pouvons conclure à la suite de Saint Paul que le Christ est Celui qui donne sens au passé, soulevant les hommes et les saisissant comme dans un immense courant reconduisant tous les êtres à Dieu. Oui, c’est vraiment en Lui que tout l’univers trouve son sens.

En célébrant aujourd’hui, dernier dimanche de l’année liturgique, le Christ ‘‘Roi des rois et Seigneur des seigneurs’’, il s’agit pour nous de contempler à travers cette célébration le ‘‘règne de Dieu’’ qui vient inonder l’histoire des hommes. En effet, la fête de ce jour, est la synthèse, le récapitulatif, le résumé de tout le mystère du salut : après avoir célébré tous les mystères de la vie du Seigneur tout au long de l’année, l’année liturgique se termine par la célébration du Christ glorieux, Roi de toute la Création et de nos personnes, le seul vrai souverain de nos sociétés qui parfois, si ce n’est trop souvent, veulent vivre le dos tourné à Dieu.

Paradoxalement, pour fêter le Roi des rois, le texte de l’Evangile que l’Eglise nous donne de méditer est extrait de la passion du Christ. Dans cette scène, le trône de Jésus, c’est sa croix ; sa couronne, un buisson d’épines, son investiture, un titre de condamnation à mort et ses témoins, deux malfaiteurs condamnés avec lui. Mais qui donc est ce roi de gloire à l’investiture si particulière et que nous célébrons aujourd’hui avec tant de fastes et d’allégresse?

2-  Un roi qui aime et qui donne sa vie pour ceux qu’Il aime

Révérends pères,                                                                               Frères et sœurs, 

Les évangiles nous enseignent que la royauté du Christ ne Lui vient pas de ses origines familiales, même s’il est un lointain descendant du Roi David. Elle ne lui est pas non plus accordée par l’empereur de Rome, ni par une élection au suffrage universel. La question que nous pourrions nous poser, c’est celle de savoir pourquoi l’Eglise choisit-elle pour notre méditation, l’évangile de la mort ignominieuse du Christ pour nous parler de sa sublime royauté !  Pourquoi nous présente-t-elle le Roi de l’univers sous les traits d’un condamné tourné en dérision et par les chefs, et par les soldats, et par l’un des malfaiteurs ?

En effet, Jésus en croix, c’est apparemment l’échec retentissant : Il n’est plus dangereux; et aux attaques verbales, Il ne répond que par le silence de celui qui sait qu’il ne lui reste plus longtemps à vivre, le silence du mourant !  Mais n’est-ce pas précisément parce qu’Il a été bafoué que le Christ a été le roi le plus aimé du monde ? En effet, à l’échelle humaine, à travers le monde entier, tant d’hommes et de femmes ont prêché la paix, l’égalité entre les hommes et cela leur a coûté la vie. Mais paradoxalement, leur mort a inauguré un progrès de la paix et de la réconciliation ! C’était là déjà, un véritable témoignage d’amour ,de pardon qui va parfois jusqu’au sacrifice de sa vie, ferment de paix ! Dès lors, il nous faut bien comprendre le sens profond de cette page de l’évangile de ce jour !

 Comme tous les évangiles,elle nous montre la manière dont Jésus est devenu roi : Il l’est devenu par sa Croix, c’est-à-dire par la souffrance qu’Il a acceptée pour sauver les hommes. Ce faisant, l’évangile met en évidence l’amour du Christ qui est venu établir son règne non pas avec la force et la brutalité d’un conquérant, d’un guerrier redoutable mais avec la bonté et la douceur d’un pasteur. Toute sa vie durant, c’est avec sollicitude que le Christ a cherché les hommes dispersés et éloignés de Dieu par le péché : ces hommes étaient blessés et malades ; Il les a soignés et a pansé leurs plaies. Il les a tellement aimés qu’Il a donné  sa vie pour eux !

