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INTERVENTION DE MONSEIGNEUR JEAN PIERRE KUTWA A L’OCCASION DE LA RENTREE PASTORALE DE L’ANNEE 2012-2013

THEME : « Que tous soient Un, afin que le monde croie que tu m’as envoyé». Jn 17, 21).


Ce thème est tiré des versets suivants qui en donnent tout le contexte : « Ce n’est pas seulement pour mes disciples que je prie, mais encore pour tous ceux qui croiront en moi, grâce à leur parole
« Que tous soient Un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que c’est toi qui m’as envoyé». Pour moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un, comme nous sommes un : moi en eux, et toi en moi, pour qu’ils soient parfaitement un, et que le monde admette que c’est toi qui m’as envoyé, et que tu les as aimés, comme tu m’as aimé. » (Jn 17, 20-23).

La vie de Dieu communiquée par Jésus est un courant d’amour qui doit passer de personne à personne (Jn 15, 9-17) ; pour ses disciples de tout temps, qui viendront de tous continents, de toutes races, de toutes cultures, Jésus demande cet amour mutuel, vraie participation à La vie divine.

LA FOI

Selon la volonté du Saint Père Benoît XVI, l’année pastorale 2012-2013 s’annonce sous le signe de la foi, source de l’unité du peuple de Dieu dans l’amour. En effet, la foi, comme dit St Jacques, est un don de Dieu qui doit s’exprimer à travers des comportements humains qui manifestent une adhésion à une personne, Jésus Christ, Fils de Dieu, mort et ressuscité, source de notre unité dans la charité.

S’attacher à la Personne de Jésus ouvre nécessairement l’homme au Père car Jésus est le seul chemin, connu ou inconnu, qui conduit au Père. L’image est belle, celle d’être attaché à une autre personne par une corde ! Mais ici, il en va autrement : il s’agit de celui qui écoute et pratique la parole entendue. Quelle est donc la parole contenue dans cette péricope de l’évangile selon st Jean : « que tous soient un afin que le monde croie que le Père m’as envoyé ? »

A la première lecture, nous comprenons ce passage comme une prière que Jésus adresse à son Père pour l’unité de tous ses fidèles. Lui seul, le Père, pourra faire advenir cette unité nécessaire à la foi en lui, Jésus. A l’instar de la prière du Pater Noster « Que ton Nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel», c’est Dieu le Père qui est interpellé dans l’activation de son projet sur l’homme. Nous pourrions également comprendre que le Fils demande à son Père de permettre que ses disciples soient un, donnant ainsi à l’homme, la capacité d’œuvrer à être un avec ses frères disciples du Fils. L’unité des disciples est, pour Jésus, le seul facteur pour que le monde croie en lui. Si le monde croit et confesse que le Christ est le seul Sauveur, envoyé par le Père, il sera sauvé (cf: Rm 10, 10). Jésus ne disait-il pas souvent : « Ta foi t’a sauvé » à ceux qui souvent criaient vers lui leur misère ?

Comment le monde pourrait-il croire que le Père a envoyé son Fils unique pour le sauver si ce n’est entrainé par l’unité de ceux qui sont fondés dans la foi ? Le monde attend la révélation. En effet, dit Paul aux Romains : « J’estime qu’il n’y a pas de proportion entre les souffrances du temps présent et la gloire future qui doit se révéler en nous. Aussi, la création attend-elle, avec un ardent désir, cette révélation des fils de Dieu ». Et Paul d’expliquer : « La création a été assujettie à la vanité, (non de plein gré, mais par la volonté de celui qui l’y a soumise), avec toutefois cette espérance : d’être affranchie, elle aussi, de la servitude de la corruption, pour avoir part à la glorieuse liberté des enfants de Dieu ». Nous savons en effet que, jusqu’à ce jour encore, la création toute entière gémit dans les douleurs d’un enfantement ». Rm8, 18-22 Cet enfantement, c’est croire au Fils de l’Homme comme celui que le Père a envoyé.

Il est par conséquent impératif que le monde croie. Cependant, il ne le pourrait que si les chrétiens, disciples du Christ, expriment, par leur unité, la révélation du Christ, c'est-à-dire demeurent toujours unis dans la profession de la même foi dont le Saint Père nous propose le contenu dans le Catéchisme de l’Eglise Universelle. C’est dire que la connaissance des contenus de foi est essentielle pour donner son propre assentiment, c'est-à-dire pour adhérer pleinement avec l’intelligence et la volonté à tout ce qui est proposé par l’Eglise.

