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HOMELIE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE LA FETE DE PAQUES Paroisse Cathédrale Saint Paul du Plateau Abidjan, dimanche 1er Avril 2018

Révérends Pères,
Révérendes sœurs,
Chers frères,
Chères sœurs,

Le vendredi dernier, sur la croix, à Golgotha, alors que le Christ mourrait sur la croix, le monde entier s’enfonçait profondément dans la nuit la plus terrible de son histoire : ce monde et avec lui les forces des ténèbres avaient semblé, le temps d’un moment, avoir eu raison du Fils de Dieu, le Sauveur qui nous avait été donné, l’Emmanuel, Dieu-avec-nous ! Mais, il y’a deux sortes de nuits : celle de Judas, qui éloigne complètement de celui qu’on n’a pas compris au point d’aller se joindre à ses ennemis les plus mortels, pour ensuite agir activement avec eux ! Et à côté de cette nuit, celle de Pierre qui permet encore de suivre de loin, mais de suivre tout de même, celui qu’on a abandonné.

 

 

Alors que beaucoup pensaient en ce vendredi saint que la mort de Jésus avait mis fin à toute action, que tout était perdu, voilà qu’en ce matin de Pâques, le Christ sort victorieux de son combat contre la nuit et la mort : ‘‘voici maintenant la Victoire, voici la liberté pour tous les peuples, le Christ ressuscité triomphe de la mort’’ et cette résurrection est source de lumière, d’une lumière réconfortante et positive. Non, Jésus ne pouvait pas être captif de la mort ! Non, Il ne pouvait pas être captif de la nuit! Il fallait qu’elle nous le rende : ‘‘O nuit qui nous rend la lumière, o nuit qui vit dans sa Gloire, le Christ Seigneur !

 

Dès lors, nous pouvons à raison laisser éclater notre joie et chanter à pleine voix : ‘‘Victoire, victoire, victoire, Christ est sorti vivant du tombeau ! Il est vivant, comme Il nous l’a promis…

 

Oui, que cette victoire du Christ éclaire les tombeaux de nos vies ; qu’elle illumine de sa lumière les ténèbres de nos cœurs ; qu’elle brille sur notre pays la Côte d’Ivoire et ses habitants ! Je prie pour que cette victoire nous mette en route sur les chemins qui mènent à la vie, comme ce fut le cas de Marie Madeleine et de tous les disciples qui, convaincus que la mort a désormais trouvé son Maître, témoignent de leur foi en Jésus ! Je prie enfin pour que cette victoire qui nous est acquise par la résurrection de Jésus rejoigne chaque ivoirien, où qu’il soit, quoi qu’il fasse, sans aucune distinction et qu’elle réconforte ceux qui sont dans la peine !

 

Frères et sœurs,

 

Il est bon de savoir que la Résurrection révèle le sens de la Passion. En effet, sans elle, la Passion de Jésus apparaît comme un événement dramatique, un terrible échec, une fin sans espérance, là où en réalité, ‘‘pour libérer l’esclave, Dieu a livré son Fils ! La Résurrection donne donc toute sa valeur à la Passion, démontrant ainsi qu’elle n’est pas une défaite mais une victoire, la victoire de l’amour, de l’Amour infini de notre Père, Suprême témoignage de tendresse !

Par ailleurs, la Résurrection du Christ, parce qu’elle nous ouvre des perspectives nouvelles, nous engage au dur combat contre les puissances des ténèbres. Ce combat commencé dès les origines, durera comme le Seigneur nous l’a dit, jusqu’au dernier jour. Engagé dans cette bataille, le chrétien doit sans cesse combattre pour s’attacher au bien ; et ce n’est qu’au prix de grands efforts, avec la grâce de Dieu, qu’il parvient à atteindre cet objectif. L’un de ces combats, c’est celui de lutter contre toute forme d’exclusion, de division, comme nous laisse supposer la première lecture de ce jour.

Dans la première lecture, Pierre proclame le message de la Résurrection dans la maison du Centurion Corneille, à Césarée. Mais cette rencontre révèle bien le plan de Dieu pour notre humanité, ce plan qui consiste à briser les frontières que nous érigeons entre les nations et qui éloignent les hommes les uns des autres ! En effet, tous les discours de Pierre après la Pentecôte, tels que les rapportent le livre des Actes des Apôtres, sont centrés sur la Passion-mort-résurrection du Christ, laquelle résurrection ouvre des perspectives nouvelles ! Cette nouvelle perspective, c’est la destruction du mur de séparation le plus solide de l’époque, celui qui séparait les Juifs des païens. Et ce mur, c’est Dieu Lui-même qui le détruit par le témoignage et l’action des Apôtres !

Frères et sœurs,

Je crois que les chrétiens que nous sommes, par la célébration de la Résurrection du Christ, nous avons l’obligation de nous présenter comme des passerelles d’amour qui permettent aux hommes de se rencontrer. Je ne vous apprends rien si je vous dis que depuis de nombreuses années, nos relations interpersonnelles sont tendues au point qu’il existe comme une certaine forme de méfiance entre nous ! De plus en plus dans notre pays, on appartient avant tout à l’ethnie du lieu. La localisation est devenue importante et on désigne volontiers les personnes par leur ethnie. Qu’est-ce qu’il est ? Cela veut dire : de quelle région vient-il ? Quand on cherche quelqu’un, c’est presque toujours par son identité ethnique ou nationale qu’on vous l’indique.

