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Journée de Sanctification du Doyenné Père Macaire DANHO Date : Lundi 29 Mars 2021

 

A l’instar des autres doyennés du diocèse d’Abidjan, le doyenné Père Macaire Danho, composé des paroisses Notre Dame d’Afrique de Biétry, Sainte Bernadette de Marcory Est, Sainte Marie Mère de Dieu d’Aliodan et Saint Pierre d’Anoumabo, a célébré la Journée de Sanctification.

La Paroisse Saint Pierre d’Anoumabo accueillait les agents pastoraux pour la journée. Tout a commencé à 09 heures avec la récitation du chapelet à l’intérieur de l’Eglise en face de la statue de la Vierge.

A la suite du chapelet, les confrères du doyenné se sont retrouvés à la grande salle du conseil paroissial de la paroisse hôte pour un enseignement. C’est le Père Honoré BEUGRE, professeur de Droit et secrétaire de l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO) qui s’est chargé d’aider ses confrères à mieux prier à partir du thème : « Par et dans la Célébration Pascale, le Christ renouvelle ou revivifie la grâce sacramentelle du sacerdoce ». C’est un riche et bel enseignement qui a facilité la méditation suivie de confessions des prêtres présents.

Aux environs de 11h15, les prêtres du doyenné ont fraternellement célébré l’Eucharistie.

Un copieux repas a achevé cette belle rencontre de prière et de célébration du sacerdoce. Les conseillers des quatre paroisses du doyenné étaient de la fête.

Le Père Charles KOFFI, Curé doyen, en a profité pour dire merci au Père Honoré BEUGRE pour son enrichissant enseignement. Il a remercié les confrères du Doyenné pour leur sens élevé de la fraternité sacerdotale et dit sa gratitude aux conseillers qui aiment leurs prêtres, et ne cessent de les aider dans la bonne marche des différentes paroisses.

Le Père Jean Baptiste DIAHOU, du Bureau de la Communication, venu pour un reportage de la rencontre, n’a pas été oublié dans la liste des remerciements. Il faut noter que la paroisse hôte, Saint Pierre d’Anoumabo a réservé un très bon accueil aux participants.

Père Jean Baptiste DIAHOU

 

CONFERENCE

PAR ET DANS LA CELEBRATION PASCALE, LE CHRIST RENOUVELLE OU REVIVIFIE LA GRACE SACRAMETELLE DU SACERDOCE

Père Honoré BEUGRE D.

Chers confrères, je voudrais proposer de méditer sur la célébration de la semaine pascale qui a commencé avec le dimanche des rameaux. C’est une semaine qualifiée de Sainte, parce que se joue et s’actualise le Mystère de notre Salut, du Salut de l’humanité, du Salut du genre humain. Au cours, de cette semaine, l’activité liturgique et pastorale sera intense. Le prêtre et les agents pastoraux seront sollicités et engagés. Mais, ils ne devront pas oublier que la grâce sacramentelle, la grâce du Presbytérat se revivifiera dans ces différentes célébrations. Je sais que chacun de nous en est conscient. C’est pour nous aider à vivre cette semaine dans cette dynamique du renouvellement de la grâce que nous avons reçue, je nous propose ce thème « Par et dans la célébration pascale, Jésus Christ renouvelle ou revivifie la grâce sacramentelle du sacerdoce ». D’abord, je vais rappeler le lien entre le Christ Tête et le prêtre sans oublier le rapport sacerdoce commun et sacerdoce ministériel. Ensuite, je voudrais nous demander d’admirer et méditer comment Jésus a invité les apôtres à entrer (ou nous invite à entrer) avec lui dans sa passion le Jeudi Saint. Enfin, je vais nous exhorter à nous réapproprier quelques aspects de la célébration de la Semaine Sainte : la Passion et le Mystère de la mort, le grand Silence et la Résurrection.

  1. Le sacerdoce ministériel : la relation fondamentale entre le Christ Tête et Pasteur (cf Pastores dabo vobis, n. 13.17)

