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L’ASSOMPTION

SOLENNITE DE L’ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE
AP 11 ,19…12 ,10/ 1CO15,20-27 /LC1,39-56



Bien chers frères et sœurs,
« …Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon sauveur vienne jusqu’à moi ? ». Tel sont les mots d’Elisabeth à la vue de sa cousine Marie venue lui rendre visite. Je voudrais, moi aussi reprendre à mon compte ces mêmes mots pour vous dire toute ma joie de me trouver parmi vous, en cette fête de l’Assomption de la Vierge Marie.

 

En effet , c’est une grande joie qui m’anime de vous voir si nombreux, si fervents et si priants , enfants, jeunes et vieux, hommes et femmes de toute classe sociale , venus des différentes paroisses de notre archidiocèse et des autres diocèses, pour adorer le Seigneur , pour vénérer Marie sa mère.
A vous voir ainsi, mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu notre sauveur car votre présence massive en ce sanctuaire marial, de même que toutes vos prières en cette nuit, ont rejoint celles de milliers de chrétiens de par le monde entier.
Dans les cieux, vos chants et vos supplications se sont mêlés à ceux des autres fideles et au concert des anges du ciel. Et ainsi, un merveilleux mouvement d’action de grâces est parti des hommes vers le père, qui nous le retourne, j’en suis certain, en grâces abondantes par l’intercession de la Vierge Marie pour chacun de vous, chacune de vos familles, pour notre église, pour nos pays si souvent en proie à de grandes difficultés.
Oui, en cette nuit, par de prières, le seigneur daignera se pencher sur notre pays la Côte d’Ivoire qui marche difficilement vers la paix, en passant par des élections, le pardon et la réconciliation.
Vos prières ,je l’espère ,seront d’un grand apport pour notre pays où seuls compte désormais l’argent ,les intérêts personnels , les profits malhonnêtes ;notre pays où seuls prévalent la corruption ,l’injustice et le clientélisme ;notre pays où des valeurs comme la fraternité , la solidarité ,la vérité , la justice sociale deviennent de plus en plus des denrées rares.
En exhaussant votre prière adressées à Jésus, le Prince de la Paix, par l’intercession de la Vierge Marie, le seigneur notre Dieu, donnera à notre pays de redevenir ce havre de paix. Alors seulement nous pourrons reprendre le cantique de Marie : « Le seigneur fit pour moi des merveilles, Saint est Son Nom…»
Cette célébration est aussi l’occasion pour nous de découvrir ou de redécouvrir le rôle et la place de la Bienheureuse Vierge Marie dans le mystère du fils de Dieu et de l’Eglise tout entière. Qui est Marie, celle que nous vénérons avec tant d’amour et tant de ferveur et que nous enseigne –t-elle aujourd’hui ?

  1. Marie femme douce, femme discrète




Frères et sœurs, alors que l’annonce de la naissance d’un enfant de roi, de président, fait le tour du monde, Marie, elle, naît sans que le monde n’en parle, sans qu’Israël même n’y pense. Cette jeune fille de Nazareth, vivant à l’époque du Roi Hérode, est une parfaite inconnue, une anonyme. Sa vie est une vie de silence qui adore la parole éternelle : « elle gardait tout dans son cœur et le méditait en silence ». Lc.2, 19
Mairie, c’est la femme qui offre, qui donne et reçoit : « je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». Marie, c’est la femme du silence.
Dans l’évangile, note attention, au lieu de se porter sur Marie et sa cousine Elisabeth, doit se tourner surtout vers Jésus qui est au centre du récit. En effet, le cantique de Marie qui achève la conversation des deux cousines, ne mentionne ni Elisabeth, ni Jean, mais se concentre sur la grandeur de Dieu et sur ses hauts faits envers son humble servante.
Marie se d écrit elle-même comme une humble servante que Dieu appelle à des choses magnifiques. Puis sa louange se s’élève vers Dieu, qui est saint et bon, et elle rend grâce pour ce qu’il accomplit dans la continuité des promesses faites à Abraham.
La singularité de Marie, assumée corps et âme dans la gloire de Dieu, ne tient pas tant à ses propres mérites mais grâce même de son Fils Jésus. Son Magnificat n’a rien d’un chant d’orgueil, c’est un aveu d’humilité : tout ce qu’elle est vient de Dieu, par pure grâce et remonte vers Lui en louange : « le Puissant fit pour moi des merveilles, saint est son nom ».
C’est pourquoi la vraie dévotion mariale doit nous ramener constamment au mystère de son Fils. C’est seulement à ce prix que ce qui est arrivé à Marie, dans le Christ, arrivera à l’Eglise tout entière et à chacun de nous.
L’Assomption de Marie s’inscrit alors dans le droit fil de ce que Dieu veut pour nous : il veut détruire toutes les puissances du mal. Détruire toutes les puissances du mal, c’est également le sens de la première lecture que nous avons entendu ce jour.
Dans cette lecture, l’auteur de l’Apocalypse, à travers un langage symbolique, veut redonner courage aux chrétiens persécutés. Il montre comment le dessein de Dieu s’accomplit dans l’histoire malgré l’ennemi. La lutte finale est donc engagée. La femme, symbole du peuple de Dieu, engendre le Messie enlevé définitivement près de Dieu. Contre ce Messie, le dragon, qui symbolise les forces du mal, ne peut plus rien faire. Cette image de la femme à été reprise par l’Eglise pour décrire marie, en qui le peuple de Dieu trouve son fleuron.
En effet, quelle femme a-t-elle suscité une telle admiration et un tel attachement pendant tant de siècles ? A l’honneur de quelle femme a-t-on élevé autant de statues à travers le monde entier ? Combien de sanctuaires à travers le monde lui ont été dédiés ? Enfin combien de millions de pèlerins ont chanté à cette femme d’innombrables Ave maria ?
La tentation serait de penser que Marie a été uniquement une heureuse et chanceuse privilégiée, qui n’aurait pas eu conscience de sa prédilection divine et qui aurait subit tout ce qui lui est arrivé. Loin s’en faut ! Marie a été partie prenante de ce qui lui est arrivé.
Elle a su répondre positivement à la grâce exceptionnelle qui lui était offerte. Elle a accueilli sa vocation sans mesure, vocation qui l’a conduite aux incompréhensions des hommes et des femmes de son temps devant la naissance virginale de son Fils. Enfin, elle a accepté sa vocation de mère, celle de donner un jour son fils au monde.
L’histoire de l’Assomption n’est donc pas uniquement l’histoire de la montée de Marie au ciel corps et âme, elle est aussi, l’histoire d’une rencontre, celle d’une mère et de son Fils que la méchanceté des hommes a séparée et que l’amour de Dieu réunit à nouveau.

