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HOMELIE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE LA FETE DE PAQUES 2017

 

 

 

Paroisse Cathédrale Saint Paul du Plateau
Abidjan, dimanche 16 Avril 2017

‘‘Qu’éclate dans le ciel la joie des anges, qu’éclate de partout la joie du monde,  qu’éclate dans l’Eglise la joie des fils de Dieu !  La lumière éclaire l’Eglise, La lumière, éclaire la terre, Peuples, chantez !

 

Voici maintenant la Victoire, voici la liberté pour tous les peuples, le Christ ressuscité triomphe de la mort ! O nuit qui nous rend la lumière, o nuit qui vit dans sa Gloire, le Christ Seigneur !

 

Amour infini de notre Père, Suprême témoignage de tendresse, pour libérer l’esclave, tu as livré le Fils ! Bienheureuse faute de l’homme, qui valut au monde en détresse, le Seul Sauveur !

 

Victoire qui rassemble ciel et terre, Victoire où Dieu se donne un peuple nouveau, victoire de l’Amour ; victoire de la vie ! O Père accueille la flamme, qui vers Toi s’élève en offrande, feu de nos cœurs !’’ 

 

Révérends Pères,
Révérendes sœurs,
Chers frères,
Chères sœurs,

 

Vous avez reconnu là quelques extraits de l’annonce solennelle de la Pâque de notre Seigneur Jésus, vainqueur de la mort ! En reprenant cette annonce, j’ai voulu joindre ma voix à celle des anges du ciel mais aussi à celle des chrétiens du monde entier qui depuis hier nuit, vivent une belle histoire, celle qui nous raconte comment Dieu est capable encore et toujours, de se frayer un chemin dans l’obscurité la plus totale, de faire rouler loin de nous la lourde pierre du désespoir, d’ouvrir le tombeau vaincu et partant les tombeaux de nos vies pour enfin laisser jaillir la lumière et la vie !

 

Et pourtant, tout n’a pas été aussi facile. Rappelez-vous : vendredi dernier, une chape de plomb s’était abattue sur notre humanité avec la passion de notre Seigneur Jésus-Christ : Il a souffert sous Ponce Pilate, Il a été mis à mort avec l’espérance qu’Il portait en Lui ! Cette passion avait fini par avoir raison de Lui, alors que tout avait si bien commencé quelques jours auparavant, le dimanche des Rameaux.

 

Cependant, cette belle histoire a eu beau s’ouvrir ce dimanche là par l’entrée triomphale et solennelle de Jésus à Jérusalem, elle n’a pas occulté pour autant, pour nous chrétiens, les événements graves, dramatiques, sinistres qui allaient se dérouler : une semaine marquée par le ciel sombre et noir de la douloureuse passion, fruit du complot et de la trahison des hommes mais aussi, une semaine marquée par le sang du calvaire, sang versé par la méchanceté des hommes mais sang versé qui vaudra à notre humanité sa Rédemption.

 

         Depuis vendredi donc, tout autour de Jésus s’était bousculé et l’avait bousculé. Incapables, tétanisés mais avec foi, nous avons vécu les dernières heures d’un homme condamné à mort. Son procès n’était pas seulement un fait divers comme ceux qui remplissent nos journaux chaque jour. Non, il ne s’agissait pas simplement de l’arrestation et de la condamnation à mort d’un innocent ! Ce procès, c’était celui du triomphe des hommes de tout temps qui veulent s’affranchir de Dieu, se réaliser sans Lui !

 

Hier encore, dans un duel prodigieux, la mort a cru avoir le dernier mot en s’affrontant à la Vie ! En vérité, l’Agneau de Dieu, par sa mort rachetait les brebis, le Christ innocent réconciliait l’homme pécheur avec le Père. C’est ici que l’invitation hier à lever les frontons des portes, à élever les portes éternelles pour qu’enfin rentre le Roi de Gloire prend tout sons sens, elle qui nous permet de célébrer aujourd’hui avec faste le  Christ qui a vaincu la mort, et sur qui la mort n’a plus aucun pouvoir ! Cette victoire du Christ, c’est aussi celle qu’Il étend à nos familles et la laisse éclater dans nos communautés, dans nos pays si souvent en proie à toute sorte de mort !

