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Directives pastorales générales 2026/2027

Introduction

            Chers frères et sœurs.

            Qu’il me soit permis, au moment de rappeler les Directives, enrichies par vos travaux et propositions, d’exprimer toute ma reconnaissance à tout le diocèse. Je suis fier de nous tous ; et je puis vous assurer : beaucoup de gens parlent très mal de notre diocèse et voudrais faire comme nous. Mes sincères remerciements pour tous les lauriers que nous avons glanés l’année qui s’achève à peine.

Les acquis dont la nomenclature vous a été faite, au plan missionnaire, pastoral et économique, n’ont été possibles que grâce à notre amour indéfectible de l’Eglise, inscrit dans nos cœurs et qui se lit dans vos yeux.

            Comme vous le savez, la vision du diocèse a été dégagée pour trois années ; les Directives qui ont été données l’ont été pour la même période. Il n’est donc pas question d’indiquer d’autres voies que celles déjà contenues dans le document des Directives générales 2025-2028. Dès lors, les présentes Directives, si l’on veut les appeler ainsi, apparaissent comme la remise au goût du jour de ce que nous avons tous dans nos bibliothèques. A partir du regard rétrospectif que nous avons jeté sur l’année écoulée, elles voudraient nous aider à repartir de plus bel, comme rappel et insistance.

            Les réponses au questionnaire, qui sont parvenues dans les délais, témoignent de l’ardeur que nous avons démontrée, dans l’exercice de vos différentes tâches missionnaires, pastorales et économiques. A la lecture de la synthèse, nous nous sommes réjouis du beau travail abattu. Ce retour nous permet de mieux nous relancer dans la construction d’une Eglise-Famille de Dieu à Abidjan : synodale, autonome, au service de tous.

            Il ne s’agit donc pas ici de redonner des directives qui sont déjà contenues dans les directives générales 2025-2028. Il s’agit de retourner à ces directives pour poursuivre leur mise en œuvre effective et totale. Je vous exhorte donc à retrouver vos documents, pour ceux qui les ont, ou à chercher à vous en procurer pour ceux qui n’en ont pas. Les indications présentent ont pour finalité de rappeler et d’insister : rappeler ce que vous savez déjà, insister sur ce qui mérite plus d’accent. Ce rappel et cette insistance s’articuleront autour de trois points :

           

            1-La vision

            2-Les axes stratégiques

            3-Le Plan d’Actions Stratégique

 I-La vision

            Comme cela est su de tous, le diocèse porte une vision qui appelle le long terme : l’on ne devient pas une Eglise-Famille avec ce que tout cela implique de synodalité, d’autonomie, de service de tous, en une année et même en trois ans. Il faut du temps pour renverser, démolir, bâtir, et bâtir sur du roc, le Roc qu’est le Christ. Nous poursuivons la même vision que l’année dernière. Ce qu’il convient de souligner et de souligner de trois traits, c’est que cette vision est le fruit d’une obéissance, car c’est l’obéissance qui conduit l’Eglise. Il n’y a pas que les prêtres qui obéissent ; il n’y a pas que les diacres, les religieux, les religieuses, les laïcs qui obéissent ; les évêques obéissent aussi, aussi bien au pape qu’à tout le peuple chrétien. Cette obéissance permet à notre diocèse d’être en phase avec l’Eglise universelle qui invite à un style de vie en Eglise, le style synodal, la manière synodale de vivre notre vie chrétienne. Le pape François a dégagé cette vision, le pape Léon XIV la poursuit, et nous, nous oserons marcher penchés ? « Que nenni ! » dirait l’autre. Nous sommes en phase avec l’Eglise universelle.

