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MESSAGE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE LA CÉLÉBRATION DE LA 49ème JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX


Cathédrale Saint Paul du Plateau Abidjan
Dimanche 13 décembre 2015 

 ‘‘Les guerres et les actions terroristes, avec leurs tragiques conséquences, les séquestrations de personnes, les persécutions pour des motifs ethniques ou religieux, les prévarications, ont marqué l’année passée du début à la fin, se multipliant douloureusement en de nombreuses régions du monde, au point de prendre les traits de ce qu’on pourrait appeler une « troisième guerre mondiale par morceaux’’.

 

Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire, et Madame,
Monsieur le Premier Ministre,

Excellence Monseigneur le Nonce Apostolique en Côte d’Ivoire,

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Madame et Messieurs les Présidents des grandes  Institutions de la République,
Mesdames et Messieurs les Membres du gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Membres du Corps diplomatique,
Honorables autorités politiques, administratives, militaires et coutumières, 

Chers frères Membres du Forum des Confessions religieuses, Révérends Pères, Révérends frères, Révérendes sœurs,
Frères et sœurs en Christ,     

Les mots que vous venez d’entendre, ce sont ceux que le Souverain Pontife, Sa Sainteté le Pape François, a choisi pour décrire la situation actuelle du monde dans lequel nous vivons, à l’occasion de son message pour la célébration de la 49ème journée mondiale de la Paix, message dont je me fais l’écho, en relation bien entendu avec notre vécu en Côte d’Ivoire, message dont le thème centrale est : ‘‘gagne sur l’indifférence et remporte la paix !’’.

Ces propos à la fois dures mais réalistes sont cependant atténués lorsque le Pape s’empresse d’ajouter : ‘‘mais certains événements des années passées et de l’année qui vient de s’achever m’invitent, dans la perspective de l’année nouvelle, à renouveler l’exhortation à ne pas perdre l’espérance dans la capacité de l’homme, avec la grâce de Dieu, à vaincre le mal et à ne pas s’abandonner à la résignation et à l’indifférence.

‘‘Les événements auxquels je me réfère, [ajoute le Pape], représentent la capacité de l’humanité à œuvrer dans la solidarité au-delà des intérêts individuels, de l’apathie et de l’indifférence vis-à-vis des situations critiques. Parmi ceux-ci je voudrais rappeler l’effort fait pour favoriser la rencontre des leaders mondiaux, dans le cadre de la COP 21, afin de chercher de nouvelles voies pour affronter les changements climatiques et sauvegarder le bien être de la Terre, notre maison commune. Et cela renvoie à deux événements précédents au niveau global : le Sommet d’Addis Abeba pour réunir des fonds pour le développement durable du monde ; et l’adoption par les Nations Unies de l’Agenda 2030 pour le Développement Durable, visant à assurer, avant cette date, une existence plus digne à tous, surtout aux populations pauvres de la planète’’.

Poursuivant  son analyse, le Pape affirme que ‘‘2015 a été aussi une année spéciale pour l’Église, […] marquée par le 50ème anniversaire de la publication de deux documents du Concile Vatican II, […] documents qui sont des expressions emblématiques de la nouvelle relation de dialogue, de solidarité et d’accompagnement que l’Église veut introduire à l’intérieur de l’humanité’’.

Par ailleurs, et cela relativement au Jubilé extraordinaire de la Miséricorde, le Pape invite ‘‘l’Église à prier et à travailler pour que tout chrétien puisse mûrir un cœur humble et compatissant, capable d’annoncer et de témoigner la miséricorde, de « pardonner et de donner », de s’ouvrir « à ceux qui vivent dans les périphéries existentielles les plus différentes, que le monde moderne a souvent créées de façon dramatique» sans tomber «dans l’indifférence qui humilie, dans l’habitude qui anesthésie l’âme et empêche de découvrir la nouveauté dans le cynisme destructeur».

