Meditation du 1er aout 2026. Mt 14, 1-12 —

Frères et sœurs,
Hérode n'est pas un monstre : c'est un lâche. Il savait Jean juste et saint, il l'écoutait volontiers, il fut contrarié par la demande — et il l'a fait décapiter quand même. Pourquoi ? Pour ne pas perdre la face devant ses invités. Le respect humain a tué plus de vérités que la haine.
Jean, lui, n'a dit que six mots : « Il ne t'est pas permis. » Ils lui coûteront la tête. Le prophète n'est pas celui qui crie le plus fort, mais celui qui refuse de mentir quand mentir serait si commode. Précurseur jusqu'au bout : il précède le Christ dans la mort comme il l'a précédé dans le désert.
Et les disciples ? Ils prennent le corps, l'ensevelissent, puis « ils allèrent l'annoncer à Jésus ». Ni vengeance, ni fuite : ils portent leur deuil jusqu'au Seigneur. C'est là tout ce que nous avons à faire de nos blessures.
Juste après, Matthieu racontera une autre table : cinq pains, cinq mille rassasiés. Chez Hérode, on s'amuse et on donne la mort. Chez Jésus, on a faim et on reçoit la vie. À chaque messe, nous choisissons notre table.
Seigneur, donne-nous la franchise de Jean, garde-nous de la lâcheté d'Hérode, et apprends-nous à tout venir te dire. Amen.

P.Hippolyte AGNIGORI

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