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MONSEIGNEUR IGNACE BESSI DOGBO A OFFICIELLEMENT PRIS POSSESSION DU SIEGE EPISCOPAL DE L’ARCHIDIOCESE D’ABIDJAN

Ce samedi, la cathédrale Saint Paul D’Abidjan était archi-comble. Et pour cause, le nouvel Archevêque,  Monseigneur Ignace Bessi DOGBO prenait officiellement Possession du Siège Canonique de l’Archidiocèse. La messe a commencé avec une longue procession de prêtres, suivie des évêques et du nouvel archevêque. Parvenu à l’autel, les rites suivants ont été accomplis :

 

  • -         Lecture de la Bulle de nomination
  • -         Profession de foi et serment de fidélité du nouvel archevêque
  • -         Imposition du pallium
  • -         Prise de possession canonique du siège épiscopal
  • -         Obédience
  • -         Chant du gloria

Le nouvel archevêque, après ce qui précède a présidé la messe jusqu’à la fin.

Avant le renvoi, Son éminence Jean-Pierre cardinal KUTWA, archevêque émérite a fait une allocution.

Père Jean-Baptiste DIAHOU


 

HOMELIE AU COURS DE LA MESSE DE LA PRISE DE POSSESSION CANONIQUE DU SIEGE ARCHIEPISCOPAL D’ABIDJAN

Chant de confiance en Dieu

Essa enay el hê harim, mê ayin yabo ezri ?

Ezri, mê ‘im ha Chem,

Ossê chamayim va aretz.

Le chant que vous venez d’entendre intervient dans ma vie, à des moments critiques. Lorsque je me trouve confronté à des situations qui semblent dépasser mes capacités, il remonte à ma mémoire. Je lève, alors, les yeux vers Celui de qui me viendra le secours (cf. Ps 121(120).

         (Monsieur le Président de la République,

         Monsieur le Vice-Président,

         Monsieur le Premier Ministre,

         Distingués membres du Gouvernement,

         Distinguées autorités,)

         Respectés Chefs religieux,                 

         Honorables invités,

         Chers frères et sœurs.

         Vous êtes venus vivre, dans la foi, l’amitié et la sympathie, l’évènement qui nous rassemble : la prise de possession canonique du siège archiépiscopal d’Abidjan. En cette circonstance de grande ferveur spirituelle, Dieu nous adresse un message. Dieu nous parle à travers les textes que la liturgie de l’Eglise avait déjà prévus pour la messe de ce jour. Ouvrons donc les oreilles de nos consciences, pour que la parole vivante de Dieu, comme un glaive à double tranchant, y pénètre, pour en extirper tout ce qui est contraire à ses chemins, et conduire nos pas sur les voies qui lui plaisent.

Je voudrais, à cette fin, intérioriser, avec vous, cette interpellation, extraite du livre du prophète Jérémie : « Et maintenant, rendez meilleurs vos chemins et vos actes » (Jr 26, 13). Le prophète Jérémie, comme tout vrai prophète, parle de la part de Dieu (cf 2 P1, 19-21 ; Jr 26, 1-13). Ce qui est étonnant, ici, c’est qu’il adresse son message à tout le peuple, au sein duquel, se distinguent très clairement, et en première ligne, les prêtres et les prophètes. C’est tout de même paradoxal que ceux qui sont supposés indiquer au peuple le chemin de la fidélité à l’alliance, soient les premiers à être réprimandés par Dieu.     

         Ces prêtres et prophètes ont entrainé le peuple et ses princes dans une coalition pour le mal, sur le chemin de la perversité. C’est pour la perversité de leurs actes que Dieu méditait, contre eux, un malheur (cf Jr 26, 3). Toutes les institutions, au service du peuple élu, se sont perverties, et baignent dans la malice : l’institution sacerdotale, l’institution prophétique, l’institution royale. La situation est donc très grave, dramatique même, étant donné que « Les pervers sont l’abomination du Seigneur » (Pr 3, 32) selon le livre des Proverbes.

En fait, le pervers, totalement en contradiction avec sa propre conscience et les lois de son Dieu, est enclin à toutes sortes de déviations et dépravations que le prophète Jérémie appelle oubli de Dieu, idolâtrie, crime, insouciance du droit du prochain, oppression de l’étranger, de l’orphelin, de la veuve, assassinat de l’innocent, vol, meurtre, adultère, parjure, faux témoignage, brigandage, toutes sortes de méchancetés (cf. Jr 2, 35 ; 3, 21 ; 5, 4 ; 7, 1-11 ; 12, 1).