Cette dernière analyse sur  l’actualité mondiale a convaincu le Pape qu’il y a ‘‘de multiples raisons pour croire en la capacité de l’humanité à agir ensemble, en solidarité, dans la reconnaissance de sa propre interconnexion et interdépendance, ayant à cœur les membres les plus fragiles et la sauvegarde du bien commun’’. Et le Pape de poursuivre : ‘‘cette attitude de corresponsabilité solidaire est à la racine de la vocation fondamentale à la fraternité et à la vie commune. La dignité et les relations interpersonnelles nous constituent comme êtres humains, voulus par Dieu à son image et ressemblance. En tant que créatures dotées d’une inaliénable dignité, nous existons en relation avec nos frères et sœurs, envers lesquels nous avons une responsabilité, et avec lesquels nous agissons en solidarité. […]

Frères et sœurs,

A propos d’indifférence, le Pape affirme‘‘qu’il y a avant tout l’attitude de celui qui ferme le cœur pour ne pas prendre en considération les autres, de celui qui ferme les yeux pour ne pas voir ce qui l’entoure ou qui s’esquive pour ne pas être touché par les problèmes des autres’’  Il est bon comme le souligne le Pape François de comprendre que l’indifférence ‘‘a dépassé nettement le domaine individuel pour prendre une dimension globale et produire ce phénomène de la «globalisation de l’indifférence».

Pour lui, ‘‘la première forme d’indifférence dans la société humaine, est l’indifférence envers Dieu, dont procède l’indifférence envers le prochain et envers la création. […] L’homme pense être l’auteur de lui-même, de sa propre vie et de la société ; il se sent autosuffisant, et il cherche non seulement à se substituer à Dieu, mais à le faire disparaître complètement ; par conséquent, il pense ne rien devoir à personne, excepté à lui-même, et il prétend avoir seulement des droits’’.

Cette indifférence envers le prochain, selon le Pape ‘‘prend différents visages :… c’est par exemple  ‘‘l’attitude de celui qui sait mais, qui garde son regard, sa pensée et son action tournés vers lui-même’’. Il y a aussi le cas où ‘‘l’indifférence se manifeste comme un manque d’attention vis-à-vis de la réalité environnante, surtout la plus lointaine… La pollution des eaux et de l’air, l’exploitation sans discernement des forêts, la destruction de l’environnement, sont souvent le fruit de l’indifférence de l’homme envers les autres, parce que tout est lié… Dans ces cas, et dans d’autres, l’indifférence provoque surtout une fermeture et un désengagement, et finit ainsi par contribuer à l’absence de paix avec Dieu, avec le prochain et avec la création’’.

De tout ce qui précède, le Pape conclut pour dire que la paix est menacée par l’indifférence globalisée. ‘‘L’oubli et la négation de Dieu qui conduisent l’homme à ne plus reconnaître aucune norme au-dessus de lui et à se prendre lui-même comme seule norme, ont produit des cruautés et des violences sans mesure. En ce sens, l’indifférence et le désengagement qui en est la conséquence constituent un manque grave au devoir que toute personne a de contribuer, dans la mesure de ses capacités et de son rôle dans la société, au bien commun, en particulier à la paix, qui est l’un des biens les plus précieux de l’humanité’’.

Mais le Pape va plus loin en affirmant que ‘‘quand ensuite, l’indifférence envers l’autre, envers sa dignité, ses droits fondamentaux et sa liberté, investit le niveau institutionnel, dans une culture imprégnée de profit et d’hédonisme, elle favorise et parfois justifie des actions et des politiques qui finissent par constituer des menaces à la paix’’. Dans la même veine, il faut aussi noter que ‘‘souvent en effet, les projets économiques et politiques des hommes ont pour fin la conquête ou le maintien du pouvoir et des richesses, même au prix de piétiner les droits et les exigences fondamentales des autres. Quand les populations voient leurs propres droits élémentaires niés, comme la nourriture, l’eau, l’assistance sanitaire ou le travail, elles sont tentées de se les procurer par la force’’…

Ici en Côte d’Ivoire, il faut reconnaître qu'en matière d'adduction d'eau potable des efforts ont été faits, mais malgré cela, le résultat reste bien en deçà des espérances quand nos populations continuent de subir les coupures à Abobo, à Gonzagueville, et même à Angré-Château d’eau ! C'est dire que cette souffrance est présente chez nous aussi.

