Méditation du 15 mars 2026.
Les disciples interrogent Jésus : « Qui a péché pour qu'il soit né aveugle ? » Jésus renverse cette logique de rétribution :
« Ce n'est pas lui qui a péché, ni ses parents ; mais c'est pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. » (Jn 9, 3)
La souffrance n'est pas une punition. Elle peut devenir le lieu où éclate la gloire de Dieu.
Jésus fait de la boue et oignant les yeux de l'aveugle — geste de re-création qui renvoie à Genèse 2, 7. Il l'envoie se laver à la piscine de Siloé, « l'Envoyé ». L'homme obéit sans encore voir Jésus. C'est déjà la foi.
Ce qui suit est saisissant : voisins, pharisiens, parents — personne ne se réjouit. Les pharisiens s'acharnent sur le sabbat, refusant l'évidence. Pendant ce temps, le guéri voit de mieux en mieux — pas seulement avec ses yeux, mais avec son cœur : d'abord « un homme qu'on appelle Jésus » (v. 11), puis « un prophète » (v. 17), enfin « Seigneur, je crois » (v. 38), et il se prosterne.
« Je suis venu en ce monde pour un jugement : que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » (Jn 9, 39)
Frères et sœurs, quel regard portons-nous sur le monde et sur Dieu ? Sommes-nous de ceux qui voient mais refusent la lumière ? En ce Carême, comme l'aveugle, laissons Jésus poser ses mains sur nos yeux. La foi, c'est ce voyage : passer de l'obscurité à la clarté, de la question au « je crois ».
Que le Seigneur fasse de nous des hommes et des femmes qui voient — non par l'orgueil de la certitude, mais par la lumière humble de la foi...
P.Hippolyte AGNIGORI
