Rentrée pastorale diocésaine 2026-2027 — Archidiocèse d'Abidjan : Panel / regards croisés — 25 septembre 2026
Thème : Regard d'une religieuse sur la mise en œuvre de la vision pastorale aux vicariats, doyennés et paroisses
Salutations et Introduction
Éminence Dogbo Ignace Cardinal BESSI, notre Père archevêque, Excellences, nos pères évêques auxiliaires, Monseigneur Ambroise MANDAH, Vicaire général, Chers frères et sœurs en Christ, clercs, consacrés et laïcs,
Je salue l’initiative de notre cher père Archevêque et du Comité d'organisation de ces journées de travail qui ouvrent la rentrée pastorale 2026-2027 ; merci de m'avoir associée à ce panel afin de réfléchir, à partir de mon regard de religieuse, sur la mise en œuvre de la vision pastorale synodale de notre Église-Famille de Dieu à Abidjan. Permettez-moi, pour le faire, de partir d’une image. Celle de la sentinelle.
Observons un peu le rôle d'une sentinelle. Avant que le jour ne se lève, autrefois, elle se tenait déjà debout à l'entrée du campement ou du village. Pendant que tous dormaient, la sentinelle, elle, veillait. Elle ne dormait pas. Non pas parce qu'elle n'avait pas sommeil. Mais elle veillait pour assurer et assumer son service, parce que d'autres dormaient. Et lorsque la sentinelle apercevait, bien avant tout le monde, la première lueur à l'horizon, ou lorsqu’elle percevait un danger, elle ne gardait pas la nouvelle pour elle, mais elle réveillait le village ou l’alertait.
Néanmoins qu'on ne s'y trompe pas car une sentinelle à elle seule, isolée, ne protège jamais un village. Elle veille avec d'autres, chacun à son poste — le berger qui garde le troupeau, le forgeron qui répare les lances, la mère qui veille sur le foyer. Ainsi en est-il, je le crois profondément, de notre Église-Famille : clercs, consacrés et laïcs, debout ensemble, chacun à son poste de veille, pour qu'aucune aurore ne surprenne le village endormi.
Cette image de sentinelle n'est pas de moi. Elle est du pape François, écrivant aux personnes consacrées du monde entier et je cite : « le prophète est comme une sentinelle qui veille durant la nuit et sait quand arrive l'aurore » (Lettre apostolique à tous les consacrés, 2014, §2). Et il précisait, dans la même lettre, ce qu'il attendait de nous, personnes consacrées : « J'attends de vous que vous réveilliez le monde, parce que la note qui caractérise la vie consacrée est la prophétie. »
Voilà, dans son essence, ce qu'est la vie consacrée : une sentinelle et une prophétie. Non pas un retrait du monde, mais une manière de se tenir debout dans la nuit, à l'endroit d'où l'on voit venir le jour avant les autres, et d'où l'on est chargé de le dire. Le pape parlait de nous comme de « sentinelles du matin qui annoncent le soleil levant » (Vultum Dei quaerere, n.6). Au regard de notre Église particulière à Abidjan, ces sentinelles sont bien présentes et actives, regroupées dans environ une centaine de communautés religieuses.
Regardons un peu comment cette veille des personnes consacrées, de ces sentinelles se traduit-elle concrètement. Aujourd'hui comme hier, les consacrés se dédient corps et âme, avec amour et ce malgré la fatigue, malgré les difficultés rencontrées dans la mission du Christ, au chevet des malades, dans nos dispensaires et nos hôpitaux, souvent là où les moyens manquent le plus. Nous voyons également des consacrés dans nos salles de classe, auprès des enfants que parfois personne d'autre n'aurait inscrits à l’école et dans nos orphelinats. En effet, cette veille des consacrés se tient aussi auprès des personnes âgées oubliées, des femmes en détresse, des personnes détenues, des jeunes de la rue. Elle se tient dans la catéchèse, dans l'accompagnement des familles, dans la formation des agents pastoraux, dans nos paroisses, dans nos communautés ecclésiales de base, jusque dans les villages les plus éloignés de nos vicariats. Elle se tient enfin dans la prière qui monte avant l'aube, quand tous dorment encore, durant tout le cours de la journée et dans la prière du soir d’où monte vers le Christ Seigneur le chant du monde et les espérances des hommes et femmes de notre société. Bref ! Dans tous ces champs de mission, Religieuses et religieux s'y déploient, annonçant ainsi l'Évangile, sans bruit, sans affiche, sans publicité, sans que personne ne compte leurs heures. Parfois dans des conditions difficiles de manque, de sacrifices et de privation. C'est cela, être sentinelle et prophète.
