ARCHIDIOCESE D’ABIDJAN RENTREE PASTORALE 2025 – 2026 Intervention de Mme Marie-Laure ABOTCHA – BONI
Thème
DIFFICULTES DE COLLABORATION ENTRE LES DIFFERENTES COMPOSANTES DE L’EGLISE
PLAN
Introduction
Depuis 2021, le pape François a convoqué un Synode des Evêques sur la Synodalité, qui met l’accent sur l’implication et à la participation de tout le peuple de Dieu dans la vie et la mission de l’Église.
La communion est au cœur de cette dynamique synodale.
Il faut cependant noter qu’à certains endroits et moments, peuvent apparaitre des difficultés dans la collaboration entre les fidèles du Christ, situations qui nuisent à la communion dans l‘Eglise
Dans le cas de notre contribution, nous avons, de façon optionnelle, fait le postulat que les difficultés de collaboration, quand elles existent, peuvent être dues à la méconnaissance mutuelle et à l’insuffisance d’un vécu profond des vocations
Nous voulons donc dans un premier temps, aller brièvement à la découverte de chaque vocation, énoncer dans un deuxième temps les déviations possibles et dans un troisième temps, proposer des pistes de solutions.
I- LA GRACE DE CHAQUE VOCATION
A- LA VOCATION DE L’HOMME ET DE TOUT HOMME
1- Connaître et aimer Dieu
Le chapitre I du Prologue du catéchisme de l’Église catholique s’intitule comme suit : I. La vie de l’homme – connaître et aimer Dieu. (Cf. Luc 10, 25-28 / Jean 17, 3)
2- Participer à la vie divine
L’article 1 du chapitre 1 du prologue du catéchisme de l’Eglise catholique … : « Dieu, a librement créé l’homme pour le faire participer à sa vie bienheureuse.»
Il est le Dieu de qui nous procédons, par qui nous vivons, vers qui nous tendons (LG 2)
Un moine a dit : « Si notre vie sur terre n’anticipe pas notre éternité bienheureuse, alors notre vie est un mensonge, une fable et une illusion. Nous ne vivons vraiment que dans la mesure où nous l’anticipons ».
B- MISSION DU PRÊTRE
Le prêtre, qui est sous la responsailité de l'évêque, au service de Dieu et de ses frères dans l’Eglise, participe au ministère de l'évêque à travers les trois fonctions suivantes : enseigner, sanctifier et gouverner
1- Fonction d'enseignement (Annoncer la Parole)
2- Fonction de sanctification (Administrer les sacrements) :
La célébration des sacrements est au cœur de la mission du prêtre.
« Les sacrements - centre de la vie chrétienne - sont les moyens par lesquels Dieu communique sa grâce, se rend présent parmi nous et agit en notre vie. » (Pape François, Audience Générale du 8 janvier 2014).
Le prêtre rend ainsi le Christ présent dans l'Eucharistie et pardonne les péchés, participant ainsi à la vie spirituelle des fidèles.
2-1- Dans le sacrement du baptême
« Le sacrement du baptême confère la première grâce sanctifiante, qui efface le péché originel et aussi le péché actuel, s’il existe ; il remet toute la peine due pour ces péchés, imprime le caractère de chrétien ; il nous fait enfants de Dieu, membres de l’Église et héritiers du paradis, et il nous rend capables de recevoir les autres sacrements » (Catéchisme de saint Pie X).
La grâce sanctifiante, germe de la vie divine, est la vie éternelle commencée. Cette grâce, avec les vertus infuses et les sept dons du Saint-Esprit, constituent notre organisme spirituel appelé à grandir pour atteindre la stature parfaire du Christ. Nous pourrons ainsi, dans l’éternité bienheureuse, participer à la vie intime de Dieu, voir et connaitre Dieu tel qu’il se connaît lui-même et que nous sommes connus de Lui, l‘aimer de tout notre être et revêtir l’immortalité dans l’unique instant de l’immobile éternité.
2-2 Le Saint sacrifice de la messe = sacrement de l’Eucharistie
L’oeuvre de la croix se prolonge dans le sacrifice eucharistique, il y eut sur la Croix une immolation sanglante, il y a à la Messe une immolation sacramentelle
Jesus continue à chaque celebration eucharistique, en tant que pretre par excellence, à s’offrir à Dieu en oblation, sous forme d’adoration reparatrice et de supplication, par amour pour nous. Sans messe, le monde serait anéanti mais Christ s’offre en sacrifice permanent
La participation pleine à l’eucharistie, nous rend immortels
Saint Thomas d'Aquin : "L'effet propre de l'eucharistie est la transformation de l'homme en Dieu". L’eucharistie entraîne chez le chrétien une mystérieuse transformation :celle de nous conférer l'immortalité bienheureuse.
Le sacrement du Baptême nous apporte le salut par une nouvelle naissance dans l'Esprit du Christ, par le sacrement de l’eucharistie nous devenons en vérité ce que nous avons reçu, une nourriture qui nous transforme en celui qui vient en nous sous des apparences sensibles.
Ce sont les prêtres de Jésus-Christ qui permettent cet étonnant passage : rendre Dieu présent en nos vies d'hommes et nous préparer à cette Rencontre ou le surnaturel vient dans le naturel, ou Dieu vient dans le quotidien, de façon si simple que toute la Création en reste silencieuse. Fr. Réginald Garrigou-Lagrange, O.P.
Saint Jean Chrysostome dans le Traité du Sacerdoce, dit ceci : « Nul ne peut entrer dans le royaume de Dieu, s’il ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint (Jean III, 5); qui ne mange pas la chair du Seigneur et ne boit pas son sang, est exclu de la vie éternelle. (Jean VI, 54.) Si donc ces bienfaits ne peuvent être conférés que par des mains sanctifiées, conséquemment par celles des prêtres, quel moyen y aurait-il, sans leur ministère, d’éviter le feu de l’enfer, ou de parvenir aux couronnes qui nous sont réservées ?
L’enfantement spirituel des âmes est leur privilège : eux seuls les font naître à la vie de la grâce par le baptême ; par eux nous sommes ensevelis avec le Fils de Dieu, par eux nous devenons les membres de ce Chef divin.
3- Fonction de gouvernement
Le prêtre est le pasteur du troupeau et le médiateur entre Dieu et les hommes
Il supplée aussi par sa sainteté à l’imperfection de ces actes religieux posés par les fidèles, puisqu’il est spécialement consacré au Seigneur pour les lui offrir comme l’expression de l’âme du peuple tout entier.
C’est une grande et noble mission que seul le prêtre peut accomplir, une grosse responsabilité qu’aucune des deux autres vocations ne peut accomplir si ce n’est le prêtre seul.
C- MISSION DANS LA VIE CONSACREE
Il y a dans la vie, des hommes et des femmes qui dociles à l'appel du Père et à la motion de l'Esprit, choisissent la voie d'une sequela Christi particulière, pour se donner au Seigneur avec un cœur « sans partage » (cf. 1 Co 7, 34). A l’image des apôtres, ils quittent tout pour suivre le Seigneur, et se mettre, comme lui, au service de Dieu et de leurs frères. Les Consacrés, après avoir quitté la vie selon le monde, cherchent Dieu et se donnent à lui, « sans rien préférer à l'amour du Christ ».
La Vie consacrée, profondément enracinée dans l'exemple et dans l'enseignement du Christ Seigneur, est un don de Dieu le Père à son Église par l'Esprit. Grâce à la profession des conseils évangéliques, les traits caractéristiques de Jésus — chaste, pauvre et obéissant — deviennent « visibles » au milieu du monde de manière exemplaire et permanente et le regard des fidèles est appelé à revenir vers le mystère du Royaume de Dieu, qui agit déjà dans l'histoire, mais qui attend de prendre sa pleine dimension dans les cieux. (Vita Consecrata 1)
Nous sommes tous conscients de la richesse que constitue pour la communauté ecclésiale le don de la vie consacrée avec la variété de ses charismes et de ses institutions. (Vita Consecrata 2)
La vie terrestre se manifeste, pour beaucoup d’entre nous, comme l’expression et le jaillissement des instincts : instinct de propriété, instinct sexuel, instinct de l’affirmation de soi dans une volonté de puissance. Dans un tel contexte, la vie consacrée rappelle à l’Eglise et au monde la primauté de l’Evangile et offre une alternative à la culture dominante.
La vie consacrée est un signe prophétique pour notre temps. Par la radicalité de leur engagement, les offrent totalement leur vie au Seigneur en vivant les conseils évangéliques d’une manière radicale à la manière du Christ pauvre, chaste ey obéissant.
La valeur particulière de la vie consacrée
32. Dans l'Église, en ce qui concerne sa mission de manifester la sainteté, il faut reconnaître que la vie consacrée se situe objectivement à un niveau d'excellence, car elle reflète la manière même dont le Christ a vécu. ….
Une existence « transfigurée » : l'appel à la sainteté
Leur rôle : Promouvoir la sainteté afin d’aider et soutenir en tout chrétien la recherche de la perfection. VC 39
C’est le socle de la vie de prière de l’Eglise et un défis pour les 3 dominations sataniques de ce monde : mamon (vœu de pauvreté, asmodée =démon de la luxure par le vœu de chasteté ; démon du pouvoir par le vœu d’obeissance)
D- LA MISSION DES LAÏCS
1- Mission de l’Église elle-même
« Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19)
« De sa nature, l’Eglise, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu’elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père ». (AG, 2)
La mission n’est donc pas pour l’Église une activité parmi d’autres. La mission constitue l’Église dans sa double relation à Celui qui l’envoie et à tous les hommes à qui l’Évangile est destiné.
Pour mener à bien cette tâche, l’Église a le devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Évangile, de telle sorte qu’elle puisse répondre, d’une manière adaptée à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques. Il importe donc de connaître et de comprendre ce monde dans lequel nous vivons, ses attentes, ses aspirations, son caractère souvent dramatique. (GS 1)
2- La place des Laïcs dans l’Eglise
Leur lieu de mission : le monde
Le concile Vatican II a été un moment clé dans la promotion et la compréhension du rôle des laïcs : appelés à la sainteté comme tout baptisé, ils coopèrent à la mission de l’Église dans le monde.
