Mercredi 13 mai 2026, 6e Semaine du Temps Pascal. Année A. Année Paire. Mémoire facultative de la Bienheureuse Vierge Marie de Fatima. Couleur liturgique : Blanc.
Textes
Actes 17, 15.22 – 18, 1 ; Psaume 148, 1-2, 11-12, 13.14b ; Jean 16, 12-15
Ac 17, 15.22 – 18, 1 nous offre le récit du discours de Paul à l'Aéropage d'Athènes, haut lieu de débat intellectuel pour les Grecs. Il faut noter ici le courage de Paul car il n'a pas peur de défendre sa foi. L'argumentation de Paul se fonde sur un constat : ses auditeurs ont déjà des prédispositions religieuses puisqu'ils croient " Au Dieu inconnu. " En effet, en tout Homme, il y a quelque chose de Dieu. Paul annonce donc son message à partir du vécu religieux de ses auditeurs. L'annonce de l'Évangile requiert ainsi la connaissance du milieu à qui on s'adresse, la prise en compte de tous les paramètres du contexte de ceux à qui on parle. Paul est très écouté. Cependant la finale de son discours rencontrera un obstacle. Car lorsqu'il parle de la résurrection du Christ, ses interlocuteurs se moquent de lui et par conséquent mettent fin à ses propos. Pour les Grecs qui font de la raison le principe de toute chose, il est irraisonnable d'affirmer que l'on peut revenir de la mort. Cela est irrationnel voire absurde sinon délirant. Paul essuie, on pourrait dire, un " cuisant échec " même si quelques personnes acceptent de se convertir. L'intention de Paul, on pourrait l'imaginer, était peut-être d'avoir un maximum de personnes converties, ce qui est tout à fait logique et légitime eu égard à l'universalité de la Bonne Nouvelle. Mais le résultat peut être tout autre. Dans la pastorale il y a un véritable défi à relever : comment parler au monde actuel sans diluer le message biblique ? Quel discours faudrait-il employer vis-à-vis de notre monde tout en restant fidèle à la Bible? Car, on peut déployer de grands moyens, faire tout le battage médiatique, la sensibilisation qu'il faut et avoir peu de personnes qui acceptent Jésus Christ. La foi en Jésus-Christ est une proposition et non une imposition. La foi en Jésus doit pour cela respecter obligatoirement la liberté de l'Homme. On est obligé en tant que chrétien de parler de Jésus Christ mais on n'oblige personne à croire en Jésus. On observe aussi par la réaction des auditeurs de Paul que la raison est limitée face à la Révélation de Dieu. Pour accéder à l'intelligence ou à la compréhension du mystère de Dieu, il nous faut la foi, une foi éclairée par Dieu lui-même. Voilà pourquoi dans Jean 16,12-15, Jésus promet à ses disciples et partant à nous aussi, l'envoi de l'Esprit Saint : "« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire,
mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière...»" L'Esprit Saint promis nous aidera à comprendre le mystère révélé et à progresser dans notre foi en Jésus-Christ. La foi est donc un processus, un cheminement rendu possible grâce à l’Esprit Saint. Il est donc nécessaire pour tout croyant d'établir une relation de familiarité avec l'Esprit Saint. Demandons au Seigneur la grâce d'apprendre à mieux connaître l'Esprit Saint et à nous laisser surtout guider et conduire par lui. Dieu nous bénisse abondamment. Lumineuse journée.
Père Sylvain KOUASSI, Paroisse Saint Augustin de Bingerville



