Méditation du 05 avril 2026.

Jean 20, 1-9 . Ce matin-là, Marie-Madeleine court dans le noir. Elle porte le poids d'un deuil qui écrase — celui d'un homme crucifié, vaincu, mis sous la pierre. Elle va au tombeau comme on va nulle part. Par fidélité. Par désespoir. Et soudain : la pierre est enlevée. Pierre et Jean se mettent à courir. Jean arrive le premier mais s'arrête au seuil — comme si quelque chose de trop grand l'empêche d'entrer. Pierre fonce, entre, regarde. Les linges sont là. Le suaire est plié, soigneusement, posé à part. Un tombeau qu'on pille, on ne prend pas le temps de plier le linge. Ce linge plié est un signe qui crie dans le silence : ici, quelqu'un est parti librement. Alors Jean entre. Et il vit. Et il crut. Pas parce qu'un ange lui est apparu. Pas parce qu'une voix a retenti du ciel. Devant un tombeau vide et du linge plié — des choses si pauvres, si ordinaires — quelque chose s'est ouvert en lui. Une certitude foudroyante, sans preuve, sans démonstration : Il est vivant. C'est cela, la foi pascale. Elle ne se prouve pas. Elle se reçoit comme un coup de lumière en pleine poitrine. Frères et sœurs, ce tombeau vide nous regarde. Il regarde nos vies où la mort semble avoir le dernier mot, nos espérances ensevelies, nos nuits sans aube. Et il dit avec une force que rien ne peut éteindre : la mort n'a pas gagné. La haine n'a pas gagné. Le néant n'a pas gagné. Celui qu'ils ont crucifié, celui qu'ils croyaient définitivement effacé — il s'est relevé. Ne restez pas au seuil. Entrez dans le tombeau vide. Laissez cette nouvelle impossible, scandaleuse, bouleversante, prendre racine au plus profond de vous : le Christ est ressuscité. Et parce qu'Il est ressuscité, votre vie a un avenir que la mort elle-même ne peut pas voler. Alléluia !

P. Hippolyte AGNIGORI

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