Les prêtres sont appelés à prolonger la présence du Christ, unique et souverain Pasteur, (et cela se vérifie encore davantage pendant la semaine sainte) en retrouvant son style de vie et en actualisant à travers les différentes célébrations l’action salvifique de Jésus. Le prêtre à l’image du Christ mieux agissant in Persona Christi met à la disposition du Troupeau, du peuple chrétien les trésors de la grâce. Comme l'écrit la première Lettre de Pierre : « Paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, veillant sur lui, non par contrainte, mais de bon gré, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec l'élan du cœur ; non pas en faisant les seigneurs à l'égard de ceux qui vous sont échus en partage, mais en devenant les modèles du troupeau. Et quand paraîtra le Chef des pasteurs, vous recevrez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas » (1 P 5, 1-4). Dans l'Église et pour l'Église, les prêtres représentent sacramentellement Jésus Christ Tête et Pasteur, ils proclament authentiquement la Parole, ils répètent ses gestes de pardon et d'offre du salut, surtout par le Baptême, la Pénitence et l'Eucharistie. Cela apparait de manière imminente dans la célébration de mystère pascale avec la célébration des baptêmes, des confirmations et de l’Eucharistie. Les prêtres exercent la sollicitude pleine d'amour, jusqu'au don total de leur personne, pour le troupeau qu'ils rassemblent dans l'unité et conduisent au Père par le Christ dans l'Esprit. En un mot, les prêtres existent et agissent pour l'annonce de l'Évangile au monde et pour l'édification de l'Église au nom du Christ Tête et Pasteur en personne. La semaine sainte est donnée à tous les prêtres pour approfondir leur vie sacerdoce. En effet, par l'onction du sacrement de l'Ordre, l'Esprit Saint les configure, à un titre nouveau et spécifique, à Jésus Christ Tête et Pasteur, il les y conforme intérieurement et les anime de sa charité pastorale ; et dans l'Église, il en fait des serviteurs qualifiés pour l'annonce de l'Évangile à toutes les créatures et pour la plénitude de la vie chrétienne de tous les baptisés. La vérité du prêtre telle qu'elle émane de Jésus Christ lui-même est chantée dans la préface de la messe chrismale : « Par l'onction de l'Esprit Saint, tu as établi ton Fils unique prêtre de l'Alliance nouvelle et éternelle ; et tu as voulu que son unique sacerdoce demeure vivant dans l'Église. C'est lui, le Christ, qui donne à tout le peuple racheté la dignité du sacerdoce royal; c'est lui qui choisit, dans son amour pour ses frères, ceux qui, recevant l'imposition des mains, auront part à son ministère. Ils offrent en son nom l'unique sacrifice du salut à la table du banquet pascal: ils ont à se dévouer au service de ton peuple pour le nourrir de ta Parole et le faire vivre de tes sacrements ; ils seront de vrais témoins de la foi et de la charité, prêts à donner leur vie comme le Christ pour leurs frères et pour toi »1 . La relation du prêtre avec Jésus Christ et, en lui, avec son Église s'inscrit dans l'être même du prêtre, en vertu de sa consécration ou de l'onction sacramentelle, et dans son agir, c'est-à-dire dans sa mission ou dans son ministère. En particulier, « le prêtre ministre est serviteur du Christ présent dans l'Église mystère, communion et mission. Du fait qu'il participe à l'"onction" et à la "mission" du Christ, il peut prolonger dans l'Église sa prière, sa parole, son sacrifice, son action salvifique. Il est donc serviteur de l'Église mystère parce qu'il accomplit les signes ecclésiaux et sacramentels de la présence du Christ ressuscité. Il est serviteur de l'Église communion parce que - en unité avec l'évêque et en lien étroit avec le presbyterium - il construit l'unité de la Communauté ecclésiale dans l'harmonie des diverses vocations, des charismes et des services. Il est, enfin, serviteur de l'Église mission parce qu'il fait de la communauté une communauté annonciatrice et témoin de l'Évangile ».

17. Le ministère ordonné, de par sa nature même, ne peut être accompli que pour autant que le prêtre est uni au Christ par l'insertion sacramentelle dans l'ordre presbytéral et donc pour autant qu'il est en communion hiérarchique avec son évêque. Le ministère ordonné est radicalement de « nature communautaire » et ne peut être rempli que comme « œuvre collective ». Le sacerdoce ministériel conféré par le sacrement de l'ordre et le sacerdoce commun ou « royal » des fidèles, qui ont entre eux une différence essentielle et non seulement de degrés, sont ordonnés l'un à l'autre; ils dérivent l'un et l'autre - sous des formes différentes - de l'unique sacerdoce du Christ. Le sacerdoce ministériel, en effet, ne signifie pas en soi un degré plus élevé de sainteté par rapport au sacerdoce commun des fidèles; mais, par le sacerdoce ministériel, les prêtres ont reçu du Christ, par l'Esprit, un don spécifique, afin de pouvoir aider le peuple de Dieu à exercer fidèlement et pleinement le sacerdoce commun qui lui est conféré.

Chers confrères, j’ai voulu rappeler ce contenu doctrinal du ministère sacerdotal afin que nous l’ayons à l’être pour mieux vivre, approfondir le mystère pascal que nous célébrons cette semaine. Je nous invite à rendre grâce à Dieu pour le don du sacerdoce. Disons lui merci pour le choix de notre personne. La semaine sainte et plus précisément le jeudi saint, nous donne de revivre le oui que nous avons dit à Jésus le jour de notre ordination, un oui qui a suscité la joie du peuple de Dieu, des parents et des amis ; un oui qui fait encore la fierté de nos prochains et de toute l’Eglise. Chaque année l’Eglise nous donne de renouveler ce consentement, ce oui, par la rénovation des promesses sacerdotales. Nous disons merci au Seigneur pour la grâce du sacerdoce. Prions pour l’Evêque qui nous a ordonné. Prions pour les parents, les amis et les paroissiens qui nous ont soutenus, encouragés et ont organisé la cérémonie et les Messes d’action de grâce. Que Dieu force et vigueur à ceux qui sont encore là, et repos éternel à ceux qui sont partis. Nous pouvons aussi prier pour les différentes paroisses ou institutions dans lesquelles nous avons exercé ou exerçons notre ministère sacerdotal. Offrons les joies de notre vie de prêtre, les échecs de notre parcours, les chutes et les faiblesses qui ont marqué ou marque l’exercice de notre ministère ; offrons à Dieu les difficultés, les doutes et les questionnements. Rendons grâce pour nos fidélités. Oui, en quoi l’exercice de notre ministère sacerdotal contribue-t-il à faire rayonner le sacerdoce commun. Nous sommes-nous fidèles au Christ-Prêtre ? Seigneur, c’est toi qui le sais. Nous te demandons la grande de fidélité : fais de nous, nous t’en supplions, de saints prêtres.