C’est d’ailleurs pourquoi, l'Église universelle reconnaît ce que les consacrés, ces sentinelles, apportent et ont à apporter à la marche synodale. Le Document final du Synode sur la synodalité, voté à Rome en 2024 au (n.65), le déclare si bien : « les familles religieuses ont mûri des pratiques éprouvées de vie synodale ». Avant même que la synodalité ne devienne un programme de l'Église, et partant dans notre réalité diocésaine, la vie consacrée la vivait déjà, dans les chapitres, les conseils, les colloques, son discernement en commun. Nous ne venons donc pas à ce chantier les mains vides, en spectatrices reconnaissantes qu'on nous ait fait une place. Bien au contraire, nous y venons avec une expérience séculaire de la marche commune, et avec la connaissance du terrain que donne le service quotidien des plus petits, des plus vulnérables, des plus défavorisés de la société.
C'est cette veille que je voudrais apporter, ce matin, à notre Église particulière d'Abidjan. Permettez-moi un exemple propre à la vie consacrée. Toute communauté religieuse, de façon périodique, dans son histoire vit un moment spécial de grâce appelé ‘‘ Chapitre’’. « Tous les membres sont réunis et seul préside celui qui porte l’autorité supérieure. Mais cette Autorité ne décide pas seule de ce qui engage la vie de l'ensemble. Cet exemple m’emmène à poser cette question que je vous propose comme fil conducteur de toute mon intervention : qu'est-ce qui change réellement, dans la conduite d'une communauté, quand elle est portée par chacun de ses membres ?
Et je crois que c'est cette même question que notre Église particulière d'Abidjan se pose aujourd'hui, elle qui s'est donnée de devenir une Église-Famille de Dieu synodale, autonome, au service de tous : qu'est-ce que cela change vraiment, dans la conduite de nos vicariats, de nos doyennés et de nos paroisses ? Je vous propose de parcourir cette double question en quatre temps : reconnaître d'abord le chemin déjà accompli par notre Église Famille de Dieu à Abidjan ; nommer ensuite les déplacements profonds que la synodalité opère dans l'exercice même de l'autorité ; descendre ensuite jusqu'à nos vicariats, nos doyennés et nos paroisses, là où tout se vérifie ; et ouvrir enfin, depuis mon regard de consacrée, quelques perspectives concrètes pour que cette vision devienne, dès cette année, une réalité.
I. La reconnaissance du chemin déjà accompli
Avant toute chose, j'exprime ma joie et je rends grâce à Dieu. Car voyez-vous, ce qui se vit à Abidjan depuis deux ans n'est pas rien : des conseils pastoraux et économiques davantage en mouvement dans nos paroisses, un plan stratégique triennal patiemment élaboré, une rentrée pastorale pensée, année après année, de façon toujours plus participative. Beaucoup, parmi vous, y ont donné leur temps, leur énergie, parfois leurs nuits. Il fallait que cela soit dit : notre diocèse bouge, réellement, poursuivant son cheminement de conversion et de croissance. Nous rendons grâce à Dieu, tout en exprimant notre gratitude à Son Éminence, Dogbo Ignace Cardinal BESSI, notre Père archevêque, pour sa vision et son engagement.
En effet, la synodalité n'est pas d'abord une meilleure organisation. Elle est, comme le rappelle le Document final du Synode, la redécouverte d'une vocation aussi ancienne que l'Église : marcher ensemble, syn-hodos. Nos structures et notre réalité diocésaine en sont le reflet magnifique. Reste la question : dans cette marche commune, qui porte réellement la communauté ?
II. Les trois déplacements déjà amorcés dans l'exercice de l'autorité
Trois déplacements sont déjà à l'œuvre parmi nous.