Devant un tableau si sombre, l’exhortation « Et maintenant, rendez meilleurs vos chemins et vos actes » n’est pas un simple appel à améliorer ce qui est déjà bon, appréciable, mais plutôt une vigoureuse invitation à un changement radical, à la conversion, à un retour à Dieu et à ses chemins, en quittant les chemins de la perversité, de la malice, de la méchanceté (cf. Jr 15, 7 ; 23, 22 ; 25, 5 ; 26, 3 ; 35, 15 ; 36, 3.7).

 Se détourner des mauvais chemins et améliorer ses chemins, forment un couple inséparable dans la bouche du prophète. Il montre ainsi que la sainteté n’est pas uniquement le fait d’accomplir ce qui est bien ; elle suppose le renoncement au mal. C’est un préalable. Nous convenons tous que ce serait dépourvu de sens que l’on se donne bonne conscience en partageant avec les pauvres, ce que l’on a volé ou extorqué aux autres, parfois même en commettant des meurtres. L’on ne peut plaire à Dieu avec une conscience qui s’installe dans le mal pour faire le bien. Le Psalmiste a raison quand, comme Jérémie, il encourage l’homme pieux en ces termes : « Evite le mal, fais le bien » (Ps 34, 15 ; 37, 27).  Rendre meilleurs ses chemins et ses actes, c’est tout simplement se détourner du mal et faire le bien. Malheureusement ce qui est simple semble difficile, quand on est aveuglé par le pouvoir et les honneurs.

La vie d’Hérode en est une illustration. Il n’est pas prêt à rendre meilleurs ses chemins et ses actes en quittant non seulement le mal, mais la malice, la perversité. L’Evangile de Matthieu, en son chapitre 14, nous conduit au cœur du palais, pour y découvrir l’orientation d’un roi pernicieux, qui n’aura pas hésité à prendre la femme de son frère. Hérode n’est pas bien différent de ces princes, en coalition avec les prêtres et les prophètes, au temps de Jérémie. La malice, dans laquelle il est vautré, pousse très loin ce roi aux mœurs corrompues, jusqu’à promettre la moitié de son royaume à une danseuse de palais effrontée, tel que le souligne l’évangéliste Marc (cf. Mc 6, 23). C’est un tel homme qui trouve sur son chemin, celui qu’on nomme Jean, le Baptiste. Celui-ci, comme Jésus de Nazareth, n’a qu’un bien : le désert, et un seul intérêt : la fidélité à Dieu. Il ne peut donc se rendre complice du roi Hérode à qui il dira sèchement : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère » (Mt 14, 4).  

Jérémie et Jean Baptiste, nous le voyons, n’ont pas recherché les bonnes grâces de leurs contemporains au point d’atténuer la vigueur et la puissance de la parole de Dieu et les laisser s’enliser dans leur malice. Ils ont fait entendre, avec une grande clarté, la volonté de Dieu, invitant à la conversion : « Et maintenant, rendez meilleurs vos chemins et vos actes ».

         Chers frères et sœurs.

La parole de Dieu, transmise par Jérémie, se fait entendre encore aujourd’hui. Elle résonne aux oreilles et à la conscience de l’Eglise, aux oreilles et à la conscience du monde. Je voudrais l’accueillir, avec vous, comme un conseil de sagesse providentiel de notre Dieu qui nous devance dans tout ce que nous faisons et entreprenons.