Avec l’Eglise en Afrique, notre communion se traduit dans ce qui fait le cœur de notre vision : l’Eglise-Famille de Dieu. Nous savons qu’après le synode spécial pour l’Afrique, le saint pape Jean Paul II a donné à l’Eglise universelle une Exhortation post synodale intitulée Ecclesia in Afrique, adoptant l’expression l’Eglise-Famille de Dieu chère aux Africains. Cette expression théologique significative a été adoptée au sein des CERAO. En faisant de cette expression le cœur de notre vision, nous entrons en phase avec l’Eglise en Afrique et dans la sous-région Ouest-africaine.

Le dernier étage est constitué par l’Eglise en Côte d’Ivoire. Depuis 2017, l’Eglise en Côte d’Ivoire essaie de vivre la communion autour de la vision suivante : Une Eglise-Communion autonome au service de tous. De toute évidence, notre Eglise a tout pris de cette dernière vision. Au sein de la communion des Eglises, en Côte d’Ivoire, nous voulons être une communion autonome qui s’inscrit dans l’élan de l’Eglise universelle. Voilà pourquoi nous nous sommes engagés pour une Eglise-Famille qui accueille les orientations de l’Eglise universelle en vue d’une mission plus dynamique. Nous sommes en phase avec l’Eglise en Côte d’Ivoire.

Notre vision est donc simple mais claire et précise : Eglise-Famille de Dieu à Abidjan : synodale, autonome, au service de tous.  Une telle vision a un seul objectif : nous aider à vivre la nature même de l’Eglise de Jésus-Christ. Si l’Eglise n’est pas Famille de Dieu, qu’est-ce qu’elle est ? (Cf Ep 2, 19). Cet attribut de l’Eglise est en parfaite harmonie avec l’ecclésiologie du Concile Vatican II qui regarde l’Eglise comme peuple de Dieu dont la caractéristique essentielle est la communion. C’est cette Eglise que nous voulons incarner dans le diocèse d’Abidjan. Dans trois ans et au-delà, et je prie qu’il en soit ainsi. Que notre Eglise, au-delà du temps et des épiscopats, réalise l’idéal de Famille, au sein de laquelle personne n’est au bord du chemin. Pour ce faire une adhésion ferme s’impose. Je vous exhorte donc à embrasser cette vision qui est notre cheval de bataille. Cette vision que votre a dégagée vous engage tous : clercs, consacrés, laïcs. Si vous marchez en dehors de cette vision vous n’irai nulle part ; vous tomberez dans un gros trou. Et si la tête qui porte les yeux ne vous voit pas pour vous en tirer, vous risquez d’y rester et courir le risque de la noyade. Cette métaphore nous encourage à entrer dans cette vision et à la décliner à travers ses trois axes stratégiques, à savoir synodalité, autonomie, service de tous.

      II-     Les axes stratégiques : synodalité, autonomie, service de tous 

     -Premier axe stratégique : La synodalité

 

La synodalité, un style

Qualifier l’Eglise de synodale, ce n’est pas créer une nouvelle Eglise comme d’aucuns ont plus s’imaginer. L’Eglise est catholique et le sera toujours, en ce sens qu’elle est universelle. La qualifier de synodale, c’est faire ressortir le style qui doit la caractériser. L’Eglise catholique est synodale en ce sens qu’elle est le peuple de Dieu répandue à travers l’univers et en marche vers l’éternité, et est en chemin avec d’autres dont elle n’ignore pas la présence. Cet axe stratégique nous invite donc avant tout à la culture du style synodal. Ce style synodal est caractérisé essentiellement par une attitude : l’écoute. Dans l’incarnation du style synodal, l’oreille est plus importante que la langue. On écoute beaucoup plus qu’on ne parle selon les livres sapientiaux repris par l’apôtre Jacques : « Soyez prompts à écouter, lents à parler ».