Comme roi, le Christ vient révéler l’amour de Dieu pour notre humanité, un amour qui n’exclut personne, pas même le malfaiteur condamné à juste titre qui l’injuriait, ni les soldats qui se moquaient de Lui en lui donnant de la boisson vinaigrée, encore moins les chefs qui ricanaient parce qu’ils avaient enfin réussit le malheureux exploit de mettre à mort un innocent sans défense, le maître de la vie !

Comme roi, le Christ vient pour être le médiateur de la Nouvelle Alliance, une Alliance qui instaure son royaume à Lui, c’est-à-dire, un monde plus juste, plus fraternel, plus solidaire ; un monde inspiré par les valeurs évangéliques d’espérance et de béatitude ; un monde de vérité et de vie, de grâce et de sainteté, de justice, d’amour et de paix ; un monde où nous devons entendre les cris de nos frères et sœurs en prenant l’engagement de faire aux autres, ce que nous voulons qu’ils fassent pour nous ! Tel est le royaume du Christ auquel nous sommes appelés à participer et que nous devons étendre autour de nous dans un apostolat fécond.

3-  De la nécessité d’imiter le Christ-Roi

Chers amis Responsables des conseils paroissiaux et du laïcat,

Le Christ-Roi veut être chaque jour un peu plus présent dans nos familles, chez nos amis, nos voisins, nos compagnons de travail, notre pays. Notre responsabilité commune à tous mais également à vous, consiste à collaborer à l’extension du règne de Jésus, à faire en sorte que le Christ siège dans nos vies et dans nos communautés chrétiennes.

Comme je vous le disais à l’occasion de la rentrée pastorale, ‘‘l’heure est venue pour vous,… de prendre ou de reprendre la place qui est la vôtre dans l’annonce de l’évangile du Christ. La recherche du bonheur et d’un mieux-être sont légitimes mais tous les moyens pour y accéder ne sont pas licites et vous le savez ! Le monde des affaires est impitoyable parfois, mais je reste convaincu que l’évangile a toute la force d’y pénétrer si vous le voulez bien, avec la force que donne le Saint Esprit ! 

L’appel à faire aux autres ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous est un excellent exercice spirituel dans votre marche à la suite du Christ ! Il m’est arrivé de constater, sans porter de jugement, qu’en face de certaines situations où les enjeux financiers étaient importants, votre foi au Christ a été rapidement mise sous le boisseau. Laissez-moi vous le redire : on ne peut pas être chrétien les jours pairs, et le contraire les jours impairs ! Certaines luttes entre vous, si elles sont compréhensibles ne doivent pas être l’occasion où tous les coups sont permis, au point de se demander si nous avons affaire à des croyants ! Je vous en conjure, au nom du Seigneur, ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas qu’ils fassent pour vous ! « 

Chers amis,

Je crois profondément qu’il faut que le Christ règne, d’abord dans notre intelligence, par la connaissance de sa doctrine, l’acceptation des vérités révélées mais surtout en faisant en sorte que notre agir et nos paroles soient en adéquation avec la foi que nous professons. Il faut que le Christ règne dans notre volonté, pour qu’elle obéisse et s’identifie de plus en plus à la volonté divine et non à la volonté du grand nombre. Il faut que le Christ règne dans nos cœurs afin qu’aucun autre amour ne s’interpose entre l’amour de Dieu et nos amours passagers. Je ne le dirai jamais assez : la vie des chrétiens est à un moment ou à un autre, un argument pour ou contre l’adhésion à la personne du Christ. Il faut que le Christ règne dans nos corps, temples de l’Esprit Saint !

