Méditation du dimanche de la Divine miséricorde . 12 avril 2026.
Ce soir-là, les disciples sont enfermés. Les portes sont verrouillées — par peur. Et c'est précisément là, dans cet espace de peur et de doute, que Jésus ressuscité fait irruption. Il ne punit pas leur enfermement. Il entre.
La paix, d'abord. Deux fois Jésus dit : « La paix soit avec vous. » Ce n'est pas une formule de politesse. C'est un don. La paix qu'il offre n'est pas l'absence de trouble — les disciples sont encore tremblants — mais la présence de Celui qui a vaincu la mort. Cette paix-là, rien ne peut l'arracher.
Thomas, notre frère. Thomas n'était pas là. Il refuse de croire sur parole. Beaucoup lui en font le reproche. Mais regardons-le avec bienveillance : Thomas veut une foi vraie, pas une illusion. Son doute est une forme d'honnêteté. Et Jésus ne le rejette pas — il revient pour lui. Il se laisse toucher, il offre ses plaies. Le ressuscité garde les marques de sa passion : c'est bien le même Jésus, crucifié et vivant.
Et nous ? Nous sommes du côté de Thomas — et au-delà. Nous n'avons pas vu. Nous vivons deux mille ans après ce matin de Pâques. Et pourtant, Jésus nous adresse une béatitude : « Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. » Notre foi n'est pas inférieure à celle des témoins oculaires. Elle est différente — et bénie.
Croire sans voir, c'est s'en remettre à la Parole, à la communauté, aux sacrements, à l'Esprit qui souffle encore. C'est ouvrir nos portes verrouillées et laisser le Ressuscité entrer dans nos peurs…
P. Hippolyte AGNIGORI



