Méditation du 24 janvier 2026
Mc 3,20-21.Voilà une scène saisissante que seul Marc ose nous rapporter. Jésus mène une vie impossible. La foule est tellement exigeante et encombrante qu'il n'a même plus ni le temps, ni la place de manger. Il se donne totalement, sans compter, débordé par son amour pour les foules qui accourent vers lui.
Et que font ses proches ? Ils viennent pour « se saisir de lui ». L'image qu'il donnait maintenant était tellement différente de celle qu'il avait donnée pendant trente ans de tranquillité dans son village ! Celui qu'ils croyaient connaître leur échappe. Toute famille cherche à protéger ses membres, ce qui est positif. Mais elle se comporte souvent comme un propriétaire, n'acceptant pas que l'un des siens choisisse de vivre d'une façon qui tranche avec les bienséances.
« Il a perdu la tête » : quelle accusation ! Et pourtant, ce qui résonne comme une insulte peut aussi être entendu comme un compliment : Jésus a perdu la tête... pour nous redonner de la hauteur. Car « ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes » (1 Co 1, 25).
Admirons Jésus qui a su prendre ses distances par rapport aux convenances. Et interrogeons-nous : quelle liberté laissons-nous à nos proches de suivre leur vocation, même quand elle nous déroute ?
Seigneur Jésus, tu n'as pas craint de passer pour fou par amour pour nous. Donne-nous le courage de te suivre, même quand cela dérange.
Amen…
P. Hippolyte AGNIGORI