Depuis le concile Vatican II, l’engagement des laïcs est croissant au sein même de l’Église. Nous ne pouvons que nous en réjouir. Pour autant, il ne faut pas oublier deux choses : d’abord que le « laïcat » ne se limite pas à ceux qui s’engagent dans les institutions ecclésiales ; ensuite et surtout que le lieu premier de l’apostolat des laïcs est le monde : « C’est là qu’ils sont appelés » (Lumen gentium [= LG] n° 31).
Être l’Église dans le monde.
"L’heure des laïcs a sonné", disait le saint pape Jean Paul II. À la suite du Christ, le laïc est un missionnaire sur tous les lieux de rencontre avec son prochain et avec la société. C'est finalement la situation même du monde qui dessine comme en creux la vocation et la mission du laïc.
Tous les fidèles doivent, chacun selon sa condition propre, s’efforcer de mener une vie sainte et de promouvoir la croissance et la sanctification continuelle de l’Église. La mission du laïc chrétien : être l’Église dans le monde.
Leur vocation :
Ordonner à Dieu les choses temporelles
La vocation des laïcs est de « chercher le règne de Dieu à travers la gérance des choses temporelles qu’ils ordonnent selon Dieu » (Christidfideles laïci, 9).
La vocation propre des laïcs consiste à chercher le règne de Dieu précisément à travers la gérance des choses temporelles qu’ils ordonnent selon Dieu. Ils vivent au milieu du siècle, c’est-à-dire engagés dans tous les divers devoirs et travaux du monde, dans les conditions ordinaires de la vie familiale et sociale dont leur existence est comme tissée. À cette place, ils sont appelés par Dieu pour travailler comme du dedans à la sanctification du monde, à la façon d’un ferment, en exerçant leurs propres charges sous la conduite de l’esprit évangélique, et pour manifester le Christ aux autres avant tout par le témoignage de leur vie, rayonnant de foi, d’espérance et de charité. C’est à eux qu’il revient, d’une manière particulière, d’éclairer et d’orienter toutes les réalités temporelles auxquelles ils sont étroitement unis, de telle sorte qu’elles se fassent et prospèrent constamment selon le Christ et soient à la louange du Créateur et Rédempteur'. (LG 31)
La ligne la plus avancée de la vie de l’Église
Déjà Pie XII affirmait : “Les fidèles, et plus précisément les laïcs, se trouvent sur la ligne la plus avancée de la vie de l’Église ; par eux, l’Église est le principe vital de la société humaine. C’est pourquoi eux surtout doivent avoir une conscience toujours plus claire, non seulement d’appartenir à l’Église, mais d’être l’Église ; c’est-à-dire la communauté des fidèles sur la terre, sous la conduite du chef commun, le pape, et des évêques en communion avec lui. Ils sont l’Église”.
Comment les laïcs peuvent participer a la construction de l’église ?
1- En prenant réellement conscience de leur vocation et en s’y engageant véritablement
Les défis de l’Eglise du 21ème siècle à l’aune de cette société en constante évolution sont énormes. Ils appellent une réponse de la part des fidèles laïcs, appelés à transformer les réalités temporelles de l’Eglise et de la société.
Encourager un laïcat authentique et mature
L’Église n’est pas fondée vraiment, elle ne vit pas pleinement, elle n’est pas le signe parfait du Christ parmi les hommes si un laïcat authentique n’existe pas et ne travaille pas avec la hiérarchie. L’Évangile ne peut s’enraciner profondément dans les esprits, la vie, et le travail d’un peuple, sans la présence active des laïcs. Par conséquent, faut-il dès la fondation d’une Église, apporter une très grande attention à constituer un laïcat chrétien qui atteigne sa maturité. (AG 21).
C'est aux chrétiens que Dieu a confié la gestion de ce monde. « Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin pour le cultiver et le garder » Gn 2, 15.
Qui ose prendre l’initiative, s’implique, accompagne, porte du fruit et fête
(Pape François) Evangelii Gaudium
‘…nous sommes tous appelés à cette nouvelle “sortie” missionnaire. Tout chrétien et toute communauté discernera quel est le chemin que le Seigneur demande, mais nous sommes tous invités à accepter cet appel : sortir de son propre confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Évangile’. (EG 20)
Qui impacte
Pour impacter dans un monde qui bouge, il faut parvenir à un retournement mental (une metanoia, ou conversion) à savoir, ne plus faire partie de ceux qui suivent de manière aveugle et incertaine le mouvement de l’avenir, mais plutôt faire partie de ceux qui crée l’avenir du monde qui vient. Les chrétiens pensent et prient, or les autres pensent et agissent. Nous ne pouvons pas nous contenter de regarder le monde se faire, nous devons, nous aussi, nous engager à faire le monde, ceci au risque de subir le monde tel qu’il se fait sans nous.
II-LES DIFFICULTES RENCONTREES
A- LA PERTE DE LA VISION PREMIERE
Apoc 2, 14-15
1-Dans la vie cléricale
1-1 Le cléricalisme
Discours du Saint-Père aux participants du Congrès pour les présidents et référents des Commissions épiscopales pour le laïcat
18 février 2023
“Pasteurs et fidèles laïcs appelés à marcher ensemble”
Il s’agit de récupérer une “ecclésiologie intégrale”, comme elle l’était dans les premiers siècles, dans laquelle tout est unifié par l’appartenance au Christ et par la communion surnaturelle avec Lui et avec les frères, dépassant une vision sociologique qui distingue des classes et des rangs sociaux et qui repose au fond sur le “pouvoir” assigné à chaque catégorie. L’accent doit être mis sur l’unité et non sur la séparation, sur la distinction.
Dans cet unique Peuple de Dieu, qui est l’Église, l’élément fondamental est l’appartenance au Christ. .
Notre appartenance commune au Christ nous rend tous frères.
Cet horizon nous donne la juste clé de lecture pour le thème de la coresponsabilité des laïcs dans l’Église. En effet, l’exigence de valoriser les laïcs ne dépend pas de quelque nouveauté théologique, ni même d’exigences fonctionnelles à cause de la diminution des prêtres ; elle ne naît pas non plus de revendications catégorielles, pour accorder une “revanche” à ceux qui ont été mis de côté dans le passé. Elle repose plutôt sur une vision correcte de l’Église : l’Église comme Peuple de Dieu, dont les laïcs font partie à part entière avec les ministres ordonnés. Les ministres ordonnés ne sont donc pas les maîtres, ils sont les serviteurs : les pasteurs, pas les maîtres.
L’Assemblée reconnait également que le cléricalisme, présent dans l’Église à plusieurs niveaux, est un obstacle au ministère et à la mission. Il vient d’une mauvaise compréhension de l’appel de Dieu, qui conduit à le concevoir davantage comme un privilège et non pas comme un service, et il se manifeste par un style de pouvoir mondain qui refuse de rendre comptes.
Des « conversions synodales » doivent donc s’opérer pour une vitalité missionnaire de l’Église et cette démarche peut engendrer des ruptures parfois douloureuses. La question de la formation des ministres ordonnés, dans l’esprit du synode, se pose donc.
On observe également une cléricalisation au niveau des laics occupant des postes de responsabilité dans l’Eglise. La gestion de la responsabilité nest pas toujours correctement menée.
PRESBYTERORUM ORDINIS
CHAPITRE II :
Le ministère des prêtres
. Vie des prêtres avec les laïcs
À la tête de la communauté, les prêtres ont à reconnaître sincèrement et à promouvoir la dignité des laïcs et leur rôle propre dans la mission de l’Église. Ils doivent respecter loyalement la juste liberté à laquelle tous ont droit dans la cité terrestre. Ils doivent écouter volontiers les laïcs, tenir compte fraternellement de leurs désirs, reconnaître leur expérience et leur compétence dans les différents domaines de l’activité humaine, pour pouvoir avec eux discerner les signes des temps. Éprouvant les esprits pour savoir s’ils sont de Dieu [77] ils découvriront et discerneront dans la foi les charismes des laïcs sous toutes leurs formes, des plus modestes aux plus éminents, ils les reconnaîtront avec joie et les développeront avec ardeur.
1-2 Le risque de division
Non à la guerre entre nous
différent ou spécial. (EG 98)
2-Dans la vie consacrée
Les dangers qui menacent la vie consacrée incluent les abus spirituels et sexuels, les phénomènes d'emprise, ainsi que les dérives et les comportements inacceptables au sein des communautés religieuses. Des défis internes peuvent également se manifester, comme des phénomènes de "ragots, méchanceté et jérémiades" qui gangrènent la vie communautaire et affaiblissent la vie fraternelle. Enfin, l'« euthanasie spirituelle », un état d'affaiblissement de la foi, représente un danger pour les religieux qui luttent pour rester fermes dans leur vocation.
Se sentir supérieurs aux laïcs
3-Dans la vie laicale
3-1 Leur pleine intégration
3-1 Le manque d’implication
Se contenter juste de vivre sa vie
Dans notre diocèse, on assiste à christianisme marqué par une effervescence religieuse, mais qui semble avoir très peu d’impact sur la transformation réelle de nos sociétés. Malgré la multiplicité des mouvements et associations et le déploiement de la pastorale en termes de campagnes d’évangélisation organisées notamment par les communautés nouvelles, du nombre de groupes constitués sur les paroisses, les phénomènes tels que la corruption, l’entrée massive des cadres dans les sectes ésotériques, les crimes rituels, la prostitution, la violence, la consommation croissante de drogue notamment chez les jeunes, etc., gagnent de plus en plus d’ampleur.
Dans cet environnement, les fidèles laïcs ne peuvent plus, dans le cadre de la pastorale et de l'évangélisation, se contenter d'un évangile de la « bénédiction ». Démarche régulièrement proposée dans laquelle Dieu serait un pourvoyeur de services, qui n'intervient que pour répondre aux besoins immédiats de ses enfants en termes de mariage, d'enfantement, de voyage, de protection contre les sorciers, de bénédictions financières et matérielles, etc. Aussi légitime que soient ces besoins, c'est aux chrétiens que Dieu a confié la gestion de ce monde. « Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin pour le cultiver et le garder » Gn 2, 15.
