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HOMELIE DU JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE LA FETE DES RAMEAUX ET DE LA BENEDICTION DE LA CHAPELLE D’ADORATION Abidjan, dimanche 14 avril 2019


Paroisse Sainte Cécile du Vallon II Plateaux

 

‘‘Foule, fête, louange, bénédiction, paix : c’est un climat de joie que l’on respire. Jésus a réveillé dans le cœur tant d’espérances surtout chez les gens humbles, simples, pauvres, oubliés, ceux qui ne comptent pas aux yeux du monde. Lui a su comprendre les misères humaines, il a montré le visage de miséricorde de Dieu, il s’est baissé pour guérir le corps et l’âme. Ça, c’est Jésus. Ça, c’est son cœur qui nous regarde tous, qui regarde nos maladies, nos péchés. L’amour de Jésus est grand. Et ainsi il entre dans Jérusalem avec cet amour, et nous regarde tous.’’ (Extrait homélie du Pape François à l’occasion de la fête des Rameaux, 24 mars 2018)

 

 

        Révérends Pères,

        Révérendes sœurs,

Chers frères et sœurs

 

‘‘Foule, fête, louange, bénédiction, paix !’’ C’est bien ce que traduit à mes yeux votre présence aujourd’hui encore à l’occasion de la célébration de la fête des Rameaux, fête que vous avez voulu doubler avec la bénédiction de votre chapelle d’adoration, à juste titre d’ailleurs et pour cause ! En effet, comment ne pas faire un parallèle entre Jésus qui rentre à Jérusalem, et l’inauguration de votre chapelle d’adoration où Il sera exposé dorénavant à l’adoration continue de son peuple? Quelle joie que cette présence perpétuelle, de ce cœur à cœur offert à tous et dans lequel Dieu se donne à nous dans un admirable échange ! Vraiment, ce jour est un jour de double joie pour vous : joie des disciples qui accompagnent leur Maître dans sa passion jusqu'à la croix pour avoir part à sa résurrection et à sa vie ; joie également de voir se concrétiser un cadre permanent de rencontre avec Celui qui peut tout ! Comment ne pas alors rendre grâce à Dieu qui emprunte les chemins de nos vies!

 

Chant : ‘‘comment ne pas te louer…’’

 

En parlant de joie, il me revient à l’esprit les propos du Saint Père : ‘‘notre joie n’est pas une joie qui naît du fait de posséder de nombreuses choses, mais elle naît du fait d’avoir rencontré une Personne : Jésus, qui est parmi nous ; elle naît du fait de savoir qu’avec Lui nous ne sommes jamais seuls, même dans les moments difficiles, même quand le chemin de la vie se heurte à des problèmes et à des obstacles qui semblent insurmontables, et il y en a tant !...Suivons Jésus ! Nous accompagnons, nous suivons Jésus, mais surtout nous savons que Lui nous accompagne et nous met sur ses épaules : ici se trouve notre joie, l’espérance que nous devons porter dans notre monde. Et s’il vous plaît ! Ne vous laissez pas voler l’espérance ! Celle que Jésus nous donne.’’ Fin de citation.

 

Ne pas se laisser voler l’espérance que Jésus nous donne, c’est comprendre que notre intérêt à nous chrétiens, c’est de demeurer dans sa présence et d’en prendre les moyens, nonobstant les difficultés et autres épreuves susceptibles de jalonner notre marche à sa suite ! Ne pas se laisser voler l’espérance que Jésus nous donne, c’est comprendre aussi l’appel qu’il nous adresse, un appel à le rendre présent au monde, Lui l’homme qui en se laissant accompagner, accompagne à son tour, se fait proche, présent en nous et au milieu de nous, comme un ami, comme un frère qui a besoin de notre participation. D’où son appel : Détachez-le et amenez-le ! … Le Seigneur en a besoin !

 

1-  Détachez-le et amenez-le ! … Le Seigneur en a besoin !

 

Frères et sœurs,

 

C’est par ces mots que l’aventure commence et le choix de l’âne ici est porteur de sens ! Je reste convaincu que personne n’aurait parié que Jésus avait depuis longtemps, l’œil sur cet âne attaché le long du mur, à un plant de vigne ou sous un olivier. Cet âne, des mains l’ont détaché, il ne savait pas où il allait ! En effet, quel est l’âne qui connaît les pensées de son maître ? Et pourtant, c’est ainsi qu’il est devenu porteur du Christ, porteur de Dieu ! Aujourd’hui encore, le Christ de par sa présence continue dans votre chapelle d’adoration, vous adresse un regard particulier, à vous chrétiens de cette paroisse et vous propose, individuellement et collectivement, en famille et en société, là où vous vous trouvez, attachés où libres d’être ceux qui le portent à notre monde !

