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MESSAGE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE L’OUVERTURE DE LA PORTE SAINTE

Cathédrale Saint Paul du Plateau Abidjan

Dimanche 13 décembre 2015 

Excellence Monseigneur Joseph SPITERI,

Révérends Pères,

Révérends frères,

Révérendes sœurs,

Frères et sœurs en Christ,

Tout à l’heure, en ouvrant la Porte de la Miséricorde mais surtout, en franchissant le seuil de cette porte, nous venons de poser un acte hautement prophétique, alors que retentit aujourd’hui, de façon particulière pour notre monde les paroles du psalmiste : ‘‘Ouvrez-moi les portes de justice ; j’entrerai, je rendrai grâce au Seigneur !’’

 

Acte prophétique oui, en ce sens que comme dit le Pape François, ‘‘quiconque entrera [par cette porte] pourra faire l’expérience de l’amour de Dieu qui console, pardonne et donne l’espérance. Acte prophétique aussi, parce que nous sommes ainsi invités, en ouvrant les portes de la justice, à être pour notre monde les visages de la miséricorde du Christ !

Quelle joie, quelle grande joie pour notre monde où ‘‘la tentation d’exiger toujours et seulement la justice a fait oublier qu’elle n’est qu’un premier pas… ; un monde où l’expérience du pardon est toujours plus rare ... ; un monde où heureusement, le temps est venu pour l’Eglise de retrouver la joyeuse annonce du pardon. Il est temps, comme dit Notre bien-aimé Saint Père, de revenir à l’essentiel pour se charger des faiblesses et des difficultés de nos frères. Le pardon est une force qui ressuscite en vie nouvelle et donne le courage pour regarder l’avenir avec espérance.’’

         Mais comment regarder l’avenir avec espérance, comment faire en sorte que l’événement mondial que nous vivons en cette heure, se transforme en véritable occasion où Dieu se donne à notre humanité, Lui ouvrant grandement les bras de son cœur ?

         Je pense personnellement que c’est à chacun de nous tous ici présents, évêques, prêtres, religieux et religieuses, fidèles laïcs du Christ, hommes et femmes de bonne volonté, de faire en sorte que le Jubilé extraordinaire de la Miséricorde soit véritablement une chance pour notre humanité. Aussi, voudrais-je faire cette adresse.

  1. 1.   A mes frères prêtres :

Voici que vient de s’ouvrir la Porte Sainte de la Miséricorde. De tout cœur, je souhaite que vous-mêmes puissiez en tirez le plus grand profit. En le disant, je voudrais vous inviter à tout mettre en œuvre pour être partie prenante de tout ce qui va être vécu sur vos paroisses. En ce sens, votre implication personnelle dans tous les exercices spirituels que vous proposerez à vos fidèles ne sera jamais de trop. Il convient en cette année spéciale, que vous puissiez offrir à vos fidèles, le témoignage d’équipes presbytérales unies et qui vivent joyeuses leur ministère sacerdotale, nonobstant les difficultés inhérentes à toutes vies en sociétés.

Je vous exhorte à permettre à vos fidèles, tout au long de ce jubilé extraordinaire,  de faire l’expérience de l’amour de Dieu, particulièrement dans le sacrement de la pénitence. Il vous faudra aménager votre temps pour les écouter et  les accompagner non pas pour les juger, mais bien pour leur faire toucher du doigt, la réalité de l’amour miséricordieux de notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ !

Par ailleurs, chers confrères dans le sacerdoce,  n’oubliez pas ‘‘qu’être confesseur, c’est participer à la mission de Jésus d’être signe concret de la continuité d’un amour divin qui pardonne et qui sauve…Nul d’entre nous n’est maître du sacrement, mais un serviteur fidèle du pardon de Dieu.’’

Enfin, je voudrais vous rappeler que ‘‘pour se trouver dans les meilleures conditions de montrer avec efficacité la beauté de la Pénitence, il est indispensable que le ministre du sacrement [lui-même] offre un témoignage personnel en précédant les autres fidèles dans l’expérience du pardon. Cette expérience constitue par ailleurs la première condition pour la revalorisation pastorale du sacrement de la réconciliation. En ce sens, il est bon que les fidèles sachent et voient que leurs prêtres eux aussi se confessent avec régularité’’.

  1. 2.   A vous fidèles laïcs du Christ : ‘‘Ouvrez-moi vous aussi les portes de justice ; alors j’entrerai, je rendrai grâce au Seigneur !’’