B- L’ESPRIT D’APPARTENANCE
L'esprit d'appartenance a des forces positives. Cependant, il a aussi des forces négatives comme le conformisme, le rejet des outsiders (personnes étrangères au groupe, marginalisées), l'isolement des individus qui ne s'y conforment pas, et le fait de renoncer à son propre jugement au profit de l'opinion du groupe.
III- LES PISTES DE SOLUTIONS
A- VIVRE UNE CONVERSION PLUS PROFONDE
Connaître les voies de la vie intérieure, nous inscrire dans une démarche d’ascèse et de mortification, permettre à l’Esprit de Dieu de faire mourir en nous le vieil homme et ses agissements, intégrer la croix comme élément primordial de notre marche à la suite du Christ, accueillir l’altérité avec ses imprévus et inattendues comme chemin possible de sanctification, offrir au Seigneur nos désir et nos fragilités, renouveler nos forces dans une vie de prière constante, laissez Dieu être Dieu en nous.
B- REVENIR A L’URGENCE DES TEMPS
1- Le visage du monde aujourd’hui
Depuis le siècle dernier jusqu’à nos jours, nos sociétés sont marquées par de grands changements favorisés par la montée fulgurante des moyens de communication sociale, dans un contexte de mondialisation et de globalisation, avec en ligne de mire, le village planétaire.
Au niveau culturel, la vie est marquée par :
- Une révolution informatique et numérique, qui a entrainé une communication et une information plus rapide (instantanée) et de masse (Internet et réseaux sociaux). Cette évolution transforme l’ancien monde cloisonné, en un monde globalisé et continentalisé.
- La séparation de l’ordre divin et de l’ordre temporel, traduit par le concept de la laïcité, entrainant une déchristianisation progressive de la société, en particulier de l’Europe.
- Une exacerbation de la pleine jouissance de la liberté individuelle avec en toile de fond, la négation de Dieu. Chacun a le droit de faire de sa vie ce qu’il souhaite qu’elle soit. Il est interdit, d’interdire.
- La désacralisation de la vie (trafic d’organes humains, crimes rituels, avortements ; etc .) (Yop siporex)
- Une uniformisation des loisirs, du mode de consommation. C’est la naissance d’une culture mondialisée, qui devient commune à l’ensemble des peuples de la planète.
- Une standardisation de la société avec des codes parfois subtilement imposés à tous les peuples. Ceux qui s’y refusent deviennent des ennemis de l’humanité. Et le conseil de sécurité de l’ONU veille à l’application des sanctions par des embargos par exemple. Au niveau politique, comme économique, nul ne peut échapper au système. Des idéologies sont imposées à nos nations et ceux qui s’y opposent ne reçoivent plus d’aide extérieure.
- Un formatage de l’esprit de l’homme à la grande consommation, créant ainsi en lui une addiction, une dépendance esclavagisante.
- L’existence aujourd’hui, d’une science sans conscience qui se traduit par la manipulation génétique des cellules souches. Des scientifiques sont prêts à fabriquer des Hommes.
Ces attitudes, pour la plupart, longtemps observées essentiellement dans les pays développés, s’étendent également ces dernières années aux pays en voie de développement, du fait des phénomènes de la mondialisation et de la globalisation. En effet, l’émergence de nouveaux moyens de communication sociale, de plus en plus perfectionnés, tels ceux de l'internet, favorisent la connaissance des événements et la diffusion extrêmement rapide et universelle des idées et des modes de pensées, modifiant ainsi les comportements de peuples entiers et suscitant de nombreuses réactions en chaîne. Le monde tend à s'uniformiser, annihilant les différences culturelles.
On constate donc que Dieu est mis en marge de la société et au nom de sa liberté, l’être humain veut être son propre guide et jouir pleinement de sa liberté. Cependant, l’annonce de l’Évangile doit se poursuivre en traversant les siècles, les peuples et les cultures.
2- Mettre les laïcs en mission
Les vocations particulières doivent être plus pleinement vécues et devenir perceptibles par tous. Au-delà des signes extérieurs de piété, c’est un message profond conduisant au visage du Christ, que les hommes et les femmes de notre temps, aussi bien dans l’Église qu’à l’extérieur, ont besoin d’entendre car la vie parle plus fort que les mots.
C- TROUVER SON EQUILIBRE INTERIEUR - ACQUERIR UNE MATURITE HUMAINE
Pour mener à bien cette mission du Christ confiée à son Eglise, à tous les Baptisés chacun selon sa voation et charisme propre, les fidèles du Christ doivent faire preuve d’une maturité humaine.
Je voudrais m’appuyer ici sur un document de l’Eglise : la Ratio Fundamentalis Sacerdotis. Bien qu’il soit en direction des prêtres et des cpnsacrés, son contenu m’a paru tellement important que j’ai trouvé qu’il pourrait être appliqué à l’ensemble des membres du corps mystique du Christ.
De façon synthétique, ce document révèle que la maturité humaine et affective est une base indispensable, la condition sine qua non pour pouvoir accéder à une vie de consécration spéciale et au sacerdoce.
Certains points peuvent-être dégagés de ce document :
1-1 Se connaître soi-même
La première indication donnée par la Ratio fundamentalis en ce qui concerne la formation humaine est que celle-ci « vise à éduquer la personne à la vérité de son être, à la liberté et à la maîtrise de soi
Le premier voyage à accomplir est d’aller vers soi-même. Il faut y être très attentif, parce qu’il n’est pas rare que, même sans le vouloir, la vie spirituelle et le choix de la vocation représentent une espèce d’échappatoire à sa propre vie et à la réalité. En effet, par peur de se confronter avec la vérité sur soi-même ou avec quelque situation personnelle, familiale ou sociale, on peut adopter une sorte de « plan B » : on choisit un contenant externe qui semble formellement irréprochable – vocation sacerdotale, consécration spéciale – pour cacher ou fuir ce qu’on ne souhaite pas affronter véritablement. En substance, on met un masque capable de couvrir ce que l’on vit à l’intérieur et de faire échapper à la réalité.
Au contraire, la première tâche de la formation humaine est d’aider la personne à se connaître elle-même, en un parcours intérieur qui implique les autres dimensions de la formation, qui se serve si nécessaire de l’aide de la psychologie, et qui implique surtout une synergie constante et sereine entre celui qui est formé et le formateur.
Le but est d’atteindre une réelle conscience de soi, sans laquelle le risque est que la personne développe son propre moi et sa vocation à travers une image faussée d’elle-même : la vaine gloire et le narcissisme d’une part ou la dévalorisation de soi et la fermeture de l’autre sont les indices d’une connaissance de soi non réelle et peuvent avoir de graves retombées relationnelles et pastorales.
Qui désire être consacré ou prêtre doit connaître sa propre valeur, accueillir ses fragilités, apprendre à nommer ses émotions et sentiments, à reconnaître ses besoins et ses passions et surtout, à parvenir à un regard réconcilié avec son histoire, qui compte des richesses et des blessures.
Nous devons porter un soin spécial à ce travail de maturation intérieure, en particulier dans les maisons de formation, pour atteindre une solide construction de l’identité personnelle, de façon à ce que notre humanité devienne perméable à l’action de Dieu et transparente auprès des personnes.
Il est fondamental, surtout dans le temps de la formation, d’accomplir ce parcours de maturation avec une profonde honnêteté et lucidité, en apprenant à être disponible à se laisser conduire et modeler.
Un prêtre en paix saura diffuser la sérénité autour de lui, même dans les moments difficiles, il saura transmettre la beauté d’être en relation avec le Seigneur. Il est en revanche anormal qu’un prêtre soit souvent triste, nerveux, ou dur de caractère ; ce n’est pas bien et ça ne fait de bien ni au prêtre ni à son peuple.
1-2 Développer les vertus humaines
Quand on est capable d’être pleinement soi-même, on devient intérieurement libre et on développe une personnalité stable, qui peut faire fleurir les vertus humaines.
La nouvelle Ratio en énumère quelques-unes, telles que « l’humilité, le courage, le sens pratique, la magnanimité de cœur, la droiture du jugement et le discernement, la tolérance et la transparence, l’amour de la vérité et l’honnêteté » (RF, 93).
Ces dispositions et attitudes deviennent lentement des traits distinctifs de la personnalité et, progressivement, s’intègrent à la vie spirituelle, engendrant une unité de pensée et d’action et favorisant la capacité de relation avec les autres.
Plus précisément, la Ratio affirme que le soin de la dimension humaine, surtout au moment de la formation, se concrétisera dans l’application à discipliner son caractère, à grandir dans la force d’âme et à apprendre la loyauté, le respect de la justice, la fidélité à la parole donnée, la discrétion (cf. RF, 63).
Ces vertus humaines requièrent un certain degré de liberté intérieure qui fait également partie de la maturité humaine. En outre, elles aident la personne à devenir adulte, c’est-à-dire capable d’assumer librement les responsabilités auxquelles la vie ou le ministère l’appelle, de développer une bonne capacité critique, de juger les événements de façon objective, d’avoir l’esprit d’initiative et le zèle pour ce qui lui a été confié ainsi que, non moins important, de savoir poser des choix conformes à sa vocation.
1-3 Être capables de relations affectives saines
Se connaître soi-même, être intérieurement libres pour développer les vertus humaines et atteindre cette maturité psychoaffective qui fait de nous des personnes capables de relations d’amour authentiques et gratuites, voilà les trois piliers de la dimension humaine de la formation.
Celui qui renonce à son humanité renonce à tout [...].
SERVITIUM CARITATIS
LA VIE CONSACRÉE,
MANIFESTATION DE L'AMOUR DE DIEU
DANS LE MONDE
Consacrés pour la mission
72.
La mission, en effet, avant de se caractériser par les œuvres extérieures, consiste à rendre présent au monde le Christ lui-même par le témoignage personnel. Voilà le défi, voilà le but premier de la vie consacrée ! Plus on se laisse configurer au Christ, plus on le rend présent et agissant dans le monde pour le salut des hommes.
On peut dire alors que la personne consacrée est « en mission », en vertu de sa consécration même.
Au service de Dieu et de l'homme
Contribution spécifique de la vie consacrée à l'évangélisation
76.
