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  • MESSAGE SUR LA FOI CHRETIENNE ET LA FRANC-MAҪONNERIE

    MESSAGE SUR LA FOI CHRETIENNE ET LA FRANC-MAҪONNERIE

  • Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.

    Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais...

  • HOMELIE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE LA FETE DE PAQUES 2017

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  • MESSAGE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE LA MESSE CHRISMALE 2017

    MESSAGE DU CARDINAL JEAN PIERRE KUTWÃ ARCHEVEQUE D’ABIDJAN A L’OCCASION DE LA MESSE CHRISMALE 2017

UNIVERSITE CATHOLIQUE DE L'AFRIQUE DE L'OUEST UNITE UNIVERSITAIRE D'ABIDJAN MESSE DE RENTREE ACADEMIQUE

Lundi 17 octobre 2016

‘‘Il y a un temps pour tout et un temps pour chaque chose sous le ciel : un temps pour enfanter et un temps pour mourir…un temps pour saper et un temps pour bâtir…un temps pour pleurer et un temps pour rire… Et puis, tout homme qui mange et boit et goûte au bonheur de son travail, cela, c’est un don de Dieu’’ Cf. Qo3, 1ss

 

Révérend Père Bernard KABORE Président de l’UCAO/UUA,
Révérend Père Barthélémy ZINZINDOHOUE, Secrétaire Général,
Chers pères Aumôniers,
Chers pères formateurs,
Chers parents, amis et invités,
Chers amis étudiants,

Le chapitre 3 du livre de l’Ecclésiaste dont je viens de vous livrer quelques extraits cadre bien à mon sens avec ce que nous serons appelés à vivre en cette nouvelle année académique 2016-2017. En effet, une lecture analytique de cet extrait nous montre bien comment, dans cette longue énumération qui part du verset premier au verset 8, la somme de chaque couple de moments donne un résultat nul même s’il faut reconnaître que chaque temps a sa propre valeur !

Ainsi, dans ce balancement incessant du temps, le sage est celui qui saisit la bonne occasion au moment opportun. Dès lors, nous sommes invités à ne pas vivre à contretemps et à ne pas manquer le dernier de ces temps, celui de la paix ultime qui succède à la guerre : ‘‘il y a un temps pour aimer et un temps pour haïr ; un temps pour la guerre et un temps pour la paix.’’ Qo3, 8

Après donc le temps des vacances, qui entre autre nous a fait pleurer le décès d’un membre du personnel en la personne du standardiste et concierge FOFANA Paul pour qui nous prions pour le repos de son âme et à la famille à qui nous présentons nos sincères condoléances, après le temps des vacances dis-je, voici celui de la reprise de nos activités académiques.

Reconnaître à chaque temps sa valeur propre et y mettre toute son énergie et toute sa force, saisir la bonne occasion au moment opportun, tel est le vœu que je forme d’entrée de jeu pour chacun de vous tous ici présents : enseignants, auditeurs, parents, personnels au service de notre institution commune. Ce vœu, je le confie à l’intercession bienveillante de la Vierge Marie ; qu’elle vous obtienne de son Divin Fils, les grâces dont vous aurez besoin tout au long de cette année.

A propos de grâces, je voudrais rappeler à notre souvenir, le clin d’œil que nous a fait le Seigneur à travers la nomination des pères Francis BARBEY et YEDO Akpa Fabien, précédemment formateurs au sein de notre Unité Universitaire d’Abidjan, comme Président de l’UCAO/UUT à Tsvié au TOGO pour le premier et, Président de l’UCAO/UUC à Cotonou au BENIN pour le second. Avec satisfaction, nous enregistrons le retour à la maison après une année sabbatique, du révérend père GOA Ibo Jean Maurice.

Enfin, je voudrais me réjouir pour le corps professoral de l’accession de plusieurs d’entre eux aux grades internes, ce qui est une grande première dans l’histoire de notre Unité Universitaire d’Abidjan, sans oublier nos résultats de fin d’année qui somme toute sont positifs dans l’ensemble. Au total, nous pouvons ensemble rendre grâce à Dieu qui s’est manifesté encore une fois en notre faveur en nous témoignant sa générosité et en nous faisant honneur !

1-   L’honneur est une charge !