La culture du style synodal et les structures de communion

La culture du style synodal se fait dans les structures de communion qui doivent fonctionner conformément au Droit canonique et aux Statuts inspirés du Droit. Que nos conseils à tous les niveaux soient les lieux de la marche ensemble dans l’écoute mutuelle et dans la plus grande concertation. Il ne s’agit pas de se murmurer à l’oreille à cercles fermés mais de parler et d’écouter tous ceux qui sont mandatés au sein de notre conseil par les corps constitués et reconnus. Personne ne doit être mis de côté : clercs, consacrés, laïcs, tous doivent participer ; tous doivent écouter, tous doivent parler.

Les structures de communion, gage de continuité missionnaire et pastorale

La communion au sein des conseils est le gage de la continuité missionnaire et pastorale dans le diocèse et sur la paroisse. Des conseillers conscients de leur mission assurent la continuité sur les paroisses sans esprit de dynastie, étant entendu que les prêtres sont appelés à tourner. Cela suppose de leur part un esprit d’Eglise et non un esprit du monde encore moins un esprit politique.

La culture du style synodal et la participation

La culture du style synodal se fait par la participation de tous à la vie de l’Eglise. Le style synodal appelle à faire entrer tous les baptisés dans la participation à la marche de l’Eglise sans discrimination. Les pauvres, les riches, les pécheurs, les saints, les enfants, les jeunes, les vieux, les vieilles, les hommes, les femmes, tous doivent apporter leurs charismes pour la bonne marche de l’Eglise. Ce style exclut l’exclusion, la juxtaposition, l’indifférence, l’esprit de clocher. Les congrégations, les paroisses, les communautés nouvelles reconnues, les fraternités, tous les groupes doivent participer à la vie du diocèse, les yeux fixés sur la même vision.

La culture du style synodal et la collaboration dans la mission

La mission est, en définitive, le lieu du déploiement du style synodal de l’Eglise. La communion, la participation mettent tout le peuple de Dieu, toute la Famille de Dieu au service de la mission. La mission de l’Eglise-Famille a besoin de tous les membres de la famille. Tout baptisé, membre de la Famille de Dieu, est, par le fait même, établi missionnaire ; il est disciple-missionnaire selon l’insistance du pape François. Membre de l’Eglise en sortie missionnaire, il doit participer à la mission de l’Eglise, il doit évangéliser. La paroisse est le lieu où cette évangélisation se déploie, sous la supervision du curé et de ses vicaires. C’est là que tout chrétien est appelé à annoncer l’Evangile de Jésus-Christ. Mettez vos charismes au service de la mission de l’Eglise-Famille de Dieu à Abidjan dans le cadre paroissial.

La culture du style synodal et l’évangélisation sur les paroisses

J’invite tous les chrétiens à entrer dans l’annonce de l’Evangile sur leurs paroisses sous la supervision de leurs curés. Les Communautés nouvelles reconnues connaissent la discipline de l’Eglise que j’ai rappelée dans les directives générales de l’année dernière. Leur confirmation en dépend. Elle ne peut vivre comme des Eglises parallèles et s’affubler du titre de catholique. Celles qui sont suspendues sont invités à se dépouiller de leur titre et à intégrer la vie de leurs paroisses, à mettre, sans étiquettes, leurs charismes individuels au service de l’évangélisation sur leurs paroisses, en communion parfaite avec leur curé et l’évêque. On n’est pas obligé d’être berger pour annoncer l’Evangile.

La vision et le processus synodal de 2021 à 2024

Notre vision, est donc une récapitulation de tout le processus synodal vécu de 2021- 2024. Pendant 3 ans, toute l’Eglise a réfléchi au style qui convient à sa nature pour le monde d’aujourd’hui. Nous y sommes et avançons courageusement pour une meilleure annonce. La synodalité de l’Eglise appelle l’autonomie solidaire. En effet « marcher ensemble » appelle « manger ensemble ». L’autonomie dans l’Eglise est le lieu où l’on prend ensemble les moyens pour manger ensemble.