Le jubilé que nous célébrons est une chance inouïe pour chacun de nous. C’est l’occasion non seulement d’expérimenter la miséricorde de Dieu pour nous-mêmes personnellement, individuellement, mais bien plus, de la traduire en actes concrets pour nos frères. Pour vous, je voudrais reprendre les propos du Saint Père : ‘‘ ouvrons nos yeux pour voir les misères du monde, les blessures de tant de frères et sœurs privés de dignité, et sentons-nous appelés à entendre leur cri qui appelle à l’aide. Que nos mains serrent leurs mains et les attirent vers nous afin qu’ils sentent la chaleur de notre présence, de l’amitié et de la fraternité. Que leur cri devienne le nôtre et qu’ensemble, nous puissions briser la barrière d’indifférence qui règne souvent en souveraine pour cacher l’hypocrisie et l’égoïsme.’’

Concrètement, il s’agira pour chacun de vous,  après s’être réconciliés avec le Christ par le pardon de vos fautes, de tout mettre en œuvre pour faire de même avec vos frères et sœurs. Le chemin de ce vivre-ensemble passe par les œuvres de miséricorde.  Ces œuvres sont de deux ordres : d’abord, les œuvres de miséricorde corporelles: donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts. Ensuite, les œuvres de miséricorde spirituelles : conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses, prier Dieu pour les vivants et pour les morts.

  1. 3.   Aux religieux et religieuses et aux Communautés Nouvelles.

Vous êtes, on ne le dira jamais assez, chacun avec son charisme propre, sa vocation et son ministère, une chance pour notre Eglise. Le grand mouvement de la miséricorde qui gagne notre Eglise doit non seulement vous toucher, mais également vous inspirer vous aussi.

A ce titre, je voudrais vous inviter à comprendre, discerner et interpréter les aspirations profondes de vos membres. Savez-vous que certains de vos membres souffrent en silence parce que n’ayant pas reçu une oreille attentive au moment où ils en avaient le plus besoin ?

Votre foi au Christ et la diversité de vos charismes font de vous des acteurs importants dans l’annonce de l’évangile du Christ. Votre présence nous redit encore et toujours que Dieu ne cesse de parler à notre monde. Quel témoignage allez-vous nous offrir en cette année de la Miséricorde ? Celui de Communautés jalouses et super protectrices  de ses membres ; des communautés où seule la parole du Responsable à valeur d’évangile ? A vous aussi, j’ai envie de dire : ‘‘Ouvrez pour vos frères les portes de justice ; alors ils entreront et rendront grâce au Seigneur !’’

 

  1. 4.   Aux gouvernants et aux acteurs politiques.

En octobre dernier, je vous exhortais au nom du Christ et de sa miséricorde, à nous offrir par anticipation, le merveilleux cadeau de la sérénité et de la paix par des élections apaisées. J’avais aussi souhaité que vous fassiez en sorte que les paroles de notre hymne nationale qui proclame avec fierté que nous sommes une ‘‘terre d’espérance, un pays d’hospitalité’’ sonnent vraies dans le cœur de chacun de nous. Tout en me réjouissant que cet appel ait été entendu, je voudrais vous dire que vous tous autant que vous êtes, le pays compte sur vous, le pays vous appelle.

Ici, je voudrais rejoindre une fois encore le Pape François qui ,en parlant de Justice et de miséricorde, dit ceci : ‘‘il ne s’agit pas de deux aspects contradictoires, mais de deux dimensions d’une unique réalité qui se développe progressivement jusqu’à atteindre son sommet dans la plénitude de l’amour… La justice est un concept fondamental pour la société civile…, elle veut que chacun reçoive ce qui lui est dû…

Dieu ne refuse pas la justice. Il l’intègre et la dépasse dans un événement plus grand dans lequel on fait l’expérience de l’amour, fondement d’une vraie justice. Cette justice de Dieu est la miséricorde accordée à tous comme une grâce venant de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ. La Croix du Christ est donc le jugement de Dieu sur chacun de nous et sur le monde, puisqu’elle nous donne la certitude de l’amour et de la vie nouvelle.’’

Notre pays qui n’a que trop souffert des différentes crises qu’il a connues et de nos divisions, a besoin pour sa reconstruction, du savoir faire de tous ses fils et filles. Aujourd’hui encore, nombre de nos frères sont en prison ou en exil. Ne serait-il pas possible, que le vent de l’indulgence nécessaire dans ce jubilé, souffle sur eux ? 

‘‘…En cette fête de l’Immaculée Conception,  j’aurai la joie d’ouvrir la Porte Sainte. En cette occasion, ce sera une Porte de la Miséricorde, où quiconque entrera pourra faire l’expérience de l’amour de Dieu qui console, pardonne et donne l’espérance, nous dit le Pape François

Qu’il plaise au Seigneur que tout au long de cette année jubilaire, chacun de nous fasse l’expérience de l’amour de Dieu qui console, pardonne et donne l’espérance. Je vous bénis et vous recommande tous à l’intercession bienveillante de la Vierge Marie et de Saint Paul.

+ Jean Pierre Cardinal KUTWÃ, Archevêque d’Abidjan

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