Méditation du jeudi 11 septembre 2025

Aujourd'hui, appesantissons-nous sur l’injonction : aimez vos ennemis.
Aimer son ennemi ne signifie pas cautionner ses actes, ses paroles, ses attitudes ou ses opinions. Ce n’est nullement lui donner raison : il demeure un ennemi : celui qui se situe dans une opposition frontale. Il ne s’agit nullement de laisser la victoire au Mal et aux malfaiteurs. Bien au contraire. Il y a un fait inattendu de l’ennemi, c’est L’action du disciple du Christ…L’amour des ennemis ne fait pas appel aux seuls sentiments. Face à son ennemi, le disciple doit passer à l’action, et sortir ses armes. Mais des armes bien désarmantes : faire du bien, prier, donner… Cela peut paraître anodin face à des moqueries et des insultes. De quoi faire passer les chrétiens pour des individus veules et apathiques, de gentils moutons sans défense, ni défenseur. Cette lutte face au mal campe sur le terrain plat (6,17) du soin. La réponse du disciple ne se situe pas dans une volonté d’éliminer ou de réduire au silence son ennemi, mais de le guérir, de le sauver du Mal, quitte à s’humilier soi-même aux yeux des hommes. Tant pis, si l’honneur en prend un coup, si les disciples y laissent jusqu’à leur tunique. Il faut, à ses ennemis, procurer du bien, donner, prier…
Au crescendo du Mal répond ainsi le crescendo de l’Amour : à une haine intime, répond l’action orientée vers le bon. Aux sombres malédictions répond la claire bénédiction par le souhait d’un divin bienfait. Enfin quand l’ennemi s’exprime publiquement en calomnies, le disciple du Christ intercède pour lui plus intimement dans une prière montant vers le Père. Face à la montée de la violence, le disciple descend au plus profond de l’amour non pour lui-même mais pour son ennemi.
Que Dieu nous aide dans cette demarche !

Pere Hippolyte AGNIGORI,
Curé de la Paroisse Saint Jean-Paul II de Angré (Cocody-Abidjan)

PrintEmail