CONFERENCE SUR LA TRANSPARENCE, L’ETHIQUE ET LA GOUVERNANCE Par Mme Pascale GUEI-ECARE, Présidente de l’Ordre des Experts-comptables de Côte d’Ivoire

 SOMMAIRE
I- Introduction
II- Transparence
III- Ethique
IV- Gouvernance
V- Conclusion

I- INTRODUCTION

A l’entame de mon propos, je voudrais remercier du fond du cœur son Eminence, Cardinal Ignace Dogbo BESSI, pour cette très bele idée et ce nouveau concept de rentrée pastorale diocésaine, qui donne l’opportunité à tous les membres de l’Eglise d’Abidjan de s’exprimer sur des sujets d’importance pour l’Eglise. Je voudrais également le remercier pour le choix de ce thème qui est cher à mon cœur : Transparence, Ethique et Gouvernance ». En tant qu’expert-comptable, ces notions sont dans mon ADN. Et c’est un réel plaisir pour moi d’en parler. Permettez-moi de débuter avec la définition de ces notions et d’expliquer leur importance dans la gestion des affaires de l’Eglise.

 

 II- LA TRANSPARENCE
1- Définition : La transparence est la qualité d’être clair, ouvert, accessible et compréhensible. Elle implique la divulgation d’informations pertinentes et fiables, permettant aux individus, aux organisations ou au public de comprendre les processus, les décisions et les actions.

2- Importance : La transparence : - Renforce la confiance du public ; - Facilite la participation de toutes les parties prenantes et la prise de décisions éclairée ; - Permet de lutter contre la corruption et les abus de pouvoir ; - Améliore la reddition des comptes et la gestion des ressources ; - Favorise la collaboration et l’innovation. Cette notion a tout son sens aujourd’hui avec l’avènement des lois et règlements sur les entités à but on lucratif. En effet, la Côte d’Ivoire fait partie d’un grand ensemble régional dénommé OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires), composé de 17 pays dont fait partie la Côte d’Ivoire.
Depuis 2022, un Acte Uniforme a été signé par tous les pays membres de l’OHADA pour instituer la transparence et la reddition des comptes dans de nombreuses organisations dont les confessions religieuses. L’Ordonnance prise par la Côte d’Ivoire en 2024 est venue confirmer l’application de cet Acte Uniforme sur le territoire ivoirien. Donc, depuis le 1e janvier 2024, l’Eglise doit établir des états financiers et les produire à l’administration. Et son Eminence, Cardinal BESSI, dès son arrivée à la tête de l’Archidiocèse d’Abidjan a mis son Conseil Diocésain des Affaires Economiques, dont je suis un membre, afin d’organiser ce processus de reddition des comptes. Depuis Février 2025, nous avons eu déjà 3 séances de reporting où chaque paroisse du Diocèse d’Abidjan vient présenter ses résultats en termes de recettes, de dépenses, d’immobilisations, de prévisions pour les années, périodes à venir. Nous nous inscrivons dans une démarche d’amélioration continue donc sommes ouverts à toutes les suggestions et remarques pour aboutir à un résultat optimal. Je citerai le Bible en son Psaume 85 : « Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent ». Faisons de cet exercice de transparence une réalité dans notre Diocèse afin que la justice et la paix y règnent.

III- L’ETHIQUE

1- Définition : L’éthique est l’ensemble des principes moraux qui guident les comportements et les décisions d’un individu, d’un groupe ou d’une organisation. Elle concerne ce qui est considéré comme juste, bon et moralement acceptable.

- Importance : L’éthique : - Oriente les décisions et les actions vers le bien commun ;
- Contribue à la confiance et à la coopération ;
- Réduit les risques de conflit et de comportement répréhensibles ;
- Favorise une culture de respect et de responsabilité ;
- Améliore la réputation et la crédibilité. Elle fait appel à des valeurs telles que l’honnêteté, l’équité, le respect, la responsabilité, la bienveillance et la justice. Elle permet de rester ferme, même face à des pressions ou à des difficultés.