Révérends pères,
Chers frères et sœurs,

L’honneur qui nous est fait, comme dit l’adage, est une charge. Cette charge, c’est celle qui consiste non pas à maintenir le cap où nous sommes arrivés  au risque de stagner, mais bien à continuer à ‘‘agrandir, à allonger les cordes de notre tente, à consolider les piquets’’ (Cf. Is.54, 2-3), parce que notre ambition est d’aller toujours plus loin et plus haut avec le Christ comme je l’avais souhaité il y a de cela quelques années. Mais comment aller de l’avant dans un monde où l’on distingue de plus en plus difficilement sa droite de sa gauche et où la réussite sociale, l’avoir et le pouvoir autorisent tous les risques possibles et imaginables ? Comment dire qu’il y a un idéal à atteindre au-delà de tout en la personne de Jésus-Christ ?

Déjà dans l’Ancien Testament, l’Ecclésiaste attirait l’attention de ses contemporains sur la vanité des richesses mondaines : ‘‘un homme s’est donné de la peine ; il était avisé, il s’y connaissait, il a réussi. Et voilà qu’il doit laisser son bien à quelqu’un qui ne s’est donné aucune peine. Cela est vanité, c’est un scandale.’’ (Qo1, 2) Cet extrait traduit les sentiments d’un homme désabusé après avoir poursuivi la richesse et le pouvoir. Il dénonce les illusions qui ont pu être celles d’un peuple assoiffé de sécurité, mais qui a recherché celle-ci dans une réussite toute terrestre.

L’auteur s’interroge alors sur le sens de l’existence. Il prépare ainsi un rebondissement de la quête de bonheur, mais dans une direction nouvelle, une direction spirituelle. Ce que dit ici Qohélet est rendu plus explicite par le Christ dans le texte de l’évangile que nous venons d’entendre et dans laquelle un homme Lui demande d’être juge entre son frère et lui, sur une question d’héritage.

         ‘‘Qui m’a établi sur vous pour être juge ou pour faire vos partages ?’’ Telle est la question brûlante en guise de réponse qu’il a posé à cet homme. Mais à bien regarder, cette question est tellement actuelle aujourd’hui encore. En effet, la richesse, hier comme aujourd’hui, pose les mêmes problèmes : négation de Dieu, orgueil, assujettissement, exploitation du pauvre par le riche, et j’en passe.

         Que ne ferait-on pas aujourd’hui pour acquérir pouvoir, argent et puissance ? Que n’est-on pas prêt à faire pour rester longtemps au pouvoir ou à son poste ou pour reconquérir le pouvoir ou un poste qu’on a perdu ? Tout le monde court après l’argent, le pouvoir, le bien-être  matériel et cela quelque fois par des moyens tout aussi discutables que les intentions qui les sous-tendent !

         Remarquez avec moi que dans l’évangile, l’homme qui pose la question à Jésus n’expose sur le moment que ce qui le préoccupe. Il cherche en s’adressant au Christ, à se servir de son autorité pour ses fins personnelles. Dès lors, il est enfermé dans son monde et n’envisage pas d’en sortir. En refusant de répondre à cette demande, Jésus respecte dans une certaine mesure, la compétence de chacun. En effet, Il a bien conscience d’avoir Lui, une mission bien plus importante que de rétablir la justice dans des questions d’héritage. Ainsi, nous sommes invités à notre tour à toujours respecter les limites de notre rôle et de nos compétences !

         La réponse de Jésus est un refus. Une réponse à première vue scandaleuse et qui va à l’encontre de tout l’évangile, de toutes les orientations de l’Eglise et même de la simple conscience humaine la plus élémentaire. Ce refus n’est pas sans poser des questions : le chrétien a-t-il le droit de se désintéresser des affaires de la terre pour ne penser qu’au Ciel ? Ne doit-il pas tout faire pour que cessent les injustices de ce monde ? Comment l’évangile, Bonne nouvelle par excellence, peut-il paraître aussi contradictoire ?

         Non, l’évangile n’est pas irréaliste à ce point ! Loin s’en faut ! Il invite, par la réponse de Jésus, à ne pas amasser pour le plaisir. En répondant ainsi, le Christ veut surtout que l’on ne se trompe pas de richesse. En réalité, le rôle de Jésus, c’est justement de centrer l’homme sur l’essentiel et en entrant dans ce débat, cela laissait supposer que la vie dépend de la richesse matérielle. Or, ce n’est pas vrai, car les richesses matérielles ne sont que trop trompeuses, elles qui prises trop au sérieux, détournent l’homme de la vraie question.

2-   Désormais vous comptez pour nos églises.

         Chers pères formateurs,

         C’est ici que votre rôle rentre en ligne de compte. Il s’agit en fait, d’aider vos jeunes frères et sœurs à centrer leur vie sur l’essentiel, dans notre monde où la valeur par excellence est de plus en plus l’argent, la richesse, le pouvoir. Comprenons-nous bien. Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas chercher à être riche. Non ! Mais il faut chercher à être riche, mais à être riche honnêtement avec les moyens légaux et licites. Apprenez-leur à savoir user de la richesse pour construire la vie éternelle en aidant les autres, les plus démunis surtout, en restant humble et accueillant.

