Méditation du 28 janvier 2026 .
Aujourd'hui, nous fêtons saint Thomas d'Aquin, ce dominicain que ses condisciples surnommaient « le grand bœuf muet de Sicile » – avant de découvrir l'immense profondeur de sa pensée. Et l'Évangile nous offre la parabole du semeur.
Il y a un lien lumineux entre ces deux réalités.
Thomas d'Aquin a consacré sa vie à montrer que foi et raison ne peuvent se contredire, car elles émanent toutes deux de Dieu. Pour lui, la Parole divine – cette semence dont parle Jésus – ne demande pas que nous fermions notre intelligence. Elle l'éveille, la féconde, l'élève vers la contemplation.
La parabole nous montre quatre terrains. Le chemin durci, où rien ne pénètre. Le sol pierreux, sans profondeur. Les ronces qui étouffent. Et la bonne terre, qui porte du fruit.
Saint Thomas nous enseigne que la bonne terre, c'est précisément cette alliance de la foi et de la raison. La foi n'est pas un acte aveugle, mais une réponse rationnelle et libre à l'appel de Dieu. Les pierres qui empêchent l'enracinement, ce sont parfois nos refus de comprendre, nos paresses intellectuelles. Les ronces, ce sont les distractions mondaines qui nous détournent de la méditation.
Thomas, lui, a labouré la terre de son cœur avec persévérance. Il a creusé, questionné, contemplé – jusqu'à cette vision mystique où il déclara que tous ses écrits n'étaient que « paille » comparés à ce qu'il avait entrevu de Dieu.
Demandons aujourd'hui, par son intercession, de devenir cette bonne terre : une intelligence ouverte à la Parole, un cœur profond où elle puisse s'enraciner, et une vie libérée des ronces pour porter du fruit – trente, soixante, cent pour un. Amen…
P. Hippolyte AGNIGORI