Deuxième axe stratégique : L’autonomie

 

L’autonomie dans la nature de l’Eglise

            Bien souvent l’autonomie dans l’Eglise a été considérée comme une situation contingente. L’on en parle quand les financiers et leurs finances viennent à faire défaut. En réalité, et c’est sous cette angle que je la vois et que je voudrais la présenter et la faire percevoir dans notre Eglise, l’autonomie est une exigence même de la nature et de la mission de l’Eglise. L’Eglise est synodale : communion, participation, mission. Elle se doit d’être autonome. L’Eglise est missionnaire : elle doit être autonome. La communion exige l’autonomie, le service de tous exige l’autonomie. L’exigence même de la nature de l’Eglise appelle une considération théologique de l’autonomie pour que les chrétiens soient à l’aise de l’affronter en vue d’une meilleure vie en Eglise. La première communauté chrétienne n’a pas eu besoin d’une école de théologie pour comprendre ce qui relève de sa nature (Cf Ac 2-6).

            L’autonomie la plaque tournante de la vision

L’autonomie, imposée par la nature même de l’Eglise, apparaît comme la plaque tournante de notre vision, la vision de notre diocèse. Elle est providentiellement placée entre « synodale » et « au service de tous ». La synodalité débouche sur l’autonomie ; l’autonomie rend aisé le service de tous.  

Sortir du tabou du discours financier

L’autonomie dans la nature de même de l’Eglise doit nous aider à sortir du tabou du discours financier. Il y a une tradition du discours financier dans la tradition biblique et dans la tradition de l’Eglise. Ce discours est encadré par la nécessaire générosité et la pauvreté évangélique. Depuis l’Ancien Testament jusqu’au Nouveau Testament, ce discours cours jusque dans l’Apocalypse, ce livre au genre particulier. Au moment même où Jésus parle de la pauvreté du missionnaire, il parle de l’autonomie de ceux qui l’accueillent. L’Apôtre Paul est l’un des plus prolixe en la matière. Toutes ses lettres en témoignent.

Le discours financier dans un contexte de cherté et de pauvreté

Le discours financier selon la bible a été toujours donné dans un contexte bien précis. Ce contexte a toujours été celui caractérisé par la cherté de la vie. C’est pourquoi ce discours a toujours exigé une générosité proportionnelle. L’exigence de la dîme fait ressortir la proportionnalité et la douceur de cette exigence. Cela n’empêche pas Jésus d’admirer la veuve qui a donné tout ce qu’elle avait pour vivre, sans en faire une exigence. L’appel à la générosité devra toujours entretenir cette proportionnalité pour permettre aux fidèles de donner à la mesure de leurs avoirs et de leur foi.

Cette proportionnalité qui lui tient à cœur a permis à l’Eglise de codifier les offrandes et d’éviter tout ce qui peut avoir l’allure de simonie et de mercantilisme, de profit ou d’exploitation. Les quêtes multiples interdites en sont la preuve…Et je le redis avec énergie : les deux quêtes sont interdites dans l’archidiocèse d’Abidjan. Elles ne sont autorisées conformément au droit que par l’évêque pour une cause précise. Son autorisation doit être demandée par le Conseil pour les Affaires économiques par un écrit contresigné par le Curé et le vice-président laïc ou le secrétaire laïc, et reçue par écrit. Le respect de cette consigne sera le sceau de la communion avec l’évêque et l’Eglise universelle dont l’expérience a codifié sa pratique pour éviter des déviations et travers.

La relation entre la paroisse et le diocèse

Qu’il me soit donné l’opportunité de rappeler à bon escient la beauté de la relation entre la paroisse et le diocèse. La paroisse n’a de raison d’être qu’en lien avec le diocèse. Il n’y a pas de paroisse coupée du diocèse. Le prêtre n’a sa raison d’être qu’en lien avec l’évêque. Il n’y a pas de prêtre coupé de son évêque qui ne devienne « vagus ». Cette relation qui est d’abord théologique, spirituelle, se rend concrète dans la mise en œuvre des indications de l’évêque.

