Méditation du 05 juin 2025. sur Mc 12, 35-37

 

 

 

Au cœur du Temple, Jésus renverse une certitude bien établie. Les scribes savaient que le Messie serait fils de David ; ils ne savaient pas que David, lui, s'agenouillerait devant son propre fils. Comment celui qui vient après peut-il être avant ? Comment le descendant peut-il être l'origine ? C'est tout le mystère du Christ qui affleure ici : Il est l'enfant de notre histoire et le Seigneur de l'éternité.
Le peuple attendait un roi à sa taille. Mais Dieu n'entre jamais dans les dimensions que nous lui préparons. Là où nous cherchions un héritier, voici le Maître. Là où nous attendions un libérateur de nos frontières, voici Celui qui vient briser la seule frontière qui compte : celle qui sépare l'homme de Dieu.
Et c'est ici que la question cesse d'être une énigme pour devenir une lumière sur nos vies. Tant que le Christ reste mon fils — celui que je façonne, que je modèle selon mes besoins — il ne me sauve pas ; il ne fait que me ressembler. Il ne devient Sauveur qu'au moment où je le laisse être mon Seigneur, c'est-à-dire plus grand que moi, devant moi, au-dessus de moi. Adorer, c'est accepter d'être dépassé.
Saint Marc note un détail bouleversant : la foule l'écoutait avec plaisir. La vérité qui nous dépasse ne nous écrase pas — elle nous délivre. Car l'âme n'est jamais aussi libre que lorsqu'elle découvre quelqu'un de plus grand à aimer.
Demandons cette grâce : non pas un Christ réduit à nos mesures, mais un Seigneur assez grand pour combler l'infini que nous portons en nous.Amen.

P. Hippolyte AGNIGORI

 

 

 

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