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  • MESSAGE SUR LA FOI CHRETIENNE ET LA FRANC-MAҪONNERIE

    MESSAGE SUR LA FOI CHRETIENNE ET LA FRANC-MAҪONNERIE

HOMELIE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE LA VENERATION DES RELIQUES DE SAINT JEAN PAUL II


Lectures : Is 52, 7-10 / Jn 21, 15-17
Cathédrale Saint Paul Plateau
Abidjan le 18 Février 2017


Excellence,
Révérends Pères,
Révérendes sœurs,
Frères et sœurs en Christ,


Le 1er mai 2011, deuxième dimanche de Pâques, nous nous étions retrouvés ici, dans cette même cathédrale Saint Paul, pour célébrer la fête de la Divine Miséricorde ! A cet événement majeur qui nous invitait à comprendre qu’il n’y a que la miséricorde dont nous faisons preuve à l’égard des autres qui nous rapproche davantage de Dieu, nous avons été heureux d’associer d’autres événements tout aussi importants : il s’agissait de la fête du travail, fête de Saint Joseph artisan, et de la Béatification de Jean Paul II, le tout, à l’ouverture du mois consacré à la Vierge Marie.


Ce jour là, nous avons confié ensemble, à l’instar des chrétiens du monde entier, l’âme de notre Bienheureux Pape à l’intercession de la mère de Dieu, elle qui l’a accompagné chaque jour sur terre, lui demandant de le conduire maintenant à la gloire éternelle de son Fils Jésus Christ notre Seigneur. Et Dieu a entendu nos prières pour celui que beaucoup d’ivoiriens ont vu de son vivant et l’ont même rencontré ! Et le Bienheureux Jean Paul II est devenu saint Jean Paul II, pour la plus grande gloire de Dieu et pour notre salut! Quelle joie ! Quelle grande joie !

Frères et sœurs,

L’évocation de la béatification de Saint Jean Paul ce 1er mai 2011 me plonge aujourd’hui encore dans une sorte de nostalgie, nostalgie qui m’a ramenée au samedi 8 avril 2005, date de ses obsèques officielles. Qui ne se souvient en effet du message visuel que cet amoureux fou de Dieu, ce pasteur infatigable, nous avait légué comme un testament spirituel et qu’il me plaît de rappeler à votre mémoire !

1-Obsèques de Jean Paul II : un événement étonnant, un miracle au sens étymologique.

Samedi 8 avril 2005. Place Saint Pierre de Rome. C’est une scène extraordinaire qui se déroule aux yeux du monde. Les hommes les plus puissants de la planète terre, des représentants de toutes les religions, des délégués de toutes les confessions chrétiennes se sont donnés rendez-vous. Images insolites que celles où, les présidents et anciens présidents des Etats Unis d’Amérique sont assis non loin des leaders des pays islamiques; des hommes aux croyances différentes et souvent en lutte les uns contre les autres sont là, immobiles, et se taisent en écoutant la voix du vent devant le cercueil de Jean Paul II.
Côte à côte, les présidents iranien Mohammad Khatami, syrien Bachar El-Assad, et de l’état d’Israël, Moshe Katsav. Rarement, israéliens et arabes, chrétiens et juifs, blancs et noirs auront été aussi proches pour assister à un événement non politique, mais qui concerne la religion et la paix. Pendant une journée, toute la société civile et religieuse du monde entier, au niveau de ses chefs et de ses peuples, a vécu l’expérience d’une rencontre de paix et de sérénité.
Sur tout le reste de la place, se trouvait la foule des gens, simples fidèles et incroyants qui ont afflué à Rome par millions pendant toute la semaine. Et cette foule immense n’a pas eu peur d’affronter avec sérénité et patience, les désagréments d’une longue file d’attente, qui durait des heures, avant qu’elle ne puisse s’incliner pour la dernière fois, devant la dépouille mortelle de celui qui a dirigé l’Eglise universelle durant plus de vingt-six ans.
Tous étaient là, entourant un cercueil en bois de cyprès, légèrement brillant, sur lequel les maîtres de cérémonie avaient déposé au début de la messe, un Evangile ouvert, dont le vent a d’abord tourné les pages avec vivacité, avant de le refermer d’un souffle vigoureux. Il semblait que le vent ne soufflait qu’en cet endroit, qui représente le cœur de la chrétienté, où cet homme, désormais enfermé dans son cercueil, avait présidé tant de célébrations.
Les ornements rouge feu des cardinaux flottaient au vent, et l’on voyait bouger une grande tapisserie, représentant la résurrection, accrochée à l’entrée de la Basilique. L’extraordinaire participation du peuple qui a accompagné le Pape Jean Paul II, dans sa brève agonie, l’exposition de sa dépouille dans la basilique Saint Pierre à Rome, et enfin la célébration de ses obsèques solennelles présidées par le Cardinal Joseph RATZINGER, alors Doyen du Collège des Cardinaux, ont été un événement inattendu, un événement étonnant, un miracle au sens étymologique.
En moins de trois semaines, la rédaction de la revue catholique Famiglia Cristiana avait reçu plus de vingt milles cartes expédiées par la poste, d’appels téléphoniques et de fax, demandant sa canonisation aux motifs que cet homme Jean Paul II est parvenu à réunir tous les hommes au nom de la fraternité et de la paix, qu’il a réussi à nous faire entrer dans le troisième millénaire en prenant le cœur du monde par la main avec assurance et courage, comme le Christ ; qu’il a appris à dire oui au Christ en nous engageant comme chrétiens dans le travail, dans la vie familiale et en vivant la souffrance, dans une acceptation obéissante jusqu’au sacrifice de la vie.

