Méditation du jeudi 22 octobre 2026. Jeudi de la 29ᵉ semaine du Temps ordinaire (année paire). Mémoire facultative de saint Jean-Paul II.
Frères et sœurs,
L'Évangile de ce jour peut nous surprendre, et même nous déranger. Nous appelons Jésus le Prince de la paix, et le voici qui dit : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais la division. » Comment comprendre cette parole ?
Jésus commence par une confidence : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé ! » Ce feu ne détruit pas. C'est le feu de l'Esprit Saint, celui qui descendra sur les Apôtres à la Pentecôte. C'est le feu de l'amour de Dieu, qui purifie, réchauffe et éclaire.
Saint Paul nous dit en quoi consiste ce feu dans la première lecture. Il prie pour que nous soyons « enracinés et fondés dans l'amour », et pour que nous comprenions la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur de l'amour du Christ. Cet amour est sans mesure. C'est lui que Jésus veut allumer dans nos cœurs, dans nos familles et dans nos communautés.
Jésus ajoute : « Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu'à ce qu'il soit accompli ! » Ce baptême, c'est sa Passion. L'amour du Christ n'est pas un sentiment tiède. Il va jusqu'au don total de sa vie sur la croix. Le feu ne s'allume pas sans prix à payer.
Jésus ne veut pas la division pour elle-même. Mais quand on choisit vraiment l'Évangile, on ne peut plus vivre à moitié. La vérité, la justice et le pardon dérangent parfois, même dans nos maisons. Il arrive qu'un chrétien qui refuse la corruption, le mensonge ou la vengeance se retrouve incompris de ses proches.
La paix que Jésus refuse est la fausse paix : celle des compromis, du silence complice, du « tout le monde fait comme ça ». Il nous offre une paix plus profonde, celle d'un cœur qui appartient totalement à Dieu. Et cette paix ne se construit pas en évitant le conflit à tout prix, mais en restant fidèle.
Nous faisons aujourd'hui mémoire de saint Jean-Paul II. Dès le début de son pontificat, il a lancé : « N'ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! » Il a porté ce feu de l'Évangile jusqu'aux extrémités de la terre, y compris chez nous en Côte d'Ivoire. Sa fidélité au Christ lui a valu des oppositions, et pourtant il est resté un artisan de paix et de réconciliation.
Demandons-nous aujourd'hui :
- Le feu de l'amour de Dieu brûle-t-il encore en moi, ou s'est-il refroidi ?
- Ai-je le courage de rester fidèle au Christ, même quand cela me coûte ?
- Ma foi fait-elle de moi un artisan de paix véritable dans ma famille, mon quartier et mon travail ?
Reprenons la prière de saint Paul : que le Père, « qui peut réaliser, par la puissance qui agit en nous, infiniment plus que nous ne pouvons demander ou imaginer », allume en nous le feu de son amour. Alors, comme le chante le psaume, nous pourrons dire : « Le Seigneur remplit la terre de son amour. »
Amen.
P. Hippolyte AGNIGORI