Les péréquations

Voilà pourquoi les deux péréquations en conformité avec le Droit de l’Eglise sont appréciables et incontournables. Ces péréquations, dans le diocèse d’Abidjan, dates de plusieurs décennies. Elles ont connu des fortunes diverses. Avec mon prédécesseur, elles ont connu une fortune appréciable grâce à votre adhésion soutenue. Il se trouve que ma touche personnelle n’a pas besoin d’appréciation dans la mesure où tout le monde sait et si d’aventure tout le monde ne le sait pas, tout le monde doit le savoir, et ici, je parlerai comme l’apôtre Paul et je voudrais qu’on me traite de fou : je hais tout sauf la péréquation ; je suis contre tout sauf la péréquation ; je supporte tout sauf la disparité entre les prêtres et dans la communauté chrétienne entre les paroisses. Dès lors ce serait un rêve cauchemardesque que de penser que je mettrai sous éteignoir la péréquation. Bien au contraire je ferai flèche de tout bois pour les hisser le plus haut possible. Et sera avec vous tous que je le ferai de telle sorte que parmi nous personne ne soit laissé au bord du chemin gisant comme à demi mort. Les deux péréquations forment, toutes les deux, pour qui voudrait encore en douter, la voie royale qui conduira à une autonomie rapide et solidaire. Voilà pourquoi il est impérieux de faire parvenir toutes les offrandes, que l’on appelle malencontreusement quêtes, toutes les autres offrandes volontaires, les dons, les dîmes, en un mot, tout ce qui entre dans nos paroisses et dans nos poches, conformément aux indications déjà connues, dans une même caisse. Nous devons y tenir tous dans l’intérêt de tous.

La maison des prêtres

La maison des prêtres est mon cœur. J’y travaille personnellement et remercie déjà ceux qui y participent par leurs dons. Nous avons rassemblé près de 150 000 000 pour ce projet.

 

La digitalisation

L’autonomie par tous et pour tous exige une gestion scientifique et moderne. Aujourd’hui, les paiements digitaux ne sont plus du luxe. Partout tout est digitalisé... Les paiements digitaux porteront l’autonomie à une allure insoupçonnée parce qu’ils sont toujours plus généreux et échappent aux cambriolages. Il nous faut nous y engager de manière organisée, ordonnée et disciplinée, sans suspicion, sans égocentrisme paroissial ou diocésain, ne cherchant que l’intérêt de tous et en priorité de ceux qui se sacrifient pour l’Evangile, spécialement dans les zones déshéritées. Je confie donc la sensibilisation, une sensibilisation opportunément organisée et planifiée pour la digitalisation et pour l’autonomie à tous, particulièrement aux prêtres, aux membres de nos conseils.

Les objectifs financiers

Sur le chemin de l’autonomie est apparu un phénomène beaucoup apprécié par les paroisses et les prêtres ; ce phénomène se nomme « objectifs financiers ». Les objectifs financiers dont les fixations ont cours dans notre pays, dans toutes les régies financières, sont devenus un problème dans notre diocèse. C’est d’autant plus normal que l’Eglise n’est pas un centre commercial, ni un poste de douane tenu par Lévi, Matthieu, encore moins un centre de perception d’impôts. Malheureusement il se trouve qu’à l’Eglise l’on a besoin d’argent. Il convient donc que je vous explique exactement comment les objectifs ont fait leur apparition dans l’espace diocésain.