Mais face à cette tragédie, Dieu ne reste pas indifférent ! Comme dit le Pape, ‘‘Dieu se révèle depuis les débuts de l’humanité comme Celui qui s’intéresse au sort de l’homme ; Il intervient, pour appeler l’homme à la responsabilité à l’égard de son semblable, comme il a fait lorsqu’Adam et Ève, les premiers parents, ont rompu la communion avec le Créateur… En son Fils Jésus, Dieu est descendu parmi les hommes, il s’est incarné et il s’est montré solidaire de l’humanité…et Il agit pour mettre fin à la souffrance, à la tristesse, à la misère et à la mort.’’ Dans le sillage de l’action de Dieu envers notre humanité, le Christ ‘‘invite ses auditeurs, et en particulier ses disciples, à apprendre à s’arrêter devant les souffrances de ce monde pour les soulager, devant les blessures des autres pour les soigner, avec les moyens dont ils disposent, à commencer par leur temps, malgré les nombreuses occupations.’’

Et le Pape de poursuivre en ces termes : ‘‘voilà pourquoi «il est déterminant pour l’Eglise et pour la crédibilité de son annonce, de vivre et de témoigner elle-même de la miséricorde. Son langage et ses gestes doivent transmettre la miséricorde pour pénétrer le cœur des personnes et les inciter à retrouver le chemin du retour au Père. La vérité première de l’Eglise est l’amour du Christ. De cet amour, qui va jusqu’au pardon et au don de soi, l’Eglise se fait servante et médiatrice auprès des hommes. En conséquence, là où l’Eglise est présente, la miséricorde du Père doit être manifeste. Dans nos paroisses, les communautés, les associations et les mouvements, en bref, là où il y a des chrétiens, quiconque doit pouvoir trouver une “oasis de miséricorde”».

En résumé, tout ce qui précède appelle à passer de l’indifférence à la miséricorde, en faisant ‘‘de l’amour, de la compassion, de la miséricorde et de la solidarité, un vrai programme de vie, un style de comportement dans nos relations les uns avec les autres. Cela demande la conversion du cœur’’

Frères et sœurs,

Cette conversion des cœurs est plus que nécessaire en ce sens que ‘‘la solidarité constitue l’attitude morale et sociale qui répond le mieux à la prise de conscience des plaies de notre temps et de l’incontestable interdépendance qui existe toujours plus, spécialement dans un monde globalisé, entre la vie de l’individu et de sa communauté dans un lieu déterminé et celle des autres hommes et femmes dans le reste du monde’’ d’où la nécessité de promouvoir une culture de solidarité et de miséricorde pour vaincre l’indifférence.

Pour le Pape, ‘‘la solidarité…exige un engagement d’une multiplicité de sujets, qui ont une responsabilité de caractère éducatif et formateur’’. Le premier de ces sujets, ce sont les ‘‘familles, appelées à une mission éducative première et incontournable. Elles constituent le premier lieu où se vivent et se transmettent les valeurs de l’amour et de la fraternité, de la convivialité et du partage, de l’attention et du soin de l’autre. Elles sont aussi le milieu privilégié pour la transmission de la foi, en commençant par ces simples gestes de dévotion que les mères enseignent à leurs enfants’’.

Ensuite, ‘‘les éducateurs et les formateurs qui, à l’école ou dans les différents centres de socialisation infantile et juvénile, ont la tâche exigeante d’éduquer des enfants et des jeunes, et sont appelés à être conscients que leur responsabilité regarde les dimensions morales, spirituelles et sociales de la personne. Les valeurs de la liberté, du respect réciproque et de la solidarité peuvent être transmises dès le plus jeune âge’’. 

