Meditation du mardi 10 mars 2026.

« Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois. » Frères et sœurs, Pierre pense faire preuve de grande générosité en proposant de pardonner sept fois. Jésus le déroute : « Non, soixante-dix fois sept fois. » Ce chiffre n'est pas une limite portée très haut — c'est l'abolition de toute limite. Le pardon évangélique ne se comptabilise pas ; il ne tient pas de registre des offenses.
La parabole dit pourquoi. Ce serviteur vient de se voir remettre une dette de dix mille talents — somme proprement incommensurable. Il sort aussitôt étrangler son compagnon pour cent deniers. L'absurdité est criante : comment celui qui a tout reçu peut-il tout refuser ? La colère du maître n'est que le miroir de son ingratitude.
Frères et sœurs, nous sommes ce serviteur. Chaque jour, Dieu nous remet une dette que nous ne saurions jamais rembourser. Dès lors, le pardon que nous refusons à notre frère n'est pas seulement une dureté de cœur — c'est une incohérence spirituelle. « Si vous ne pardonnez pas du fond du cœur, mon Père céleste vous traitera de même. »
En ce Carême, que notre Église, famille de Dieu synodale et au service de tous, devienne un espace où circule librement la miséricorde reçue. Car c'est à ce signe que l'on reconnaît les disciples du Christ...

P.Hippolyte AGNIGORI

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