Pendant l’année 2024-2025, de septembre à août, j’ai observé le fonctionnement du diocèse. Le plus dur que j’ai eu à supporter était le retard dans le paiement des salaires des membres du personnel et les émoluments des prêtres, qui n’étaient pourtant pas énormes. Pendant toute l’année je cherchais comment résoudre une telle équation. Je me suis mis à admirer la force de résistance et la capacité de manœuvre de mon prédécesseur. Mais en même à entrer dans mon boudoir, pour en extirper une solution parmi celles que le Seigneur a pour chaque problème. La solution la meilleure était celle des objectifs financiers et à juste titre : les objectifs financiers permettaient aux paroisses de se rendre compte qu’elles sont capables de se surpasser et de reverser diligemment les offrandes collectées pour une marche allègre de l’économat. Je puis dire aujourd’hui que vous avez été à la hauteur du défi et vous exprimer ma fierté à vous tous : prêtres, consacrés, laïcs du diocèse. Sans atteindre les objectifs financiers fixés, vous vous en approchez et cela a suffi à doubler les entrées financières.

Vos objectifs se sont avérés payants lors de l’édition du Fonds National Catholique 2025. Alors que j’ai fait passer la barre de plus de 300 millions à 500 millions, vous avez relevé le défi allègrement. Depuis lors aucun objectif ne vous arrête. Le Fonds diocésain qui a été programmé à peine deux mois avant l’échéance, a connu un sort presque semblable et a fait comprendre que la multiplicité des collectes n’était pas la bonne solution. Je vous encourage à persévérer dans cette générosité dans l’intérêt de tous, conscients de tous les défis d’autonomie qui nous attendent au plan diocésain et national.

La transparence

Je voudrais terminer l’axe autonomie sur ce qui pourrait être la bonne clé de l’autonomie de l’Eglise d’Abidjan : j’ai nommé la transparence. Une universitaire Italienne écrivait au sujet de l’autonomie des Jeunes Eglises d’Afrique. Pour elle cette autonomie passe par la transparence. Si nous voulons une autonomie rapide de notre Eglise, soyons transparents comme de l’eau de roche. Seule la transparence dans l’information, la sensibilisation, la collecte, dans le décompte, la transmission des fonds, dans la gestion, permettra à notre Eglise-Famille de Dieu d’atteindre ses objectifs en vue du service de tous.

Troisième axe stratégique : Le service de tous

            La finalité de la vision

Le service de tous est le dernier axe stratégique de notre vision commune. C’est à lui que conduisent tous les autres axes. Il apparaît comme l’objectif final de toute la vision en même temps qu’il se présente comme concomitant aux autres axes. La synodalité, l’autonomie, le service de tous ne sont pas une succession d’activités qui viennent l’une après l’autre. Elles sont simultanées, concomitantes. Il reste que le service de tous apparait avec la nuance de finalité au point où l’autonomie particulièrement n’a de sens qu’en relation avec le service de tous. L’autonomie trouve sa légitimité, son opportunité, son urgence, dans le service de tous.

Le service de tous par l’annonce à tous

            Le meilleur et le plus grand service que l’Eglise autonome peut rendre à tous, c’est d’abord et avant tout l’annonce de l’Evangile à tous, pour faire reculer la vraie misère. Car en réalité, la vraie misère c’est le manque de foi. Tous les hommes, les riches surtout, ont besoin de ce service qui les sorte de leur pauvreté de foi. Ce service, l’Eglise doit le rendre à tous en utilisant les meilleurs moyens que Dieu met à sa disposition.

Le service de tous et les supports catéchétiques

Pour un meilleur service de tous, des supports catéchétiques sont à valoriser. « Compagnon de Prière » est déjà bien connu sur nos paroisses. En remerciant ceux qui l’ont porté à bout de bras, nous encourageons la nouvelle équipe à y mettre de leur talent pour lui impulser une croissance de cinq pourcents, d’une année à une année, en ce qui concerne son contenu et sa diffusion. « Jésus, mon Héros », destiné aux enfants et aux adolescents, sera proposé dans la catéchèse et au peuple chrétien pour aider les enfants e les adolescents à avoir leur compagnon de prière et de formation. A cela s’ajoute les Saints Africains, dont le témoignage de foi sera un soutien à tout le peuple chrétien, et particulièrement aux enfants et aux jeunes adolescents. Forgés à l’esprit chrétien qui est un esprit de communion, ils s’engageront avec d’autres pour le service des plus pauvres pour les aider à se lever, à prendre leur brancard et à marcher.