  1. Comment Jésus invite ses apôtres à entrer avec lui dans le mystère pascal

Ecoutons l’extrait de l’évangile selon saint Jean montrant entre autres comment Jésus a invité ses apôtres à entrer dans le Mystère pascal : Jean 13, 1-15. Jésus savait que son heure était arrivée (cf. Jean 2,4 ; 7,6 ; 12, 23). En effet, sa mort et sa résurrection sont imminentes. Il est venu pour mourir, obéissant ainsi à la volonté du Père. En outre, sa venue est un geste d’amour pour l’humanité « ayant aimant les siens, il les aima jusqu’au bout ». Aimer jusqu’au bout est le chemin que nous sommes invités à emprunter. Mais, le chemin de l’amour est confronté au chemin du diviseur et de la haine : « au cours du repas, alors que le démon avait déjà inspiré à Judas Iscariote,fils de Simon, l’intention de le livrer ». Deux forces sont en présence la force de l’amour et la force du mal. Déjà, cette mention du diable, nous avertit et tire la sonnette d’alarme que suivre le Christ dans son mystère pascal, c’est constamment faire un choix, choisir d’aimer comme lui, le Christ, à aimer et lutter comme lui, le Christ à lutter pour ne succomber à la tentation, se laisser entraîner par la force du mal. Il s’agit pour nous d’être vigilants et prudents dans notre vie sacerdotale, plus encore aujourd’hui avec les nouvelles technologies de communication et notre contexte mondiale. Pour faire face au combat que la haine livre contre à l’amour, Jésus nous montre la voie de l’humilité par le geste du lavement des pieds.

En Palestine, il fallait se laver les pieds, car les routes étaient poussiéreuses et les gens portaient des sandales sans chaussettes. Ainsi l’hôte qui mettait un serviteur à la disposition de son invité pour lui laver les pieds, lui faisait un honneur. Les épouses lavaient les pieds de leurs époux et les enfants ceux de leurs parents. Mais bien entendu, la plupart des gens devaient se laver les pieds eux-mêmes. Pierre, percevant que Jésus renversait les rôles naturels des choses, lui demanda pourquoi lui son Seigneur devait laver les pieds de son serviteur. Pierre ne comprenait pas la leçon spirituelle et Judas avait lui rejeté les paroles de Jésus. Devant ce tableau et après avoir donné un enseignement sur l’humilité, Jésus interrogea ses disciples et cette interrogation nous interpelle : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous avezraison. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vousaussi, comme j’ai fait pour vous ».

Chers confrères, Jésus invite à comprendre le sens de son geste. Nous ne commentons pas ici le texte pour les paroissiens, mais nous l’accueillons pour nous en tant que Prêtre : comment pouvons-nous comprendre le sens du geste de Jésus pour notre vie sacerdotale et notre ministère sacerdotale. Si le geste accompli par Jésus réalise effectivement une inversion des rôles et du statut social (lui le Maître et le Seigneur se fait serviteur) les disciples ne doivent pas chercher à devenir des maîtres, mais à imiter leur maître (Lc 22, 24-27). Cette année, au regard de la situation sanitaire marque par le COVID-19, le rite de lavement de pieds n’aura pas lieu. Mais cela ne change pas grand-chose parce que l’exemple donné par le Christ met l’accent sur l’humilité intérieure et non un rite extérieur. D’autres passages contribuent à comprendre le geste et le message du Christ :

- Mt 20, 28 « non pour être servi, mais pour servir » : Jésus est le Pasteur, venu non « pourêtre servi, mais pour servir » (Mt 20, 28), qui, dans le geste pascal du lavement des pieds (cf. Jn 13, 1-20), laisse aux siens le modèle du service qu'ils devront se rendre les uns aux autres, et qui s'offre librement comme « agneau innocent » immolé pour notre rédemption (cf. Jn 1, 36 ; Ap 5, 6-12).

- Marc 10, 42-44 : « Vous le savez: ceux que l'on regarde comme chefs des nations lescommandent en maîtres; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pasen être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veutêtre parmi vous le premier sera l'esclave de tous ». Ce passage a une concordance en Luc :22, 24-27 : « ils en arrivèrent à se quereller sur celui d’entre eux qui leur semblait le plus grand. Il leur « les grands des nations agissent avec elles en Seigneurs… Pour vous rien detel. Mais que le plus grand parmi vous prenne la place du plus jeune et celui qui commandela place de celui qui sert ».

