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UNIVERSITE CATHOLIQUE DE L'AFRIQUE DE L'OUEST UNITE UNIVERSITAIRE D'ABIDJAN MESSE DE RENTREE ACADEMIQUE 2013-2014

                                             Jeudi 17 octobre 2013                                                     

Révérend Père Pierre BOGUI NIAVA, Recteur de l’UCAO,
Révérend Père Jules DJODI, Président de l’UCAO/ UUA,
Révérend Père IBO GOA Maurice, Vice Président de l’UCAO/ UUA,
Révérend Père  Modeste SOME, Secrétaire Général de l’UCAO/UUA,
Révérends Pères Aumôniers,


Révérends Pères Doyens des différentes facultés et Directeurs des Instituts

Révérends Pères formateurs,
Chers Pères,
Chers enseignants,
Chers parents, amis et invités,
Chers amis étudiants,

La Tradition veut que chaque année, nous nous retrouvions, professeurs et formateurs, agents de l’administration et parents, étudiants et amis de notre Unité Universitaire d’Abidjan, pour offrir en sacrifice à Dieu, ce que sera notre année académique. Et comme chaque année, je dois avouer que je ne boude pas mon plaisir de me retrouver avec vous, convaincu chaque jour davantage que si Dieu est la source de toutes nos actions, il n’y a pas de raison qu’elles ne trouvent pas en Lui, leur achèvement ! Une année s’en est allée avec son lot de joies pour les uns et de déceptions pour les autres. Une nouvelle nous est offerte ! A Dieu soit rendue gloire, louange et honneur, comme nos prédécesseurs l’ont fait et comme le feront nos successeurs !

L'an dernier, à la faveur de notre messe de rentrée académique, je vous indiquais dans l’adresse que je vous avais faite, que le défi majeur que nous aurions à relever, vous vous en souvenez encore certainement, c’était celui de la foi : foi en Dieu, foi en vous-mêmes, foi en votre avenir, foi en notre sous région ouest-africaine. J’avais souligné que nos états africains de demain n'ont que faire des étudiants paresseux, partisans du moindre effort, tricheurs et menteurs à souhait, les yeux rivés vers le ciel, les mains toujours tendues et qui attendent que tout leur tombe dessus comme par une opération quelconque du Saint Esprit. En conclusion de mes propos, je vous assurais du soutien de tous vos Pères les évêques en insistant sur le fait qu’ensemble, main dans la main, et avec Dieu, nous ferons des prouesses !

Le défi de cette nouvelle année qui nous est offerte, nous voulons le placer dans la même veine que celui de l’année dernière, en envisageant ensemble d’aller plus en profondeur. Il s’agira pour nous, en manifestant une foi plus visible dans notre vie personnelle (prêtres, religieux et religieuses, étudiants et agents de l’administration) de faire en sorte que cette foi soit aussi visible dans nos communautés, (communauté de prêtres, communauté d’étudiants, communauté universitaire) et ce, dans l’optique de la nouvelle évangélisation qui s’impose à nous aujourd’hui.

Cette réflexion, ce défi que je vous propose, c’est également celui qui va conduire tout notre Archidiocèse d’Abidjan et vous convenez avec moi que vous ne pouviez pas raisonnablement être soustrait de cet élan que nous prenons dans notre marche à la suite du Christ.

Mais avant, je pense qu’il est de bon ton de vous souhaiter à tous et particulièrement aux nouveaux, prêtres, étudiants, à vous tous qui venez pour la première fois dans notre Unité universitaire d’Abidjan, la bienvenue. Bienvenue chez nous ou plutôt bienvenue chez vous, car nous avons pour ambition de faire de notre Unité universitaire d’Abidjan, une Famille-de-Dieu, où chacun trouve ce dont il a besoin pour son épanouissement à tous points de vue. Comme l’an dernier, je prie pour que chacun de vous prenne davantage conscience de ce qu’il est venu chercher ici, des efforts que vos diocèses, vos congrégations, vos parents consentent pour que vous puissiez étudier dans un cadre comme celui-ci, et qui se révèle être pour vous, une chance qu’il faut tenir des deux mains.

Le monde tel qu’il se présente à nous aujourd’hui nous interpelle. Alors que Jésus-Christ, Lumière des nations ne cesse de remplir l’univers de son amour, des hommes et des femmes de toute race, langue, peuple et nations, des adultes aux adolescents connaissent de plus en plus l’éclipse du sens de Dieu. Paradoxe des temps nouveaux ou inconsistance du témoignage des baptisés ? Dans tous les cas, les baptisés que nous sommes doivent prendre conscience que leurs vies, qu’elles soient personnelles ou communautaires, sont devenues des arguments pour ou contre l’adhésion à la personne du Christ et à son amour.

Dans la première lecture de ce jour, à partir de sa propre expérience, celle d’un Juif enfermé dans un légalisme durci et devenu de ce fait persécuteur des chrétiens, puis celle de converti par intervention de la miséricorde divine, Saint Paul analyse l’insuffisance de la Loi telle qu’elle a été comprise dans le passé. Elle faisait voir le bien, mais elle n’arrachait pas vraiment l’homme au péché, car elle ne changeait pas sa mentalité profonde. La Loi créait donc crispation et angoisse face à un Dieu perçu comme maître autoritaire et menaçant. L’Apôtre nous enseigne ainsi que la véritable attitude correcte face à Dieu, consiste à s’ouvrir à son amour gratuit manifesté en Jésus-Christ.

1-   Adresse aux étudiants.