Par ailleurs, nous ne pouvons pas oublier que, dans notre contexte culturel, de nombreuses personnes, bien que ne reconnaissant pas en soi le don de la foi, sont quand même dans une recherche sincère du sens ultime et de la vérité définitive sur leur existence et sur le monde. Cette recherche est un authentique « préambule » à la foi, parce qu’elle met en mouvement les personnes sur le chemin qui conduit au mystère de Dieu.

Pour accéder à une connaissance systématique des contenus de la foi, tous peuvent trouver dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique une aide précieuse et indispensable. Il constitue un des fruits les plus importants du Concile Vatican II. Nous devons être unis pour que le monde croie.

LES RAISONS

Jésus, en priant son Père de réaliser l’unité de tous ceux qui écouteront la parole des Apôtres, en priant pour que la volonté éternelle de Dieu se réaffirme en quelque sorte et nous fasse redevenir ce que fondamentalement et ontologiquement nous sommes dans sa pensée: UN, mais que le péché des origines et notre péché personnel ont fragilisé, brisé, en blessant nos facultés, nous appelle également à œuvrer à cette unité, notre propre unité, conscients que nous sommes responsables de l’équilibre du monde dans sa quête véritable de libération, de salut.

Nous comprenons pourquoi St Luc, auteur du livre des actes des Apôtres, évite soigneusement de donner aux premiers chrétiens le nom d’amis, alors qu’il emploie assez volontiers ce terme en d’autres contextes. Il ne les désigne pas du nom de frères: il les appelle simplement les croyants (Ac.2, 42-47). Cette façon de faire semble inviter à comprendre la conduite des premiers chrétiens à partir de la foi qui les unit dans leur commun attachement au Christ: c’est sur cette foi que se fonde leur fraternité. En somme, la communauté est fondée sur la foi. Ni amis ni même frères d’abord, mais croyants. La communion fraternelle authentique n’est pas d’abord du sentiment : comme la maison bâtie sur le roc, elle est fondée sur Jésus et sur la parole de Dieu. L’union fraternelle est la condition indispensable de l’intimité avec Dieu et avec Jésus : « A cela tous vous reconnaîtront pour mes disciples, (à cet amour que vous aurez les uns pour les autres) » Jn13, 35. C’est la certitude d’être aimés par le Père et de vivre en présence du Fils ressuscité qui pousse les croyants à devenir les témoins en actes de leur amour commun.

« Que tous soient Un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi : qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que c’est toi qui m’as envoyé ».

QUELQUES CHEMINS VERS L’UNITE

Nous sommes appelés à prendre notre part à l’œuvre de Dieu qui fait de nous un seul peuple uni par la foi, ayant le même Seigneur, né du même baptême, partageant la même espérance et vivant de la même charité. Appelés par Jésus à être missionnaires, c'est-à-dire à éveiller la foi du monde, il nous faut nous-mêmes vivre l’unité, fondement de la foi.

1/ FAIRE L’UNITE EN NOUS-MEMES

Le péché défigure l’amour et nous renferme sur nous-mêmes. Nous devenons de plus en plus égoïstes. Le monde prône inlassablement la liberté de faire ce qui nous plaît. En faisant cela, nous devenons esclaves de nos passions. Suis-je libre de dire non au péché dans ma vie ? Est-ce que je juge souvent mes caprices avec auto-indulgence ? Le péché crée un déséquilibre intérieur, une fracture entre ce que ma conscience me présente comme la volonté de Dieu et ce que je suis en train de vivre. Si nous aimons Dieu, nous lui obéissons. L’amour en dehors de l’obéissance est une illusion, un mensonge et si ma relation avec le Christ n’est pas droite, tout le reste repose sur du sable mouvant. Demander au Christ de m’aider à voir le déséquilibre qu’il désire que je corrige dans ma vie, les blessures qu’ll veut guérir dans mon cœur.

2/ LA CONNAISSANCE DE L’AUTRE

Connaître pour mieux aimer, dit Saint Augustin. Connaissons-nous nos frères ? (nos fidèles) ? Savez-vous comment sont nés les schismes ? Les hérésies ? Il y a des gens qui ne se sont pas sentis accueillis, à l’aise dans l’Eglise, il y a des gens qui se sont sentis gelés dans ces réunions soi-disant fraternelles, qui ont été effrayés de voir combien les chrétiens (les prêtres, les religieux, les religieuses) mentaient à leur foi : ils restaient froids, égoïstes, indifférents les uns aux autres. Alors, parce qu’ils n’avaient pas trouvé dans notre Eglise assez de foi, de vérité, de charité, ils ont cherché autre chose ; ils sont allés chercher ailleurs ce qu’ils n’avaient pas trouvé dedans.

Je demandais un jour à une dame pourquoi, de catholique, elle était devenue évangélique. Eh bien, me répondit-elle, maintenant chaque dimanche, je passe deux ou trois heures dans un milieu fraternelle où on m’accueille, on cherche à me connaitre, on me considère, on me parle.