- Marc 10, 14 : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume deDieu est à ceux qui leur ressemblent ». - Marc 10, 15 : « Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’yentrera pas ». Un enfant c’est si peu de chose ! Il est dépendant des autres pour tout, il a besoin qu’on prenne soin de lui, il demande du temps… et puis, il dérange ! Et pourtant, Jésus l’accueille. L’enfant est signe d’abandon, de confiance, d’émerveillement, de spontanéité, de simplicité : conditions nécessaires pour entrer dans Royaume et que les adultes ont bien souvent perdues. Ce sont ceux qui ressemblent aux petits qui en sont bénéficiaires. Jésus montre sans cesse aux disciples, qui manifestent aussi leur désir de grandeur (Mc 9, 34 ; Mt 20, 21), qu’il faut abandonner leur prétention et se faire petit, humble, pour apprendre à tout recevoir de Dieu et vivre de son amour : porte d’entrée du Royaume.

En définitive, ce geste met en garde contre des aspirations trop humaines de notre ministère sacerdotal. Bien sûr, nous avons besoin des biens de ce monde, mais nous devons rester vigilants pour repousser toute forme d’ambition qui ne s’inscrit dans notre être sacerdotal. N’oublions pas que Jésus a mis en garde contre les aspirations trop humaines comme celles qu’ont affichées Jacques et Jean, les fils de Zébédée.

Je peux ici rappeler le dialogue entre l’évêque et les prêtres de son diocèse. Ce dialogue que nous allons certainement vivre demain.

Fils très chers, en cet anniversaire du jour où le Christ fit partager son sacerdoce à ses Apôtres et à chacun d'entre nous, voulez-vous, devant votre évêque et le peuple de Dieu, renouveler les engagements que vous avez pris ? Les prêtres répondent ensemble : Oui, je le veux. Quels sont les engagements que nous avons pris en tant prêtres ?

Voulez-vous vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus et chercher à lui ressembler, en renonçant à vous-mêmes, en étant fidèles aux engagements attachés à la charge ministérielle que vous avez reçue, par amour du Christ et pour le service de son Église, au jour de votre ordination sacerdotale ?

Les prêtres répondent Oui, je le veux.

Voulez-vous être les fidèles intendants des mystères de Dieu par l'eucharistie et les autres célébrations liturgiques, et annoncer fidèlement la parole de Dieu, à la suite du Christ, notre chef et notre pasteur, avec désintéressement et charité ? Les prêtres diront Oui, je le veux. Ensuite, tourné vers le peuple, l'évêque poursuit : Et vous, mes frères, priez pour vos prêtres : que le Seigneur répande sur eux ses dons en abondance, afin qu'ils soient les fidèles ministres du Christ souverain Prêtre, et vous conduisent à lui, l'unique source du salut. Le peuple : Seigneur, écoute- nous, Seigneur; exauce-nous. L’évêque exprime ainsi, par cette question, le lien étroit entre le sacerdoce commun et le sacerdoce ministérielle.

L'évêque : Priez aussi pour votre évêque: que je sois moi-même fidèle à la charge apostolique qui m'a été confiée; que je sache mieux tenir au milieu de vous la place du Christ qui est Prêtre, Bon Pasteur, Maître et Serviteur de tous. Le peuple : Seigneur; écoute-nous, Seigneur; exauce-nous. L’évêque successeur des apôtres, membres du Collèges des évêques qui a pour collaborateur les prêtres qui sont ses fils et qui est Pasteur du diocèse, demandera au peuple de prier pour lui pour qu’il soit véritablement un garant de l’unité et un véritable Pasteur de toute l’Eglise diocésaine.

L'évêque termine ce dialogue par une prière : Que le Seigneur nous garde les uns et les autres dans son amour; qu'il conduise lui-même les pasteurs et leur peuple jusqu'à la vie éternelle. Tous : Amen2.

La finale de ce dialogue qui est une prière formulée par l’évêque en dit long. Dans ce contexte d’un monde en pleine mutation, un monde balloté par les mouvements ésotériques, l’influence de l’islam, les conséquences des réseaux sociaux. Comment le prêtre peut-il vivre de manière authentique son sacerdoce, dans la fidélité au Christ ? l’acte du plus grand amour exige entre nous prêtres, des rapports tout à fait nouveaux, une charité fraternelle à la ressemblance de Jésus lui-même, la fraternité sacerdotale, dans laquelle les plus petits et les plus souffrants, les fragiles, ont toujours la première place. Seigneur tu nous donne de célébrer le mystère de notre salut, mystère qui revivifie notre ministère sacerdotal. Nous t’en supplions, puisse que tu nous as configurés au Christ Prêtre, fais que nous soyons pour le monde des témoins crédibles et de saints Prêtres.

  1. La passion et le mystère de la mort, le grand silence et la résurrection

 

Chers confrères, je le sais, c’est avec un cœur contrit, radicalement tourné vers le Christ unique Prêtre et Pasteur que nous sommes entrés dans la semaine sainte. Au cours de la semaine, après le dimanche des Rameaux où nous sommes passés dans la même célébration à l’acclamation de l’hosanna à la passion, nous allons vivre trois aspects : le prêtre et la passion, le prêtre et le grand silence, le prêtre et la résurrection.

  1. Le prêtre et la passion            

La semaine sainte rappelle toujours le lien entre le sacerdoce et la passion. Et le prêtre quelle que soit sa situation actuelle de joie et de « célébrité » ministérielle ou sacerdotale ne doit pas l’oublier.