2- Vénération des reliques de Jean Paul II, un message fort pour nous

Oui, parce qu’il a su vivre sa maladie et sa déchéance physique sans jamais se décourager et sans se cacher, en s’accrochant toujours à sa croix et en nous montrant à tous que seul le Seigneur peut transmettre la véritable force mais, aussi parce qu’il avait un amour profond pour tous les hommes et particulièrement, pour les jeunes, les enfants et les malades, l’événement de la vénération de ses reliques dans notre archidiocèse d’Abidjan, ne peut être fortuit.
Je crois personnellement que ce moment de la vénération des reliques de Saint Jean-Paul II est une chance inouïe, un message fort pour nous chrétiens mais aussi pour tous les habitants de ce pays, à mi parcours du temps qui nous sépare de la fin de notre année pastorale. En décidant que ces reliques soient accueillies dans d’autres paroisses de notre Archidiocèse, mon intention, est que tous nous comprenions, mais surtout que nous acceptions enfin de vivre pleinement du message qu’il nous livre encore aujourd’hui !
Frères et sœurs,
La première lecture qui est un extrait du livre d’Isaïe nous révèle que le temps des lamentations a pris fin et que la libération d’Israël approche : une allégresse immense répond à cette annonce. Le prophète dirige les regards sur Dieu qu’il présente comme le roi. Il est bon de savoir qu’avec l’image du berger, la figure du roi était caractéristique pour parler de Dieu. On fête le roi vainqueur qui entre en triomphe dans sa ville et monte sur le trône. Mais, la majesté de Dieu ne peut être séparée de sa bonté : Dieu, le roi, a pitié de son peuple, Il le réconforte. Le retour des exilés et le rétablissement de Jérusalem sont identifiés au retour de Dieu. Il est maintenant évident aux yeux de tous que le Dieu d’Israël est Seigneur. Le temps de l’épreuve est passé et pour les exilés, le temps de la joie peut commencer !
Oui, le temps des lamentations peut prendre fin chez nous en Côte d’Ivoire ! Oui, le retour des exilés, la libération des prisonniers et le rétablissement du bon droit de chacun est encore possible en Côte d’Ivoire ! Oui, le temps de l’épreuve peut prendre fin et pour les exilés et pour tous ceux qui vivent dans ce pays ! Oui le temps de la joie peut commencer ! Mais vous conviendrez avec moi que cela ne peut se réaliser que si nous décidons de vivre de l’héritage que nous a légué ce saint homme qu’est Jean Paul II, nos regards toujours fixés sur Dieu !

3- Jean Paul II, une enfance austère mais les yeux toujours fixés sur le Seigneur

