Dimanche 21 février 2021, Année B 1er Dimanche du Carême

Homélie

Le Carême, temps de la foi éprouvée et purifiée

Frères et sœurs bien-aimés dans le Seigneur, depuis le mercredi des Cendres, nous avons entamé notre longue marche de 40 jours dans la perspective de la Pâques du Seigneur. Durant ce pèlerinage spirituel, nous aurons à prendre des résolutions comme manifestation de notre désir de conversion et de correspondance à la volonté de Dieu. À la lumière des textes de ce 1er dimanche de Carême de l’Année B à savoir Genèse 9, 8-15 ; 1 Pierre 3, 18-22 et Marc 1, 12-15, la présente méditation se focalisera sur deux points : le désert comme lieu de la foi éprouvée et le Christ, modèle de résistance face à la tentation.

 

  1. 1.      Le désert, lieu de l’épreuve

Le désert est généralement perçu comme une étendue de terre sans fin avec tous les risques encourus tels que les morsures mortelles de serpents venimeux, les attaques de brigands. L’on peut aussi perdre son chemin et faire l’expérience de la faim, de la soif voire de la mort. Le désert fait peur pour ceux qui n’y sont pas habitués. Il demeure dans tous les cas le lieu de l’endurance physique, mentale et psychologique.

Dans la tradition biblique, le désert est le lieu du refuge. En 1 Samuel 23, 14-28, David se réfugie dans le désert. En 1 Rois 19, 3 ss, Élie part au désert pour sauver sa vie. Il est également et avant tout le lieu de la rencontre entre Dieu et son peuple. Le livre de l’Exode est le témoignage concret de la belle histoire d’Amour entre Dieu et son peuple qui se noue dans le désert. En effet, au cours de la traversée du désert après sa sortie d’Égypte, Dieu fit l’éducation de son peuple, se révéla à lui et tissa avec lui une Alliance, l’Alliance sinaïtique concrétisée par le don et la proclamation du Décalogue ou Dix Commandements (Exode 19-20). En cet endroit, Dieu voulait parler au cœur de son peuple : « C'est pourquoi voici, je veux l'attirer et la conduire au désert, et je parlerai à son cœur » (Osée 2, 14). 

Cependant, le désert demeure le lieu de l’épreuve et de la purification de la foi en Dieu. Durant les 40 ans de sa traversée du désert, Israël a fait face à la soif et à la faim en Exode 15-16. D’où ses nombreuses récriminations contre Dieu jusqu’à préférer l’esclavage en Égypte au détriment de la liberté dans le désert : « Mieux vaut être esclaves que de mourir dans le désert » (cf. Exode 14,12).

Nous aussi, durant ces 40 jours, nous serons conduits au désert où nous serons appelés à faire des efforts, des renoncements à nos petits conforts. Notre foi sera mise à rude épreuve car en plus du jeûne comme privation de nourriture, nous serons appelés à jeûner surtout de la parole et du comportement. Ce qui n’est pas toujours évident ni facile à faire à cause de notre trop grande indulgence envers nous-mêmes. Or, ces épreuves sont nécessaires dans la mesure où elles purifieront notre foi ou en vérifieront la qualité. Pour tenir dans l’épreuve de la foi, fixons notre regard sur Jésus.

  1. 2.      Le Christ, modèle de résistance face à la tentation

Avant de débuter officiellement son ministère, Jésus est révélé publiquement comme Fils de Dieu lors de son baptême. Suite à cela, sous l’action de l’Esprit, il est conduit au désert comme pour vivre un grand temps de retraite, loin des bruits et des distractions de la ville. Après 40 jours et 40 nuits de jeûne, Jésus subit les assauts du diable. Il est tenté par le diable comme ce fut le cas pour Adam et Ève en Genèse 3, 1-7. Contrairement à ces derniers, Jésus n’accorde pas du crédit aux sollicitations du malin. Il lui résiste et il en sort vainqueur. Ici on observe que le texte de Marc relatif aux tentations du Christ dans le désert ne donne pas les détails de l’approche du malin. C’est Matthieu 4, 1-11 qui nous en fournit le contenu. Le Christ ne succombe pas mais il garde la foi.

Frères et sœurs dans le Seigneur, les tentations de toutes sortes, nous en avons et nous en aurons, surtout durant le Carême. On aura l’impression que tout se déchaîne contre nous : difficultés au foyer, en famille, au travail, avec ses amis, maladies, deuils, paresse pour prier, pour lire la parole de Dieu et pour participer à la messe, les retards à la messe. On pourrait être gagnés par la colère, l’énervement et aller même jusqu’à proférer des paroles méchantes ou blessantes. Nul n’est à l’abri d’une défaillance dans la foi. Voilà pourquoi au cœur de toutes ces tentations ou suggestions du malin, le Christ nous exhorte à compter sur lui en le prenant comme modèle de foi. Il fut intransigeant avec le diable. On ne pactise pas avec le malin. On lui résiste par la foi en Dieu comme le déclare Pierre : « Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde » (1 Pierre 5, 8-9).

En effet par le baptême, nous avons affirmé notre foi, reçu en nous la force et la puissance de l’Esprit Saint. L’Esprit Saint est toujours en nous, prêt à agir pour nous mais à une seule condition : que nous lui fassions confiance. Notre résistance aux tentations passera par notre capacité à vivre sous la motion de la grâce baptismale. Autrement dit, notre salut passe par se comporter comme un baptisé, en personne renouvelée et transformée par l’Esprit et qui accepte de se convertir. Telle est l’affirmation nette de la 2e lecture en 1 Pierre 3,18-22 : « Le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ… » Le Carême est donc le temps d’un véritable retour à Dieu pour ne pas dire l’occasion d’un véritable et fort choix de Dieu comme notre Essentiel. Que rien ne vienne entraver notre désir de Dieu et partant de sainteté. Qu’à chaque épreuve, notre foi s’en trouve fortifiée.

Bon dimanche et excellente première étape dans notre marche vers Pâques. Dieu nous bénisse tous et toutes.

 

Père Sylvain du Saint Nom de Jésus, Vicaire Paroisse Sainte Famille Riviera 2

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