Lève-toi, prends ton brancard et marche

            Le meilleur service que l’on puisse rendre aux membres de la Famille de Dieu à Abidjan, n’est pas de leur distribuer la nourriture chaque jour, encore moins des habits usés, selon notre bon plaisir ; le meilleur service c’est de les aider à se prendre en charge, à organiser leur vie par une activité génératrice de revenus. C’est nettement plus honorable, même si c’est plus onéreux. C’est le développement intégral dont parla le pape Paul VI, repris par le pape François et formalisé par l’institution du Dicastère pour le Développement humain intégral (DDHI). A cet effet, le diocèse d’Abidjan, nanti de votre générosité manifestée à travers les offrandes ordinaires, les dons volontaires, les dîmes voudrait deux grands services : le service des veufs (ves), des orphelins, des étrangers et le service de l’entreprenariat jeune.

            Le service des veuf (ves), des orphelins, des étrangers

            Nous inspirant de la parole de Dieu qui organise la dîme triennale pour le service des veuves, des orphelins, des étrangers, nous avons programmé dans le plan stratégique, le service des veuves, des orphelins, des étrangers. Je vous exhorte à entrer dans ce projet pour participer à ce que dans la communauté, personne ne soit dans le besoin. Votre adhésion à ce projet se traduira par deux attitudes : votre générosité, notre engagement à accompagner la mise en œuvre de ce projet en mettant en contact avec les veuves, orphelins, étrangers vraiment nécessiteux de vos communautés et désireux de se prendre en main. Une partie des dîmes versée à la caisse commune servira à cette organisation. C’est le lieu de vous informer que la dîme que vous versez chaque mois, est divisée en deux : la moitié revient aux prêtres de la paroisse qui reçoivent, l’autre moitié est versée dans la Caisse de Péréquation du Clergé d’Abidjan. De cette caisse, une moitié est transférée dans la caisse du service des veufs (ves), des orphelins, des étrangers.

L’entreprenariat jeune

L’entreprenariat jeune est un service qui nous tient à cœur. Aujourd’hui il est urgent de soutenir les jeunes qui désirent créer un emploi pour se prendre en main. Il est important que l’Eglise cela dans sa vision. Ce désir d’emploi de chaque jeune rejoint les besoins du fonctionnement du diocèse. Le nombre de projet de construction, d’achat de matériaux de construction, les besoins en plomberies, électricités, réparation d’engins, sont là pour déclencher une volonté d’organisation pour permettre aux jeunes qui veulent aller au charbon de se former, d’être accompagnés dans leur auto prise en charge. Nous comptons sur tous pour donner et les moyens, et l’expertise nécessaire à cette fin. Lève-toi, prends ton brancard et marche, donnez-leur vous-même à manger…Autant de paroles de Jésus qui ne peuvent nous laisser indifférents.

III-Le Plan d’actions stratégique

Le principe de la planification

Une vision qui ne débouche pas sur une planification reste un vœu pieux ; une planification qui n’est pas exécuté est un fossile bon pour l’archéologie et les musées. La vision d’une Eglise-Famille de Dieu à Abidjan a été décliné dans un Plan d’Actions Stratégique devant nous conduire jusqu’à l’horizon 2028.

La planification est une école

La planification est une école d’organisation en vue d’une plus grande efficacité. Ce qui est simple parce qu’habituel sous d’autres cieux, est une école chez nous en Afrique et dans l’Eglise encore plus. L’Eglise, en effet, se conçoit comme vivant au souffle de l’Esprit Saint qui souffle où il veut, on ne sait ni d’où il vient, ni où il va. Selon cette foi qui est fondamentale, toute planification pose problème, tout esprit d’entreprise pose problème, comme s’ils rejetaient la force de l’Esprit de Dieu et de sa providence. Dès lors le fonctionnement qui se met en place dans le diocèse à travers la vision et la planification qui remonte en Côte d’Ivoire à moins d’un quart de siècles, appelle l’apprentissage. C’est une véritable école qui appelle l’adhésion en urgence. 