Fidélité jusqu'au martyre
Les grands défis de la vie consacrée
87. La mission prophétique de la vie consacrée répond à trois défis principaux adressés à l'Église elle-même : ce sont des défis de toujours qui, sous une forme nouvelle et peut-être plus radicale, sont lancés par la société contemporaine, au moins dans certaines parties du monde. Ils concernent directement les conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, et incitent l'Église, en particulier les personnes consacrées, à faire apparaître leur profonde signification anthropologique et à en témoigner.
Conclusion
Ce que cela signifie en pratique :
Une transformation du quotidien : La synodalité doit devenir la façon normale de vivre et de travailler de l'Église, et non un événement ponctuel.
L'implication de tous : Elle vise à ce que tout le Peuple de Dieu participe activement à la mission de l'Église, en étant tous co-responsables les uns des autres.
L'écoute de l'Esprit Saint : Ce processus implique d'être à l'écoute de l'Esprit Saint et de la Parole de Dieu pour mieux comprendre la mission de l'Église.
Une meilleure collaboration : La synodalité favorise la collaboration et la co-responsabilité entre les différents membres et ministres de l'Église.
Un cheminement continu : La synodalité est un cheminement, un parcours de renouveau qui intègre le travail réalisé sur le long terme et les différentes phases du processus synodal.
En bref, le synode doit être plus qu'un document ; il est un chemin de vie, une invitation à l'action concrète pour faire progresser l'Église dans la communion, la participation et la mission.
Quel est le but de ce synode ?
- Faire germer des rêves,
- Susciter des prophéties et des visions,
- Faire fleurir des espérances,
- Stimuler la confiance,
- Bander les blessures,
- Tisser des relations,
- Ressusciter une aube d’espérance,
- Apprendre l’un de l’autre,
- Créer un imaginaire positif qui illumine les esprits, réchauffe les cœurs, redonne des forces aux mains ».
Quels sont les objectifs de ce synode ?
- Faire mémoire de la façon dont l’Esprit a guidé le cheminement de l’Eglise dans l’histoire, pour que nous soyons des témoins de l’amour de Dieu ;
- Vivre un processus ecclésial impliquant la participation et l’inclusion de tous, qui offre à chacun – en particulier à ceux qui pour diverses raisons se trouvent marginalisés – l’opportunité́ de s’exprimer et d’être écoutés pour contribuer à l’édification du Peuple de Dieu ;
- Reconnaître et apprécier la richesse et la diversité des charismes que l’Esprit dispense librement pour le bien de la communauté et de la famille humaine entière ;
- Expérimenter des modes d’exercice de la responsabilité partagée au service de l’Evangile et de et de l’engagement à construire un monde plus beau et plus habitable ;
- Examiner la façon dont la responsabilité et le pouvoir sont vécus dans l’Eglise, ainsi que les structures par lesquels ils sont gérés, pour corriger les préjugés et les pratiques déviantes qui ne sont pas enracinés dans l’Evangile ;
- Reconnaître la communauté comme sujet crédible et comme partenaire fiable sur le chemin du dialogue social, de la guérison, de la réconciliation, de l’inclusion et de la participation, de la reconstruction, de la démocratie, de la promotion de la fraternité et de l’amitié sociale ;
- Renouveler et affermir les relations entre les membres des communautés chrétiennes, entre les communautés et les autres groupes sociaux, par exemple des communautés de croyants d’autres confessions et religions, des organisations de la société́ civile, des mouvements populaires, etc.
- Comprendre sa vocation propre et celle des autres
- Avoir fait une rencontre profonde avec Dieu où ma vocation ne devient pas un lieu de conflit à l’altérité
- Trouver un équilibre intérieur
- Rester fixé sur l’essentiel qui est le Royaume des cieux
- Témoigner véritablement ou un peu plus profondément de son appel de manière plus tranchée
- Face aux défis actuels du monde, avancer en rang serré et être gardien les uns des autres
- Encourager et féliciter pour les efforts consentis
- Offrir nos faiblesses au Seigneur
- L'ennemi est au dehors : le royaume du diable est divisé mais ils savent s’asseoir autour d’ine table pour penser au projets de destruction de l’humanité et d’affaiblessement, voire l’anéantissement de la foi.
Dieu nous fait confiance malgré nos pauvretés en nous appelant à sa suite. Sur ce chemin, chaque vocation est belle, noble et utile pour faire advenir et grandir le royaume.
Luc 9, 45-48
46 Une discussion survint entre les disciples pour savoir qui, parmi eux, était le plus grand.
47 Mais Jésus, sachant quelle discussion occupait leur cœur, prit un enfant, le plaça à côté de lui
48 et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. En effet, le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
Marc 10, 41-45
41 Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
42 Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
43 Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur.
44 Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous :
45 car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »
Nous navons pas besoin de détruite l’Eglise de l’intérieur. De grands et grps défis pastoraux nous attendent. Il reste entendu qu’aucune organisation ne peut correctement fonctionner et éviter le désordre si elle ne se structure pas. L’Eglise se soumet au Christ et le Christ à son Père. Nous sommes tous appelés, chacun à son niveau et selon sa vocation, d’obéir à la hiérarchie.
Prions les uns pour les autres et demandons à Dieu la grâce de son Esprit pour la suite de notre marche commune car lui seul est capable d’établir la communion entre nous.
Ô Seigneur, envoie ton Esprit, qu’Il renouvelle la face de la terre .
Introduction
Depuis 2021, le pape François a convoqué un Synode des Evêques sur la Synodalité, afin d’inviter l’église entière à faire son aggiornamento, à réfléchir sur sa marche, sa vie, son fonctionnement et son organisation, ceci par une écoute attentive de tous ses fils et filles, afin de discerner ce que l’Esprit dit à l’Eglise aujourd’hui.
Dans ce contexte, la synodalité se réfère à l’implication et à la participation de tout le peuple de Dieu dans la vie et la mission de l’Église.
Le thème du synode était le suivant : "Pour une Eglise synodale : communion, participation, mission".
Au terme de tout ce processus, des éléments forts apparaissent :
- « Le chemin de la synodalité́ est précisément celui que Dieu attend de l’Église du troisième millénaire ».Pape François
- Les textes finaux de cette 16ème assemblée plénière du Synode des Evêques sur la Synodalité affirment que "le synode ne doit pas rester seulement un document mais une dynamique dans l'Église", c'est-à-dire le cheminement du peuple de Dieu, et doit transformer la manière dont l'Église vit et agit au quotidien. Il s'agit d'une invitation à une participation active et à une écoute mutuelle pour avancer ensemble dans la mission de l'Église, toutes vocations comprises .
C’est dans l’optique de demeurer dans cette dynamique synodale et pleinement la vivre que notre évêque a introduit le concept de la communion comme premier élément de réflexion et de méditation à l’ouverture de cette session de notre rentrée pastorale diocésaine. Il faut cependant noter qu’à certains endroits et moments, peuvent apparaitre des difficultés dans la collaboration entre les fidèles du Christ, situations qui nuisent à la communion dans l‘Eglise
Dans notre cas, nous avons, de façon optionnelle dans cet exposé, fait le postulat que les difficultés de collaboration, quand elles existent, sont dues à la méconnaissance mutuelle et au l’insuffisance d’un vécu profond des vocations
Nous voulons donc dans un premier temps, aller brièvement à la découverte de chaque vocation, énoncer dans un deuxième temps les déviations possibles et dans un troisième temps, proposer des pistes de solutions.
I- LA GRACE DE CHAQUE VOCATION
A- LA VOCATION DE L’HOMME ET DE TOUT HOMME
3- Connaître et aimer Dieu
Le chapitre I du Prologue du catéchisme de l’Église catholique s’intitule comme suit : I. La vie de l’homme – connaître et aimer Dieu. (Cf. Luc 10, 25-28 / Jean 17, 3)
4- Participer à la vie divine
L’article 1 du chapitre 1 du prologue du catéchisme de l’Eglise catholique … : « Dieu, a librement créé l’homme pour le faire participer à sa vie bienheureuse.»
Il est le Dieu de qui nous procédons, par qui nous vivons, vers qui nous tendons (LG 2)
Un moine a dit : « Si notre vie sur terre n’anticipe pas notre éternité bienheureuse, alors notre vie est un mensonge, une fable et une illusion. Nous ne vivons vraiment que dans la mesure où nous l’anticipons ».
E- MISSION DU PRÊTRE
Le prêtre, qui est au service de l'évêque et de la communauté, participe au ministère de l'évêque à travers les trois fonctions suivantes : enseigner, sanctifier et gouverner
4- Fonction d'enseignement (Annoncer la Parole)
5- Fonction de sanctification (Administrer les sacrements) :
La célébration des sacrements est au cœur de la mission du prêtre.
« Les sacrements - centre de la vie chrétienne - sont les moyens par lesquels Dieu communique sa grâce, se rend présent parmi nous et agit en notre vie. » (Pape François, Audience Générale du 8 janvier 2014).
Le prêtre rend ainsi le Christ présent dans l'Eucharistie et pardonne les péchés, participant ainsi à la vie spirituelle des fidèles.
2-1- Dans le sacrement du baptême
« Le sacrement du baptême confère la première grâce sanctifiante, qui efface le péché originel et aussi le péché actuel, s’il existe ; il remet toute la peine due pour ces péchés, imprime le caractère de chrétien ; il nous fait enfants de Dieu, membres de l’Église et héritiers du paradis, et il nous rend capables de recevoir les autres sacrements » (Catéchisme de saint Pie X).
La grâce sanctifiante, germe de la vie divine, est la vie éternelle commencée. Cette grâce, avec les vertus infuses et les sept dons du Saint-Esprit, constituent notre organisme spirituel appelé à grandir pour atteindre la stature parfaire du Christ. Nous pourrons ainsi, dans l’éternité bienheureuse, participer à la vie intime de Dieu, voir et connaitre Dieu tel qu’il se connaît lui-même et que nous sommes connus de Lui, l‘aimer de tout notre être et revêtir l’immortalité dans l’unique instant de l’immobile éternité.
2-2 Le Saint sacrifice de la messe = sacrement de l’Eucharistie
L’oeuvre de la croix se prolonge dans le sacrifice eucharistique, il y eut sur la Croix une immolation sanglante, il y a à la Messe une immolation sacramentelle
Jesus continue à chaque celebration eucharistique, en tant que pretre par excellence, à s’offrir à Dieu en oblation, sous forme d’adoration reparatrice et de supplication, par amour pour nous.