Je dois rappeler le caractère versatile de la foule qui a acclamé Jésus et qui peu de temps après, réclamait sa mort : d’Hosanna à crucifiez-le. Le pas est facile à franchir. Le lien entre sacerdoce et passion ne se vérifie pas forcement par l’attitude de la foule, mais aussi par la réalité de la nature humaine qui est fragile et qui subie la dégradation du temps et la pesanteur du péché. La célébration de la passion met chaque année ce tableau devant le Prêtre : la passion de la solitude, la passion de l’incompréhension, la passion de la maladie etc. Pour quels motifs Jésus a été mis à mort ?

Comment était-il perçu par la foule, les autorités religieuses, les dirigeants politiques ? En quoi pouvait-il être dérangeant ? il a pourtant eu un succès populaire mais aussi ce succès a vite entraîné jalousies et incompréhensions (cf. Jean 6) et finalement l’hostilité des pharisiens et des chefs des prêtres qui « cherchaient à le faire mourir » (Jean 11,53). C'est une affaire de pouvoir. Or Jésus a fait choisi le service. Comment le prêtre est regardé par la société d’aujourd’hui ? La question des abus sexuels nous met aussi au cœur de la passion et interpelle chaque prêtre.

Devant la passion, les intimes et les familiers de Jésus ont eu plusieurs réactions : Les apôtres se sont dispersés, Judas l’a livré, Pierre l’a renié, Simon de sirène l’a aidé, Jean et Marie étaient aux pieds de croix, les femmes de Jérusalem pleuraient et se lamentaient etc. Nous sommes des familiers de Jésus, nous sommes appelés à nous unir à sa passion. Rappelons-nous ces paroles :

Luc 9, 23-24 « Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même et prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. En effet, qui veut sauver sa vie, la perdra ; mais perd sa vie à cause de moi, la sauvera. Et quel avantage l’homme a-t-il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine luimême » ?

Dans ce contexte notre société et la complexité de la vie humaine avec la pandémie, ce « renoncer à soi-même et prendre sa croix » peut impliquer deux démarches essentielles : 1. C’est un appel àsortir de ce notre égocentrisme, à sortir d’une vie purement matérielle, charnelle. Cela demande de renoncer à s’enfermer sur notre seule sphère pour se porter au-delà, aller au large. C’est cet effort que faisons et que nous devons continuer. 2. C’est un appel à entrer dans un cheminementd’évolution, mieux un appel à la conversion. C’est le propre de la vie humaine de pas être figée et du chrétien de se convertir sans cesse. Et donc paradoxalement, pour vivre il convient d’accepter de mourir à ce que nous étions hier pour vivre à ce que nous serons demain. C’est un processus deconversion permanente, un processus de passage par la croix et par la résurrection. C’est tout simplement vivre, car la vie est un cheminement, une digestion du passé pour créer un futur. C’est vrai ! nous préférerions parfois nous cramponner sur nos certitudes d’aujourd’hui, nos rites, notre routine, nos offices. Sans entrer dans une frénésie qui consisterait à zapper sans cesse, il est tout de même sain d’évoluer et de le faire en dialogue avec ceux qui comptent pour nous, avec l’Eglise, avec le peuple de Dieu, avec les Ordinaires et l’ensemble du Presbyterium3. Car c’est bien à travers une histoire très humaine que s’est joué l’événement du Salut du monde.

Notre vie sacerdotale n’est donc pas isolée, elle n’est pas non plus coupée du monde tout comme la vie de Jésus ne n’était pas et ne l’est toujours pas, même si le monde l’a rejeté et continue de le faire. Jésus lui-même précise « Le Père m’aime parce que je me dessaisies de ma vie pour lareprendre ensuite. Personne ne me l’enlève mais je m’en dessaisis de moi-même ; j’ai le pouvoirde m’en dessaisir et j’ai le pouvoir de la reprendre : tel est le commandement que j’ai reçu de monPère » (Jean 10, 17-18). Cet extrait établit un lien entre la passion, la mort et la résurrection. Jésus a le pouvoir de se dessaisir de sa vie et de la reprendre. Ces deux mouvements ont lieu dans le Mystère pascal. Notre être chrétien et notre être sacerdotal passeront nécessairement à travers ces deux mouvements. : mourir à soi-même ou renoncer et renaître. La passion met devant nos yeux cette vérité que souvent, nous ne voulons pas entendre : rappelons-nous des paroles de l’apôtre Paul : souviens toi de Jésus, si nous mourrons avec lui, avec lui nous vivrons (cf. 2 Tim 2, 11-12)

  1. Le prêtre et le grand silence                                      

Le grand silence commence après la prière après la communion de la Messe in Cena Domini . Le silence qui permet d’accueillir et de vivre le Mystère pascal. Le silence comme capacité de méditer sur le Mystère pascal. Pour affronter la croix, écrit le cardinal SARAH, le silence et le recueillement sont une nécessité. A Gethsémani, alors que la fin est proche et que les apôtres dorment, incapables de comprendre en profondeur le drame qui se joue, il demeure une dernière dans le silence, en prière. Aux derniers instants, le silence nocturne est le compagnon du Christ. Les fidèles et surtout les prêtres doivent s’habituer à prier la nuit, comme Jésus. Dans la nuit Dieu réalise ses œuvres. Dans la nuit, tout remue, se transforme et croit par la force. Le grand silence donne une leçon à l’humanité, à l’Eglise et aux prêtres. Le recueillement silencieux du Chris est une grande leçon. De la crèche à la croix, le silence est constamment présent. Le grand silence prévient que le seul à rechercher est le silence qui appartient à Dieu, car c’est ce silence qui est victorieux. Le silence pesant de la mort du Christ fut de courte durée et il engendra la vie. Le silence du vendredi saint est celui de la passion et de la mort de Jésus. Le prêtre entre dans ce grand silence pour mourir à soi, pour changer de peau comme le font le serpent pour revêtir la grâce pascale qui vient renouveler la grâce sacerdotale qu’il a reçue à son ordination.

