Méditation du 20 fevrier 2026.

 

 

 

Les disciples de Jean-Baptiste posent à Jésus une question qui, sous son apparence rituelle, touche le cœur de la foi : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Derrière cette question, il y a un reproche voilé. Jean jeûne. Les pharisiens jeûnent. Tout le monde jeûne. Et toi, Jésus, tes disciples font la fête. Quelque chose ne tourne pas rond.
La réponse de Jésus est fulgurante : « Les invités de la noce pourraient-ils être en deuil pendant que l'Époux est avec eux ? »

Tout est dans ce mot : l'Époux. Jésus ne parle pas d'un maître, d'un prophète ou d'un enseignant. Il se désigne comme l'Époux — celui qu'Israël attendait depuis des siècles. Celui dont le prophète Osée, Isaïe et le Cantique des Cantiques annonçaient la venue. Dieu vient épouser son peuple. Il est là. Il est au milieu de vous. Et vous voudriez jeûner ?

Le jeûne n'est pas aboli. Jésus le dit aussitôt : « Des jours viendront où l'Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. » La croix se profile déjà dans cette phrase. Le Vendredi Saint est déjà en germe dans cette réponse. Le jeûne chrétien tire tout son sens de cette absence provisoire de l'Époux — entre l'Ascension et la Parousie, entre le « déjà » de la Résurrection et le « pas encore » du Retour.

Voilà pourquoi nous jeûnons en ce Carême. Non pas par tristesse. Non pas par obligation mécanique. Mais parce que nous attendons quelqu'un. Le jeûne creuse en nous un vide — et ce vide est un espace pour Dieu. Celui qui ne manque de rien n'attend plus rien. Celui qui jeûne dit par son corps ce que sa bouche ne sait plus dire : « Viens, Seigneur. Tu me manques. »

Frères et sœurs, jeûnons — non pas comme des gens en deuil, mais comme des fiancés qui comptent les jours. L'Époux vient. Amen...

P.Hippolyte AGNIGORI

 

 

 

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