Le Pape lance un appel également aux ‘‘Institutions qui ont des tâches éducatives, [pour qu’elles] puissent être un lieu d’ouverture au transcendant et aux autres ; un lieu de dialogue, de cohésion et d’écoute, où le jeune se sente valorisé dans ses propres potentialités et ses richesses intérieures, et apprenne à estimer vraiment ses frères’’. Enfin, le Pape note que ‘‘les agents culturels et des moyens de communication sociale ont aussi une responsabilité dans le domaine de l’éducation et de la formation, spécialement dans la société contemporaine, où l’accès aux instruments d’information et de communication est toujours plus répandu. C’est leur tâche [dit-il] de se mettre par-dessus tout au service de la vérité et non d’intérêts particuliers, … en étant ‘‘vigilants afin que la manière dont ils obtiennent et diffusent les informations soit toujours juridiquement et moralement licite’’.

Pour le Saint Père, ‘‘conscients de la menace d’une globalisation de l’indifférence, nous ne pouvons pas ne pas reconnaître que, dans le scenario décrit ci-dessus, s’insèrent aussi de nombreuses initiatives et actions positives qui témoignent la compassion, la miséricorde et la solidarité dont l’homme est capable’’. Ces actions sont le fait ‘‘d’organisations non gouvernementales et de groupes caritatifs, à l’intérieur de l’Église et en dehors d’elle…, de personnes et d’associations qui portent secours aux migrants qui traversent des déserts et sillonnent des mers à la recherche de meilleures conditions de vie. Ces actions sont des œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle, sur lesquelles nous serons jugés à la fin de notre vie.’’

Ajoutons aussi à cela, toujours selon les propos du Pape François,  l’action des ‘‘journalistes et des photographes qui informent l’opinion publique sur les situations difficiles qui interpellent les consciences, et à ceux qui s’engagent pour la défense des droits humains, en particulier ceux des minorités ethniques et religieuses, des peuples indigènes, des femmes et des enfants, et de tous ceux qui vivent dans des conditions de plus grande vulnérabilité’’ dont ‘‘beaucoup de prêtres et de missionnaires qui …restent à côté de leurs fidèles et les soutiennent malgré les dangers et les difficultés, en particulier durant les conflits armés.

Enfin, le Pape souligne l’action des ‘‘familles [qui] au milieu de nombreuses difficultés sociales et de travail, s’engagent concrètement pour éduquer leurs enfants “à contre-courant”, au prix de beaucoup de sacrifices, aux valeurs de la solidarité, de la compassion et de la fraternité ! [Ces] familles ouvrent leurs cœurs et leurs maisons à celui qui est dans le besoin, comme aux réfugiés et aux migrants’’, sans oublier l’action des ‘‘jeunes qui s’unissent pour réaliser des projets de solidarité et tous ceux qui ouvrent leurs mains pour aider le prochain dans le besoin dans leurs villes, dans leurs pays ou dans d’autres régions du monde’’.

Dans l’esprit du Jubilé de la Miséricorde, le Pape estime que ‘‘chacun est appelé à reconnaître comment l’indifférence se manifeste dans sa propre vie, et à adopter un engagement concret pour contribuer à améliorer la réalité dans laquelle il vit, à partir de sa propre famille, de son voisinage ou de son milieu de travail’’. A l’échelon mondial, pour le Souverain Pontife,  ‘‘les États sont aussi appelés à des gestes concrets, à des actes de courage à l’égard des personnes les plus fragiles de leurs sociétés, comme les prisonniers, les migrants, les chômeurs et les malades. Pour ce qui concerne les détenus, dans beaucoup de cas, il semble urgent d’adopter des mesures concrètes pour améliorer leurs conditions de vie dans les prisons, accordant une attention spéciale à ceux qui sont privés de liberté en attente de jugement’’.

Chers frères et sœurs, o

Ici en Côte d’Ivoire, les nouvelles qui nous parviennent ces temps-ci concernant les prisonniers sont heureuses. Aussi voudrais-je dire merci à l'Etat pour le geste concret qu'il vient de faire. Mais, tout en me réjouissant de la mise en liberté même provisoire de certains de nos frères détenus jusqu’ici, je souhaite vivement, qu'en cette Année Sainte de la Miséricorde , le vent de l’indulgence nécessaire dans ce jubilé, souffle encore plus fort sur nos frères en prisons et en exil, pour que notre beau pays retrouve véritablement  son unité et que tous nous participions à sa reconstruction. 