La participation pleine à l’eucharistie, nous rend immortels
Saint Thomas d'Aquin : "L'effet propre de l'eucharistie est la transformation de l'homme en Dieu". L’eucharistie entraîne chez le chrétien une mystérieuse transformation :celle de nous conférer l'immortalité bienheureuse.
Le sacrement du Baptême nous apporte le salut par une nouvelle naissance dans l'Esprit du Christ, par le sacrement de l’eucharistie nous devenons en vérité ce que nous avons reçu, une nourriture qui nous transforme en celui qui vient en nous sous des apparences sensibles.
Ce sont les prêtres de Jésus-Christ qui permettent cet étonnant passage : rendre Dieu présent en nos vies d'hommes et nous préparer à cette Rencontre ou le surnaturel vient dans le naturel, ou Dieu vient dans le quotidien, de façon si simple que toute la Création en reste silencieuse. Fr. Réginald Garrigou-Lagrange, O.P.
Saint Jean Chrysostome dans le Traité du Sacerdoce, dit ceci : « Nul ne peut entrer dans le royaume de Dieu, s’il ne renaît de l’eau et de l’Esprit-Saint (Jean III, 5); qui ne mange pas la chair du Seigneur et ne boit pas son sang, est exclu de la vie éternelle. (Jean VI, 54.) Si donc ces bienfaits ne peuvent être conférés que par des mains sanctifiées, conséquemment par celles des prêtres, quel moyen y aurait-il, sans leur ministère, d’éviter le feu de l’enfer, ou de parvenir aux couronnes qui nous sont réservées ?
L’enfantement spirituel des âmes est leur privilège : eux seuls les font naître à la vie de la grâce par le baptême ; par eux nous sommes ensevelis avec le Fils de Dieu, par eux nous devenons les membres de ce Chef divin.
6- Fonction de gouvernement
Le prêtre est le pasteur du troupeau et le médiateur entre Dieu et les hommes
Il supplée aussi par sa sainteté à l’imperfection de ces actes religieux posés par les fidèles, puisqu’il est spécialement consacré au Seigneur pour les lui offrir comme l’expression de l’âme du peuple tout entier.
C’est une grande et noble mission que seul le prêtre peut accomplir, une grosse responsabilité qu’aucune des deux autres vocations ne peut accomplir si ce n’est le prêtre seul.
F- MISSION DANS LA VIE CONSACREE
Il y a dans la vie, des hommes et des femmes qui dociles à l'appel du Père et à la motion de l'Esprit, choisissent la voie d'une sequela Christi particulière, pour se donner au Seigneur avec un cœur « sans partage » (cf. 1 Co 7, 34). A l’image des apôtres, ils quittent tout pour suivre le Seigneur, et se mettre, comme lui, au service de Dieu et de leurs frères. Les Consacrés, après avoir quitté la vie selon le monde, cherchent Dieu et se donnent à lui, « sans rien préférer à l'amour du Christ ».
La Vie consacrée, profondément enracinée dans l'exemple et dans l'enseignement du Christ Seigneur, est un don de Dieu le Père à son Église par l'Esprit. Grâce à la profession des conseils évangéliques, les traits caractéristiques de Jésus — chaste, pauvre et obéissant — deviennent « visibles » au milieu du monde de manière exemplaire et permanente et le regard des fidèles est appelé à revenir vers le mystère du Royaume de Dieu, qui agit déjà dans l'histoire, mais qui attend de prendre sa pleine dimension dans les cieux. (Vita Consecrata 1)
Nous sommes tous conscients de la richesse que constitue pour la communauté ecclésiale le don de la vie consacrée avec la variété de ses charismes et de ses institutions. (Vita Consecrata 2)
La vie terrestre se manifeste, pour beaucoup d’entre nous, comme l’expression et le jaillissement des instincts : instinct de propriété, instinct sexuel, instinct de l’affirmation de soi dans une volonté de puissance. Dans un tel contexte, la vie consacrée rappelle à l’Eglise et au monde la primauté de l’Evangile et offre une alternative à la culture dominante.
La vie consacrée est un signe prophétique pour notre temps. Par la radicalité de leur engagement, ils offrent totalement leur vie au Seigneur en vivant les conseils évangéliques d’une manière radicale à la manière du Christ pauvre, chaste ey obéissant.
La valeur particulière de la vie consacrée
32. Dans l'Église, en ce qui concerne sa mission de manifester la sainteté, il faut reconnaître que la vie consacrée se situe objectivement à un niveau d'excellence, car elle reflète la manière même dont le Christ a vécu. ….
Une existence « transfigurée » : l'appel à la sainteté
Leur rôle : Promouvoir la sainteté
39. Aujourd'hui plus que jamais, il est indispensable que les personnes consacrées renouvellent leur engagement dans la sainteté pour aider et soutenir en tout chrétien la recherche de la perfection. « Il est donc nécessaire de susciter chez tous les fidèles une réelle aspiration à la sainteté, un fort désir de conversion et de renouveau personnel, dans un climat de prière toujours plus intense et de solidarité dans l'accueil du prochain, particulièrement des plus démunis ».
Les personnes consacrées, dans la mesure où elles approfondissent leur amitié avec Dieu, se disposent à aider leurs frères et sœurs grâce à de bonnes initiatives d'ordre spirituel, telles que des écoles d'oraison, des exercices et des retraites spirituels, des journées de solitude, l'écoute et la direction spirituelle. En effet, les personnes consacrées, « par leur être le plus profond, se situent dans le dynamisme de l'Église, assoiffée de l'Absolu de Dieu, appelée à la sainteté. C'est de cette sainteté qu'elles témoignent ». Le fait que tous soient appelés à devenir des saints ne peut que stimuler davantage ceux qui, en raison de leur choix de vie, ont la mission de rappeler aux autres cet appel.
G- LA MISSION DES LAÏCS
3- Mission de l’Église elle-même
« Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19)
« De sa nature, l’Eglise, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu’elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père ». (AG, 2)
La mission n’est donc pas pour l’Église une activité parmi d’autres. La mission constitue l’Église dans sa double relation à Celui qui l’envoie et à tous les hommes à qui l’Évangile est destiné.
Pour mener à bien cette tâche, l’Église a le devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Évangile, de telle sorte qu’elle puisse répondre, d’une manière adaptée à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques. Il importe donc de connaître et de comprendre ce monde dans lequel nous vivons, ses attentes, ses aspirations, son caractère souvent dramatique. (GS 1)
4- La place des Laïcs dans l’Eglise
Leur lieu de mission : le monde
Le concile Vatican II a été un moment clé dans la promotion et la compréhension du rôle des laïcs : appelés à la sainteté comme tout baptisé, ils coopèrent à la mission de l’Église dans le monde.
Depuis le concile Vatican II, l’engagement est croissant des laïcs au sein même de l’Église. Nous en sommes tous témoins : les conseils paroissiaux et les équipes d’animation pastorale se sont démultipliés ; quant à la chorale, la liturgie, le catéchisme, les finances, les œuvres caritatives et même la participation à la préparation aux baptêmes et aux mariages, sont parfois du ressort de laïcs. Nous ne pouvons que nous en réjouir. Pour autant, il ne faut pas oublier deux choses : d’abord que le « laïcat » ne se limite pas à ceux qui s’engagent dans les institutions ecclésiales ; ensuite et surtout que le lieu premier de l’apostolat des laïcs est le monde : « C’est là qu’ils sont appelés » (Lumen gentium [= LG] n° 31).
Être l’Église dans le monde.
"L’heure des laïcs a sonné", disait Jean Paul II. À la suite du Christ, le laïc est un missionnaire sur tous les lieux de rencontre avec son prochain et avec la société. C'est finalement la situation même du monde qui dessine comme en creux la vocation et la mission du laïc.
Tous les fidèles doivent, chacun selon sa condition propre, s’efforcer de mener une vie sainte et de promouvoir la croissance et la sanctification continuelle de l’Église. La mission du laïc chrétien : être l’Église dans le monde.
Leur vocation :
Ordonner à Dieu les choses temporelles
La vocation des laïcs est de « chercher le règne de Dieu à travers la gérance des choses temporelles qu’ils ordonnent selon Dieu » (Christidfideles laïci, 9).
'Le caractère séculier est le caractère propre et particulier des laïcs. En effet, les membres de l’ordre sacré bien qu’ils puissent se trouver engagés dans les choses du siècle, même en exerçant une profession séculière, restent, en raison de leur vocation particulière, principalement et expressément ordonnés au ministère sacré ; les religieux, de leur côté, en vertu de leur état, attestent d’une manière éclatante et exceptionnelle que le monde ne peut se transfigurer et être offert à Dieu en dehors de l’esprit des Béatitudes. La vocation propre des laïcs consiste à chercher le règne de Dieu précisément à travers la gérance des choses temporelles qu’ils ordonnent selon Dieu. Ils vivent au milieu du siècle, c’est-à-dire engagés dans tous les divers devoirs et travaux du monde, dans les conditions ordinaires de la vie familiale et sociale dont leur existence est comme tissée. À cette place, ils sont appelés par Dieu pour travailler comme du dedans à la sanctification du monde, à la façon d’un ferment, en exerçant leurs propres charges sous la conduite de l’esprit évangélique, et pour manifester le Christ aux autres avant tout par le témoignage de leur vie, rayonnant de foi, d’espérance et de charité. C’est à eux qu’il revient, d’une manière particulière, d’éclairer et d’orienter toutes les réalités temporelles auxquelles ils sont étroitement unis, de telle sorte qu’elles se fassent et prospèrent constamment selon le Christ et soient à la louange du Créateur et Rédempteur'. (LG 31)
La ligne la plus avancée de la vie de l’Église
Déjà Pie XII affirmait : “Les fidèles, et plus précisément les laïcs, se trouvent sur la ligne la plus avancée de la vie de l’Église ; par eux, l’Église est le principe vital de la société humaine. C’est pourquoi eux surtout doivent avoir une conscience toujours plus claire, non seulement d’appartenir à l’Église, mais d’être l’Église ; c’est-à-dire la communauté des fidèles sur la terre, sous la conduite du chef commun, le pape, et des évêques en communion avec lui. Ils sont l’Église”.