Pendant trois jours, la victoire des ténèbres sur la lumière plonge la terre dans un épais silence et une angoisse terrible. Le Messie est mort et silence de sa disparition semble avoir le dernier mot.

Son fils se sentait seul, abandonné aux affres de la croix. Le grand silence est un silence de méditation, de recueillement4. C’est dans ce silence quand nous méditons les étapes de la passion :

1. Jésus est condamné à mort
2. Jésus est chargé de sa croix
3. Jésus tombe pour la première fois
4. Jésus rencontre sa Mère
5. Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix
6. Véronique essuie le visage le visage de Jésus
7. Jésus tombe pour la deuxième fois 8.
Jésus rencontre les femmes de Jésus de Jérusalem
9. Jésus tombe pour la troisième fois
10.Jésus est dépouillé de ses vêtements
11. Jésus est mis en croix
12. Jésus meurt sur la croix
13. Jésus est descendu de la croix
14. Jésus est mis au tombeau.
Au quatorzième station, le silence s’est fait, le silence de la plénitude qui précède la création, la résurrection. Sur la croix, il y a sept paroles de Jésus : Jésus a prononcé sept paroles lorsqu'il était sur la croix. Chacune de ses paroles ont marqué l'histoire de l'Église et la foi de milliers de personnes au cours des siècles. Arrêtez-vous pour les méditer et voyez de quelle nature était fait celui qui a changé la face du monde. 1ère parole (Luc 23:34) « Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu'ils font » : Une prière à son Père pour ceux qui l'on crucifié. Quand nous sommes face à des personnes qui ne nous aiment pas ou qui nous font souffrir, saurions-nous prier pour eux et leur pardonner?

2ème parole (Luc 23:43) « Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis ». Une promesse à quelqu'un qui souffre autant que lui. Alors que nous sommes nousmême en souffrance, sommes-nous capables de partager les promesses de Dieu à d'autres?

3ème parole (Jean 19: 26-27) Jésus voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, il dit à sa mère : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple: « Voici ta mère ». Jésus se soucie de sa mère. Et nous que faisons-nous quand nous sommes face à des situations difficiles? Avons-nous du respect et du souci pour honorer nos parents, nos familles, nos proches ?

4ème parole: (Matthieu 27:46) « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné? » Le cri d'angoisse de Jésus alors qu'il est en train de porter le péché du monde, et que Dieu a détourné son regard de lui. Jésus est seul. Alors que nous sommes quelquefois en train d'abandonner Dieu et de lui tourner le dos, Jésus n'attire-t-il pas, par ce même cri d'angoisse, notre égard?

5ème parole : (Jean 19:28) « J'ai soif » Jésus, un humain ... jusqu'au bout. Jésus dit cette parole afin d'accomplir une prophétie de l'Ancien Testament. Ce qui nous montre que bien plus qu'un humain qui a soif, Jésus va au bout de sa mission. Il a soif de notre salut, de notre présence, de notre fidélité etc.

6ème parole : (Jean 19: 30) « Tout est accompli ». Un cri de victoire! Si nous nous arrêtons un instant pour penser à tout ce qui s'est passé pour que Jésus arrive à ce cri de victoire, cela donne la foi et l’espoir. Il est allé jusqu'au bout, par amour. Sommes-nous capables d'évaluer l'importance de cette phrase? Serons-nous capables nous aussi d’aller jusqu’au bout ?

7ème parole: (Luc 23:46) « Père, je remets mon esprit entre tes mains ». La dernière prière à son Père. Jésus s’abandonne entre les mains du Père, expression totale de son obéissance5. Notre vie sacerdotale s’unit à ce grand silence : du Jeudi Saint au Samedi au chant de l’exulte.

Le silence renvoie à la croix : « Ta croix Seigneur, nous la vénérons, et ta sainte résurrection, nousla chantons. C’est par le bois de la croix que la joie est venue sur le monde » (Lire Mc 15, 42-46).

Une interrogation : O mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi. Le samedi saint est le jour où est caché (…). Un Samedi saint : l’obscurité de ce jour interpelle tous ceux qui s’interrogent sur la vie, et de façon particulière nous interpellent, nous croyants, nous prêtres. Ne passons pas aussi facilement sur ce grand silence dans notre ministère car, à force de célébrer ce mystère, nous pouvons ne plus être très attentifs à sa richesse : oui, je rends les paroles du Cardinal SARAH, l’obscurité de ce jour interpelle tous ceux qui s’interrogent sur notre vie.