Il nous faut donc faire attention à l’autre, chercher à le connaître, car l’unité suppose l’accueil et le respect d’autrui dans sa différence même. S’accepter différents pour s’aimer complémentaires.

TEMOIGNAGE DE NOTRE UNITE

1/ L’Unité des disciples
Cette unité des disciples dans l’amour, fruit de l’unité de l’amour divin, en est aussi le vivant et rayonnant témoignage. La communion fraternelle poursuit la révélation de Jésus : « A cela, tous vous reconnaitront pour mes disciples – a cet amour que vous aurez les uns pour les autres » Jn13,35. C’est la certitude d’être aimés par le père et de vivre en présence du Fils ressuscité qui poussent les croyants à devenir les témoins en actes de leur amour commun.

Il y a un moyen de convertir le monde, un moyen sûr, efficace, garanti par Jésus lui-même, il y a un moyen sûr pour le milliard de chrétiens de convertir les deux milliards d’hommes qui n’ont pas la foi : « qu’ils soient un » ; comme il y a un moyen de scandaliser le monde et de le confirmer dans son incrédulité, c’est de maintenir et d’étaler nos divisions. Les hommes de notre temps sont réalistes. Ils jugent d’après ce qu’ils voient. Ils nous entendent prêcher l’amour, mais, ils ne nous voient pas nous aimer. Ils ont alors beau jeu de nous dire : « Médecin, guéris-toi, toi-même ! ».

Jésus ne demeure plus parmi nous à travers sa chair fragile, comme autrefois sur les routes de Galilée. Le seul visage qu’il puisse montrer aux incroyants aujourd’hui, c’est celui de nos communautés fraternelles. Aujourd’hui, en effet, nous constatons de nombreuses fractures et des divisions au sein de la Société. Lorsque nous regardons autour de nous, nous voyons tant de tendances différentes qui s’opposent souvent, même à l’intérieur de l’Eglise (dans nos paroisses, nos communautés religieuses, nos groupes, mouvements et associations)

Oui, que de divisions parmi nous, que d’indifférence, d’ignorance, de jalousie, de querelles, de barrières parmi nous. Dieu ne veut pas de cette division. Il a prié pour que nous soyons tous un, afin que cette unité soit un témoignage pour le monde à qui le Père a envoyé Jésus. Si le monde n’est pas convaincu que le Christ, Fils de Dieu nous a apporté la Bonne Nouvelle du Salut, c’est peut être en partie de notre faute ; Est-ce que je pense à prier pour l’unité des chrétiens ? Est-ce que je cherche activement par mes paroles et par mon attitudes, à rassembler plutôt qu’à diviser ?

2/ L’UNITE DANS LA FAMILLE

La société d’aujourd’hui se caractérise par une désunion croissante au sein de la famille. Le divorce déchire les familles, sépare les enfants de leurs parents. Il est rare qu’un enfant ne soit pas marqué, après le divorce de ses parents. L’effet néfaste du divorce sur les enfants est bien connu des sociologues, des médecins et des éducateurs. Pourtant peu de personnes semblent prêtes à contester le droit de mettre fin à un mariage estimé non « réussi ». L’unité voulue par le Christ, pour toutes les familles, est fondée sur son amour. II est le ciment de notre cohésion. Il nous invite à faire passer les autres avant nous-mêmes et à chercher à servir plutôt qu’à nous servir. Cela exige un effort constant d’écoute, de pardon et de sacrifice personnel. C’est toute autre chose que l’idée à la mode de l’estime de soi et de l’épanouissement personnel à tout prix. Suis-je prêt à demander et à accorder le pardon ? Est-ce que je place ma famille avant mes envies et mes propres projets?

3/ L’UNION FRATERNELLE EST LA CONDITION INDISPENSABLE DE L’INTIMITÉ AVEC DIEU ET AVEC JÉSUS

La joie d’un Père, c’est que ses enfants s’entendent. Je crains bien que lorsqu’il nous considère du haut du ciel, le Père, en nous voyant renfermé sur nous-mêmes, indifférents aux autres (ou même opposés) ne doive se dire : « j’ai échoué avec eux. Mon vœu était qu’ils s’unissent entre eux, et voilà qu’ils croient tous me faire plaisir en venant s’unir individuellement à moi.

Le Christ nous a prédit que le monde ne se convertira pas du tout si nous disons aimer Dieu ; cela tout le monde peut le prétendre et personne ne peut le vérifier. Mais le monde se convertira si nous produisons ce miracle rarissime et indubitable : si aujourd’hui, tous ensembles, nous nous mettons à faire de sérieux efforts pour nous réconcilier, et faire l’unité avec l’autre.

