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DIMANCHE 11 AVRIL 2021 2e DIMANCHE DE PÂQUES ANNÉE B DIMANCHE DE LA MISÉRICORDE DIVINE HOMÉLIE

Frères et sœurs, en ce deuxième dimanche de Pâques, nous célébrons la Miséricorde Divine. Que revêt cette fête pour nous ? Quelles en sont les effets ou les implications dans notre vie chrétienne ?

  • Origine du dimanche de la Miséricorde divine

Le Dimanche de la Divine Miséricorde a été institué dans l’Église Catholique par saint Jean-Paul II le 30 avril 2000, jour de la canonisation de Faustine Kowalska (sainte Faustine). Ce jour-là, quiconque confesse ses péchés et reçoit la communion est pardonné de tous ses péchés et peines.

  • Le sens de la Miséricorde divine

Le mot miséricorde est une transposition de l’hébreu et signifie « avoir le cœur sensible au malheur ». C’est le cœur de Dieu qui se penche sur la misère de l’homme.
Les attributs de Dieu dans la Révélation biblique
La 1e expérience de Dieu : Dieu Créateur : Genèse 1 et 2
2e expérience : Dieu qui fait alliance avec l’Homme : Dieu et Abraham en Genèse 12
3e expérience : Dieu libérateur ou Sauveur. L’expérience du Dieu Sauveur est l’expérience qui parcourt toute la Bible : Dieu et le peuple d’Israël dans le livre de l’Exode, les prophètes en parlent :  

  • Les textes comme illustration

Isaïe 43,3 : « Car je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d’Israël, ton Sauveur » ; Osée 13,4 : « Hors moi, pas de sauveur » ; 1Tm 2,3 « Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur »

  • La personne de Jésus

Jésus sauve. Jésus vient par amour sur la terre et il trouve l’homme dans un état de péché. Quand il nous sauve, il nous délivre du péché. Voilà pourquoi nous disons que son Amour est rédempteur. Il est le visage par excellence de la miséricorde de Dieu. Et cette miséricorde divine, il va la vivre et l’exprimer par toute sa vie, dans son ministère, dans sa rencontre avec ses contemporains perçus et reconnus comme des pécheurs publics : Zachée (Luc 19, 1-10), la femme adultère (Jean 8, 1-11), la pécheresse qui embrasse ses pieds et les essuie avec ses cheveux (Luc 7, 36-50). Il va l’illustrer par plusieurs paraboles et en l’occurrence deux : La parabole de la brebis perdue et retrouvée (Luc 15, 4-7 ; Mt 18, 12-14) : Un autre nom : « le pasteur en recherche » et celle du fils prodigue (Luc 15, 11-33)
La parabole de la brebis perdue et retrouvée (Luc 15, 4-7 ; Mt 18, 12-14) : Un autre nom : « le pasteur en recherche »
Elle ne dicte pas une ligne de conduite pour la malheureuse brebis égarée, mais pour le pasteur qui en a la charge et qui, l’ayant retrouvée, la charge justement sur ses épaules pour la ramener au bercail.
Toute la vie de Jésus est une mise en application de cette parabole : Aller à la rencontre des personnes pour leur exprimer la proximité de Dieu et sa tendresse.
Cette admirable parabole pourrait être un texte fondamental du sacrement de la pénitence ou tout au moins de la pastorale de la pénitence. Celui qui dans l’Église, exerce une responsabilité et donc un service à l’égard de la communauté ne doit pas se contenter d’attendre tranquillement le retour de l’égaré, mais il doit se mettre à sa recherche et battre la campagne pour le retrouver et le ramener (le cas de ceux qui sortent de la communion ecclésiale et qui voudraient en revenir ? Quelle attitude ? De rejet, d’accusation ou de miséricorde : pas de condamnation mais tenir compte du contexte pour avoir une idée objective de ce qui a été fait). La parabole de la brebis perdue met le curseur non pas sur l’obligation faite aux égarés mais plutôt sur l’exigence de l’amour faite aux pasteurs et donc à l’Église.
Fils prodigue (Luc 15, 11-33)
Luc est le seul à la rapporter. « Fils prodigue », appellation coutumière pour ne pas dire traditionnelle. De plus en plus, on parle de la parabole du père prodigue (la prodigalité : être généreux à l’extrême). Elle vient après le récit sur la brebis perdue et retrouvée. Dans notre péricope, ce n’est pas le père qui part à la recherche de son fils mais c’est le fils qui gagné par le remords vient vers son père. Le père quant à lui, se tient sur le seuil de sa maison, guettant l’éventuel retour de son fils, et dès qu’il l’aperçoit il court à sa rencontre. L’espérance incessante du père quant au retour de son fils et l’expérience décevante du fils et ses désillusions dans l’usage de sa liberté. La metanoïa a mûri graduellement dans l’esprit et le cœur du pécheur. La réponse du père – qui représente évidemment le Père Céleste – sera de dépasser infiniment l’attente de son fils qui est revenu, de l’accueillir non pas en pénitent mais en fils encore plus aimé qu’auparavant, et de célébrer sa résurrection.  
Toute la miséricorde de Dieu est mise en lumière dans ces deux paraboles. (Exode 34, 6) : « Yahvé, Yahvé, Dieu de tendresse et de miséricorde, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité... » Psaume 145,8-9 : « Le Seigneur est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et plein de bonté. Le Seigneur est bon envers tous, Et ses compassions s'étendent sur toutes ses œuvres »
Pour exprimer cette proximité, ce souci constant, cette attention et cet amour prévenant, la langue hébraïque utilise des termes qui désignent les « entrailles maternelles» (rahamim)– et, par extension, l’amour sensible, quasi instinctif et indéfectible qu’une mère porte à son enfant.
Yahvé est ému jusqu’aux entrailles pour son peuple. « Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle nourrit, cesse-t-elle chérir le fruit de ses entrailles ? Même s’il s’en trouvait une pour l’oublier, moi je ne t’oublierai jamais ». (Isaïe 19,15).
La miséricorde est l’attribut de Dieu par excellence. Elle se manifeste dans ce mouvement perpétuel de Dieu qui vient sauver son peuple, renouer son alliance avec l’homme quand celui-ci l’a rompue par son péché, ses errements, ses trahisons… Elle culmine sur la croix lorsque Jésus-Christ prend sur lui par amour la faute et la misère des hommes pour les en libérer : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23,34).