Le plan paroissial et des organismes dans le diocèse

Sans adhésion ferme en vue d’un apprentissage, aucune planification stratégique commune n’est possible, aucune appropriation du plan diocésain au niveau paroissial et au niveau des institutions n’est possible. J’exhorte tous les curés, tous les prêtres, tous les responsables des institutions, toutes les congrégations à entrer dans la vision du diocèse qui décline la vision de l’Eglise universelle. Que cette vision colore, mieux, organise vos structures et organismes, et qu’ensemble nous vivions une Eglise-Famille de Dieu à Abidjan forte au service de tous. Il est vrai qu’en matière de planification, si 20 sur 80 sont partants il faut avancer ; mais nous sommes dans l’Eglise ; dans l’Eglise, la communion fondée sur l’obéissance permet d’attendre que tous entrent dans la même vision pour avancer ensemble, en parfaite communion synodale, de telle sorte qu’à l’heure du bilan, personne ne réponde absent.

            Le constat d’évaluation

Un Plan d’Actions Stratégique appelle une évaluation périodique pour faire le bilan et réorienter la marche. Selon la synthèse de l’année écoulé que nous avons entendue, beaucoup reste à faire. Selon les rapports reçus, 40 paroisses ont répondu au questionnaire d’évaluation. Cela représente les 33, 33/100 soit le tiers des paroisses du diocèse. Ceci dépasse le ¼ requis pour la bonne marche du Plan. Nous n’avons pas le droit d’avancer en ignorant ce ¼, partie intégrante du diocèse pour avancer. Il nous faut travailler à intégrer tous les membres de la Famille de Dieu dans cette vision qui nous portera pendant de nombreuses années et qui a l’appréciation de la hiérarchie de l’Eglise.

Conclusion 

Une vision appelle une action planifiée ; pour qu’il en soit ainsi il faut une union sacrée autour de la vision. Pour qu’il y ait cette union sacrée, il faut beaucoup d’humilité et le dépouillement des opinions, projets et visions individuelles. Dans un diocèse comme dans un pays, il ne peut y avoir deux visions parallèles encore moins opposées. J’exhorte donc tout le diocèse à épouser la vision d’une Eglise-Famille de Dieu à Abidjan : synodale, autonome, au service de tous. C’est la direction que le Seigneur inspire pour le diocèse d’Abidjan pour le moment et peut être pour bien longtemps, car je ne vois pas par quoi l’on peut remplacer une Eglise-Famille de Dieu. Quand on est dans la Famille que peut-on désirer d’autre sinon que d’y rester et de bien s’implanter et prospérer. Une famille gère un seul intérêt, pas deux ; une Famille gère l’intérêt de la famille. Le chef de famille travaille pour que tous les membres de la famille, surtout les plus faibles soient bien traités. C’est cela que nous visons.

Pour y arriver nous avons besoin de directives. Comme déjà dit, je ne fais, ici, que rappeler les directives générales déjà reçues l’année dernière. Les regards fixés sur les directives déjà reçues, avançons en rangs serrés comme une armée rangée en bataille pour relever les défis qui se présentent à nous pour vérifier notre zèle missionnaire et pastorale et notre soif de communion vécue, à savoir l’appropriation du Plan d’Actions Stratégiques, la mobilisation des ressources, la transparence sans taches, et la coresponsabilité.

Courage !

Fait à Abidjan, le 26 septembre 2026

SEM Dogbo Ignace Cardinal BESSI

Archevêque d’Abidijan