Comment les laïcs peuvent participer a la construction de l’église ?
2- En prenant réellement conscience de leur vocation et en s’y engageant véritablement
Les défis de l’Eglise du 21ème siècle à l’aune de cette société en constante évolution sont énormes. Ils appellent une réponse de la part des fidèles laïcs, appelés à transformer les réalités temporelles de l’Eglise et de la société.
Encourager un laïcat authentique et mature
L’Église n’est pas fondée vraiment, elle ne vit pas pleinement, elle n’est pas le signe parfait du Christ parmi les hommes si un laïcat authentique n’existe pas et ne travaille pas avec la hiérarchie. L’Évangile ne peut s’enraciner profondément dans les esprits, la vie, et le travail d’un peuple, sans la présence active des laïcs. Par conséquent, faut-il dès la fondation d’une Église, apporter une très grande attention à constituer un laïcat chrétien qui atteigne sa maturité. (AG 21).
C'est aux chrétiens que Dieu a confié la gestion de ce monde. « Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin pour le cultiver et le garder » Gn 2, 15.
Qui ose prendre l’initiative, s’implique, accompagne, porte du fruit et fête
(Pape François) Evangelii Gaudium
‘…nous sommes tous appelés à cette nouvelle “sortie” missionnaire. Tout chrétien et toute communauté discernera quel est le chemin que le Seigneur demande, mais nous sommes tous invités à accepter cet appel : sortir de son propre confort et avoir le courage de rejoindre toutes les périphéries qui ont besoin de la lumière de l’Évangile’. (EG 20)
Qui impacte
Pour impacter dans un monde qui bouge, il faut parvenir à un retournement mental (une metanoia, ou conversion) à savoir, ne plus faire partie de ceux qui suivent de manière aveugle et incertaine le mouvement de l’avenir, mais plutôt faire partie de ceux qui crée l’avenir du monde qui vient. Les chrétiens pensent et prient, or les autres pensent et agissent. Nous ne pouvons pas nous contenter de regarder le monde se faire, nous devons, nous aussi, nous engager à faire le monde, ceci au risque de subir le monde tel qu’il se fait sans nous.
II-LES DIFFICULTES RENCONTREES
D- LA PERTE DE LA VISION PREMIERE
Apoc 2, 14-15
04 Mais j’ai contre toi que ton premier amour, tu l’as abandonné.
05 Eh bien, rappelle-toi d’où tu es tombé, convertis-toi, reviens à tes premières actions. Sinon je vais venir à toi et je délogerai ton chandelier de sa place, si tu ne t’es pas converti.
La principale difficulté rencontrée réside pour moi dans le fait d’ignorer ou de perdre avec le temps, de vue l‘objectif ou de même de ne plus vivre à fond sa vocation.
1-Dans la vie cléricale
1-1 Le cléricalisme
L’Église est bâtie sur l’expérience de la première communauté chrétienne. Tout comme les Apôtres et les disciples au temps de Jésus, les ministres ordonnés et fidèles laïcs, au nom de leur baptême, sont membres du Corps Mystique du Christ et tournés vers Jésus, le seul Maître de la moisson. Face à lui, tout le cercle de fidèles laïques et de clercs n’est qu’une communauté de frères et de sœurs. Les différentes tâches confiées aux uns et aux autres doivent contribuer à la réussite de cette fraternité créée autour du Christ.
La mise à mal de cette fraternité christique qui rassemble les ministres ordonnés et les autres membres de la fraternité (fidèles laïcs) dans le même rang, a créé un grand mal dans la mission de l’Église. Les ministres choisis au départ pour le service de la communauté ont évolué vers une classe supérieure séparée, seule habilitée à agir « in persona Christi capitis ». En raison du service rendu dans la communauté, la préséance de cette hiérarchie s’est consolidée et son identité a pratiquement été assimilée à celle du Christ. Le rôle des autres membres de la communauté, c’est-à-dire les Laïcs, même s’ils partagent la même dignité que les premiers (LG 32), s’est effrité.
Ce modèle de centralisation de pouvoir, de relations et de fonctionnement « centre – périphérie » a érigé avec le temps, au sein du peuple de Dieu, d’une part une élite spécialisée, dotée du pouvoir d’enseigner, de gouverner et de sanctifier et de l’autre, une vaste communauté, soumise à l’écoute et à l’obéissance. Certains associés à des services d’Église aux cotés des prêtres.
On aperçoit alors à certains endroits, très vite, des signes d’un cléricalisme à travers des comportements de prêtres ordonnés ou élevés au rang d’évêque. Le clergé diocésain, peu à peu formé, en vertu de l’ordination presbytérale et épiscopale, devient la plaque tournante de l’Église à tel point que quand on parle d’Église on pense de manière spontanée aux clercs. On voit alors apparaître à ceains niveaux des abus de pouvoir, de conscience, etc.
Ce cléricalisme est un pur produit d’une structure organisationnelle mise en place qui a commencé d’abord par la standardisation de la formation des clercs. Les séminaires et maisons de formation sont devenus des « espaces » où s’apprend et se transmet la culture cléricale.
Par conséquent les fidèles laïcs, tant au niveau diocésain que paroissial, ne sont vraiment pas associés aux décisions pastorales touchant leur vie chrétienne et missionnaire. Ils sont introduits dans des conseils où leurs voix comptent très peu ou bien dans des réunions où les clercs constituent la presque totalité des membres présents, à l’exception de quelques religieuses ou rares catéchistes perdus dans ce cercle des « oints de Dieu ».
Ils sont surtout sollicités lors des recherches d’argent ou d’autonomie financière des diocèses et des paroisses, édifications des édifices de culte et de fêtes, célébrations d’anniversaire d’ordination ou de jubilé des prêtres et de leurs évêques, etc. Celles-ci prennent le pas sur la recherche d’une stratégie pastorale et spirituelle adéquate pour la formation des laïcs et pour la consolidation de leur foi.
Face à toutes ces dérives, le Pape François, dans la continuité de l’esprit du Concile Vatican II, veut entraîner l’Église à opérer un aggiornamento adéquat de son ecclésio-institution pour entrer dans la dynamique de peuple de Dieu en marche dans le monde vers sa destinée (LG5) et se placer dans la perspective du Royaume de Dieu.
Discours du Saint-Père aux participants du Congrès pour les présidents et référents des Commissions épiscopales pour le laïcat
18 février 2023
“Pasteurs et fidèles laïcs appelés à marcher ensemble”
Il s’agit de récupérer une “ecclésiologie intégrale”, comme elle l’était dans les premiers siècles, dans laquelle tout est unifié par l’appartenance au Christ et par la communion surnaturelle avec Lui et avec les frères, dépassant une vision sociologique qui distingue des classes et des rangs sociaux et qui repose au fond sur le “pouvoir” assigné à chaque catégorie. L’accent doit être mis sur l’unité et non sur la séparation, sur la distinction.
Dans cet unique Peuple de Dieu, qui est l’Église, l’élément fondamental est l’appartenance au Christ. .
Notre appartenance commune au Christ nous rend tous frères.
Cet horizon nous donne la juste clé de lecture pour le thème de la coresponsabilité des laïcs dans l’Église. En effet, l’exigence de valoriser les laïcs ne dépend pas de quelque nouveauté théologique, ni même d’exigences fonctionnelles à cause de la diminution des prêtres ; elle ne naît pas non plus de revendications catégorielles, pour accorder une “revanche” à ceux qui ont été mis de côté dans le passé. Elle repose plutôt sur une vision correcte de l’Église : l’Église comme Peuple de Dieu, dont les laïcs font partie à part entière avec les ministres ordonnés. Les ministres ordonnés ne sont donc pas les maîtres, ils sont les serviteurs : les pasteurs, pas les maîtres.
L’Assemblée reconnait également que le cléricalisme, présent dans l’Église à plusieurs niveaux, est un obstacle au ministère et à la mission. Il vient d’une mauvaise compréhension de l’appel de Dieu, qui conduit à le concevoir davantage comme un privilège et non pas comme un service, et il se manifeste par un style de pouvoir mondain qui refuse de rendre comptes.
Des « conversions synodales » doivent donc s’opérer pour une vitalité missionnaire de l’Église et cette démarche peut engendrer des ruptures parfois douloureuses. La question de la formation des ministres ordonnés, dans l’esprit du synode, se pose donc.
On observe également une cléricalisation au niveau des laics occupant des postes de responsabilité dans l’Eglise. La gestion de la responsabilité nest pas toujours correctement menée.
PRESBYTERORUM ORDINIS
CHAPITRE II :
Le ministère des prêtres
. Vie des prêtres avec les laïcs
Le sacrement de l’Ordre confère aux prêtres de la Nouvelle Alliance une fonction éminente et indispensable dans et pour le Peuple de Dieu, celle de pères et de docteurs. Cependant, avec tous les chrétiens, ils sont des disciples du Seigneur, que la grâce de l’appel de Dieu a fait participer à son Royaume [73]. Au milieu de tous les baptisés, les prêtres sont des frères parmi leurs frères [74], membres de l’unique Corps du Christ dont l’édification a été confiée à tous [75].
À la tête de la communauté, les prêtres ont à reconnaître sincèrement et à promouvoir la dignité des laïcs et leur rôle propre dans la mission de l’Église. Ils doivent respecter loyalement la juste liberté à laquelle tous ont droit dans la cité terrestre. Ils doivent écouter volontiers les laïcs, tenir compte fraternellement de leurs désirs, reconnaître leur expérience et leur compétence dans les différents domaines de l’activité humaine, pour pouvoir avec eux discerner les signes des temps. Éprouvant les esprits pour savoir s’ils sont de Dieu [77] ils découvriront et discerneront dans la foi les charismes des laïcs sous toutes leurs formes, des plus modestes aux plus éminents, ils les reconnaîtront avec joie et les développeront avec ardeur.
