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APPEL À L’ISSUE DU CONSEIL PERMANENT DU 19 NOVEMBRE 2020

PROMOUVOIR LA PAIX PAR LE RESPECT DE LA LOI ET DES LIBERTÉS

 

« Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent ; la Vérité germera de la terre, et des cieux se penchera la Justice » (Psaume 84, 11-12)

 

Aux leaders politiques,

A tous nos concitoyens.

 

1. Dans notre message du 19 janvier 2020 à Korhogo, alors que nous n’étions qu’au tout premier mois de l’année électorale en Côte d’Ivoire, il nous avait paru nécessaire et urgent de vous inviter à « tirer les leçons d’un passé récent douloureux, afin de reconstruire notre pays et laisser aux générations futures, un héritage d’unité et de paix » (cf. Préambule, §2). Ce message mettait en lumière la menace de la persistance des ressentiments nés des crises précédentes et la nécessité absolue du dialogue, de la concertation et de la négociation, afin de ne pas donner au monde l’image d’un pays miné par des dissensions politiques.

 

 

2. Comme si l’histoire se répétait, dix années après une sanglante crise post-électorale, la Côte d’Ivoire est de nouveau le théâtre de violences d’une rare barbarie, entraînant de nombreuses pertes en vies humaines. Nous nous indignons et nous condamnons fermement toutes les violences de tous les camps politiques, notamment de ceux qui ont armé et encouragé des jeunes dans le but funeste de massacrer d’autres jeunes. Nous nous inclinons avec respect devant la mémoire de tous ceux qui sont tombés. Nous prions le Seigneur de consoler les familles de toutes les victimes des atrocités et d’accorder une prompte guérison à tous les blessés et mutilés. Les auteurs de ces crimes doivent être recherchés afin qu’ils répondent de leurs actes devant une justice impartiale. Il serait bon de recourir aux services d’une commission d’enquête indépendante. En effet, il est inadmissible qu’au 21ème siècle, l’on assiste à des chasses-à-l ‘homme à la machette, au gourdin et au fusil, pour ôter la vie à son semblable.

 

3. Telle qu’elle se présente, la situation actuelle était prévisible. C’est pour cette raison qu’à plusieurs reprises, nous avons tiré la sonnette d’alarme sur les conditions de notre cohabitation pacifique et de l’organisation d’élections justes, transparentes et inclusives. Pour sa part, l’Archevêque métropolitain d’Abidjan, le Cardinal Jean-Pierre KUTWÃ, a engagé sa responsabilité de pasteur devant l’histoire de notre pays, le 31 août 2020, en appelant au dialogue et à la concertation, car – avait-il affirmé – « le respect de la loi est plus important que les élections ; il ne suffit pas d’organiser des élections et d’en déclarer un vainqueur pour qu’il y ait la paix ».

4. Aujourd’hui encore, au terme de la réunion de notre Conseil permanent, nous adressons cet appel pressant aux hommes politiques :

 

ü  Nous déplorons le manque d’objectivité dans l’interprétation de notre Loi fondamentale. Par conséquent, nous encourageons les deux principaux leaders de la vie politique actuelle de notre pays, les présidents Alassane OUATTARA et Henri Konan BÉDIÉ, à poursuivre et à intensifier, sur des bases claires, le dialogue qu’eux-mêmes ont initié à la grande satisfaction du peuple, aux fins de parvenir à la concorde nationale, à des « solutions justes qui sauvegardent et promeuvent le bien commun » (cf. Pape François, Angélus du dimanche novembre 2020). Ce sera là l’occasion rêvée de vider le contentieux né de l’interprétation de la Constitution.

 

ü  Nous souhaitons de tous nos vœux que ce dialogue prenne en compte la libération de tous les prisonniers politiques, favorise le retour rapide de tous les exilés, dont le Président Laurent GBAGBO, afin qu’ils prennent toute leur place dans le processus de réconciliation.  

 

ü  Nous recommandons vivement qu’il prenne aussi en compte la promotion des droits et des libertés individuelles, d’une justice équitable et de la culture de la rencontre. On ne le dira jamais assez, il n’y a pas de paix sans justice et il n’y a pas de justice sans pardon.

 

5. Il est périlleux en effet, de croire que les problèmes politiques ne peuvent pas se résoudre par les voies de la raison, à savoir des pourparlers fondés sur la vérité, le droit, la justice et l'équité, mais seulement au moyen de forces qui sèment la terreur et le meurtre. « La non-violence, écrivait le Pape Jean-Paul II, est à la fois un principe religieux et une méthode d’action politique. C’est elle qui doit régir le rapport entre l’Homme et la nature, mais aussi les relations des hommes entre eux » (cf. Message de la 50ème journée mondiale de la paix).

 

6. Remplissant la charge d’enseigner et d’instruire au nom de Dieu, nous estimons qu'il est de notre devoir, de vouer nos préoccupations et nos énergies à promouvoir ce bien commun universel qu’est la paix. Mais la paix n'est qu'un mot vide de sens, si elle n'est pas fondée sur un ordre qui repose sur la vérité, se construit selon la justice, reçoit de la charité sa vie et sa plénitude, et enfin s'exprime efficacement dans la liberté.

 

7. Puisse ce message parvenir à tous les leaders politiques et à tous nos concitoyens, à toutes les personnes de bonne volonté, soucieuses du bien de chaque homme et de chaque femme ainsi que du destin de la société ivoirienne.

 

8. Que par l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, Notre Dame de la Paix, Dieu protège la Côte d’Ivoire et convertisse les cœurs de tous les Ivoiriens à l’amour, pour le pardon, la justice et la réconciliation.

Fait à Abidjan, le 19 novembre 2020

 

 

Vos frères les Archevêques et Evêques de Côte d’Ivoire,