         Il y a peu, je me réjouissais de l’accession de plusieurs d’entre vous aux grades internes, tout en faisant remarquer que cela est une grande première dans l’histoire de notre Unité Universitaire d’Abidjan. Votre mérite est maintenant reconnu par la Fédération Internationale des Universités Catholiques ! Ce n’est pas peu de dire que désormais vous comptez pour nos églises. Les fruits de ce mérite, ce sont les personnes dont vous avez en charge la formation. Quels cadres de demain allez-vous offrir à nos états africains ?

3-   Avoir votre échelle de valeur

         Chers amis étudiants,

         Une question me vient à l’esprit : quel sens donnez-vous à votre présence dans cette université catholique et partant à votre vie? J’insiste pour redire que dans l’évangile, Jésus refuse la domination de ce qui paraît la valeur par excellence dans ce monde : l’argent, la richesse, le pouvoir. Pour Lui, toute sécurité qui en résulte n’est que folie. Sans le savoir, le riche est en prison et en continuant à amasser au lieu de semer l’amour, il renforce cette prison.

         Mais comprenons-nous bien ! Jésus ne nie pas les problèmes de justice et de droit. Il demande simplement dans quel cadre de valeur on les envisage ; il appelle à entrer dans une nouvelle perspective, celle où l’on est riche ‘‘en vue de Dieu’’. Cette mise en garde est nécessaire car il nous est difficile de nous tenir éloignés de toute cupidité. En réalité, il nous est plus naturel de chercher à vouloir toujours posséder plus, à obtenir toujours un peu plus et nous trouvons un certain bonheur dans les biens matériels : pour nous en convaincre, il suffit de voir la quantité de gadgets avec lesquels nous nous promenons si fièrement.

         Avez-vous remarqué amis jeunes, que les technologies en matières de téléphones portables, pour ne citer que cet exemple, avancent à une vitesse vertigineuse au point qu’à peine un produit sorti, un autre plus performant est annoncé par le concurrent si ce n’est par le même fabriquant ? Ainsi, la société vous tend des pièges dont il faut savoir résister en ayant chacun, votre échelle de valeur. Quelle sera la vôtre ? Je vous invite à comprendre que dans la vie, il y a des choix fondamentaux à opérer. Mais parmi eux, il y a des priorités.

         Le martyr de Saint Ignace d’Antioche que nous célébrons en ce jour est une belle occasion pour vous remettre en question. Je vous invite vous aussi à ce martyr, non pas celui qui consiste à verser son sang, ce qui est très noble, mais à celui qui consiste à renoncer à ces petits manques dont on fait tout un monde, ces petits manques que je qualifie de ‘‘bagages excédentaires.’’ Au stade où vous êtes parvenus, il s’agit pour vous d’honorer vos parents par de bons résultats, acquis non pas dans la tricherie mais dans l’abnégation et le travail sérieux. Sachez que la richesse ne préserve pas de la fatalité de la mort. Je vous exhorte à comprendre vous aussi, comme dit l’Ecclésiaste, que sous le ciel, ‘‘il y a un temps pour tout et un temps pour chaque chose’’ et le Christ d’ajouter : ‘‘gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède.’’

4-   Etre des protagonistes de la formation de vos enfants

         Chers parents,

         Je ne vous remercierai jamais assez pour les sacrifices que vous consentez chaque année pour offrir à vos enfants le cadre qu’il faut à leur épanouissement tant intellectuel que spirituel. Je vous engage vous aussi à continuer à être des protagonistes de la formation de vos enfants, en étant proches d’eux et de leurs formateurs, pour parler le même langage. Je prie Dieu, de continuer de vous donner les moyens nécessaires pour leur formation et de vous faire la grâce de les voir un jour aux commandes de nos états !

En terminant je souhaite de tout cœur un chaleureux akwaba aux nouveaux venus dans notre Unité Universitaire d’Abidjan ;  je prie pour que par l’intercession de la Vierge Marie et de Saint Ignace d’Antioche, cette année académique 2016-2017 soit bonne, heureuse et fructueuse à tous égards ! Grâce, bénédiction et paix à tous, de la part de Dieu le Père, et de son Fils Jésus Christ !

 

 

+ Jean Pierre Cardinal KUTWÂ
Archevêque d'Abidjan
Vice Grand Chancelier de l'UCAO/UUA