Disons que « le mystère le plus obscur de la foi est dans le même temps le signe lumineux d’uneespérance qui ne connait pas de limite. Le samedi saint est une « terre qui n’appartient àpersonne » entre la mort et la résurrection, mais dans cette « terre qui n’appartient à personne »est entré l’Un, l’Unique qui l’a traversée avec les signes de sa passion pour l’homme « PassioChristio. Passio hominis » » 6.

  1. 1.      Le Prêtre et la résurrection

La victoire de la résurrection commence par l’annonce de Pâque « Qu’éclate dans le ciel la joiedes anges, qu’éclate de partout la joie du monde Qu’éclate dans l’Eglise la joie des fils de Dieu !Victoire qui rassemble ciel et terre, victoire de l’amour ; victoire de la vie. Pour libérer l’esclave,tu as livré le Fils. Le Christ ressuscité triomphe de la mort ». Quelques paroles de ce beau chant que nous préparons avec soin du point de vue musical. Le chant et la célébration de cette grande nuit pascale nous conduit à proclamation de notre foi qui repose sur le signe du tombeau vide, le témoignage des femmes, les apparitions de Jésus lui-même et surtout la foi des apôtres, le témoignage des apôtres. La foi en la résurrection de Jésus est pour nous prêtre l’expression de la certitude de notre sacerdoce. Si Christ n’est pas ressuscité, vain est notre sacerdoce et nous sommes les plus à plaindre. C’est cette certitude que nous méditons et que nous proclamons au cours de célébration pascale. La foi en résurrection de Jésus est pour les chrétiens l’expression de la certitude que cette parole est vrai « l’amour est plus vrai que la mort » (Ct 8, 5). Et, la présence du Prêtre doit témoigner de cette foi, l’amour est plus fort que la mort. A ce sujet, le Cardinal Joseph Ratzinger, aujourd’hui pape émérite a écrit une libre la foi chrétienne hier et aujourd’hui7. La problématique est : comment témoigner de la foi chrétienne à cette époque. Cette question traverse notre vie de prêtre et surtout le ministère sacerdotal dont l’Eucharistie (actualisation de la mort et de la résurrection de Jésus a une incidence sur la vie de qui en est le ministre.

En effet, l’Eglise et le monde ont besoin du culte eucharistique et le prêtre est là pour ça. Jésus nous attend dans ce sacrement d’amour. Ne mesurons pas notre temps pour aller le rencontrer dans l’adoration, dans la contemplation pleine de foi et prête à réparer les grandes fautes et les grands délits du monde. Notre rapport à l’Eucharistie dont nous sommes les ministres, nous interpelle sur divers aspects dont :

1. Eucharistie et charité : « l’eucharistie signifie charité, et donc elle la rappelle, elle la rend présente et en même temps elle la réalise » En célébrant chaque l’Eucharistie, nous « entrons pourainsi dire, dans la voie de l’amour, et nous réalisons des progrès sur cette voie. L’amour qui naiten nous de l’Eucharistie se développe, s’approfondit et se renforce en nous grâce à elle » (JP II lettre dominicae Cenae, jeudi saint 1980, n. 5). Il est difficile d’imaginer un prêtre méchant, fermé à l’amour de Dieu et du prochain.

2. Eucharistie et le prochain : le sens de l’Eucharistie devient, de soi, une école d’amour effectif envers le prochain. Rappelons des paroles de Jésus « je vous donne un commandementnouveau : aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres » et il ajoute « A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples ; à l’amour que vous aurez les unspour les autres ». (Jean 13, 35). L’amour implique don et accueil ; il contient l’amour fraternel vécu comme le signe par excellence de la présence de l’amour de Dieu (cf. Jean 15, 1-17 et 17, 21- 23). « L’Eucharistie nous éduque plus profondément à cet amour. Elle nous montre en effet lavaleur aux yeux de Dieu de tout être humain, notre frère et notre sœur, si le Christ s’offre lui-mêmepareillement à chacun, sous les espèces du pain et du vain. Si notre culte eucharistique estauthentique, il doit faire croître en la conscience de la dignité de tout. La conscience de cettedignité devient le motif le plus profond de notre rapport au prochain » (Idem). Par l’Eucharistie, nous apprenons « à découvrir avec respect la vérité sur l’homme intérieur, parce que cet intérieurde l’homme devient précisément la demeure de Dieu présent à l’Eucharistie. Le christ vient dansles cœurs et visite la conscience de nos frères et sœurs » (Idem)

3. L’Eucharistie et la vie : la vie est sacrée. La vie est divine. La vie est don de Dieu aux hommes et à l’humanité. L’Eucharistie rappelle tout cela. Etant source de charité, l’Eucharistie a toujours été au centre de la vie des disciples du Christ, de la vie du prêtre. Le prêtre doit avoir un style sacramentel ou style sacramentel ministériel tout le chrétien un style sacramentel ou un style sacramentel commun. C’est-à-dire tous les deux (clercs et laïcs) doivent mener une vie fondée sur les sacrements ; vie animée à la fois par le sacrement commun et le sacrement ministériel. La vie sacramentelle n’est pas une vie déconnectée de l’humanité ni de la réalité socio-politique et économique. Elle est vie engagée dans l’ordre temporel, selon la condition de chacun, pour faire cet ordre le lieu de l’épanouissement de la personne humaine. Ici apparait le lien qui existe entre l’Eucharistie et les autres sacrements : le sacrement de la réconciliation et l’Eucharistie, le sacrement de l’Eucharistie et le baptême et la confirmation. L’eucharistie et le sacrement des malades, l’Eucharistie et le sacrement de l’ordre. Nous retenons que « lorsque, en effet, nous réalisons qui est celui que nous recevons dans la communion eucharistique, naît en nous presque spontanément un sentiment d’indignité accompagné du regret de nos péchés et du besoin intérieur de nous purifier (…) Nous devons toujours « veiller à ce cette grande rencontre avec le Christdans l’Eucharistie ne devienne pas pour nous un fait routier, et à ne pas Le recevoir indignementc’est-à-dire en état de péché mortel. La pratique de la vertu de pénitence et le sacrement depénitence sont indispensables pour soutenir et approfondir continuellement en nous l’esprit devénération » (Ibid. n. 7) que le Prêtre doit au Christ qui l’a choisi pour témoigner de son Amour.