Chers amis, chers fils, chères filles,

Comment dire votre foi et votre attachement au Christ en cette année académique de sorte que cela soit visible ? En d’autres termes, serez-vous cohérents ? Vos actes seront-ils conformes avec votre foi ? Quelle tête aurez-vous quand vous parlerez de votre foi en Jésus-Christ ? Serez-vous étonnés de rencontrer la souffrance et l’échec sur votre route ? La vraie question qui résume toutes celles posées plus haut et à laquelle vous serez appelés à répondre est sans aucun doute celle-ci : de quoi avez-vous peur aujourd’hui ?

L’exemple de Saint Paul dont nous faisons mention dans la  première lecture de ce jour peut vous aider. Enfermé dans un légalisme durci, il est devenu de ce fait persécuteur des chrétiens. Mais, converti et ouvert, il analyse sereinement le monde dans lequel il vit. Il vous appartient, tout au long de cette année, d’ouvrir large les portes de vos cœurs et de vos esprits pour percevoir ce que le Christ attend de vous. Si le témoignage de Saint Paul est édifiant, c’est justement parce qu’il a su s’ouvrir à l’amour gratuit de Dieu manifesté en Jésus-Christ.

Je voudrais imaginer avec vous le scénario d’enseignants de cette Unité Universitaire qui ne se parlent pas, se boudent, se jalousent et qui une fois en votre présence vous recommandent tout le contraire de ce qu’ils vivent eux-mêmes. Comment réagiriez-vous à un tel enseignement ?  Vous les crucifierez certainement sur le poteau de la critique. La critique est aisée dit-on. Mais vous-mêmes, comment vivez-vous à l’intérieur de vos facultés, vos groupes de travaux dirigés, à l’intérieur tout comme à l’extérieur de l’enceinte de cette université ? L'amour fraternel est-il au rendez-vous dans vos paroles et vos actes? Tous appelés, tous responsables, telle doit être votre devise en cette année académique.

Frères et sœurs,

La page de l’Evangile de ce jour complète merveilleusement la première lecture. En effet, Jésus vient d’accuser ceux qui pratiquent la Loi en suivant scrupuleusement ce qui est superficiel et en négligeant l’essentiel. Un légiste, un de ces spécialistes de la Loi dont les interprétations règle la vie quotidienne du pharisien de base, se sent à juste titre visé par le réquisitoire de Jésus. Le reproche qui est ici fait aux Légistes, c’est celui de créer un ‘‘maquis de réglementation toujours plus détaillées, un carcan de préceptes qui enserre le peuple tout entier. Or, ils ne font rien pour ‘‘ donner un coup de main’’ à ceux qui ploient sous le fardeau de la Loi ainsi interprétée. Ne devraient-ils pas les aider en leur montrant avant tout ce qui est la racine de la Loi, c’est-à-dire, l’amour de Dieu pour son peuple ?

2-   Adresse aux formateurs

‘‘Parce que notre université a pour vocation profonde d’être le vivrier de l’élite de demain, elle doit produire des cadres compétents, des dirigeants intègres pour une Afrique de demain debout ! Ce à quoi nous sommes invités en tant qu’institution de formation, c’est de permettre à nos auditeurs de pouvoir relever les défis qui attendent nos états, afin d’être au rendez-vous de l’excellence et du progrès de l’enseignement pour l’édification d’une Afrique nouvelle.

Cela passe par une analyse sereine de la situation de notre université pour en dégager les opportunités mais, surtout pour proposer une formation qui permette de faire émerger l’élite de demain, celle qui donnera à nos états de revendiquer leurs places dans le concert des nations. Par ailleurs, il est clair que même si depuis la rencontre de Dakar, des avancées notables ont été constatées, beaucoup de travail restent encore à effectuer, car le chemin de l’excellence est long et souvent ardu. Mais, nous restons très optimistes pour que les choses commencées s’approfondissent et  grandissent afin que ce que nous allons entreprendre, rencontre le succès escompté. Cela est encore possible aujourd’hui, d’où l’enjeu et l’importance de cette rencontre.’’

Ces propos, ce sont ceux que j’ai tenu le mercredi 23 janvier dernier, à l’occasion de la deuxième session du Conseil Supérieur de l’UCAO. Ils résument bien à mon sens ce que nous attendons des formateurs que vous êtes : être à la différence du légiste de l’évangile, pour vos jeunes frères et sœurs,  une aide qui leur montre avant tout l’amour de Dieu. Vous le savez certainement, si pour parvenir à la foi, un début d’amour est nécessaire, pour s’y maintenir, s’y consolider, il n’est pas plus sûr moyen que d’aimer ; car l’amour est de toutes les dispositions, la meilleure pour croire.

C’est à cela que je vous engage. Pour parvenir à produire des cadres compétents et des dirigeants intègres pour une Afrique de demain debout, je pense bien humblement qu’au-delà du savoir que vous leur inculquez, il vous faudra réussir à leur inculquer aussi votre foi. Vous aussi, que votre foi soit visible par la qualité de votre enseignement, de vos relations interpersonnelles, de votre façon de vivre et de faire vivre les autres. N’oubliez pas que vous êtes responsables de la croissance de l´amour entre vos étudiants. Sachez donc ouvrir devant eux le chemin de l'Evangile de l'amour. En agissant ainsi, vous rendrez un grand service à notre Institution et partant à notre continent.

Pour tous, je souhaite de tout cœur qu’en cette année,  vos paroles se taisent et que les actes qui disent votre foi parlent pour vous. En terminant, je vous recommande tous à la prière de Saint Ignace d’Antioche dont nous faisons mémoire aujourd’hui, de Saint Augustin notre saint patron et de la Sainte Vierge Marie notre tendre et douce mère.

 Que l'année académique 2013-2014 que je déclare ouverte vous soit bonne, heureuse et fructueuse.

 

+ Jean Pierre KUTW                                                                                       Archevêque d'Abidjan                                               Vice Grand Chancelier de l'UCAO/UUA

 

    

 

 

 

 

 

 

 

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