 

On pourrait légitimement s’interroger ici aussi si les regroupements des partis politiques, des clubs de soutien, des mutuelles dites de développement, des fraternités et autres, ne portent pas en eux des germes d’exclusion là où notre pays aspire à voir ses enfants se rassembler main dans la main pour son développement et pour le bien-être de tous ! Dieu est-il divisé au point que la résurrection de son Fils ne concerne qu’une frange de la population ?

 

La visite de Pierre, Juif avéré, à Corneille, un païen, et pis encore, un centurion de l’armée d’occupation romaine, nous démontre que la résurrection du Christ est capable de nous soulever, de briser nos résistances afin de nous retrouver pour un seul et même idéal ! Oui, je crois fortement que la résurrection du Christ nous impose l’impérieux devoir de nous faire le prochain de n’importe quel homme et, s’il se présente à nous, de le servir activement : qu’il s’agisse de ce vieillard abandonné de tous ou de ce travailleur étranger, méprisé sans raison ou de cet exilé, ou de cet enfant né d’une union illégitime qui supporte injustement le poids d’une faute qu’il n’a pas commise, ou de cet affamé qui interpelle notreconscience en rappelant la parole du Seigneur : ‘‘…chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.’’

 

En vérité, le Résurrection de Jésus implique des conséquences pour nous chrétiens d’aujourd’hui comme ce fut le cas pour nos devanciers dans la foi. Dans la deuxième lecture de ce jour, Paul nous révèle les conséquences de la Résurrection de Jésus pour notre vie en annonçant que nous sommes ressuscités avec Lui. En effet, par le baptême, nous avons été ensevelis avec le Christ dans sa mort pour être un avec Lui dans sa résurrection. Nous avons donc le devoir de correspondre à cette grâce extraordinaire que nous avons reçue. D’où l’invitation de ce jour : ‘‘recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu !’’

 

L’invitation à rechercher les réalités d’en haut, c’est celle qui fait que Paul perçoit toute la création comme un grand courant de vie débouchant sur Jésus, celui qui donne tout son sens à tout ce qui le précède et le suit. Jésus est vraiment l’achèvement de l’œuvre divine, ‘‘ premier-né’’ d’entre les morts. Tous les chrétiens doivent être désormais saisis dans ce courant de vie et tendus vers l’achèvement final !

 

Ces réalités d’en haut qu’il nous faut rechercher, c’est bien ce que traduit le Concile en ces termes : ‘‘…les chrétiens ne peuvent pas former de souhait plus vif que celui de rendre service aux hommes de leur temps, avec une générosité toujours plus grande et plus efficace. Aussi, dociles à l’Évangile et bénéficiant de sa force, unis à tous ceux qui aiment et pratiquent la justice, ils ont à accomplir sur cette terre une tâche immense, dont ils devront rendre compte à celui qui jugera tous les hommes au dernier jour.’’

 

Et le Saint Concile de poursuivre : ‘‘ce ne sont pas ceux qui disent « Seigneur, Seigneur! » qui entreront dans le Royaume des cieux, mais ceux qui font la volonté du Père et qui, courageusement, agissent. Car la volonté du Père est qu’en tout homme nous reconnaissions le Christ notre frère et que nous nous aimions chacun pour de bon, en action et en parole, rendant ainsi témoignage à la vérité. Elle est aussi [cette volonté] que nous partagions avec les autres le mystère d’amour du Père céleste. C’est de cette manière que les hommes répandus sur toute la terre seront provoqués à une ferme espérance, don de l’Esprit, afin d’être finalement admis dans la paix et le bonheur suprêmes, dans la patrie qui resplendit de la gloire du Seigneur.’’

 

Frères et sœurs,

 

Notre responsabilité est donc grande et consiste à faire en sorte que la résurrection de Jésus devienne pour notre pays et pour chacun de ses habitants, la victoire de l’amour sur la mort et toutes les formes de ténèbres ! Oui, criez à vos frères et sœurs, qu’avec la résurrection de Jésus, il n’a plus d’impasse irrémédiablement fermée ; annoncez à tous que le dialogue est encore possible ; proclamez que la mort n’est plus la barrière absolue. Avec joie, proclamez haut et fort qu’avec Jésus ressuscité, le péché peut être pardonné et le pécheur libéré. Oui, nous pouvons repartir de plus belle sans désespérer ni de nous-mêmes, ni des autres, car par sa mort et par sa résurrection, le Christ-Jésus, à partir de la haine qui s’abattait sur Lui, a fait naître l’amour.

 

Demandons au Seigneur de toujours nous ouvrir la vie éternelle par la victoire de son Fils sur la mort et que son Esprit fasse de nous des hommes nouveaux aujourd’hui et dans les siècles sans fin. AMEN !

 

Bonne fête à tous ceux et à toutes celles qui se prénomment Pascal ou Pascaline ! Bonne fête à tous !

 

 

+ Jean Pierre Cardinal KUTWÃ Archevêque d’Abidjan