  • Les conséquences ou implications pour nous
  • Double conséquence

Sur le plan personnel :
Être responsable de soi-même, se pardonner à soi-même (échec, penser avoir raté sa vie, être dans le remords de manière sempiternelle, la complaisance dans le péché, dans le mal car la miséricorde de Dieu va de pair avec sa justice. Ce sont les deux faces d’une même médaille)
Sur le plan communautaire
Supporter patiemment les personnes ennuyeuses
Pardonner les offenses : la prière du Notre Père à revisiter (Matthieu 6,9-13/Luc 11,1-4)

  • En conclusion :

Dire que Dieu est Miséricordieux, c’est dire l’attachement indéfectible et fidèle de Dieu à l’égard de l’Homme. C’est exprimer aussi sa patience, sa volonté ferme d’amener l’Homme à la conversion et de lui accorder son pardon. Cette miséricorde de Dieu envers l’Homme appelle celle de l’Homme envers son prochain. Jésus affirme que la miséricorde vaut mieux que tous les sacrifices (Mathieu 9, 13/Mathieu 12,7). Elle s’incarne dans la personne même de Jésus qui affirme qu’il est venu appeler non pas les justes mais les pécheurs (Marc 2,17). Il va ainsi exhorter ses disciples à en faire de même, à agir avec Miséricorde envers tout homme y compris son ennemi : « Vous donc soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux »(Matthieu 5,48; Luc 6,36; Matthieu 18,23-35; Luc 10,30-37; 15). Si nous sommes miséricordieux, alors nous serons les enfants de Dieu, nous lui ressemblerons (Différence entre image et ressemblance : exemple d’un artiste). La miséricorde est le fruit de l’Amour de Dieu pour nous. Dieu est Amour (1 Jean4,8).
Au centre de la Miséricorde, il y a l’Homme. C’est l’Homme qui est au cœur de l’agir divin. Voilà pourquoi la 1e lecture nous interpelle en ces temps de crise sanitaire mondiale avec les conséquences dramatiques sur les individus et les pays.  La 1e lecture met en relief la vie dans la première communauté chrétienne par l’insistance sur la solidarité entre tous. Elle se concrétise par la mise en commun des biens, guidés en cela par l’enseignement des Apôtres, la prière et la fraction du pain (l’eucharistie). À la lumière de ce texte, je voudrais avoir cette adresse personnelle :

  • Église :

 Solidarité entre les paroisses, solidarité à l’égard du personnel, des paroissiens démunis.

  • Personnalités politiques :

Arrêtez les querelles politiciennes car ce n’est pas le moment. Vous avez un adversaire de taille en commun : le covid-19. Ce qu’on attend de vous, c’est l’unité nationale qui passe par une écoute attentive des propositions des uns et des autres : parti au pouvoir comme partis de l’opposition. Il n’y a pas réalité plus urgente que la vie des Ivoiriens. De plus, il faut une bonne répartition des divers dons reçus car la population dans sa grande majorité ne peut pas s’offrir des masques et gels hydro-alcooliques dont les prix ont flambé sur le marché. Vous faites beaucoup, je vous en remercie mais vous pouvez faire plus en exerçant un contrôle plus accru dans les lieux de vente de ces produits vitaux en pareille circonstance)

  • Dirigeants d’entreprises :

 Tout est quasi à l’arrêt, d’où le chômage technique qui s’impose. Mais certains ont profité de la situation pour ne pas verser le salaire de leurs employés. D’autres en ont renvoyés. Pourquoi ? C’est méchant, ce n’est pas humain. Vos employés, ils ont une famille, un loyer à payer, des frais de santé en cas de maladie ? Soyez justes et humains. Cet argent que vous gardez pour vous-mêmes au détriment de vos employés, vous n’irez pas avec cela dans votre tombe.

  • Propriétaires de locaux (maison, magasin, boutique) :

C’est vrai que vous avez pris votre argent pour acquérir vos locaux. Cependant, nous sommes dans une situation exceptionnelle et difficile. Soyez indulgents avec vos locataires, facilitez-les la vie en ayant des échanges constructifs avec eux. Ensemble, trouvez un terrain d’entente. Pourquoi ne pas revoir un peu à la baisse le coût de vos propriétés ?
Bon dimanche de la Miséricorde divine.
Que l’Amour de Dieu déversé en nos cœurs nous aide à transcender toutes les barrières pour entreprendre une démarche de pardon et de réconciliation envers nos frères et sœurs. Demandons cette grâce à Dieu dans la prière.



Père Sylvain du Saint Nom de Jésus, Vicaire Paroisse Sainte Famille de la Riviera 2


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