Evêques, prêtres, diacres, consacrés, laïcs, c’est à nous tous que Dieu s’adresse en ces termes : « Et maintenant, rendez meilleurs vos chemins et vos actes ». Peut-être pourrons - nous nous sentir loin du feu brûlant de la critique acerbe de Jérémie et de Jean Baptiste. Je crois qu’il en ait ainsi, et je voudrais et je prie qu’il en soit toujours ainsi.  Néanmoins, rien ne nous empêche de regarder de près le tableau présenté par les prophètes, deux tisons fumants qui viennent toucher nos lèvres et nous purifier de nos péchés. Les déviations et dépravations mentionnés plus haut, à savoir l’oubli de Dieu, l’idolâtrie, le crime, l’insouciance du droit du prochain, l’oppression de l’étranger, de l’orphelin, de la veuve, l’assassinat de l’innocent, le vol, le meurtre, l’adultère, le parjure, le faux témoignage, le brigandage, toutes sortes de méchancetés concentrées dans la malice, rôdent autour de nous, cherchant qui dévorer (cf. 1 P 5, 8). Prenons garde à ne pas tomber dans le mauvais chemin de la perversité ; fuyons la perversité avec horreur ! Ne nous laissons pas prendre par le sommeil de l’insouciance au point d’être surpris. En effet, la perversité frappe, avec insistance, aux portes de nos cœurs, aux portes de nos diocèses, de nos paroisses, de nos Communautés Ecclésiales de Base, de nos Congrégations, de nos Communautés Nouvelles, de nos Associations et Mouvements ecclésiaux.

Soyons vigilants, car la perversité du cœur arrive par un chemin insoupçonné qui s’ouvre avec « l’amour de l’argent », que Paul considère comme la « racine de tous les maux » (1Tm 6, 10). Prenons garde à ne pas nous laisser prendre au piège de l’amour de l’argent. Fuyons l’amour de l’argent avec horreur. Si l’argent est un bon serviteur pour le service de tous, l’amour de l’argent est une idolâtrie qui appelle du revers de la main la perversité. L’idolâtrie de l’argent est une catastrophe. Elle peut conduire à vendre même ses propres parents ; elle peut induire à vendre l’Eglise ; c’est une véritable catastrophe humaine, morale, intellectuelle et spirituelle. L’apôtre Paul en a une grande conscience et veut prémunir l’évêque Timothée, son disciple qu’il appelle affectueusement son fils. Laissons-nous saisir par sa recommandation : « Profitable, oui, la piété l’est grandement pour qui se contente de ce qu’il a…Quant à ceux qui veulent amasser des richesses, ils tombent dans la tentation, dans le piège, dans une foule de convoitises insensées et funestes, qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent. Pour s’y être livrés, certains se sont égarés loin de la foi et se sont transpercé l’âme de tourments sans nombre » (1Tm 6, 6-10).

Chers frères et sœurs, évêques, prêtres, diacres, consacrés et laïcs, c’est le lieu de nous convaincre que c’est en Jésus, avec lui et par lui que nous pouvons échapper à la perversion par l’amour de l’argent. Imitons sa relation avec le monde qui l’entourait. Jésus était l’homme du désert, parfaitement détaché des biens qui passent, qu’il mettait, totalement et sans réserve, au service de la communauté des treize et de la charité auprès des plus démunis. C’est donc dans l’imitation du Christ et l’adhésion à la synodalité de l’Eglise que se trouvent les moyens capables de nous rendre victorieux de toutes les tentations de l’amour de l’argent et de la perversité. Vivons l’Eglise synodale ; incarnons l’Eglise synodale ; vivons la communion au service de la mission. Soyons synodaux. En effet, être membre d’une Eglise synodale, c’est être en marche avec tous vers le ciel, où Dieu nous attend ; c’est se préoccuper de tous, sans discrimination ; c’est prendre soin des plus vulnérables. Ce faisant, nous chassons loin de nous la malice. Nous pourrons alors éclairer le monde par la lumière reçue du Seigneur Jésus-Christ, cette lampe placée sur la table qui éclaire la chambre du monde.

Chers frères et sœurs, Gouvernants, rois et reines, chefs et cheftaines traditionnels, et vous tous, détenteurs d’un quelconque pouvoir, le prophète vous exhorte : « Et maintenant, rendez meilleurs vos chemins et vos actes ». Aujourd’hui, comme au temps de Jérémie et de Jean Baptiste, vous n’êtes pas à l’abri de la perversité qui frappe à vos portes. Vous pouvez être tentés de laisser vos consciences et celle de notre société, dont vous avez la responsabilité, se pervertir, se corrompre, sous la pression de l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent. En fait, et nous le savons tous, plus une société prospère, plus prospère aussi la malice. C’est ce déchirement qu’a vécu le peuple élu de Dieu, au temps du prophète Osée : « Israël était une vigne luxuriante, qui donnait bien son fruit. Plus son fruit se multipliait, plus il a multiplié les autels ; plus son pays devenait riche, plus riches il a fait les stèles » (Os 10, 1).