Le premier va de la décision solitaire au discernement partagé. Notre Père archevêque le dit lui-même : l'Église-Famille de Dieu à Abidjan n'est pas une Église « anarchique où tout le monde commande et où personne ne commande ». Le pasteur ne cesse pas d'être pasteur, mais il apprend, avec sa communauté, la conversation dans l'Esprit. C'est exactement ce que nous, comme personnes consacrées, vivons en chapitre : une autorité reconnue qui se laisse instruire par l'écoute de toutes. Plus cette méthode deviendra un réflexe, plus l'autorité, dans nos paroisses, se construira dans l'écoute réelle de ce que l'Esprit dit à chaque communauté.
Le deuxième déplacement va de la consultation à la coresponsabilité. Confier une responsabilité réelle exige davantage que d'installer un conseil. Notre Église particulière a commencé à le faire, en prévoyant, jusque dans ses comités de pilotage, de gestion et technique, de vraies places pour laïcs et consacrés. Nous avons pour exemple Vatican II parlait de la structure organique de l'Église comme reflet de l'unité et de la diversité des dons (Lumen Gentium, n.4). Porter une communauté, précisément, c'est confier, et pas seulement consulter.
Le troisième déplacement, le plus intérieur, va de la fonction à la relation. Saint Augustin l'a dit avec une simplicité qui nous accompagne bien : « Avec vous, je suis chrétien ; pour vous, je suis évêque. » Une communauté est vraiment portée par tous quand l'autorité s'y exerce d'abord par amour, avant de s'y exercer par fonction. Voilà tout le sens de notre proximité priante quotidienne à l’endroit de notre cher Père Archevêque et de ses auxiliaires.
III. Regard à chaque échelon, à partir de la même question
Au vicariat, l'évêque auxiliaire ou son délégué devient un lieu d'écoute ascendante entre l'Archevêché et les doyennés — comme, dans nos congrégations, la supérieure provinciale ne gouverne pas de loin, mais se laisse rejoindre par ce que vivent les communautés locales. Que ce qui remonte ne soit pas seulement des statistiques, mais les discernements eux-mêmes.
Au doyenné, les rencontres de doyens commencent à devenir des lieux de partage réel entre les curés et collaborateurs, et non plus seulement de coordination logistique, comme nos communautés apprennent les unes des autres lors des rencontres intercongrégations.
À la paroisse enfin, là où tout se vérifie, nos conseils pastoraux commencent, par endroits, à devenir des lieux où une décision naît vraiment ensemble. Nos textes de préparation le disent avec honnêteté : des timidités demeurent, chez le clergé comme chez les laïcs. Ce n'est pas un échec ; c'est le prix normal d'une conversion en cours.
IV. Quelques perspectives depuis mon regard de consacrée
À ce point de notre marche, je voudrais nommer devant vous une ombre.
Lorsque nous relisons nos documents diocésains, ils parlent, à raison, de formation comptable pour les curés, de conseils économiques paroissiaux, de grande offrande diocésaine, de péréquation. Le mot « consacrés » y figure presque partout, mais presque toujours accolé à « clercs » : rarement nommé seul, rarement doté d'une ligne budgétaire propre, rarement d'une journée de générosité qui porte son nom. On nous cite ; on ne nous compte pas toujours.
Observons quelques exemples de consacrés sur le terrain de la mission. Une communauté de religieuses, par exemple qui tient depuis plusieurs années un dispensaire dans un quartier que personne ne visite pour un reportage. Une autre qui accueille les enfants qu'aucune école ne veut inscrire, ou encore une autre qui prend en charge les malades que personne ne veut soigner, les personnes âgées que leurs familles ont oubliées. Bien des fois, ces religieux, ces religieuses, le font sans convention, sans communiqué, souvent sans savoir s'ils pourront régler leur facture d'électricité en fin de mois. C'est une manière, pour ces religieux, ces religieuses, de porter la communauté et de répondre à l'appel missionnaire du Christ.