Qu’il me soit permis, de reprendre à mon compte, l’appel pressant du Pape ‘‘aux responsables des États à accomplir des gestes concrets en faveur de nos frères et sœurs qui souffrent à cause du manque de travail, de terre et de toit.’’ Ici en Côte d’Ivoire, la question du foncier rural est une réalité qui pend comme une épée de Damoclès. Faisons en sorte que demain ne soit pas trop tard en prenant aujourd’hui, des décisions courageuses si nous ne voulons pas que cette question devienne une ‘‘bombe’’ pour les générations à venir.

Par ailleurs, et comme dit le Pape, il serait bienvenu, ‘‘pour lutter contre la plaie sociale du chômage’’ de penser à la ‘‘création de postes de travail décent,[…] mais aussi qu’une attention spéciale soit accordée aux femmes – malheureusement encore discriminées dans le domaine du travail – et à certaines catégories de travailleurs, dont les conditions sont précaires ou dangereuses et dont les rétributions ne sont pas proportionnées à l’importance de leur mission sociale.’’

En Côte d’Ivoire, si la loi fait obligation de payer nos employés à partir du nouveau SMIG, on peut légitimement s’interroger sur l’application effective d’une telle loi. C’est pourquoi, je pense à la suite du Pape François qu’il faut ‘‘ accomplir des actions efficaces pour améliorer les conditions de vie des malades, garantissant à tous l’accès à des soins médicaux et aux médicaments indispensables à la vie, y compris la possibilité de soins à domicile’’.

Pour terminer son message, le Saint Père a adressé ‘‘un triple appel à s'abstenir d'entraîner les autres peuples dans des conflits ou des guerres qui en détruisent non seulement les richesses matérielles, culturelles et sociales, mais aussi – et pour longtemps – l'intégrité morale et spirituelle ; à l'effacement ou à la gestion soutenable de la dette internationale des pays les plus pauvres ; à l'adoption de politiques de coopération qui, au lieu de se plier à la dictature de certaines idéologies, soient respectueuses des valeurs des populations locales et qui, dans chaque cas, ne portent pas atteinte au droit fondamental et inaliénable des enfants à naître à la vie.

A propos de l’effacement de la dette, je salue encore avec bonheur l'aboutissement de notre pays à l'initiative PPTE, mais je voudrais quand même noter que le quotidien des populations n’a pas toujours suivi cet état de fait : le panier de la ménagère est toujours aussi léger qu’avant; quant à l’Assurance Maladie Universelle, elle peine véritablement à décoller. C’est le lieu d'inviter l'Etat à redoubler d'efforts pour un mieux-être des populations    

Excellence Monsieur le Président de la République,

Frères et sœurs en Christ,

Je voudrais terminer mon propos en reprenant les mots mêmes du Pape François : ‘‘Dieu n’est pas indifférent ! Dieu accorde de l’importance à l’humanité, Dieu ne l’abandonne pas ! Au début de l’année nouvelle, je voudrais accompagner de cette profonde conviction les vœux d’abondantes bénédictions et de paix, sous le signe de l’espérance, pour l’avenir de tout homme et de toute femme, de toute famille, peuple et nation du monde, ainsi que des Chefs d’État et de Gouvernement et des Responsables des religions (particulièrement ceux de notre pays). En effet, ne perdons pas l’espérance de voir en 2016 chacun, engagé fermement et avec confiance, à différents niveaux, à réaliser la justice et à œuvrer pour la paix. Oui, celle-ci est don de Dieu et œuvre des hommes. La paix est don de Dieu, mais don confié à tous les hommes et à toutes les femmes qui sont appelés à le réaliser’’.

Oui, si nous gagnons sur l’indifférence, nous remporterons la paix pour le monde, la paix pour notre pays ! Plaise à Dieu qu’il en soit ainsi au nom de Jésus, Prince de la paix, qui règne, dans les siècles sans fin, AMEN !

À tous, bonne, heureuse et sainte année 2016.

+ Jean Pierre Cardinal KUTWÃ, Archevêque d’Abidjan

 

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