Méditation du Mardi 4 août 2026 — mémoire de saint Jean-Marie Vianney
Évangile : Mt 15, 1-2.10-14 (« Toute plante que mon Père du ciel n'a pas plantée sera arrachée »).
Frères et sœurs en Christ,
Des pharisiens font à Jésus un reproche minutieux : ses disciples ne se lavent pas les mains avant de manger. Jésus ne discute pas le détail ; il déplace le regard. « Ce qui sort de la bouche, voilà ce qui rend l'homme impur. » Autrement dit : la religion ne se joue pas d'abord sur le seuil, dans les gestes qu'on voit, mais au-dedans, là où personne ne regarde. On peut avoir les mains impeccables et le cœur encombré de mépris, de jugements, de paroles qui blessent.
Puis vient cette image inquiétante et libératrice : « Toute plante que mon Père du ciel n'a pas plantée sera arrachée. » Inquiétante, parce qu'elle nous invite à un examen : dans ma vie de foi, qu'est-ce qui vient vraiment de Dieu, et qu'est-ce que j'ai planté moi-même — mes habitudes, mes sécurités, l'image que je veux donner ? Libératrice, parce que ce qui n'est pas de Lui finira par tomber, et ce n'est pas une perte. Le tri que Dieu opère n'est pas une menace : c'est un désencombrement.
Saint Jean-Marie Vianney en est le témoin. Il n'avait ni éloquence ni science ; il n'était pas un « guide aveugle » précisément parce qu'il ne s'appuyait sur rien de ce qu'il aurait planté lui-même. Il passait des heures devant le tabernacle et disait de la prière qu'elle est la respiration de l'âme. C'est de ce cœur-là que sortaient des paroles qui relevaient les pécheurs.
Demandons aujourd'hui cette grâce toute simple : que le Seigneur veille sur ce qui sort de notre bouche, parce qu'il aura d'abord veillé sur ce qui habite notre cœur.
P. Hippolyte AGNIGORI