 

Désormais et forts de cette victoire, nous devons  faire en sorte que ce sacrifice vécu volontairement pour nous, ne reste pas vain, car le triomphe humain des Rameaux a surtout valeur de symbole, un symbole qui annonce la véritable victoire réalisée par le Christ : la mort a désormais trouvé son Maître et nous chrétiens, nous serons bien avisés de le crier partout et toujours, haut et fort : Christ est vainqueur de la mort !

 

Frères et sœurs,

 

A propos de crier partout haut et fort la résurrection du Christ, l’année dernière, à l’occasion de la célébration de la Pâques dans cette même cathédrale Saint Paul, j’avais fait remarquer que ‘‘le tombeau ouvert, c’est le signe que nous devons nous ‘‘déchaîner’’, nous libérer pour témoigner de notre foi.’’ Je nous avais invités à cette occasion et partant du fait que Pâques annonce la libération ‘‘à prendre l’engagement d’être des hommes libres, des hommes qui font le pari de vivre les béatitudes car, en vérité le salut de notre humanité passera par la prolifération d’hommes et de femmes aux cœurs de pauvres, doux, pacifiques, assoiffés de justice, de paix et de miséricorde!’’

 

D’une Pâque à une autre, d’un passage à un autre, je voudrais m’interroger avec vous : où sont-ils ces hommes et ces femmes, ces jeunes et ces enfants libres et déchainés, dont l’action devait impacter notre monde, dont les actes devaient transformer leurs différents milieux de vie ? Où sont-ils, ces hommes et ces femmes pour qui le Christ a souffert pour qu’ils soient vainqueurs à leur tour du monde ? Où sont-ils ces hommes et ces femmes qu’Il envoyait porter au monde le message de la Bonne Nouvelle du salut, de la paix et de la réconciliation ?

 

Frères et sœurs, 

 

Dans la première lecture qui nous raconte l’arrivée de Pierre à Césarée avez-vous remarqué que désormais, après la résurrection du Christ, c’est l’ère des possibilités nouvelles qui s’ouvre ? En effet à Césarée, Pierre ne dit rien de nouveau au sujet de Jésus mais il annonce la Bonne Nouvelle dans une maison païenne, et c’est là toute la nouveauté ! Plus tard, le Saint Esprit va se manifester clairement comme à la Pentecôte, créant ainsi désormais la communion entre Juifs et non-Juifs.

 

La préparation à la célébration de la Pâques nous invitait depuis le mercredi des Cendres, à mourir à quelque chose, à nous engager résolument à faire bouger les choses en nous et autour de nous ! Et si nous nous sommes abstenus de beaucoup de choses pour ressusciter avec le christ à Pâques, si nous nous sommes privés de certains plaisirs et délices pendant quarante jours, n’était-ce pas pour devenir meilleurs et dans notre relation avec Dieu, et dans nos relations interpersonnelles ? Le sommes-nous devenus ?

 

Avec la résurrection du Christ, allons-nous retomber dans notre vie antérieure ou allons-nous progresser dans le sens du bien ? Pâques signifie ne l’oubliez pas, passage, passage d’une vie négative à une vie positive. Dès lors, le passage auquel je nous invite, c’est celui qui consiste à passer désormais du mensonge à la vérité, de l’erreur voulue et entretenue à la vérité vraie, du monde des ténèbres, au monde de la lumière.

