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INTERVENTION DE MONSEIGNEUR JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE LE CLOTURE DES PREMIERES ASSISES DU CONSEIL NATIONAL DU LAICAT

Maison Générale Communauté Catholique Mère du Divin Amour
Abidjan le 11 mai 2013                    

‘‘Comme nous vous l’avions annoncé et avions été encouragés lors de l’entretien que vous avez bien voulu nous accorder courant janvier, dans le cadre de ses activités, le Conseil National du Laïcat de Côte d’Ivoire organisera ses premières assises, du Jeudi 09 (jour de l’Ascension du Seigneur) au samedi 11 mai 2013, autour du thème : ‘‘Construire un laïcat mûr et responsable pour l’Eglise et dans la société’’’’.

 

Révérend Père NGUESSALI LOW Donatien, Directeur National des Ouvres Catholiques,

Révérends Pères Directeurs Diocésains des Œuvres Catholiques, 

Monsieur le Président du Conseil Régional du Laïcat de l’Afrique de l’Ouest,

Monsieur le Président du Conseil National du Laïcat de Côte d’Ivoire

Chers Frères et sœurs,

C’est par ces mots que nous avons été conviés à ces premières assises. D’entrée de jeu, je voudrais avec vous rendre grâce à Dieu d’une part pour ces assises qui se sont ouvertes le jeudi, jour de l’Ascension de notre Seigneur Jésus mais aussi et d’autre part, pour le cadre, celui de la maison Générale de la Communauté Catholique Mère du Divin Amour. Cet événement et ce lieu sont pour moi des symboles forts que nous adresse la Divine Providence de Dieu.

En ce qui concerne l’Ascension célébrée il y a de cela deux jours, il est bon de noter que ce départ mal compris, pourrait incliner plus d’un, à la tentation d’en rester à une vision simpliste, vision qui consisterait à voir dans cet événement le miracle final d’une vie. En fait, il nous faut voir dans l’Ascension de notre Seigneur, le signe d’un double départ : celui de Jésus et celui des disciples. Ainsi, au temps qui s’achève, marqué par la présence corporelle de Jésus sur terre, succède un temps nouveau, le temps de l’absence de l’époux, temps de l’Eglise qui animée par son Esprit, doit témoigner de son amour pour Lui.

Ainsi, l’Ascension de Notre Seigneur peut être comprise dans une certaine mesure comme le temps de la mission et de la responsabilité pour les disciples car, cette disparition du Christ est une grâce qui leur permet de donner la pleine mesure de leur amour pour Lui. Désormais, c’est à eux qu’il incombe de faire en sorte que la Parole qu’ils ont accueillie hier parvienne ‘‘jusqu’aux extrémités du monde’’. Dès lors, le Christ absent, le monde devient pour les disciples, pour ceux d’hier comme pour ceux d’aujourd’hui, cet immense chantier où l’amour de Dieu doit être vécu et communiqué, non plus uniquement par les pasteurs mais bien par tout le peuple de Dieu. En effet, le Christ parti, c’est aux disciples, c’est à nous tous qu’il appartient désormais, de le rendre présent à nos frères et sœurs.

La maison Générale de la Communauté Catholique Mère du Divin Amour évoque pour nous la merveilleuse aventure que Dieu a voulue initier avec des laïcs et qui donne aujourd’hui de contempler une grande famille ayant en son sein, des laïcs mariés, des laïcs célibataires, des laïcs consacrés dans le célibat, un Institut de religieux comprenant des clercs et des frères, et un Institut de religieuses. Voilà pour ce qui est des symboles.  

Relativement aux communications et aux différents ateliers  qui ont ponctués ces premières assises, je ne doute pas un seul instant qu’ils nous seront de la plus grande importance et pour cause ! L’enjeu, celui de ‘‘Construire un Laïcat mûr et responsable pour l’Eglise et la société’’ comme le stipule le thème, nous imposait à l’ouverture de ces premières assises, de savoir lire les signes des temps dans lesquels nous sommes pour en saisir les opportunités et voir comment rendre plus efficiente l’action conjuguée des laïcs que vous êtes avec celle des Pasteurs de nos Eglises. On ne dira jamais assez, c’est avec un laïcat fort que l’Eglise peut être forte.