De la vie de Jean Paul II, nous nous rappelons l’histoire d’une enfance austère marquée par les affections rénales de sa mère qui suivra un peu plus tard dans la tombe l’aînée de ses enfants, Olga, morte avant la naissance de Karol. Plus tard, le jeune Karol perdra ensuite son grand frère Edmund, de quatorze ans son aîné, un jeune médecin, fierté de la famille. Il ne lui restait que son père, retiré très tôt de la carrière militaire et amené à jouer le rôle de maître et de maîtresse de maison. Ce père s’est occupé de lui pendant toutes ses études, tant à Wadowice qu’à Cracovie. Mais les dernières années, c’était plutôt le fils qui prenait soin de son père, devenu sombre et taciturne à la suite de la mort de son aîné. Il meurt d’un infarctus en février 1941, laissant ainsi son fils sans famille, à l’âge de 21 ans.
En novembre 1940, l’étudiant qu’il était se fait embaucher dans les carrières des usines chimiques Solvay. Un dur travail de casseur de pierre auquel il n’avait guère été préparé. C’est ainsi qu’il découvrait le monde ouvrier. Ses camarades l’estimaient et le protégeaient pour lui permettre de poursuivre ses études de langues et de philosophie. Voulant devenir prêtre, le jeune Karol entre en 1944, dans un séminaire fondé à Cracovie. Officiellement, il était toujours ouvrier chez Solvay. Il le restera jusqu’à ce qu’un ami fasse disparaître son nom des listes d’embauche du groupe chimique. C’est caché à l’Archevêché, qu’il sera ordonné prêtre en 1946.
Si l’on peut se demander légitimement comment est née sa vocation dans cette vie si dure, on peut affirmer que malgré les difficultés d’une vie austère qui semble ne lui avoir pas fait de cadeau, il a su garder les yeux toujours fixés sur le Seigneur dont la majesté ne peut être séparée de sa bonté et qui a pitié de son peuple qu’Il réconforte comme nous le rappelle la première lecture de ce jour.
Frères et sœurs en Christ,
Je sais que la vie est dure et que notre pays qui aspire à l’émergence doit fournir des efforts énormes pour arriver à cette fin. Au risque de me répéter encore une fois, depuis le retour au multipartisme en 1990, précédé en cela par la conjoncture défavorable des années précédentes, le ‘‘navire ivoire’’ semble tanguer en permanence, confronté qu’il est à toutes sortes de problèmes d’origines diverses. Au niveau politique, l’année 2010 aura marqué un tournant décisif dans l’histoire de notre jeune nation.
Mais à la vérité, comme je le faisais remarquer dans mon adresse à la rentrée pastorale, les signaux d’une telle escalade de la violence étaient perceptibles depuis déjà bien longtemps. La conclusion de tout cela c’est que les séquelles de ces années de crises sont encore visibles malgré les années : exil, emprisonnements, blessures multiformes de personnes à jamais marquées dans leur chair et dans leur esprit ; des frères qui ne se parlent désormais que du bout des lèvres, pour ne pas dire plus du tout ; la déchirure du tissu social et les derniers remous sociaux, continuent de noircir le tableau. Tous ces événements nous confèrent à tous une mission et une responsabilité dont nous ne devons nous détourner !

4- Notre mission et notre responsabilité aujourd’hui

Dans l’évangile de ce jour, Jésus rappelle à Pierre avec insistance que la mission de berger qu’Il lui confie doit s’exercer dans l’amour que Lui-même, l’unique berger, a vécu jusqu’à l’extrême pour l’humanité entière. Pierre doit donc remplir cette fonction au bénéfice de tous, sans restrictions, ni préférences. Par cette ouverture universelle, il accomplira le désir du Christ berger, au service de l’unité pour qu’il y ait un seul troupeau, avec un seul berger. Cette passion de Jésus pour l’unité de ses disciples constitue la trame de sa prière au Père, au moment de donner sa vie pour rassembler en seul corps tous les enfants de Dieu dispersés. L’évangéliste interprète l’annonce de Jésus à Pierre, comme signifiant son martyr. En offrant sa vie à Dieu dans la confiance, Pierre révélera la gloire de Dieu, car le don de soi-même est la preuve extrême de l’amour, dont Dieu est la source.
Offrir sa vie encore et toujours à Dieu en ayant les fixés sur le Christ, tel est le résumé de la vie de celui dont nous vénérons aujourd’hui les reliques et dont nous sommes si fiers aujourd’hui. Je me permets de rappeler encore le souvenir des obsèques de Jean Paul II et l’extraordinaire miracle qui s’y est produit ! Oui, je le crois fermement : Jean Paul II peut nous obtenir de Dieu cette proximité des uns avec les autres, proximité qui prend sa source en Dieu et Dieu seul !
Le Saint, ce n’est celui qui a des charismes extraordinaires, loin s’en faut ! Le saint, c’est celui qui reste dans la proximité de Dieu malgré les aléas de la vie et qui puise profond dans la confiance en ce même Dieu. Dès lors, l’orage peut venir, le vent peut souffler, les soucis peuvent nous accabler, nous gardons la certitude que toujours, Dieu nous soutiendra, toujours Il combattra pour nous !

Chers frères et sœurs,
Aujourd’hui, au nom de Saint Jean Paul II, lorsque tu viendras présenter ton offrande sur l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l’autel, et prend l’engagement d’aller d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Je prie pour que Saint Jean Paul II qui a foulé à trois reprises la terre de Côte d’Ivoire nous aide dans cet élan ! Qu’à sa prière, Dieu nous fasse la grâce de voir nos malades guéris et que nous retrouvions la joie de la vraie fraternité, par Jésus, à qui appartiennent la gloire et l’honneur, pour les siècles sans fin ! AMEN

+ Jean Pierre Cardinal KUTWÃ
Archevêque d’Abidjan