 

‘‘Détachez-le et amenez-le ! Le Seigneur en a besoin ! ’’ C’est un impératif pour les chrétiens que nous sommes de pouvoir répondre nous aussi à l’appel du Seigneur dans un monde qui tend de plus en plus à discréditer les porteurs de valeurs autres que celles de nos sociétés dites modernes. Loin de moi l’idée et l’envie d’assombrir la fête, mais nous devons comprendre que si la joie de ce jour est légitime, elle ne devrait pas nous faire oublier les événements, graves, dramatiques, sinistres qui vont se dérouler à partir de ce dimanche des Rameaux. En effet, la semaine sainte qui s’ouvre aujourd’hui est une semaine qui sera marquée par le ciel noir de la douloureuse passion, par le sang du calvaire, sang versé tant par la méchanceté des hommes que par leur manque de courage, leurs mensonges et leur hypocrisies,  sang versé qui cependant vaudra à notre humanité sa Rédemption. Jour donc ambigu que celui des Rameaux, ne serait-ce que par les contradictions qu’il nous révèle. C’est pourquoi, ce jour devrait nous incliner à réfléchir davantage sur les gloires humaines pour devenir finalement, des porteurs de Dieu.

 

2-  Devenir des porteurs de Dieu aujourd’hui, cela est possible !

 

Révérends Pères,

Frères et sœurs,

 

Aujourd’hui plus qu’hier certainement, nous sommes invités, en revivant la même aventure des Rameaux, à nous laisser entraîner à notre tour pour devenir des porteurs de Dieu, et cela est possible avec la force que donne le Saint Esprit, car ils sont nombreux, ceux de nos frères et sœurs, qui  ont tourné le dos à l’Eglise parce que déçus de ne pas avoir reçu ce qui pour eux leur paraissait comme leur unique nécessaire, Jésus-Christ ! Non pas le Jésus des miracles uniquement comme on veut nous le faire croire maintenant, mais bien Celui qui fait un bout de chemin avec tous sans exception, Celui qui relève le faible, défend l’opprimé et dont le cœur est plein de miséricorde !

 

Dès lors, on ne saisit que trop bien le choix des lectures de ce jour de même que l’antienne d’ouverture qui nous invite à lever les frontons des portes, à élever les portes éternelles, pour qu’enfin rentre le Roi de Gloire dans nos familles, dans nos communautés, dans notre pays et à faire en sorte que ce sacrifice vécu volontairement hier pour nous les hommes, ne reste pas vain. Ainsi, nous voici davantage responsables de la marche de l’évangile que nous proclamons.

 

Il est urgent pour nous de prendre conscience que Jésus veut aussi entrer triomphant dans la vie des hommes et des femmes de ce temps ; Il veut que nous Lui rendions témoignage, dans la simplicité du travail bien accompli, avec joie et sérénité, avec un intérêt actif pour les autres ; Il veut se rendre présent à chacun à travers les circonstances de sa vie courante et quotidienne, comme pour nous dire que l’histoire des hommes est et sera toujours celle de la sollicitude de Dieu envers eux, envers chacun de nous pris individuellement, mais aussi collectivement.

 

C’est bien en ce sens que nous devons comprendre la Parole du Seigneur qui invite à détacher le petit âne, parce que le Seigneur en a besoin ! En revivant donc l’aventure de l’entrée de Jésus à Jérusalem, en pensant à la bénédiction de votre chapelle d’adoration, vous êtes invités à vous laisser entraîner pour devenir des porteurs de Dieu, comme cet ânon qui a porté le Christ à Jérusalem. Vous aussi, n’ayez pas peur de porter Dieu fièrement car c’est à ce prix uniquement que la joie naîtra dans le cœur de ceux que vous rencontrerez, et le meilleur de leur cœur réapparaîtra à la surface.

 

Etre des porteurs de Dieu, cela créera peut-être un peu d’agitation  en vous-mêmes, dans la ville, dans le pays. Cela menacera sans doute quelques idées reçues ou quelques pouvoirs établis ; qu’importe finalement ! Comme l’ânon qui a porté le Christ, prenons l’engagement de porter Dieu au milieu des agitations de notre monde car Christ est notre paix ! Je ne le dirai jamais assez et je vous invite à le crier partout où besoin sera : ‘‘La paix n’est pas une pure absence de guerre et elle ne se borne pas seulement à assurer l’équilibre de forces adverses ; elle ne provient pas non plus d’une domination despotique…la paix n’est jamais chose acquise une fois pour toutes, mais sans cesse à construire…La ferme volonté de respecter les autres hommes et les autres peuples ainsi que leur dignité, la pratique assidue de la fraternité sont absolument indispensables à la construction de la paix. Ainsi la paix est-elle aussi le fruit de l’amour qui va bien au-delà de ce que la justice peut apporter.’’ Christ est notre paix !