En effet, notre famille diocésaine à Abidjan sait rêver grand pour son autonomie à travers les différents projets amorcés et ceux en cours. Oui frères et sœurs en Christ, l’archidiocèse a raison de voir loin. Mais à côté de toute cette planification, une question ressort : comment soutenir nos religieuses et religieux dans leurs œuvres missionnaires ? Pour que ces personnes consacrées restent dignes, qu’elles ne soient pas exposées à l’exploitation, aux moqueries ni aux abus de tout genre. Notre plan stratégique le reconnaît : les subventions internationales qui soutenaient nombre de nos congrégations se tarissent de plus en plus. Les subventions et bienfaiteurs extérieurs se font de plus en plus rares. Qui prend le relais, sinon nous-mêmes ?
Je ne dis pas cela pour quémander la pitié. Je le dis parce que la dignité des personnes consacrées ne se restaure pas seulement par la charité qu'on leur accorde, mais par la responsabilité qu'on leur confie. La vie consacrée, rappelle saint Jean-Paul II, est « un don de Dieu le Père à son Église par l'Esprit » (Vita Consecrata, n.1) — un don, non un supplément qu'on tolère. Et le Concile enseigne que, dans la pauvreté librement embrassée, la personne consacrée « découvre les richesses de générosité, d'abnégation, de liberté intérieure » (Perfectae Caritatis, n.13). Mais cette liberté intérieure, magnifique dans l'Esprit, ne dispense jamais la communauté ecclésiale dans ses différentes formes, du devoir de justice, d’encouragement, de soutien qu'elle doit aux personnes consacrées en retour. Permettez-moi alors de passer de la vision aux œuvres, comme notre rentrée pastorale nous y invite. Je propose quatre chantiers précis, cinq perspectives concrètes pour 2026-2027.
Premièrement, une cartographie diocésaine de la présence des consacrés, si cela n'est déjà fait. Nous ne savons pas, aujourd'hui, avec exactitude, combien de religieuses tiennent quel dispensaire, quelle école, quelle œuvre, dans quel doyenné. Notre Cardinal nous appelle à quitter « la gestion de cueillette » pour une gestion appuyée sur des données fiables. Cela vaut aussi pour nous : on ne peut soutenir ce qu'on n'a pas recensé.
Deuxièmement, une convention claire revisitée s’il le faut entre le diocèse et chaque institut religieux présent sur son territoire : quelle mission confiée, quels moyens, quelle prise en charge. C'est précisément ce que demande le document romain L'économie au service du charisme et de la mission, qui invite les supérieurs majeurs à faire participer l'Église locale aux efforts de gestion (n.18). La coresponsabilité, pour être vraie, doit se vivre dans les deux sens.
Troisièmement, une place effective des consacrés là où se décident les ressources, et non seulement là où on nous informe des décisions prises. Je salue le fait que nos comités de pilotage, de gestion et technique prévoient cette place. Qu'elle ne reste pas simplement décorative.
Quatrièmement, que les consacrés soient associés à la formation diocésaine. Notre plan prévoit de former les paroisses au discernement et à l'élaboration de plans sectoriels. L’expérience du discernement communautaire, nous la pratiquons depuis des siècles. Nos formateurs, nos maîtresses de novices, nos supérieures peuvent servir tout l'archidiocèse ; le Document final du Synode invite d'ailleurs explicitement les instituts à « agir en synergie avec l'Église locale ».
Ce que je demande ici n'est pas une utopie isolée. Il y a quelques jours à peine, le Secrétariat général du Synode a soumis au Saint-Père un rapport proposant précisément cela : une coresponsabilité différenciée entre évêques et instituts, avec des conventions sur la mission et l'administration des biens, et une pleine représentation des consacrés dans les organismes décisionnels diocésains. Rien n'est encore décidé, le texte est à l'étude. Mais notre Archidiocèse, en ouvrant déjà ses comités, marche au rythme même de l'Église universelle.
Enfin, Comme le souligne le Document final du Synode sur la synodalité (n° 50), le soin des relations de fraternité et de collaboration pastorale sincères et vraies entre clercs, personnes consacrées et laïcs dans le respect réciproque permettra de renforcer et de crédibiliser davantage le témoignage de notre être Famille de DIEU ensemble dans le champ du Seigneur. Également dans une dynamique de proximité et de fraternité, il est souhaitable de valoriser les célébrations dédiées à la vie consacrée sur nos paroisses et dans nos doyennés et vicariats, telle que la fête de la présentation de Jésus au temple, célébrée chaque 2 février, en action de grâce et de reconnaissance pour leur présence et leur service dans l’Église. Que notre proximité spirituelle et notre générosité inconditionnelle les soutiennent dans leurs missions.