 

Si le temps de Pâques est avant tout le temps de la foi, foi établie solidement en Christ ressuscité, il est aussi, pour nous chrétiens d’aujourd’hui le temps de l’espérance car, par la résurrection du Christ, Dieu nous invite à croire qu’une nouvelle force travaille le monde, qu’une espérance formidable est capable de soulever tout homme de bonne volonté. En effet, avec Jésus ressuscité, il n’y a plus d’impasse irrémédiablement fermée. La mort n’est plus la barrière absolue. Nous n’avons plus à désespérer ni de nous-mêmes, ni des autres, depuis que Jésus, à partir de la haine qui s’abattait sur Lui, a fait naître l’amour. Oui Pâques nous invite à l’amour.

 

Il est temps comme nous dit la deuxième lecture tirée de la lettre aux Colossiens, de ‘‘rechercher les réalités d’en haut, de penser aux réalités d’en haut, non à celles de la terre’’! Cette recherche passe par plusieurs chemins dont celui de l’acceptation des autres. Avec force, je vous le dis : l’heure est arrivée pour que dans notre pays, nous arrêtions de nous opposer inutilement, de nous tourner continuellement le dos, pour nous accepter les uns les autres dans l’intérêt supérieur de la nation ivoirienne. L'heure à sonné pour notre pays, de faire la paix des braves, celle qui consiste à poser des actes forts, tant par le pouvoir que par l'opposition dans le sens de la décrispation.

 

Pour Pâques cette année, je vous invite solennellement, au nom du Christ ressuscité, à apprendre à nous faire confiance, car la confiance mutuelle est la lumière qui éclairera nos rencontres. Je voudrais avec vous imaginer le Christ revanchard après la résurrection! Non le Christ est tout autre, qui nous invite à faire preuve d’humilité en pardonnant sincèrement, en renonçant à punir l’autre. Vous le savez, le pardon, contrairement à ce que l’on dit n’est pas l’arme des faibles mais bien celle des hommes forts, des personnes responsables, matures et adultes moralement. "Le pardon est vital pour notre santé émotionnelle et pour notre survie spirituelle. Celui qui ne pardonne pas n'a pas la paix dans l'âme, ni la communion avec Dieu"  nous dit le pape François.

 

Le Christ ressuscité nous invite aussi à aller vers les autres, à aller au dialogue. Dialoguer, c’est entrer en conversation, en communion d’une certaine manière avec l’autre pour qui le Christ a accepté l’humiliation de la croix. Entrer en dialogue, c’est accepter d’écouter l’autre, non pas pour lui donner en premier une réponse, mais pour le comprendre. Ainsi, nous emprunterons ensemble, avec le Christ, le vrai chemin de la réconciliation !

 

Pour terminer, je voudrais reprendre pour nous, les mots du Pape François à l’occasion du Carême 2017 : ‘‘le Carême est un temps favorable pour nous renouveler dans la rencontre avec le Christ vivant dans sa Parole, dans ses Sacrements et dans le prochain. Le Seigneur qui – au cours des quarante jours passés dans le désert a vaincu les pièges du Tentateur – nous montre le chemin à suivre. Que l’Esprit Saint nous aide à accomplir un vrai chemin de conversion pour redécouvrir le don de la Parole de Dieu, être purifiés du péché qui nous aveugle et servir le Christ présent dans nos frères dans le besoin. Prions les uns pour les autres afin que participant à la victoire du Christ nous sachions ouvrir nos portes aux faibles et aux pauvres. Ainsi nous pourrons vivre et témoigner en plénitude de la joie pascale.’’

Bonne fête à tous ceux et à toutes celles qui se prénomment Pascal ou Pascaline !

Joyeuse Pâques à tous !

De tout cœur, je vous bénis et vous recommande tous à l’intercession de la Vierge Marie et Saint Paul, Patron de cette cathédrale. Qu’à leurs prières, que le Ressuscité de Pâques vous obtienne grâce et paix, aujourd’hui, demain et tous les jours de votre vie !

 

+ Jean Pierre Cardinal KUTWÃ Archevêque d’Abidjan