Par ailleurs, le thème général en lui-même vous place au cœur de ce que l’Eglise et notre pays attendent de vous. Dans le contexte qui est le notre en ce moment en Côte d’Ivoire, vous convenez avec moi que nombre de nos concitoyens, dans leur soif de paix et leur recherche de réconciliation attendent beaucoup de l’Eglise, c’est-à-dire des pasteurs, ignorant que depuis le Concile II de Vatican, l’Eglise, c’est tout le corps constitué des fidèles Laïcs et de leurs pasteurs.    

C’est dire que la seule action des Pasteurs ne saurait à elle seule suffire. C’est tous ensemble que nous sommes envoyés par le Christ pour dire une parole qui réconcilie, poser un acte qui pousse à se dépasser et à vouloir vraiment la paix. Il est donc important de savoir mais surtout de se convaincre que le monde dans lequel nous vivons nous interroge sur la pertinence et la crédibilité du message évangélique que nous annonçons de nos jours. Cela implique nécessairement une réflexion sur la crédibilité même des porteurs de ce message que nous sommes, que vous êtes, quelque soit l’endroit où l’appel de Dieu nous a placé.

Des trois grandes communications que vous avez entendues, mon attention s’est portée davantage sur la deuxième intitulée comme suit : ‘‘Les Fidèles laïcs de Côte d’Ivoire face aux défis de la réconciliation et de la cohésion sociale’’.

Le thème de cette deuxième communication rejoint dans une certaine mesure l’Exhortation Apostolique Post-Synodale Africae Munus de Benoît XVI quand il dit : ‘‘le visage de l’évangélisation prend aujourd’hui le nom de réconciliation, ‘‘condition indispensable pour instaurer en Afrique des rapports de justice entre les hommes et pour construire une paix équitable et durable dans le respect de chaque individu et de tous les peuples ; une paix qui […] s’ouvre à l’apport de toutes les personnes de bonne volonté au-delà des appartenances religieuses, ethniques, linguistiques, culturelles et sociales respectives’’ AM 174.

Point n’est besoin de vous rappeler que les douloureux événements que nous avons connus ont mis a mal la cohésion au sein de nos communautés. Les défis qui nous attendent sont assurément trop nombreux et trop importants pour que nous fassions ici l’économie de certaines forces vives de la nation et de nous en tenir uniquement à l’action de quelques uns.

C’est ici que je voudrais vous féliciter pour cette initiative heureuse. Je souhaite vivement que les actes de ces premières assises connaissent une large diffusion et que ses résolutions ne restent pas lettres mortes. J’ai foi qu’ensemble, avec le secours de la Vierge Marie et l’appui du Saint Esprit, nous parviendrons à offrir à notre pays et à ceux qui l’habitent, par l’action conjuguée de tous, politiques, religieux, pasteurs, laïcs, hommes et femmes de bonne volonté, le merveilleux cadeau d’une Côte d’Ivoire à nouveau unie et prospère.

En terminant, je nous invite tous à garder à l’esprit, les propos de Benoît XVI : ‘‘la nouvelle évangélisation concerne, en particulier, le service de l’Eglise en vue de la réconciliation, de la justice et de la paix. Par conséquent, il est nécessaire d’accueillir la grâce de l’Esprit Saint qui nous invite : ‘‘Laissez-vous réconcilier avec Dieu’’ (2Co.5, 20).Alors,vous serez en mesure de devenir des artisans de la réconciliation au sein des communautés ecclésiales et sociales dans lesquelles vous vivez et œuvrez ! ’’ AM 169

Je vous remercie.

+ Jean Pierre KUTWÃ,
Archevêque d’Abidjan
Président de la Commission Episcopale
pour le Laïcat

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