Conclusion
Pour finir, chers frères et sœurs, je reviens à ma question de départ : qu'est-ce qui change, dans la conduite de l’Église, quand elle cesse d'appartenir à un seul pour être portée par tous ?
La réponse, je crois, est celle-ci : rien ne s'effondre, et pourtant tout se transforme, tout se construit, tout se consolide et devient plus fort parce qu’on est toujours plus fort ensemble comme le dit l’adage “l’union fait la force”. Le pasteur qui écoute avant de trancher ne perd pas son autorité, il la voit devenir féconde. Le vicariat qui accueille les discernements de ses doyennés, le doyenné qui apprend de ses paroisses, la paroisse qui laisse naître ses décisions plutôt que de les recevoir : rien de tout cela n'affaiblit la conduite de nos communautés. Cela la rend, enfin, à la hauteur de son nom, une Église-Famille de Dieu.
Car notre plan triennal ne bâtit rien de moins que cela : une collaboration où le clerc n'est plus seul à décider, où le consacré n'est plus seul à veiller dans l'ombre, où le laïc n'est plus seul à donner sans être entendu, mais où les trois, ensemble, ne forment plus qu'un seul corps au service d'une seule mission. L'apôtre Paul le disait déjà à l'Église naissante : « Les dons de la grâce sont variés, mais c'est le même Esprit » (Cf. 1 Corinthiens 12, 4).
Et je me rappelle d'une image qui dit cela mieux qu'aucun plan d'architecte : le foyer à trois pierres. Aucune pierre ne porte seule la marmite ; il en faut trois ensembles, pour qu'elle ne bascule jamais, et que le repas de toute la famille puisse cuire. Nos anciens le résument ainsi : « D'un foyer à trois pierres, rien ne peut tomber. » Synodale, autonome, au service de tous. Ce ne sont pas trois chantiers menés l'un après l'autre, mais les trois pierres d'un même foyer, qui ne porteront la marmite de notre Église-Famille de Dieu que si nous les plaçons ensemble, à la même hauteur — vicariats, doyennés, paroisses, clercs, laïcs et consacrés — sans jamais en retirer une pour admirer les deux autres.
Le théologien ivoirien Jean Sinsin Bayo aimait citer ce proverbe du peuple Dan : « Si tu n'as qu'une seule dent dans la bouche, fais tout pour que cette dent soit blanche. » Par ce proverbe, nous, personnes consacrées, renouvelons ce matin cet engagement ; même là où la reconnaissance et le soutien qu'on nous doit restent parfois timides, voire inexistants : notre dent, dans ce grand corps diocésain, sera blanche. Notre coresponsabilité ne restera pas une demande, elle deviendra un service offert ; notre veille auprès des plus pauvres ne cherchera aucune reconnaissance, mais elle ne cessera jamais. Non par résignation, mais parce que notre engagement ne dépend pas de ce qu'on nous accorde : il dépend de ce que nous avons librement consacré.
Et cet engagement vaut pour nous tous. Peut-être ne portons-nous, chacun, qu'une seule pierre de ce foyer commun ; un seul vicariat, un seul doyenné, une seule paroisse, une seule communauté, un seul charisme. Qu'elle soit blanche. Que la part qui nous revient, aussi modeste semble-t-elle, soit portée avec toute l'excellence et tout l'amour dont nous, personnes consacrées, sommes capables. C'est à ce prix, et à ce prix seulement, que l'Église-Famille de Dieu à Abidjan, synodale, autonome, au service de tous, cessera d'être une vision pour devenir une réalité. Il est temps, chers frères et sœurs en Christ, de réveiller ceux qui dorment encore et de bâtir ensemble.
Que Dieu nous y aide, qu'il bénisse nos efforts et fortifie notre bonne volonté !
Merci pour votre écoute !
Sr Désirée-Ghislaine Ouakélé GOUANTOUE, FSSCC

