Méditation du lundi 25 mai 2026. Marie, Mère de l’Eglise

 

 

 

Frères et sœurs, en cette fête de Marie, Mère de l'Église, l'Évangile nous conduit au pied de la Croix. Là se tient Marie, debout — stabat Mater. Saint Jean ne nous la montre pas effondrée, mais demeurant, fidèle, jusqu'au bout, dans l'heure la plus sombre. C'est dans ce moment de dépouillement total que Jésus prononce ses dernières dispositions : il regarde sa mère, puis le disciple qu'il aimait, et il les donne l'un à l'autre : « Femme, voici ton fils… Voici ta mère. » Ce n'est pas un simple geste de tendresse filiale. En appelant Marie « Femme », Jésus évoque la femme de la Genèse, la nouvelle Ève ; et le disciple bien-aimé, qui n'est pas nommé, nous représente tous. En lui, Marie nous reçoit tous comme ses enfants : sa maternité spirituelle naît ici, dans la douleur de l'enfantement de la Croix. Aussitôt après, le soldat ouvre d'un coup de lance le côté du Christ, « et il en sortit aussitôt du sang et de l'eau ». Les Pères de l'Église ont vu là le jaillissement des sacrements : l'eau du Baptême, le sang de l'Eucharistie. Comme Ève fut tirée du côté d'Adam endormi, l'Église, nouvelle Ève, naît du côté du Christ endormi dans la mort ; et Marie, qui se tient là, en est la figure et la mère. « Et à partir de cette heure, le disciple la prit chez lui. » Voilà notre vocation : recevoir Marie chez nous, dans notre maison intérieure, dans notre vie quotidienne, non comme une dévotion lointaine, mais comme une présence maternelle qui nous conduit toujours plus près de son Fils. En cette fête, demandons donc la grâce d'imiter Jean : ouvrir tout grand la porte de notre cœur pour y accueillir celle que Jésus nous a donnée du haut de la Croix. Elle est notre Mère ; elle est la Mère de l'Église. Amen.

P.Hippolyte AGNIGORI

 

 

 

ImprimerE-mail