Méditation du 29 juin 2026 — Saints Pierre et Paul Jean 21, 15-19
Frères et sœurs,
Trois fois Jésus demande à Pierre : « M'aimes-tu ? » Trois questions pour effacer les trois reniements de la nuit du procès. Le Christ ressuscité ne réveille la blessure que pour la guérir. À chaque chute, il oppose une demande d'amour ; là où Pierre était tombé trois fois, trois fois il est relevé.
Voilà notre première consolation : le Seigneur ne bâtit pas son Église sur des hommes sans faute, mais sur des hommes pardonnés. Pierre n'est pas choisi parce qu'il est fort, mais parce qu'il aime, malgré sa faiblesse.
Et à chaque « oui » de Pierre, le Christ confie un troupeau : « Sois le berger de mes brebis. » Aimer Jésus ne reste jamais un sentiment ; cela devient aussitôt service des frères. On ne peut dire « je t'aime » au Seigneur et tourner le dos à ceux qu'il aime.
Cet amour ira jusqu'au bout. Jésus annonce à Pierre qu'il étendra un jour les mains, conduit là où il ne voudrait pas aller : c'est la croix qui l'attend à Rome. Et il lui redit le mot du commencement : « Suis-moi. » Toute la vie de Pierre tient entre ces deux appels.
En cette fête, nous l'unissons à Paul. L'un avait renié, l'autre persécuté ; tous deux ont été saisis par la miséricorde, et tous deux ont donné leur sang pour l'Évangile.
Alors la question nous est posée ce matin, à chacun par son nom : non pas « Es-tu parfait ? », mais simplement « M'aimes-tu ? » Et même chargés de nos reniements, osons répondre : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime. »
Saints Pierre et Paul, obtenez-nous cet amour qui se donne jusqu'au bout.
Amen.
P. Hippolyte AGNIGORI