Et je vais citer un verset biblique qui nous incite à nous habiller d’éthique dans la gestion des affaires de l’Eglise : 1 Timothée 6 : 6 – 10 « Profitable, oui la piété l’est grandement pour qui se contente de ce qu’il a. Car nous n’avons rien apporté dans le monde et de même, nous n’en pouvons rien emporter. Lors donc que nous avons nourriture et vêtement, sachons être satisfaits. Quant à ceux qui veulent amasser des richesses, ils tombent dans la  tentation, dans le piège, dans une foule de convoitises insensées et funestes, qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent. Pour s’y être livrés, certains se sont égarés loin de la foi et se sont transpercés l’âme de tourments sans nombre ». C’est un avertissement puissant de la Bible dont il faut tenir compte. Fuyons de toute notre force les comportements non éthiques pour préserver notre Eglise et ses membres de tourments sans nombre. Enfin, je vais parler de la gouvernance ou plutôt de la bonne gouvernance.

IV- LA GOUVERNANCE

1- Définition : La gouvernance est l’ensemble des règles, des processus et des structures par lesquels une organisation (entreprise, gouvernement, association, etc.) est dirigée, contrôlée et rend des comptes. Elle concerne la manière dont le pouvoir est exercé et comment les décisions sont prises.

- Piliers de bonne gouvernance : Je vous propose quelques règles de bonne gouvernance :
- La participation : l’implication de toutes les parties prenantes dans la prise de décisions. Cela inclut la consultation, la participation active et l’accès à l’information. L’Eglise nous propose pour cela la synodalité. Et l’exercice que nous sommes en train de réaliser est un acte de bonne gouvernance ;
- L’état de droit : l’application équitable et transparente des lois et des règles pour tous sans discrimination ni favoritisme ;
- La transparence : l’ouverture et la disponibilité de l’information concernant les décisions, les actions et les activités de l’autorité de gestion. Cela permet aux membres de l’Eglise de comprendre comment les ressources sont utilisées et comment les décisions sont prises, et de tenir les dirigeants responsables ;
- L’efficacité et l’efficience : l’utilisation optimale des ressources publiques pour atteindre les objectifs fixés. Cela implique une bonne gestion des finances publiques, une administration performante et la fourniture de services de qualité ;

- L’équité et l’inclusion : l’égalité de traitement pour toutes et tous, sans discrimination fondée sur le genre, la race, la religion, l’origine ethnique ou d’autres caractéristiques. Cela implique une prise en compte des besoins et des intérêts de tous les groupes sociaux, y compris les plus vulnérables ;

- La réactivité : la capacité de l’autorité de gestion à répondre rapidement et efficacement aux besoins et aux attentes des membres de l’Eglise, ainsi qu’aux changements de l’environnement ;
- La redevabilité : la capacité d’une autorité de gestion à rendre des comptes aux membres de l’Eglise et à d’autres parties prenantes pour ses actions et ses décisions.

V- CONCLUSION

Je voudrais terminer avec ces propos du Cardinal Poupar tenus le 05 mars 2001 à l’occasion du 1er congrès national eucharistique et je cite : « La Côte d’Ivoire est la 2nde partie du Christ ». En ces moments troubles et de grandes incertitudes, où le monde est en perte de répères et de valeurs, la Côte d’Ivoire doit jouer son rôle de 2nde patrie du Christ. Et j’ai cette vision du Diocèse d’Abidjan, qui impacte l’Eglise ivoirienne et la nation toute entière, en termes de transparence, d’éthique et de bonne gouvernance. Afin que la Côte d’Ivoire impacte à son tour l’Afrique et tout le monde entier, jouant ainsi son rôle de 2nde patrie du Christ, en étant un témoignage de piété et de bonne gouvernance, inspirée de la parole de Dieu. J’ai foi que cette vision se réalisera par la grâce de notre Grand Dieu, en communion avec son Fils, notre Seigneur Jésus Christ et le Saint Esprit.

AMEN.

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