Dimanche 29 mars 2026, Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, Solennité. Année A. Année Paire. Couleur liturgique : Rouge.
Textes :
Matthieu 21, 1-11 ; Isaïe 50, 4-7 ; Psaume 21 (22), 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a ; Philippiens 2, 6-11 ; Matthieu 26, 14 – 27, 66.
Le Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur : L'amour ne nous dispense pas de la souffrance..
La célébration du Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur a un côté surprenant sinon intriguant. En effet, il y a d'une part l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, acclamé comme Messie selon Matthieu 21, 1-11 et d'autre part l'insistance sur sa passion et sa mort dans Matthieu 26, 14 – 27, 66. Le Messie librement marche vers sa mort pour un seul but, notre salut et animé d'une seule intention, l'amour. Pour nous sauver, Jésus accepte de passer par le dur et dramatique chemin de la souffrance au nom de son amour incommensurable pour nous. Son amour pour nous ne l'empêche pas de souffrir. Ainsi donc, loin d'éloigner de nous la souffrance, l'amour lui donne un sens nouveau, un contenu nouveau. Par sa mort, Jésus exprime sa fidélité totale à Dieu. Il va jusqu'au bout du don de soi. Nos souffrances, loin de les rechercher pour elles-mêmes peuvent devenir pour nous des lieux ou des occasions de purifier, d'affirmer et d'affermir notre amour et notre fidélité pour Dieu. En effet, même éprouvé, notre amour doit rester fidèle.
La question que l'on pourrait se poser est celle-ci ? Jésus avait-il nécessairement besoin de souffrir pour nous aimer et nous sauver ? Je dirai non. Il pouvait nous sauver autrement puisqu'il est Dieu. Alors pourquoi ce chemin de souffrance pour lui qui est Dieu ? Comme le dit Philippiens 2, 6-11, Jésus ne revendique pas son identité divine. Bien au contraire, il devient homme jusqu'à l'extrême, la mort. Ainsi donc, par sa souffrance par amour, il rejoint tous ceux et toutes celles qui souffrent physiquement, matériellement, moralement, psychologiquement, intellectuellement, affectivement, spirituellement. Il rejoint tous les rejetés, les trahis, les blessés, les méprisés, les oubliés. Il se fait solidaire des souffrants pour leur dire que l'amour est une force qui permet de ne pas sombrer dans le désespoir ni le découragement. L'amour est une force pour transcender la souffrance et la douleur. La souffrance n'est plus cette réalité qui nous renferme sur nous-mêmes. Elle devient plutôt notre alliée dans notre vie spirituelle puisqu'elle peut se présenter à nous comme le canal de notre conversion et de notre abandon total entre les mains du Seigneur. L'amour ne nous dispense pas des épreuves. Mais il nous procure la force pour les traverser. Que l'entrée triomphale de Jésus et sa passion nous aident à accueillir toutes les situations de notre vie avec lucidité, courage , résilience et foi. Dieu nous bénisse abondamment.
Bon dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur. Dieu nous bénisse abondamment.
Père Sylvain KOUASSI, Paroisse Saint Augustin de Bingerville
