Meditation du 17 fevrier 2026.
Frères et sœurs,Jésus est en colère dans cette barque. Et sa colère devrait nous secouer. Il vient de nourrir cinq mille personnes, puis quatre mille — et ses propres disciples s'inquiètent encore pour un bout de pain. « Vous ne comprenez pas encore ? » Ce n'est pas une question. C'est un cri. Le cri d'un Dieu fatigué de notre amnésie spirituelle.
Nous sommes ces disciples. Dieu nous a portés mille fois — dans la maladie, dans l'échec, dans la nuit — et au premier souci qui se lève, nous retombons dans l'angoisse, comme s'il n'avait jamais rien fait. Nous avons le cœur endurci. Nous avons des yeux, mais nous ne voyons pas la main de Dieu à l'œuvre dans nos vies.
Et pendant que nous fixons ce qui nous manque, nous passons à côté du vrai danger. « Prenez garde au levain des pharisiens et au levain d'Hérode. » Le levain, c'est ce qui gonfle de l'intérieur, silencieusement. Le levain des pharisiens, c'est l'hypocrisie — faire semblant d'aimer Dieu quand on ne s'aime que soi-même. Le levain d'Hérode, c'est le pouvoir — croire que la force du monde peut remplacer la confiance en Dieu. Ces deux levains travaillent en nous, chaque jour, discrètement.
Saint Jacques nous donne la clé : ne nous trompons pas de source. Ce n'est pas Dieu qui nous tente. C'est notre propre convoitise — ce désir tordu de tout contrôler, de tout posséder, de tout prévoir. Et quand cette convoitise grandit, elle « enfante le péché, et le péché engendre la mort ». La chaîne est implacable. Mais elle peut être brisée — à condition de revenir à la source. Car de Dieu ne descendent que « les présents les meilleurs, les dons parfaits ». Lui est le Père des lumières, sans ombre ni éclipse.
Alors, frères et sœurs, ouvrons les yeux. Comptons les paniers. Douze. Sept. Dieu n'a jamais cessé de nous nourrir. Cessons de fixer le pain qui manque et regardons Celui qui donne tout. Amen.
P.Hippolyte AGNIGORI
