CONFERENCE EN REGARD CROISE Du 24 Septembre 2025 par Sr Mireille ZAKORÉ ( NDI)
OBJECTIF DE LA JOURNEE :
L’AUTONOMIE DE L’EGLISE ET LES MOYENS DE L’EGLISE
par
Sr Mireille ZAKORÉ ( NDI)
Le concept d’autonomie de l’Église fait référence à la capacité de l’Église à s’organiser, à se gouverner et à exercer ses fonctions spirituelles sans interférence extérieure, notamment de la part du pouvoir politique ou d’autres institutions non religieuses.
L'autonomie de l'Église signifie que l'Église dispose de son autorité propre, indépendante de l'État, en matière :
- Doctrinale (enseignement religieux, dogmes),
- Disciplinaire (organisation interne, règles pour les membres et le clergé),
- Liturgique (pratiques religieuses, sacrements),
- Administrative (gestion des biens, nomination des responsables religieux)
- L’Eglise arrive, elle-même à se prendre en charge
Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ! Psaume 132.1
THEME DU REGARD CROISE : TRANSPARENCE – ETHIQUE- GOUVERNANCE
TRANSPARENCE
Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marcheras dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie : Jean 8,12
- Celui que nous avons décidé de suivre est La Lumière, maintenant pour quoi nous voulons vivre dans les ténèbres ?
- Pour quoi nous n’avons pas la culture de rendre compte ?
- Dans nos familles biologiques, quand nos parents nous envoient, nous avons le devoir de rendre des comptes ?
La transparence est une qualité recherchée ; Elle est essentielle pour éviter les incompréhensions et favoriser une compréhension mutuelle.
- La transparence est synonyme d’ouverture et de clarté.
- La transparence c’est dire les choses clairement :
En tant que prêtre, religieux, religieuse ou laïcs, nous devons prôner la transparence en étant un témoignage vivant du Christ dans nos lieux de missions.
La transparence favorise une culture de confiance
Le prêtre qui a la lourde charge de la responsabilité des biens de l’Eglise a le devoir de rendre compte à son supérieur ecclésiastique.
Le consacré aussi doit faire pareil, cela nécessite une transparence dans les actions.
Même les couples ont le devoir de se rendre mutuellement compte. N’ont-ils pas fait communauté de bien ? Et même s’il n’en était pas le cas, le vivre-ensemble nécessite qu’ils se rendent compte pour être sur la même longueur d’onde.
Les enfants ont également le devoir de rendre compte à leurs parents… Ainsi va la vie.
Sur quoi le devoir de transparence nous interpelle-t-il aujourd’hui : prêtres, religieux ou laïcs ?
- Sur l’absence de rapports financiers dans certaines paroisses/diocèses ou communautés religieuses.
- Sur la mauvaise gestion des dons, offrandes, des cotisations des mouvements et associations, mauvaise gestion des biens de nos congrégations.
- Sur la concentration ou la gestion opaque du pouvoir décisionnel entre quelques personnes.
A quoi le devoir de transparence nous invite-il aujourd’hui pour une Eglise autonome ?
- Nous sommes invités à la transparence dans la gestion. Les mécanismes de suivi, d’audit interne et externe, ainsi que la documentation minutieuse sont essentiels pour maintenir la crédibilité et la continuité de la mission.
- Nous sommes invités à rendre compte de nos actions, de nos décisions, de nos finances,
- Nous sommes invités àavoir des procédures de gestion claires et permanentes qui définissent le fonctionnement de l’institution
- Nous sommes invités à rendre compte de manière compréhensible, accessible et régulière.
La transparence est un appel à vivre la vocation de manière authentique et visible, en témoignant de l’amour du Christ par des actions concrètes.
ETHIQUE
Ethique et autonomie ne sont pas des « options modernes », mais des exigences évangéliques directement liées à la mission de l’Eglise. Le Christ lui-même a enseigné la responsabilité, la vérité, et le service. En tant qu’institution visible, l’Église doit se montrer irréprochable dans sa gestion.
L'Église se doit de gérer ses biens avec transparence, prudence et en conformité avec sa doctrine sociale, tout en cherchant à assurer sa propre indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques et économiques.
L'éthique en matière de gestion des finances et des biens repose sur plusieurs principes clés issus de sa doctrine sociale. Ces principes guident la collecte, la gestion et l'utilisation des fonds.