Puis-je me permettre de vous inviter, chrétiens de notre Archidiocèse et partant de ce pays, à imiter désormais notre roi à nous, Jésus-Christ qui ,par l’acceptation de sa mort sur la croix, instaure un royaume où l’on ne songe pas à soi, mais aux autres, un royaume où le pouvoir est service. En effet, la fête de ce jour est un appel pour qu’autour de nous l’Esprit du Christ aimant imprègne toutes nos réalités terrestres. C’est à nous aujourd’hui, chrétiens, de faire en sorte que la mort du Christ ne soit pas vaine : les valeurs de dignité, de communion fraternelle, de liberté, de justice, de réconciliation et de paix sont notre héritage à faire fructifier. C’est pourquoi je voudrais me faire insistant en disant : chrétiens mes frères, pour vivre en communion, faites aux autres, ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous, comme le Christ notre Maitre et Seigneur nous l’enseigne.

4-  Une foi visible, signe de votre adhésion au Christ-Roi.

Révérends pères,                                                                               Frères et sœurs, 

La fête du Christ Roi de l’univers que nous célébrons aujourd’hui, est finalement à mon avis, l’option préférentielle que les chrétiens font du modèle de Roi, de gouvernants, de responsables, de prêtres et de laïcs qu’ils souhaitent avoir dans leurs communautés. En effet, si les nations du monde entier se donnent le droit de choisir leurs rois, leurs présidents, leurs responsables à leur convenance, nous aussi, chrétiens, au nom de ce même droit, faisons le choix du Christ, le seul qui ne déçoit pas, seul capable d’offrir à notre peuple l’unité, la sécurité et la paix que nous appelons de tous nos vœux pour notre cher pays la Côte d’Ivoire ! Mais ce choix que nous faisons en la personne de Jésus-Christ, nous devons non seulement le crier à la face du monde mais, surtout en être fiers et l’assumer!

Chers amis Responsables des conseils paroissiaux et du laïcat,                    Chers frères et sœurs, 

Assumer le choix de la personne du Christ, c’est comprendre que désormais, et c’est cela votre mission, nous sommes le sel de la terre, de cette terre de Côte d’Ivoire, et la lumière du monde dans lequel nous vivons ! Autrement dit, nous devons être le sel pour la vie spirituelle de nos communautés paroissiales, de nos quartiers  ! Désormais, je vous invite à ne pas oublier que tous autant que vous êtes, vous devrez être aussi importants que le sel et la lumière le sont pour la vie corporelle.

Comme sel de notre Archidiocèse d’Abidjan et partant de la Côte d’Ivoire, je vous invite à refuser de participer aux corruptions d’un monde vicié par le souci de l’argent ou du pouvoir et mieux, à lutter contre toutes les formes de corruption. Plus simplement, je vous engage à faire fondre la glace des cœurs endurcis par l’agressivité, le désir de vengeance, et à vous départir des comportements qui vont dans le sens contraire de votre attachement au Christ et de votre foi. Désormais, faites aux autres ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous !

Comme sel, comprenez qu’il y a des attitudes, des comportements, des paroles qu’il vous faudra éviter si vous ne voulez pas être disqualifiés. En effet, si le sel perd sa saveur, comment parviendra-t-il  à jouer le rôle qui est le sien ? Notre pays a trop souffert de la fracture entre ses fils et filles et je crois que vous seriez bien inspirés de ne pas être le levain qui fait monter la pâte de la division ,de la haine et des rancœurs ! Désormais, faites aux autres ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous !

Sachez que le règne du Christ s’étend chaque jour davantage au milieu des hommes quand ceux-ci se sentent enfants du même Père, se nourrissent de Lui et vivent pour Lui. Cela est possible aujourd’hui encore dans notre pays, si nous savons reconnaître nos fautes et si nous les confessons humblement.

Enfin, dans l’évangile de ce jour, le premier à reconnaître la royauté du Christ fut un voleur. Que son exemple vous stimule et vous aide à avancer dans votre marche à la suite du Christ-Roi, Lui qui règne avec le Père et le Saint Esprit, dans les siècles sans fin. AMEN

Bonne fête à tous !

+ Jean Pierre Cardinal KUTWÃ
Archevêque d’Abidjan