Gouvernants, rois, chefs traditionnels, Guides Religieux et vous tous habitants de ce pays, formons une coalition comme au temps de Jérémie, non pour la perversité, mais contre la perversité, non pour la malice, mais contre la malice, en vue de rendre meilleurs nos chemins et nos actes, en construisant notre société sur du solide. En fait, si nous ne prenons pas soin de bâtir notre société sur des valeurs solides, si nous la construisons sur le sable mouvant de l’amour de l’argent, elle tendra à prendre la malice pour le bon chemin, la perversité pour une réussite, la fourberie, les ruses, les tromperies pour des actes de grande performance.

         Chers frères et sœurs.

         En ces instants solennels, je prie pour vous et avec vous : que la voix des prophètes qui résonne, aujourd’hui, à nos oreilles, descende dans nos cœurs, touche nos consciences. Qu’elle nous aide tous, dans notre Eglise, dans notre beau pays et dans le monde entier, à rendre meilleurs nos chemins et nos actes, en nous détournant du chemin de l’impie, pervers, malicieux, corrompu, pour prendre le chemin du juste. Car, comme prévient le Psalmiste, « Le chemin du juste, le Seigneur le connait, mais le chemin de l’impie se perdra » (cf Ps 1, 6).  

A    M  E  N!


 MOT DE REMERCIEMENT

En ces instants, ô combien précieux, mes pensées s’envolent vers feue ma mère, Koutouan Djêkê Augustine, et mon défunt père BESSI Célestin. Grand organiste et maître de chœur devant l’éternel, s’il avait été présent, il aurait entonné ce chant qui aurait été repris en chœur par ses vieux et vieilles choristes.         

Chant

« Min din gna tchin tchi lo o kon kabrin

A léli lépanh non a tô sémin

Min din gna tchin tchi lo o kon kabrin (bis)

Min din gna mbrin (bis)

Min din gna ntchin tchi lo kon kabrin (bis).

(Excellence, Monsieur Alassane OUATTARA, Président de la République,

         Excellence, Monsieur le Vice-Président,

         Excellence, Monsieur le Premier Ministre,

         Excellences, Messieurs et Mesdames les membres du Gouvernement,

         Distinguées autorités,)

         Eminence, Jean-Pierre, cardinal KUTWA, archevêque émérite d’Abidjan,

         Excellence, Monseigneur Maurizio Rueda BELTZ, Nonce apostolique, 

         Excellence, Monseigneur Marcellin YAO KOUADIO,

Président de la Conférence des Evêques catholiques de Côte d’Ivoire,

         Excellences, Messeigneurs, les Archevêques et Evêques catholiques de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Togo et d’Accra (My frend Archbishop from Accra, John Bonaventure Koffi. My Lord, i am very happy to see you. Allthow your health is not very tonik, you decided to come an pray with me. When i heard this notice, i didn’t beleve, but now, you are really present here. Think you very much. May Jesus Christ, ower (our) Lord, cure you totaly. Tharsei).

         Respectés Chefs Religieux,

         Vénérables membres du Forum,      

         Honorables invités,

         Révérends Pères,

         Révérends Frères, révérendes Sœurs,

         Chers diocésains de Korhogo, Fotamana,

         Chers frères et sœurs de la province de Korhogo,

         Chers amis de l’ABCI, Alliance Biblique de Côte d’Ivoire

         Chers Djêmian de Niangon,

         Chers amis de la Génération Tchagba de Atchan Gotho, koubhê Boman, 

Chers frères et sœurs.

         Permettez-moi de donner quelques notes à la chorale et à quelques méritants (chorales …+ou-5 ; ABCI…+5).        

Chers frères et sœurs.

         Vous exprimer ma gratitude, même avec tous les mots les plus indiqués, représenterait, à mes yeux, trop peu de chose, pour ce que vous êtes, pour moi. Ce serait trop peu, que de vous dire ma reconnaissance avec des paroles humaines, pour tout ce que vous faites, pour moi et avec moi. La seule chose que méritent tant de partage, de solidarité, de communion et de dévouement de votre part, c’est ce que l’homme ne saurait vous donner ; c’est ce que seul Dieu peut répandre sur vous et en vous, en abondance et en surabondance : sa grâce. Je prie Dieu à cette intention, pour vous. Qu’Il comble chacun de la grâce multiforme qui vient de Lui.

         Monsieur le Président de la République.

