Méditation du 13 mars 2026.
Lc 11, 14-23 Un homme muet, libéré par Jésus, retrouve la parole. La foule s'émerveille. Mais aussitôt, des voix s'élèvent pour contester : « C'est par Béelzéboul qu'il chasse les démons. » D'autres, pour le mettre à l'épreuve, réclament un signe du ciel. Devant le même prodige, les mêmes yeux voient des choses radicalement différentes — car ce n'est pas la réalité qui divise, c'est le cœur.
Jésus démontre l'absurdité de l'accusation avec une logique sereine : Satan ne peut se combattre lui-même sans se détruire. Ce qu'ils voient n'est pas l'œuvre des ténèbres — c'est le Royaume de Dieu qui fait irruption dans l'histoire, qui brise les chaînes, qui rend la parole à celui que le mal avait rendu muet.
Puis vient cette parole décisive : « Qui n'est pas avec moi est contre moi. » Le Christ ne nous laisse pas l'illusion d'une neutralité tranquille. Face à Lui, toute attitude est déjà une réponse — l'accueil ou le refus, l'ouverture ou le durcissement du cœur.
En ce Carême, frères et sœurs, laissons-nous interroger : sommes-nous de ceux qui cherchent des prétextes pour ne pas croire, ou de ceux qui, dans la simplicité du cœur, reconnaissent la main de Dieu à l'œuvre dans leur vie ? Le muet de l'Évangile n'a rien demandé — il a simplement reçu. Peut-être est-ce là la plus belle disposition du Carême : cesser de discuter, et laisser le Seigneur nous libérer de tout ce qui nous rend muets à Son amour…
P. Hippolyte AGNIGORI