 

3-  Christ est notre modèle de paix ! Imitons-le !

 

Dans la première lecture que nous avons entendue, le prophète Isaïe nous pose une question fondamentale : quel sera le vrai sauveur d’Israël ? Frères et sœurs, à cette époque, les Juifs déportés à Babylone commençaient à entrevoir une délivrance possible, car Cyrus, roi des perses, menaçait la Chaldée, longtemps toute puissante. Le prophète lui-même, dans cette attente généralisée du Messie sauveur, avait pensé un instant que ce prince à la réputation libérale, pourrait être le serviteur de Dieu, son Messie, celui qui réaliserait son dessein de salut.

Mais bien vite, il a entrevu que la véritable nature du projet divin devait être d’un tout autre type qu’un héros guerrier. C’est alors qu’il commence à le décrire sous les traits d’un homme totalement soumis, fidèle au Seigneur dont il ne cesse d’écouter la parole : ‘‘la parole me réveille chaque matin, pour que j’écoute comme celui qui se laisse instruire’’ Is.50, 4. Courageusement, ce serviteur met la parole en pratique, quoi qu’il lui en coûte : ‘‘j’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe’’ Is.50, 6. Soumis à la persécution, ce serviteur sait qu’il triomphera finalement de tous ceux qui s’acharnent contre : ‘‘le Seigneur Dieu vient à mon secours, c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, j’ai rendu mon visage dur comme pierre, je sais que je ne serai pas confondu’’ Is.50, 7.

 

Révérends Pères,

Frères et sœurs,

 

        L’inauguration de votre chapelle d’adoration vous oblige désormais à imiter Celui qui vient y trôner et dont nous venons de voir les traits. Loin du héros guerrier, il est l’homme totalement soumis, fidèle au Seigneur et à l’écoute de sa Parole. En installant Jésus tout à l’heure dans cette chapelle qui Lui est dédiée, je voudrais vous interroger : pour le retour définitif de la paix en Côte d’Ivoire, voulez-vous porter ce Dieu qui n’a l’air de rien du tout ? Voulez-vous porter ce Dieu qui ne pèse que le poids d’une hostie ? Si la fête des Rameaux nous montre que le Christ va vers sa mort, nous pouvons également nous interroger encore : à quel type de mort le Christ vous invite-t-il et pour quelle résurrection ?

 

        Chaque fois que vous entrerez dans cette chapelle, je vous invite à vous rappeler les paroles du Pape François et à vous en inspirer : ‘‘comment Jésus entre-t-il à Jérusalem ? La foule l’acclame comme Roi. Et lui ne s’oppose pas, il ne la fait pas taire (cf. Lc 19, 39-40). Mais quel type de Roi est Jésus ? Regardons-le : il monte un petit âne, il n’a pas une cour qui le suit, il n’est pas entouré d’une armée symbole de force. Ceux qui l’accompagnent ce sont des gens humbles, simples, qui ont la capacité de voir en Jésus quelque chose de plus ; qui ont le sens de la foi, qui dit : C’est le Sauveur. Jésus n’entre pas dans la Ville sainte pour recevoir les honneurs réservés aux rois terrestres,  qui ont le pouvoir, et la domination ; il entre pour être flagellé, insulté et outragé, comme l’annonce Isaïe dans la première Lecture (cf. Is 50, 6) ; il entre pour recevoir une couronne d’épines, un bâton, un manteau de pourpre, sa royauté sera objet de dérision ; il entre pour monter au Calvaire chargé d’un bois…

 

Jésus prend sur lui le mal, la saleté, le péché du monde, et aussi notre péché, le péché de nous tous, et il le lave, il le lave avec son sang, avec la miséricorde, avec l’amour de Dieu. Regardons autour de nous : combien de blessures le mal inflige-t-il à l’humanité ! Guerres, violences, conflits économiques qui frappent celui qui est plus faible, soif d’argent, que personne ne peut emporter avec soi. Ma grand-mère nous disait à nous enfants : le linceul n’a pas de poches. Amour de l’argent, pouvoir, corruption, divisions, crimes contre la vie humaine et contre la création ! Et aussi – chacun de nous le sait et le reconnaît – nos péchés personnels : les manques d’amour et de respect envers Dieu, envers le prochain et envers la création tout entière.’’ Fin de citation

 

Portez toutes ces intentions au Christ. Il est fidèle, qu’il vous affermisse et vous garde toujours !

 

Joyeuses fêtes et bonne montée à Pâques, avec le secours de la Vierge Marie et de Sainte Cécile.

 

 

+ Jean Pierre Cardinal KUTWÃ,
Archevêque Métropolitain d’Abidjan