         Je prie pour vous. Que Dieu vous remplisse de santé, de sagesse, de prudence et de courage. Que sa justice et sa paix règnent en vous et autour de vous. Qu’il soit votre guide en toutes circonstances.

         Eminence.

Que la grâce du Seigneur repose sur vous et soit toujours votre rempart, elle qui vous a soutenue pendant tout votre ministère et, particulièrement, pendant votre présence à Abidjan. Vous avez rendu meilleurs les chemins et les actes de cet Archidiocèse. Puisse le Seigneur renouveler, encore et encore, votre santé physique, morale, intellectuelle, spirituelle et surtout phonique, pour que vos chants, à la louange de sa gloire et pour l’édification de ses fidèles, jamais ne fassent défaut à nos assemblées liturgiques. Je vous décrète mon auxiliaire, dès cet instant.

Excellence, Monseigneur le Nonce apostolique.

Que la grâce du Seigneur renforce votre ardeur au service de la Sainte Eglise. Veuillez dire au Saint Père, le pape François, que nous prions pour lui. Que le Seigneur le garde et le protège pour qu’il affermisse ses frères et sœurs, dans la foi et le service humble, dans une Eglise synodale.

Vous savez, chers frères et sœurs : pour préparer cette prise de possession canonique, j’ai dû prendre huit jours de retraite, pour implorer le Seigneur de porter, Lui-même, cette charge. J’ai effectué ce retrait dans un endroit désert, avec son Excellence, Monseigneur BEBY GNEBA Gaspard. Il m’a conduit, dans l’Esprit Saint, à l’essentiel : l’amour de l’Eglise. L’évêque doit aimer l’Eglise dans un élan permanent de don de soi. Excellence, que le Seigneur de vérité vous le rende au centuple, et soit votre rempart et bouclier en toute circonstance.

         Chers frères prêtres, chers Consacrés, chers Laïcs.

         Savez-vous ce que j’attends de vous ? J’attends de vous une seule chose ; cette chose, vous l’avez toujours été, auprès des différents évêques qui se sont succédé sur le siège d’Abidjan, et plus particulièrement, auprès du cardinal Jean Pierre KUTWA. Avec lui, vous avez abattu un travail admirable. J’attends de vous, que vous continuiez à le faire, avec autant d’amour et d’abnégation.

         Je sais ce que vous attendez de moi. Ma mauvaise réputation, m’a précédé, et vous est parvenue, depuis Korhogo. Vous attendez, donc, que la puissance du Seigneur me transforme, et fasse qu’au milieu de vous et avec vous, je rende meilleurs mes chemins et mes actes. Ne vous inquiétez pas. Le Seigneur a déjà exaucé vos prières à cette intention. C’est pour cela qu’il m’a fait traverser tout le pays du sud au nord, du nord au sud. Ce pèlerinage m’impose d’être, avec vous, artisan d’union et de communion, ô combien belles et indispensables à notre Eglise et à notre pays, en saisissant fortement le relai que me passe son Eminence. Nous n’avons rien à créer comme si rien n’avait été fait ; tout a été fait et très bien fait. Il nous faudra maintenir dans la continuité les lauriers qui ont été glanés dans bien de domaines, particulièrement celui de l’annonce de Jésus-Christ, dans un esprit de synodalité sans faille.

Néanmoins, il est bon que vous sachiez une chose : il nous faudra commencer par des palabres ; c’est plus que nécessaire, pour que chacun sache à qui il a à faire et à quoi s’en tenir. Bien sûr, il s’agit de palabres, sous l’arbre à palabres de la synodalité. Sous cet arbre les lèvres et les oreilles seront mises à dure épreuve, pour qu’ensemble, dans le respect des uns et des autres, en toute transparence, à l’écoute de ce que l’Esprit dit à notre Eglise, nous dégagions les moyens à prendre, pour rendre meilleures nos voies et nos actes. Vous serez convoqués sous peu, à cet effet : Prêtres, Consacrés, Laïcs, et l’Archevêque émérite, particulièrement tenu d’être présent, s’il ne veut pas porter le symbole pour faire le tour du diocèse.     

         Que la bénédiction du Seigneur, que nous allons recevoir, tout à l’heure, nous tienne, tous, sous sa constante protection, pour que chacun puisse réussir la mission qui est la sienne, dans l’Eglise et dans le monde.

         Courage !  

 

 

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