Notre condition du prêtre est celle même que le Christ façonne sans cesse à chaque célébration eucharistique où il agit in persona christi « nous sommes convaincu de cela, mais nous devons davantage en nous inscrivant dans une conversion permanente chaque jour, un pas en avant tous les jours dans cette société à tentation, cette société abidjanaise risquée. La conversion implique d’abandonner les idoles du monde : « le succès à tout prix, le pouvoir au détriment des plus faibles,la soif démesurée de la richesse, le plaisir à n’importe quel prix. Nous ne devons pas attendre dumonde grand sinon le nécessaire pour notre vie sur la terre mais nous devons tout attendre duroyaume futur » il s’est approché, d’une certaine manière, il est déjà présent (…) dans notre histoire personnelle et ecclésiale, dans notre vie… Dieu n’enlève rien à notre liberté, il n’enlève pas notre liberté, mais donne le bonheur dans la fidélité à notre mission. Fidélité qui impose une conversion institutionnelle et personnelle, un renouvellement fondamental qui va s’opérer de manière sacramentelle, par nos mains puisque nous agirons in persona Christ, au cours de cette grande semaine sainte qui a déjà. (cf. La conversion, un pas en avant tous les jours in Zénith du 4 décembre 2016).

Conclusion

M’inspirant de la conclusion du l’Exhortation Pastores dabo vobis, n. 82, je voudrais conclusion ce balbutiement en ces termes : « Vous, très chers prêtres, vous le faites parce que c'est le Seigneur qui, avec la force de son Esprit, vous a appelés, dans les vases d'argile de votre humble vie, à rendre présent le trésor inestimable de son amour de bon Pasteur. Je vous souhaite à tous la grâce de renouveler chaque jour le don de Dieu reçu par l'imposition des mains (cf. 2 Tm 1, 6), de connaître le réconfort de la profonde amitié qui vous lie à Jésus et vous unit entre vous, de goûter la joie de la croissance du troupeau de Dieu vers un amour toujours plus grand envers Lui et envers tout homme, d'entretenir la conviction sereine que celui qui a commencé en vous cette œuvre bonne la portera à son achèvement jusqu'au jour du Christ Jésus (cf. Ph 1, 6) ; en union avec tous et avec chacun de vous, j'adresse ma prière à Marie, mère et éducatrice de notre sacerdoce ». Merci et Bonne semaine Sainte et Bonne fête de Pâques.

Père Honoré Beugré D., Maître de Conférences CAMES –Professeur UCAO-UUA.

 

 
   

 

1 Pastores dabo vobis, n. 13. Par la consécration sacramentelle, le prêtre est configuré à Jésus Christ en tant que Tête et Pasteur de l'Église et reçoit le don d'un « pouvoir spirituel » qui est participation à l'autorité avec laquelle Jésus Christ, par son Esprit, guide l'Église.

2 https://croire.la-croix.com/Definitions/Fetes-religieuses/Jeudi-saint/Renovations-promesses-des-pretres

3 Cf. https://jecherchedieu.ch/question (consulté le 28/03/21)

4 Cf. Robert (Card.) SARAH-Nicolas DIAT, La force du silence contre la dictature du silence, Pluriel 2017, 159-171.

5Cf. Valentin FONTAN-MORET, Méditer les sept paroles du Christ en croix, in https://fr.aleteia.org/2017/11/05/mediter-les-sept-paroles-du-christ-en-croix/ (consulté 20/03/2021).

6 Robert Sarah (Card) –Nicolas Diat, La force du silence Contre la dictature du bruit, Pluriel 2017, p. 169.

7 Cf. Joseph RATZINGUER card. (Benoit XVI), La foi chrétienne hier et aujourd’hui, Cerf, 2005, p. 213-220.

 

Bibliothèque sélectionnée : 1. La Bible TOB ; 3. JEAN PAUL II (Pape), Lettre aux prêtres pour le Jeudi Saint Avec vous je suis prêtre, Ed. des Béatitudes, 2009 ; 5. ID. Exort. Apost. Post-synodale Pastores Dabo Vobis, 25 mars 1992, in http://www.vaticanva 4. RATZINGER Joseph, La foi chrétienne hier et aujourd’hui, Cerf 2005. SARAH Robert (Card.)-DIAT Nicolas, La force du silence contre la dictature du bruit, Pluriel 2017.

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