1-2 Le risque de division
Non à la guerre entre nous
98. À l’intérieur du Peuple de Dieu et dans les diverses communautés, que de guerres ! Dans le quartier, sur le lieu de travail, que de guerres par envies et jalousies, et aussi entre chrétiens ! La mondanité spirituelle porte certains chrétiens à être en guerre contre d’autres chrétiens qui font obstacle à leur recherche de pouvoir, de prestige, de plaisir ou de sécurité économique. De plus, certains cessent de vivre une appartenance cordiale à l’Église, pour nourrir un esprit de controverse. Plutôt que d’appartenir à l’Église entière, avec sa riche variété, ils appartiennent à tel ou tel groupe qui se sent différent ou spécial. (EG 98)
2-Dans la vie consacrée
Les dangers qui menacent la vie consacrée incluent les abus spirituels et sexuels, les phénomènes d'emprise, ainsi que les dérives et les comportements inacceptables au sein des communautés religieuses. Des défis internes peuvent également se manifester, comme des phénomènes de "ragots, méchanceté et jérémiades" qui gangrènent la vie communautaire et affaiblissent la vie fraternelle. Enfin, l'« euthanasie spirituelle », un état d'affaiblissement de la foi, représente un danger pour les religieux qui luttent pour rester fermes dans leur vocation.
Il est nécessaire de prévenir ces dangers et de mettre en place des actions pour restaurer les équilibres menacés, notamment en s'appuyant sur une solide théologie de la vie religieuse et en favorisant des relations fraternelles saines au sein des communautés.
Se sentir supérieurs aux laïcs
3-Dans la vie laicale
3-1 Leur pleine intégration
Le problème des laïcs dans l'Église, particulièrement l'Église catholique, se manifeste par des tensions entre leur rôle croissant et la hiérarchie, des difficultés d'intégration et de reconnaissance de leurs responsabilités, ainsi que des divergences d'interprétation sur l'engagement laïc entre l'organisation interne de l'Église et son action dans le monde. Ces tensions s'expliquent par une lutte historique pour le pouvoir et l'influence, la difficulté de passer d'un modèle de laïcat traditionnel à un engagement plus actif, et une méfiance mutuelle entre le clergé et les laïcs.
3-1 Le manque d’implication
Se contenter juste de vivre sa vie
Dans notre diocèse, on assiste à christianisme marqué par une effervescence religieuse, mais qui semble avoir très peu d’impact sur la transformation réelle de nos sociétés. Malgré la multiplicité des mouvements et associations et le déploiement de la pastorale en termes de campagnes d’évangélisation organisées notamment par les communautés nouvelles, du nombre de groupes constitués sur les paroisses, les phénomènes tels que la corruption, l’entrée massive des cadres dans les sectes ésotériques, les crimes rituels, la prostitution, la violence, la consommation croissante de drogue notamment chez les jeunes, etc., gagnent de plus en plus d’ampleur.
Dans cet environnement, les fidèles laïcs ne peuvent plus, dans le cadre de la pastorale et de l'évangélisation, se contenter d'un évangile de la « bénédiction ». Démarche régulièrement proposée dans laquelle Dieu serait un pourvoyeur de services, qui n'intervient que pour répondre aux besoins immédiats de ses enfants en termes de mariage, d'enfantement, de voyage, de protection contre les sorciers, de bénédictions financières et matérielles, etc. Aussi légitime que soient ces besoins, c'est aux chrétiens que Dieu a confié la gestion de ce monde. « Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin pour le cultiver et le garder » Gn 2, 15.
E- L’ESPRIT D’APPARTENANCE
L'esprit d'appartenance a des forces positives. Cependant, il a aussi des forces négatives comme le conformisme, le rejet des outsiders (personnes étrangères au groupe, marginalisées), l'isolement des individus qui ne s'y conforment pas, et le fait de renoncer à son propre jugement au profit de l'opinion du groupe.
III- LES PISTES DE SOLUTIONS
B- VIVRE UNE CONVERSION PLUS PROFONDE
Connaître les voies de la vie intérieure, nous inscrire dans une démarche d’ascèse et de mortification, permettre à l’Esprit de Dieu de faire mourir en nous le vieil homme et ses agissements, intégrer la croix comme élément primordial de notre marche à la suite du Christ, accueillir l’altérité avec ses imprévus et inattendues comme chemin possible de sanctification, offrir au Seigneur nos désir et nos fragilités, renouveler nos forces dans une vie de prière constante, laissez Dieu être Dieu en nous.
B- REVENIR A L’URGENCE DES TEMPS
2- Le visage du monde aujourd’hui
Depuis le siècle dernier jusqu’à nos jours, nos sociétés sont marquées par de grands changements favorisés par la montée fulgurante des moyens de communication sociale, dans un contexte de mondialisation et de globalisation, avec en ligne de mire, le village planétaire.
Au niveau culturel, la vie est marquée par :
- Une révolution informatique et numérique, qui a entrainé une communication et une information plus rapide (instantanée) et de masse (Internet et réseaux sociaux). Cette évolution transforme l’ancien monde cloisonné, en un monde globalisé et continentalisé.
- La séparation de l’ordre divin et de l’ordre temporel, traduit par le concept de la laïcité, entrainant une déchristianisation progressive de la société, en particulier de l’Europe.
- Une exacerbation de la pleine jouissance de la liberté individuelle avec en toile de fond, la négation de Dieu. Chacun a le droit de faire de sa vie ce qu’il souhaite qu’elle soit. Il est interdit, d’interdire.
- La désacralisation de la vie (trafic d’organes humains, crimes rituels, avortements ; etc .) (Yop siporex)
- Une uniformisation des loisirs, du mode de consommation. C’est la naissance d’une culture mondialisée, qui devient commune à l’ensemble des peuples de la planète.
- Une standardisation de la société avec des codes parfois subtilement imposés à tous les peuples. Ceux qui s’y refusent deviennent des ennemis de l’humanité. Et le conseil de sécurité de l’ONU veille à l’application des sanctions par des embargos par exemple. Au niveau politique, comme économique, nul ne peut échapper au système. Des idéologies sont imposées à nos nations et ceux qui s’y opposent ne reçoivent plus d’aide extérieure.
- Un formatage de l’esprit de l’homme à la grande consommation, créant ainsi en lui une addiction, une dépendance esclavagisante.
- L’existence aujourd’hui, d’une science sans conscience qui se traduit par la manipulation génétique des cellules souches. Des scientifiques sont prêts à fabriquer des Hommes.
Ces attitudes, pour la plupart, longtemps observées essentiellement dans les pays développés, s’étendent également ces dernières années aux pays en voie de développement, du fait des phénomènes de la mondialisation et de la globalisation. En effet, l’émergence de nouveaux moyens de communication sociale, de plus en plus perfectionnés, tels ceux de l'internet, favorisent la connaissance des événements et la diffusion extrêmement rapide et universelle des idées et des modes de pensées, modifiant ainsi les comportements de peuples entiers et suscitant de nombreuses réactions en chaîne. Le monde tend à s'uniformiser, annihilant les différences culturelles.
On constate donc que Dieu est mis en marge de la société et au nom de sa liberté, l’être humain veut être son propre guide et jouir pleinement de sa liberté. Cependant, l’annonce de l’Évangile doit se poursuivre en traversant les siècles, les peuples et les cultures.
2- Mettre les laïcs en mission
Les vocations particulières doivent être plus pleinement vécues et devenir perceptibles par tous. Au-delà des signes extérieurs de piété, c’est un message profond conduisant au visage du Christ, que les hommes et les femmes de notre temps, aussi bien dans l’Église qu’à l’extérieur, ont besoin d’entendre car la vie parle plus fort que les mots.
F- TROUVER SON EQUILIBRE INTERIEUR - ACQUERIR UNE MATURITE HUMAINE
Pour mener à bien cette mission du Christ confiée à son Eglise, à tous les Baptisés chacun selon sa voation et charisme propre, les fidèles du Christ doivent faire preuve d’une maturité humaine.
Je voudrais m’appuyer ici sur un document de l’Eglise : la Ratio Fundamentalis Sacerdotis. Bien qu’il soit en direction des prêtres et des cpnsacrés, son contenu m’a paru tellement important que j’ai trouvé qu’il pourrait être appliqué à l’ensemble des membres du corps mystique du Christ.
De façon synthétique, ce document révèle que la maturité humaine et affective est une base indispensable, la condition sine qua non pour pouvoir accéder à une vie de consécration spéciale et au sacerdoce.
Certains points peuvent-être dégagés de ce document :
1-1 Se connaître soi-même
La première indication donnée par la Ratio fundamentalis en ce qui concerne la formation humaine est que celle-ci « vise à éduquer la personne à la vérité de son être, à la liberté et à la maîtrise de soi [dans le but de] dépasser les différentes formes d’individualisme et [de] réaliser le don sincère de soi qui permet de se consacrer généreusement aux autres » (RF, 63).
Le premier voyage à accomplir est d’aller vers soi-même. Il faut y être très attentif, parce qu’il n’est pas rare que, même sans le vouloir, la vie spirituelle et le choix de la vocation représentent une espèce d’échappatoire à sa propre vie et à la réalité. En effet, par peur de se confronter avec la vérité sur soi-même ou avec quelque situation personnelle, familiale ou sociale, on peut adopter une sorte de « plan B » : on choisit un contenant externe qui semble formellement irréprochable – vocation sacerdotale, consécration spéciale – pour cacher ou fuir ce qu’on ne souhaite pas affronter véritablement. En substance, on met un masque capable de couvrir ce que l’on vit à l’intérieur et de faire échapper à la réalité.
Au contraire, la première tâche de la formation humaine est d’aider la personne à se connaître elle-même, en un parcours intérieur qui implique les autres dimensions de la formation, qui se serve si nécessaire de l’aide de la psychologie, et qui implique surtout une synergie constante et sereine entre celui qui est formé et le formateur.
Le but est d’atteindre une réelle conscience de soi, sans laquelle le risque est que la personne développe son propre moi et sa vocation à travers une image faussée d’elle-même : la vaine gloire et le narcissisme d’une part ou la dévalorisation de soi et la fermeture de l’autre sont les indices d’une connaissance de soi non réelle et peuvent avoir de graves retombées relationnelles et pastorales.
