Méditation du 27 avril 2026 – Jn 10, 11‑18

« Je suis le Bon Pasteur ». En quelques mots, Jésus révèle le cœur même de sa mission : non pas dominer, mais conduire ; non pas utiliser, mais servir ; non pas fuir devant le danger, mais donner sa vie pour ceux que le Père lui a confiés. Le Bon Pasteur n’est pas un fonctionnaire de la religion : il connaît ses brebis une à une, il marche devant elles, il porte celles qui sont blessées, il cherche celles qui se perdent. Sa connaissance n’est pas d’ordre intellectuel : elle est relation, intimité, alliance. « Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » : c’est la définition même de la vie chrétienne.

Dans ce passage, Jésus oppose le Pasteur véritable au mercenaire. Le mercenaire travaille pour lui-même ; le Pasteur vit pour les autres. Le mercenaire protège son confort ; le Pasteur expose sa vie. Le mercenaire abandonne au moment critique ; le Pasteur reste fidèle jusqu’à la croix. Ainsi, Jésus nous invite à discerner ce qui, en nous, relève du mercenaire : nos peurs, nos replis, nos calculs. Et il nous appelle à laisser grandir en nous son propre style : la disponibilité, la compassion, la fidélité.

Enfin, Jésus ouvre notre regard : « J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos ». Le Bon Pasteur n’est jamais propriétaire de son troupeau ; il rassemble, il unifie, il élargit. L’Église n’est pas un club fermé, mais une maison ouverte où chacun peut trouver sa place. Le Christ travaille encore aujourd’hui à rassembler l’humanité dispersée, et il nous associe à cette mission de communion.

En contemplant le Bon Pasteur, nous découvrons ce que signifie aimer : donner sa vie, jour après jour, humblement, sans bruit, pour que d’autres vivent.

P. Hippolyte AGNIGORI

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