Jeudi 05 mars 2026, 2e Semaine de Carême. Année A. Année Paire. Férie. Couleur liturgique : Violet
Textes :
Jérémie 17, 5-10 ; Psaume 1, 1-2, 3, 4.6 ; Luc 16, 19-31
Peut-on se fier totalement ou exclusivement à une personne, tout lui dire de nous, avoir une confiance absolue voire aveugle en cette personne ? Jérémie 17, 5-10 nous apporte un éclairage. Le Seigneur nous exhorte à la vigilance et au discernement dans nos rapports avec nos frères et sœurs car nul ne peut sonder ni connaître exactement ce qu'il y a dans le cœur de l'Homme. Ceci pour éviter toute surprise désagréable et toute expérience malheureuse ou négative : " Maudit soit l’homme qui met sa foi dans un mortel, qui s’appuie sur un être de chair, tandis que son cœur se détourne du Seigneur. Il sera comme un buisson sur une terre désolée, il ne verra pas venir le bonheur. Il aura pour demeure les lieux arides du désert, une terre salée, inhabitable." Certes, on ne peut pas vivre éternellement dans la méfiance car la méfiance stérilise notre volonté d'ouverture aux autres mais il faut savoir à qui accorder sa confiance, savoir à qui on parle, car il y a trop de personnes fausses autour de nous et dans toutes les couches socio-professionnelles ( famille, société, Église, association, etc...), de personnes aux paroles mielleuses mais remplies de venin mortel. Ce n'est pas tout qu'on dit à tout le monde. Sachons avoir une vie privée et sachons la préserver pour être à l'abri de toute surprise désagréable. Vouloir compter uniquement sur l'Homme ou sur ses propres forces ou ressources humaines sans Dieu, c'est se faire illusion. Oui à la confiance mais une confiance vigilante. Si une relation me détourne de Dieu, alors je dois la fuir. Seul Dieu reste fidèle. Celui qui met toute sa confiance en Dieu, qui s'appuie sur sa Parole, qui fait de la Parole de Dieu la racine et l'essentiel de sa vie demeure à jamais béni car Dieu lui manifeste sans fin sa Providence et sa proximité bienveillante : " Béni soit l’homme qui met sa foi dans le Seigneur, dont le Seigneur est la confiance. Il sera comme un arbre, planté près des eaux, qui pousse, vers le courant, ses racines. Il ne craint pas quand vient la chaleur : son feuillage reste vert." Que la Sagesse de Dieu nous guide en toutes circonstances afin d'agir avec discernement. C'est aussi un appel lancé à ceux qui sont faux dans leur comportement et dans leurs paroles afin qu'ils se convertissent et vivent dans la vérité. Dans Luc 16,19-31, à travers la parabole de l'homme riche et du pauvre Lazare, Jésus nous exhorte à sortir de toute forme d'indifférence vis-à-vis de nos frères et sœurs surtout de ceux qui vivent de manière précaire, dans la misère, dans le dénuement. Le tort de l'homme riche, ce n'est pas sa richesse, ce ne sont pas ses festins somptueux. Son tort réside dans son ignorance volontaire et conscient du pauvre Lazare. Cette ignorance a créé sur terre un fossé entre eux. Ce même fossé est survenu après leur mort, Lazare étant dans la félicité bienheureuse et l'homme riche dans un lieu de tourment. Lorsque nos cœurs se ferment aux autres, ils se ferment aussi à Dieu. Lorsque nous passons à côté des autres, nous passons à côté de Dieu. Lorsque nous oublions les autres, nous oublions également de Dieu. Ne soyons donc pas insensibles à la souffrance de l'autre. Or l'autre demeure le chemin pour aller vers Dieu. Le Carême est le moment propice pour faire parler notre charité en apportant ne serait-ce qu'un petit quelque chose à nos Caritas pour le partage avec frères et sœurs qui sont dans le besoin ou l'indigence. Que nos cœurs soient toujours débordants d'amour pour nos frères et sœurs. Dieu nous bénisse abondamment. Magnifique journée.
Père Sylvain KOUASSI, Paroisse Saint Augustin de Bingerville.