Qui désire être consacré ou prêtre doit connaître sa propre valeur, accueillir ses fragilités, apprendre à nommer ses émotions et sentiments, à reconnaître ses besoins et ses passions et surtout, à parvenir à un regard réconcilié avec son histoire, qui compte des richesses et des blessures.
Nous devons porter un soin spécial à ce travail de maturation intérieure, en particulier dans les maisons de formation, pour atteindre une solide construction de l’identité personnelle, de façon à ce que notre humanité devienne perméable à l’action de Dieu et transparente auprès des personnes.
Il est fondamental, surtout dans le temps de la formation, d’accomplir ce parcours de maturation avec une profonde honnêteté et lucidité, en apprenant à être disponible à se laisser conduire et modeler.
Un prêtre en paix saura diffuser la sérénité autour de lui, même dans les moments difficiles, il saura transmettre la beauté d’être en relation avec le Seigneur. Il est en revanche anormal qu’un prêtre soit souvent triste, nerveux, ou dur de caractère ; ce n’est pas bien et ça ne fait de bien ni au prêtre ni à son peuple.
1-3 Développer les vertus humaines
Quand on est capable d’être pleinement soi-même, on devient intérieurement libre et on développe une personnalité stable, qui peut faire fleurir les vertus humaines.
La nouvelle Ratio en énumère quelques-unes, telles que « l’humilité, le courage, le sens pratique, la magnanimité de cœur, la droiture du jugement et le discernement, la tolérance et la transparence, l’amour de la vérité et l’honnêteté » (RF, 93).
Ces dispositions et attitudes deviennent lentement des traits distinctifs de la personnalité et, progressivement, s’intègrent à la vie spirituelle, engendrant une unité de pensée et d’action et favorisant la capacité de relation avec les autres.
Plus précisément, la Ratio affirme que le soin de la dimension humaine, surtout au moment de la formation, se concrétisera dans l’application à discipliner son caractère, à grandir dans la force d’âme et à apprendre la loyauté, le respect de la justice, la fidélité à la parole donnée, la discrétion (cf. RF, 63).
Ces vertus humaines requièrent un certain degré de liberté intérieure qui fait également partie de la maturité humaine. En outre, elles aident la personne à devenir adulte, c’est-à-dire capable d’assumer librement les responsabilités auxquelles la vie ou le ministère l’appelle, de développer une bonne capacité critique, de juger les événements de façon objective, d’avoir l’esprit d’initiative et le zèle pour ce qui lui a été confié ainsi que, non moins important, de savoir poser des choix conformes à sa vocation.
1-3 Être capables de relations affectives saines
Se connaître soi-même, être intérieurement libres pour développer les vertus humaines et atteindre cette maturité psychoaffective qui fait de nous des personnes capables de relations d’amour authentiques et gratuites, voilà les trois piliers de la dimension humaine de la formation.
Sur le chemin d’une consécration spéciale, il est nécessaire – et cela deviendra un élément toujours plus important à l’avenir – que les personnes soient aidées à être humainement mûres et réconciliées, capables de regarder avec sérénité leurs points de force et leurs faiblesses, de façon à ce que la vie spirituelle intervienne pour transformer et accomplir, non pour fuir la réalité, réprimer les besoins ou, pire encore, être un alibi pour la recherche de soi et de sa propre gloire. C’est un grand défi pour l’avenir de la vie consacrée : trouver des consacrées, consacrés et prêtres profondément humains, parce que – et je conclus –, comme l’affirme le pape François :
Celui qui renonce à son humanité renonce à tout [...].
SERVITIUM CARITATIS
LA VIE CONSACRÉE,
MANIFESTATION DE L'AMOUR DE DIEU
DANS LE MONDE
Consacrés pour la mission
72.
La mission, en effet, avant de se caractériser par les œuvres extérieures, consiste à rendre présent au monde le Christ lui-même par le témoignage personnel. Voilà le défi, voilà le but premier de la vie consacrée ! Plus on se laisse configurer au Christ, plus on le rend présent et agissant dans le monde pour le salut des hommes.
On peut dire alors que la personne consacrée est « en mission », en vertu de sa consécration même.
Au service de Dieu et de l'homme
La recherche de la beauté divine pousse les personnes consacrées à se préoccuper de l'image divine, qui est déformée sur le visage de leurs frères et de leurs sœurs, visages défigurés par la faim, visages déçus par les promesses politiques, visages humiliés de qui voit mépriser sa culture, visages épouvantés par la violence quotidienne et aveugle, visages tourmentés de jeunes, visages de femmes blessées et humiliées, visages épuisés de migrants qui n'ont pas été bien accueillis, visages de personnes âgées dépourvues des conditions minimales nécessaires pour mener une vie décente.
Contribution spécifique de la vie consacrée à l'évangélisation
76. Il revient spécifiquement aux personnes consacrées de contribuer à l'évangélisation avant tout par le témoignage d'une vie totalement donnée à Dieu et à leurs frères, par l'imitation du Sauveur qui, par amour de l'homme, s'est fait esclave.
Fidélité jusqu'au martyre
Les grands défis de la vie consacrée
87. La mission prophétique de la vie consacrée répond à trois défis principaux adressés à l'Église elle-même : ce sont des défis de toujours qui, sous une forme nouvelle et peut-être plus radicale, sont lancés par la société contemporaine, au moins dans certaines parties du monde. Ils concernent directement les conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, et incitent l'Église, en particulier les personnes consacrées, à faire apparaître leur profonde signification anthropologique et à en témoigner.
Conclusion
Ce que cela signifie en pratique :
Une transformation du quotidien : La synodalité doit devenir la façon normale de vivre et de travailler de l'Église, et non un événement ponctuel.
L'implication de tous : Elle vise à ce que tout le Peuple de Dieu participe activement à la mission de l'Église, en étant tous co-responsables les uns des autres.
L'écoute de l'Esprit Saint : Ce processus implique d'être à l'écoute de l'Esprit Saint et de la Parole de Dieu pour mieux comprendre la mission de l'Église.
Une meilleure collaboration : La synodalité favorise la collaboration et la co-responsabilité entre les différents membres et ministres de l'Église.
Un cheminement continu : La synodalité est un cheminement, un parcours de renouveau qui intègre le travail réalisé sur le long terme et les différentes phases du processus synodal.
En bref, le synode doit être plus qu'un document ; il est un chemin de vie, une invitation à l'action concrète pour faire progresser l'Église dans la communion, la participation et la mission.
Quel est le but de ce synode ?
- Faire germer des rêves,
- Susciter des prophéties et des visions,
- Faire fleurir des espérances,
- Stimuler la confiance,
- Bander les blessures,
- Tisser des relations,
- Ressusciter une aube d’espérance,
- Apprendre l’un de l’autre,
- Créer un imaginaire positif qui illumine les esprits, réchauffe les cœurs, redonne des forces aux mains ».
Quels sont les objectifs de ce synode ?
- Faire mémoire de la façon dont l’Esprit a guidé le cheminement de l’Eglise dans l’histoire, pour que nous soyons des témoins de l’amour de Dieu ;
- Vivre un processus ecclésial impliquant la participation et l’inclusion de tous, qui offre à chacun – en particulier à ceux qui pour diverses raisons se trouvent marginalisés – l’opportunité́ de s’exprimer et d’être écoutés pour contribuer à l’édification du Peuple de Dieu ;
- Reconnaître et apprécier la richesse et la diversité des charismes que l’Esprit dispense librement pour le bien de la communauté et de la famille humaine entière ;
- Expérimenter des modes d’exercice de la responsabilité partagée au service de l’Evangile et de et de l’engagement à construire un monde plus beau et plus habitable ;
- Examiner la façon dont la responsabilité et le pouvoir sont vécus dans l’Eglise, ainsi que les structures par lesquels ils sont gérés, pour corriger les préjugés et les pratiques déviantes qui ne sont pas enracinés dans l’Evangile ;
- Reconnaître la communauté comme sujet crédible et comme partenaire fiable sur le chemin du dialogue social, de la guérison, de la réconciliation, de l’inclusion et de la participation, de la reconstruction, de la démocratie, de la promotion de la fraternité et de l’amitié sociale ;
- Renouveler et affermir les relations entre les membres des communautés chrétiennes, entre les communautés et les autres groupes sociaux, par exemple des communautés de croyants d’autres confessions et religions, des organisations de la société́ civile, des mouvements populaires, etc.
- Comprendre sa vocation propre et celle des autres
- Avoir fait une rencontre profonde avec Dieu où ma vocation ne devient pas un lieu de conflit à l’altérité
- Trouver un équilibre intérieur
- Rester fixé sur l’essentiel qui est le Royaume des cieux
- Témoigner véritablement ou un peu plus profondément de son appel de manière plus tranchée
- Face aux défis actuels du monde, avancer en rang serré et être gardien les uns des autres
- Encourager et féliciter pour les efforts consentis
- Offrir nos faiblesses au Seigneur
- L'ennemi est au dehors : le royaume du diable est divisé mais ils savent s’asseoir autour d’ine table pour penser au projets de destruction de l’humanité et d’affaiblessement, voire l’anéantissement de la foi.
Dieu nous fait confiance malgré nos pauvretés en nous appelant à sa suite. Sur ce chemin, chaque vocation est belle, noble et utile pour faire advenir et grandir le royaume.
Luc 9, 45-48
46 Une discussion survint entre les disciples pour savoir qui, parmi eux, était le plus grand.
47 Mais Jésus, sachant quelle discussion occupait leur cœur, prit un enfant, le plaça à côté de lui
48 et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. En effet, le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
Marc 10, 41-45
41 Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
42 Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
43 Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur.
44 Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous :
45 car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »
Nous navons pas besoin de détruite l’Eglise de l’intérieur. De grands et grps défis pastoraux nous attendent. Il reste entendu qu’aucune organisation ne peut correctement fonctionner et éviter le désordre si elle ne se structure pas. L’Eglise se soumet au Christ et le Christ à son Père. Nous sommes tous appelés, chacun à son niveau et selon sa vocation, d’obéir à la hiérarchie.
Prions les uns pour les autres et demandons à Dieu la grâce de son Esprit pour la suite de notre marche commune car lui seul est capable d’établir la communion entre nous.
Ô Seigneur, envoie ton Esprit, qu’Il renouvelle la face de la terre .