- Finalité de la mission : L'argent n'est pas une fin en soi, mais un moyen pour l'Église d'accomplir sa mission d'évangélisation, de charité et de service aux plus démunis. Les fonds sont considérés comme un "dépôt sacré" provenant de la générosité des fidèles.
- Transparence et redevabilité : La gestion des finances doit être transparente. Le droit canonique et les réglementations internes exigent que les diocèses et autres entités ecclésiales rendent compte de leurs finances.
- Investissements éthiques : L'Église privilégie les investissements qui respectent ses valeurs. Elle évite les secteurs d'activité jugés contraires à la morale chrétienne (comme les industries de l'armement, du tabac, la pornographie, les jeux du hasard, les paris sportifs).
- Solidarité et partage : La gestion financière doit refléter le principe de solidarité. Les paroisses plus riches sont appelées à soutenir financièrement celles qui sont moins favorisées. Ce principe se traduit par des systèmes de péréquation et de partage des ressources.
C’est un devoir éthique pour l’Eglise de travailler à son autonomie afin de préserver sa liberté d'action et son indépendance.
Financement par les fidèles : Aujourd’hui, l'autonomie de l'Église repose principalement sur les contributions volontaires de ses membres, telles que le denier de l'Église, les quêtes et les legs.
Stratégies d'autofinancement : Pour renforcer leur autonomie, les entités ecclésiales développent diverses stratégies, comme la diversification des sources de revenus (gestion de biens immobiliers, activités économiques) et la professionnalisation de la gestion financière. L'objectif est de garantir les moyens nécessaires pour la formation des prêtres, l'entretien des édifices, les œuvres sociales, la rémunération et la prise en charge des prêtres.
GOUVERNANCE
Le plus grand parmi vous sera votre serviteur : Matthieu 23.11
Gouverner dans la vie consacrée rime avec service
La gouvernance dans est un service spirituel et missionnaire. Elle dépasse la simple organisation administrative, pour devenir un OUI, comme le fiat de la VIERGE MARIE. On ne peut pas gouverner dans l’Eglise et ne pas avoir le sens de la disponibilité et de l’écoute.
La personne qui gouverne est le garant de la continuité, la croissance, la fécondité de cette Institution .
L’Evêque donne sa vision, les prêtres ont le devoir d’obéir et d’entrer dans la vision de l’Evêque et les fidèles suivre les orientations des prêtres. Les communautés religieuses sont des témoins de la mission de l’Eglise. Elles participent à la vision pastorale, en apportant une contribution significative dans le champ de la mission, selon leurs charismes.
L’autorité ne se limite pas à l’administration, mais inclut l’accompagnement spirituel et la formation, doctrinale des membres.
- La formation est l’une des clés pour mieux gouverner.
- Formation continue
- Pour les prêtres, économes, gestionnaires de paroisses : en administration, en gestion, en normes comptables, en prévention des abus.
- Sensibilisation des fidèles à ce qu’est la transparence, leur rôle de vigilance.
- Formation éthique et financière pour les économes et conseils
La formation aide chaque membre à être efficace dans sa mission.
La gouvernance doit conjuguer avec discipline, discernement et initiative afin de répondre aux défis de la modernité et de rester fidèle à la mission ecclésiale.
Une gouvernance transparente structurée et participative favorise la stabilité, la crédibilité et la force missionnaire des instituts.
La gouvernance doit favoriser la vie fraternelle, la communion et surtout l’unité des membres
- Moi, je suis la vigne et vous les sarments et vous les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Jean 15.5
- En nous appuyant sur le SEIGNEUR, nous ne devons pas accumuler les richesses, pour soi mais les mettre au service des plus faibles.
- Toutes les ressources de l’église doivent servir pour la mission
- Les clercs et les laïcs travaillent en Co responsabilités sur la gestion des biens
- La tenue régulière de la comptabilité
- La présentation annuelle du budget aux fidèles
- Les rapports écrits réguliers
La personne qui gouverne doit être un apôtre de la miséricorde, parce que vous allez recevoir des coups et vous allez en donner aussi.
CONCLUSION
La transparence, l'éthique et la gouvernance sont des piliers cruciaux pour l'autonomie de l'Église. Elles renforcent sa crédibilité, favorisent la confiance des fidèles et lui permettent de remplir sa mission sans dépendance externe.
Une gouvernance solide assure la mise en œuvre de principes éthiques et la pratique de la transparence, ce qui est indispensable pour l'autonomie et la crédibilité de l'Église.