2. L’Assomption aujourd’hui


Frères et sœurs, l’Assomption de Marie, jeune fille simple et anonyme jadis, nous montre clairement ce à quoi nous sommes appelés aujourd’hui : nous sommes faits pour la gloire. Les merveilles accomplies hier par Dieu en Marie doivent s’accomplir pour nous aujourd’hui, pour notre pays qui doit tout mettre en œuvre pour retrouver la place qui est la sienne dans le concert des nations.
Cette assomption ne pourra s’accomplir en nous que dans la mesure où, à l’image de Marie, nous somme capable d’assumer nos propres responsabilités. En outre, elle exige de nous des ruptures sans lesquelles l’action de Dieu n’aurait aucun effet sur nous.
Je souhaite de tout cœur que chacun de vous soit facteur d’unification, de réconciliation et de paix. Tout dans notre être, nos réflexions et nos paroles, nos actes et nos comportements tant à la maison qu’au dehors, tout doit concourir à instaurer un climat de sérénité qui conforte la fraternité et conduise à une paix véritable dans notre pays.
Nous ne parviendrons à cette attente nationale, que dans la conscience éveillée des droits élémentaires de la personne humaine : droit à la vie, droit à la sécurité, droit à la santé, droit au travail, droit ordinaire au logement, droit du transport…
Prendre ses responsabilités, c’est ne pas avoir peur de dire ce que l’on pense réellement. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, le dieu argent a fini par avoir raison de bon nombre d’Ivoiriens au point de les obliger à la surdité, à la cécité et au mutisme. La bouche qui devait parler mange on ne parle pas la bouche pleine. Les yeux qui devaient voir ne voient plus, au mieux, ils ne savent plus distinguer les couleurs : c’est la culture de l’uniformité. Les oreilles qui devaient entendre n’entendent plus, tellement elles sont sollicitées par un concert de bruits : bruit de musique, de klaxons de voiture, bruit de souffrance…
A la vérité, la peur est devenue la chose la mieux partagée avec le mensonge, les demi-vérités, les compromis qui finissent par devenir des compromissions. Etre courageux, c’est refuser de se taire là où les ordures nous disputent les bouts de routes qui nous restent, là où la pauvreté se fait de plus en plus sélective…
De fait c’est la profonde conversion des cœurs et des mentalités qui nous ouvrira des perspectives nouvelles et tracera de nouveaux sillons dans notre quête de la paix et de réconciliation. C’est la conversion de notre regard sur l’autre fut-il adversaire, qui nous conduira à l’acceptation mutuelle de nos différences cars en réalité, c’est le manque d’humilité et le refus des différences, l’égoïsme et l’orgueil qui génèrent les animosités, la haine et les situations confligènes.
Il nous faut aujourd’hui, redécouvrir les valeurs d’humilité, de douceur, de simplicité, de patience et de tolérance qui caractérisent la Vierge Marie. C’est à cela que nous sommes tous appelés. En nous annonçant l’Assomption de Marie, l’Eglise nous invite à réaffirmer notre foi en la toute-puissance de Dieu et à raviver la conscience de notre propre destinée.
Que la vierge Marie, notre Dame du pardon et de la réconciliation et de la paix, modèle d’humiliité, intercède pour nous et nous obtienne Unité, Paix et Réconciliation et que Jésus, le fruit béni de ses entrailles fasse que nous demeurions attentifs aux choses d’en haut pour obtenir de partager sa gloire.


Bonne fête à tous ceux qui se prénomment Marie.
Bonne fête d’Assomption à tous !

Jean Pierre KUTWA
Archevêque d’Abidjan

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