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INTERVENTION DE MONSEIGNEUR JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE LA FETE-DIEU

INTERVENTION DE MONSEIGNEUR JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN
A L’OCCASION DE LA FETE-DIEU ET DE
L’ADORATION EUCHARISTIQUE

Cathédrale Saint Paul
Dimanche 2 juin 2013

Frères et sœurs,

La fête du Corps du Seigneur fut célébrée en 1246 à la suite des visions de Julienne de Mont-Cornillon, une religieuse qui souhaitait renforcer la vénération pour l’Eucharistie face aux polémiques en cours sur la présence réelle de Jésus dans le pain et le vin. Divers prodiges survenus durant la même période, parmi lesquels le miracle de Bolsena avec le corporal ensanglanté par une hostie rompue par un prêtre qui doutait, sous les yeux de toute la cour pontificale qui se trouvait à Orvieto.

 

 Mais cette commémoration rappelle en fait la dernière cène que Jésus prit avec ses disciples, quand Il transforma le pain et le vin en son corps et en son sang. Ce mystère est au cœur même de l’Eglise, il est la source et le sommet de toute sa vie. La foi ininterrompue de l’Eglise veut que dans l’Eucharistie (nous touchons ici à la dimension charnelle du christianisme) est présent le Corps du Christ, selon les paroles prononcées par Jésus. Dans cette fête on souligne particulièrement la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie. Mais Jésus n’est pas présent d’une façon quelconque dans l’Eucharistie, mais comme pain rompu, c’est-à-dire, comme Celui qui continue à donner sa vie pour le salut de tous les hommes.

Jésus continue à être pain rompu pour nous et à verser son sang pour notre salut. Le pain consacré polémique contre notre mode de vie consumériste, caractérisé par une défense de nous-mêmes, de nos intérêts particuliers. Ce pain et ce vin s’opposent à l’amour pour nous-mêmes, aux soins que nous prodiguons à notre propre corps, aux efforts que nous déployons pour économiser nos forces.

Toutefois, nous les recevons et ils continuent à être rompu et versés pour nous afin que nous soyons libérés de notre joug, ainsi que de notre dureté, de notre avarice et de notre amour pour nous-mêmes. Le pain et le vin, tout en nous arrachant à un monde replié sur soi et condamné à la solitude nous rassemblent et nous transforment dans le corps unique du Christ.

C’est pourquoi, les processions traditionnelles du Saint Sacrement qui ont eu lieu en ce jour à travers les rues de nos villes sont significatives. Nous avons besoin que Jésus continue à passer dans nos rues pour sauver et aider tous les hommes. Nous avons besoins que le Corps du Christ continue à marcher sur les chemins du monde. On pourrait rapproche de cette procession du Saint Sacrement cette autre procession quotidienne des pauvres qui passent dans nos villes. Eux aussi sont le corps du Christ et ils traversent nos rues dans l’indifférence générale.

Nous sommes appelés à méditer davantage sur les paroles de l’Evêque de Constantinople, Jean Chrysostome : ‘‘si vous voulez honorer le corps du Christ, ne le méprisez pas quand il est nu. N’honorez pas le corps du Christ avec des parements de soie, alors que hors des églises, est négligé cet autre Christ qui souffre du froid et de la nudité.’’

Ce message est clair : ils sont tous deux le corps réel du Christ. Et le Christ n’est pas divisé sauf si nous le divisons.

 

+ Jean Pierre KUTWÃ, Archevêque d’Abidjan

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