Semaine de la paix et semaine de la réconciliation 2026
Paix et réconciliation,
l'avers et le revers d'une même pièce
Du 7 au 15 novembre, puis du 29 novembre au 6 décembre 2026, l'Archidiocèse d'Abidjan vivra la Semaine de la paix et la Semaine de la réconciliation, sous le thème : « La réconciliation au service de la paix en Côte d'Ivoire ». Initiées et arrêtées par la Conférence des Évêques Catholiques de Côte d'Ivoire (CECCI), ces deux semaines sont un appel adressé à la conscience de chaque Ivoirien.
La Côte d'Ivoire, riche de sa diversité mais éprouvée par des blessures que la mémoire collective n'a pas encore guéries, se tient à un carrefour. La paix n'y est jamais un acquis : elle demeure une conquête quotidienne, confiée à chaque génération.
L'Église-Famille de Dieu à Abidjan propose donc deux temps forts, adossés comme les deux battants d'une même porte : le premier culmine le 15 novembre, Journée nationale de la paix ; le second s'ouvre avec le premier dimanche de l'Avent. Entre les deux se dessine un itinéraire : de la paix proclamée à la réconciliation consentie, de la parole à l'acte.
I. Un archevêque en communion avec la CECCI pour la paix et la reconciliation
Il convient d'abord de rendre hommage à Son Éminence Dogbo Ignace Cardinal BESSI, Archevêque métropolitain d'Abidjan. Ces deux semaines sont le fruit d'une décision collégiale de la CECCI. En parfaite communion avec ses frères évêques, le Cardinal y voit un moment de grâce pour la nation : ensemble, chacun dans son diocèse, ils veulent les faire vivre en vérité, pour le bien de toute la Côte d'Ivoire. Que Son Eminence soit félicité pour son ardent désir de les voir s'accomplir dans la paix et la réconciliation. Sa consigne est claire : une implication large et réelle, associant tous les partis politiques, opposition comprise, et les différentes confessions religieuses. Il veut une paix qui rassemble, et non une paix qui trie.
Saluons aussi ses évêques auxiliaires, Mgr Gaspard BEBY et Mgr Arnaud KOUAME. Lors de leurs visites pastorales, ils présideront ouvertures et clôtures paroissiales et rencontreront les responsables religieux locaux. À eux, et à tous ceux qui œuvrent dans l'ombre, l'Archidiocèse dit sa profonde gratitude.
II. Paix et réconciliation, l'avers et le revers d'une même pièce
Paix et réconciliation ne se poursuivent pas séparément : elles sont l'avers et le revers d'une même pièce. Une paix sans réconciliation n'est qu'une trêve : elle fait taire les armes mais laisse intactes les rancœurs, et il suffit d'une étincelle pour que les vieilles blessures se rouvrent. À l'inverse, une réconciliation qui n'aboutit pas à la paix reste une démarche inachevée.
Le thème retenu traduit cette unité : la réconciliation y est pensée comme un service rendu à la nation, condition d'une paix durable. La paix célébrée en novembre appelle la réconciliation vécue en décembre, qui lui donne en retour sa consistance. Le croyant qui se réconcilie devient, par le fait même, artisan de paix.
III. Le Christ, Prince de la paix, et l'exigence d'une réconciliation efficiente
Isaïe annonçait un enfant nommé « Prince de la paix » (Is 9, 5). « C'est lui, le Christ, qui est notre paix », lui qui a détruit le mur de la haine (Ep 2, 14). Sa paix n'est pas « la paix que donne le monde » (Jn 14, 27), faite de compromis fragiles ; elle jaillit d'une réconciliation efficiente, qui transforme réellement les cœurs et, par eux, la société.
Avant de présenter son offrande, le disciple doit d'abord se réconcilier avec son frère (Mt 5, 23-24) : la réconciliation précède le culte. Ce « ministère de la réconciliation » (2 Co 5, 18) est confié à tout baptisé et à toute personne de bonne volonté, car « heureux les artisans de paix » (Mt 5, 9).
IV. Une paix qui ne regarde ni ethnies, ni religions, ni clans
Paix et réconciliation concernent tous les hommes, créés à l'image de Dieu (Gn 1, 26-27). Avant d'être Baoulé, Bété, Dioula, Sénoufo, Agni ou Attié, chrétien ou musulman, chaque Ivoirien est une personne d'une dignité inaliénable. Le repli identitaire, qui fabrique de l'étranger là où il y a un frère, est une logique mortifère dont la Côte d'Ivoire a déjà payé le prix.
En associant tous les partis politiques et les différentes confessions, le Cardinal affirme que la paix n'appartient à aucun camp et que la foi authentique rapproche. Le match de football réunissant des équipes catholique, méthodiste, musulmane et évangélique en sera une parabole vivante. La diversité n'est pas une menace : la paix n'est pas l'uniformité, elle est l'harmonie des différences.
V. Deux semaines, un itinéraire spirituel et citoyen
Le programme dessine une véritable pédagogie de la conversion.
La Semaine de la paix (7 au 15 novembre 2026)
Elle s'ouvre le samedi 7 novembre par un panel pluridisciplinaire à l'UCAO (10 h – 13 h).
- Dimanche 8 : messe d'ouverture dans toutes les paroisses.
- Lundi 9 et mardi 10 : chapelet et actions pour la paix.
- Mercredi 11 : œuvres de miséricorde en famille, CEB et mouvements.
- Jeudi 12 : adoration du Saint-Sacrement.
- Vendredi 13 : chemin de croix, jeûne et privation.
- Samedi 14 : confessions et pénitences.
- Dimanche 15 : messe de clôture diocésaine, Journée nationale de la paix.
La Semaine de la réconciliation (29 novembre au 6 décembre 2026)
Elle s'ouvre avec le premier dimanche de l'Avent, pour préparer le cœur à accueillir le Prince de la paix.
- Dimanche 29 : récollection de l'Avent dans toutes les paroisses.
- Lundi 30 et mardi 1er décembre : chapelet et actions concrètes.
- Jeudi 3 et vendredi 4 : adoration, puis chemin de croix, jeûne et privation.
- Samedi 5 : activités interreligieuses et match de la fraternité.
- Dimanche 6 : clôture dans les paroisses de visite pastorale.
Un concert pour la paix couronnera cet itinéraire : on prie, on se convertit, on se réconcilie pour que la paix devienne réalité.
VI. Un appel à la conscience de chaque Ivoirien
Ces semaines ne porteront de fruits que si elles sont vécues. La paix ne se décrète pas ; elle se construit. À chacun cette question : quelle part suis-je prêt à prendre dans l'édification de la paix ? Elle naît dans la famille qui choisit le pardon et le quartier qui refuse la rumeur.
Aux politiques, ces semaines rappellent que le pouvoir est un service ; aux responsables religieux, que Dieu ne peut justifier la haine ; aux jeunes, qu'ils ne sont pas condamnés à hériter des querelles de leurs aînés ; aux familles meurtries, qu'un chemin de guérison est possible.
Conclusion
Initiées par la CECCI et portées par Son Éminence Dogbo Ignace Cardinal BESSI, ces deux semaines offrent à la Côte d'Ivoire non pas un discours, mais un chemin. La paix et la réconciliation sont l'avers et le revers d'une même pièce : le trésor commun de la nation, à transmettre intact aux générations futures.
Que le Christ, Prince de la paix, bénisse la Côte d'Ivoire, et qu'il fasse de chaque Ivoirien un véritable artisan de paix et de réconciliation.
P. Hippolyte AGNIGORI
Bureau diocésain de la communication,
Pôle rédaction et information
Archidiocèse d'Abidjan