Celui qui prétend aimer Dieu qu’il ne voit pas, mais qui n’aime pas son frère qu’il voit, c’est un menteur dit Saint Jean. Le prêtre qui célèbre l’Eucharistie pour s’unir à Dieu qu’il ne voit pas, c’est tout ce qu’on veut, sauf un miracle capable de provoquer la conversion du monde. Votre frère (votre confrère, votre consœur) ; c’est Dieu à portée de votre amour, pour que vous puissiez vérifier si vous avez pour Dieu des rêveries sentimentales ou bien un amour sincère et agissant.

ETRE UNI NE PEUT QUE CONTRIBUER A L’EMERGENCE D’UNE CÔTE D’IVOIRE PACIFIEE ET UNIFIÉE

L’UNITE AU SERVICE DE LA COHÉSION SOCIALE DE NOTRE PAYS

Le monde d’aujourd’hui est un monde de violence, un monde où la lutte existe, qu’il s’agisse de lutte entre ethnie ou de lutte entre classe; un monde où on prône la violence comme moteur de l’histoire. Nous sommes dans un monde où non seulement la violence existe, mais où elle est justifiée. Notre monde est toujours déchiré par les passions de toutes sortes : la cupidité, l’envie, l’emportement, la haine qui, au cours des ans, ont acquis de nouveaux noms respectables comme la lutte des classes, la lutte pour le pouvoir, le conflit racial, le combat syndical. Le refus primitif de tout compromis est devenu un principe, tout ceci entrainant des guerres un peu partout. Il n’y a plus d’unité. Et c’est ce que vit notre pays. Comment retrouver la cohésion sociale. Ce thème QUE TOUS SOIENT UNS AFIN QUE LE MONDE CROIE » vient à point nommé dans notre souci d’évangélisation et d’aide à la cohésion sociale.

L’unité s’impose pour raffermir la crédibilité de l’annonce de l’Évangile et le témoignage chrétien dans un contexte politiquement contraignant, instable et actuellement enclin à la violence, où l’Eglise vit dans une multiformité remarquable. La vraie question pour un chrétien ivoirien n’est pas de « venir à l’Eglise » mais de « devenir Eglise ».
Devenir Eglise, ce corps organique, uni par la foi. A quoi bon nous rassembler pour l’Eucharistie, faire des gestes d’union, de communion si nous nous arrangeons pour que rien ne change dans notre cœur, ni dans notre conduite au moment où nous partirons ?

Le seul signe que nous aurons vécu valablement l’Eucharistie, c’est si en sortant, nous nous sentons plus proches les uns des autres et le manifestons par des gestes d’attentions, de pardon, de réconciliation.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons être unis pour permettre à nos frères de rencontrer Jésus-Christ dans l’Eglise. Jésus Christ qui a fait tomber le mur de la haine, abolissant ainsi toutes les divisions. L’unité va permettre de changer notre milieu, de le contaminer en bien. L’unité est comme un sacrement de l’apostolat, un signe visible de la présence de Jésus, de la mission donnée par lui-même à ses envoyés.

C’est dans cette vision d’unité que le peuple de Dieu qui est en Côte d’Ivoire en général et à Abidjan en particulier doit désormais vivre son alliance avec Dieu, par le Christ et dans l’Esprit Saint. Tout notre apostolat, en faveur de la justice, de la réconciliation et de la paix doit se réaliser dans la perspective de cette union ecclésiale. La Côte d’Ivoire qui cherche à sortir de cette crise dans laquelle elle est plongée depuis plus d’une décennie, est conviée à baliser le chemin de sa reconstruction sur les dons divins de justice, de réconciliation et de paix.

Aussi chaque membre du peuple de Dieu de l’Archidiocèse d’Abidjan doit vivre encore aujourd’hui plus que jamais, le crédo de l’ecclésiologie africaine qui est : « Je crois en l’Eglise Famille de Dieu, famille dans laquelle il n’y a plus ni juifs, ni païens, ni hommes libres, ni esclaves mais un seul peuple réconcilié. Croyant en cette Eglise Famille de Dieu, communiquons à toute la nation ivoirienne ce que nous avons de plus précieux et de plus cher : l’unité, gage de la paix.

CONCLUSION

« Que la Parole du Seigneur accomplisse sa course et soit glorifiée» (2 Th 3, 1): puisse cette Année de la foi rendre toujours plus solide la relation avec le Christ Seigneur, puisque seulement en lui se trouve non seulement la certitude de notre unité, mais également la garantie de son amour pour regarder vers l’avenir, gage d’une paix authentique, durable et véritable, et d’une réconciliation sincère en Côte d’Ivoire dans l’amour.



+Jean Pierre KUTWÃ
Archevêque d’Abidjan

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